Le taux de change du dollar américain grimpe à 14 000 livres libanaises sur le marché noir

Dans un bureau de change à Beyrouth, au Liban, un homme compte des billets de banque en dollars américains; sous sa main se trouvent des liasses de livres libanaises. (Photo d'archive/Reuters)
Dans un bureau de change à Beyrouth, au Liban, un homme compte des billets de banque en dollars américains; sous sa main se trouvent des liasses de livres libanaises. (Photo d'archive/Reuters)
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Publié le Mercredi 09 juin 2021

Le taux de change du dollar américain grimpe à 14 000 livres libanaises sur le marché noir

  • «On attendait la circulaire de la BDL ainsi que l'approbation du projet de loi sur le contrôle des capitaux depuis longtemps»
  • Dans plusieurs régions du Liban, les citoyens manifestent dans la rue pour dénoncer les mauvaises conditions de vie

BEYROUTH: La livre libanaise (LBP) est tombée à son plus bas niveau sur le marché noir, avec un taux de 14 000 pour 1 dollar (1 dollar = 0,82 euro) après avoir été relativement stable au cours des dernières semaines, avec une valeur de 12 000 livres pour 1 dollar.

Cette baisse coïncide avec une nouvelle circulaire qui émane de la Banque du Liban (BDL), en vertu de laquelle les banques commerciales seront tenues de rembourser aux clients leurs dépôts en devises étrangères à partir du mois de juillet, et ce de manière progressive. La circulaire en question, qui entre en vigueur le 30 juin prochain, est valable un an; elle pourra être modifiée ou renouvelée.

En vertu de ce document, un déposant sera en droit de retirer 400 dollars par mois, qu’il s’agisse d’espèces, de transferts vers l'étranger ou d’opérations réalisées grâce à une carte bancaire valable au Liban et en-dehors du pays.

La circulaire de la BDL accorde par ailleurs aux déposants le droit de retirer mensuellement l'équivalent de 400 dollars en livres libanaises au taux de change en vigueur sur Sayrafa, la plate-forme officielle de la Banque du Liban.

Les banques commerciales n'ont pas indiqué à ce jour si elles sont financièrement en mesure de mettre en œuvre la circulaire.

Dans le même temps, la Commission parlementaire des finances et du budget a approuvé le projet de loi sur le contrôle des capitaux destiné à contrôler la circulation des dollars et à empêcher qu'ils ne soient transférés à l'extérieur du pays, sauf dans des cas particuliers qui ne portent pas atteinte à l'intérêt public.

«On attendait la circulaire de la BDL ainsi que l'approbation du projet de loi sur le contrôle des capitaux depuis longtemps», explique à Arab News le Dr Ahmad al-Lakkis, directeur général des affaires administratives et financières au sein du Parlement.

EN BREF

  •  La Banque centrale du Liban a annoncé que les déposants seront autorisés à retirer des montants limités sur leurs comptes en devises étrangères sur une base mensuelle.
  • Un déposant pourra retirer un maximum de 400 dollars par mois en espèces ainsi que 400 dollars supplémentaires en devise locale à un taux huit fois supérieur au taux officiel.

«Le scénario de la Grèce risque de se reproduire au Liban. En effet, le nombre de banques en Grèce est passé de près de quatre cents avant la crise [financière] à seulement six. Certaines banques libanaises seront en mesure de gérer la nouvelle situation, mais d'autres n'y parviendront pas», fait-t-il observer.

«La raison de la hausse du taux de change de la livre libanaise par rapport au dollar, estimée à 1 000 livres libanaises en deux jours, peut être imputable au fait que des fonds sont attendus sur le marché à la lumière de la circulaire de la BDL. Toutefois, je pense que ceux qui pourront retirer des dollars ne les dépenseront pas... Ils préféreront les cacher chez eux, dans la mesure où ils ne font confiance ni à l'État, ni aux banques», ajoute le Dr Ahmad al-Lakkis.

Dans plusieurs régions du Liban, les citoyens manifestent dans la rue pour dénoncer leurs mauvaises conditions de vie et bloquent les routes que l'armée libanaise s'efforce de rouvrir.

Dans la foulée, la Confédération générale des travailleurs a lancé un appel à la grève générale le 15 juin prochain. Elle a condamné «tous les partis qui entravent la formation du gouvernement et qui trahissent ainsi la patrie et les intérêts du peuple».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.