Des détenus russes construiront une ligne ferroviaire comme au temps du Goulag

Une photo d'archive montrant des prisonniers soviétiques (souvent des détenus politiques) travaillant sur un chantier de la tristement célèbre voie ferrée "Baïkal-Amour-Magistral" (BAM), un tronçon du "Transsibérien" lancé par les tsars et qui relie Moscou à Vladivostok, sur la mer du Japon
Une photo d'archive montrant des prisonniers soviétiques (souvent des détenus politiques) travaillant sur un chantier de la tristement célèbre voie ferrée "Baïkal-Amour-Magistral" (BAM), un tronçon du "Transsibérien" lancé par les tsars et qui relie Moscou à Vladivostok, sur la mer du Japon
Short Url
Publié le Vendredi 11 juin 2021

Des détenus russes construiront une ligne ferroviaire comme au temps du Goulag

  • Près de 40 000 prisonniers sont morts en construisant la ligne dans les années 30, au faîte de la terreur stalinienne
  • De la Sibérie aux côtes de la mer du Japon, la ligne « BAM » traverse plus de 4000 km de territoires, en grande partie gelés toute l'année

MOSCOU : Des détenus d'Extrême-Orient russe bâtiront la deuxième portion de la voie ferrée Magistrale Baïkal-Amour (BAM), construite en partie par les prisonniers du Goulag, selon l'accord conclu jeudi entre les services pénitentiaires et une société de construction.

« Un accord d'intention a été signé pour utiliser la main d'oeuvre des condamnés et créer un site qui fonctionne comme un centre correctionnel », a indiqué un porte-parole des services pénitentiaires russes (FSIN), cité par l'agence Ria Novosti.

Un responsable de la société de construction Bamstroïmekhanizatsiya, Alexandre Tchernoïarov, a lui expliqué que l'entreprise était confrontée à « une grave pénurie de main d'œuvre » en raison de l'ampleur du chantier et de la pandémie qui a tari le flux de travailleurs migrants.

L'armée avait annoncé en avril qu'elle contribuerait à la modernisation du BAM mais selon les médias russes, elle ne peut fournir que 3000 bras alors qu'environ 15000 postes sont vacants.

Le BAM a été construit en partie par des prisonniers du Goulag soviétique, toute une section de ce dernier y étant consacrée: le « Bamlag ». Il traverse sur plus de 4000 km la Sibérie jusqu'aux côtes de la mer du Japon, sur des sols en grande partie gelés toute l'année.

Selon des chiffres officiels cités par le quotidien économique Vedomosti, près de 40000 prisonniers sont morts en construisant la ligne dans les années 30 mais de nombreux chercheurs jugent ce chiffre sous-estimé.

Il s'agissait d'un des projets les plus grandioses de l'URSS, qui fut aussi un gouffre financier sans fond.

La deuxième branche de cette voie ferrée doit faire 340 km et le début des travaux a été annoncé au printemps. La modernisation du BAM, annoncée de longue date, fait partie des objectifs de développement des chemins de fer russes à horizon 2025.

En mars, le FSIN avait déjà dit envisager de mobiliser des condamnés pour le nettoyage de la pollution dans des territoires de l'Arctique.


Joe Biden reçu par Elizabeth II au château de Windsor

En robe à fleur et chapeau roses, la souveraine de 95 ans, encadrée par Joe Biden et sa femme Jill (Photo, AFP)
En robe à fleur et chapeau roses, la souveraine de 95 ans, encadrée par Joe Biden et sa femme Jill (Photo, AFP)
Short Url
  • La reine Elizabeth II a reçu dimanche le président américain Joe Biden au château de Windsor, à l'Ouest de Londres, à la fin du sommet du G7
  • À l'exception de Lyndon B. Johnson, la reine a rencontré tous les présidents américains au cours de ses 69 ans de règne

WINDSOR: Avec une garde d'honneur puis autour d'un thé, la reine Elizabeth II a reçu dimanche le président américain Joe Biden au château de Windsor, à l'Ouest de Londres, à la fin du sommet du G7. 

En robe à fleur et chapeau roses, la souveraine de 95 ans, encadrée par Joe Biden et sa femme Jill, a assisté à une parade des gardes d'honneur, vêtus du traditionnel uniforme rouge et coiffés du bonnet noir en poil d'ours, dans la cour de la résidence où elle s'est retirée depuis le début de la pandémie. 

Ils ont écouté les hymnes britannique et américain, sous un soleil radieux, puis sont rentrés prendre le thé avant que Joe Biden ne reparte pour Bruxelles où il doit participer lundi à un sommet de l'Otan. 

La reine a déjà participé vendredi à une réception en Cornouailles, dans le sud-ouest de l'Angleterre, pour la première soirée du sommet du G7, avec Joe Biden. 

Elle avait coupé le gâteau avec un sabre et provoqué l'hilarité des dirigeants des grandes puissances en demandant lors de la photo de famille: « Sommes-nous supposés faire comme si nous prenions du bon temps? » 

À l'exception de Lyndon B. Johnson, la reine a rencontré tous les présidents américains au cours de ses 69 ans de règne. Elle avait ainsi reçu le prédécesseur de M. Biden, Donald Trump, lors d'une visite d'État controversée en juin 2019. 


Vaccins, climat, diplomatie: les principales annonces du G7

Les dirigeants du G7 réunis  pour la première fois en près de deux ans, à Carbis Bay, en Cornouailles (Photo, AFP)
Les dirigeants du G7 réunis pour la première fois en près de deux ans, à Carbis Bay, en Cornouailles (Photo, AFP)
Short Url
  • Le G7 a promis de distribuer «plus d'un milliard de doses» de vaccins contre la Covid-19 d'ici la fin de 2022, selon Boris Johnson
  • Les pays du G7 s'engagent à devenir neutre en carbone au plus tard en 2050 et à réduire de 50% ses émissions de CO2 d'ici 2030, par rapport à 2010

CARBIS BAY: Vaccins, prévention des pandémies, urgence climatique, menaces russes et chinoises: voici les principales conclusions du sommet du G7 en Cornouailles.

Sortir de la pandémie 
Le G7 a promis de distribuer « plus d'un milliard de doses » de vaccins contre la Covid-19 d'ici la fin de 2022, selon Boris Johnson, soit directement fournies (870 millions de doses) soit par du financement. Cela portera son engagement total depuis le début de la pandémie à deux milliards de doses. 
La France a elle assuré qu'elle doublait sa promesse, la faisant passer à 60 millions de doses d'ici fin 2021. 
Les dirigeants ont demandé en outre une enquête plus poussée de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l'origine de la Covid-19 en Chine. 
Au-delà, il s'agira de se donner les moyens de prévenir d'autres catastrophes sanitaires, en augmentant les capacités de production des vaccins et en améliorant les systèmes de détections. 
L'objectif est de pouvoir développer des tests, traitements et vaccins en moins de 100 jours, contre 300 pour la pandémie de coronavirus. 

Accélérer sur le climat 

Les grandes puissances veulent presser le pas, sans toujours se donner d'objectifs précis. 
Ils soutiennent l'idée d'une « révolution verte » créatrice d'emplois et permettant de limiter le réchauffement à 1,5 degré, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que le changement climatique deviendra incontrôlable. 
Les pays du G7 s'engagent à devenir neutre en carbone au plus tard en 2050 et à réduire de 50% ses émissions de CO2 d'ici 2030, par rapport à 2010. 
Ils se prononcent pour l'arrêt d'ici 2021 des financements de projets de charbon pour produire de l'électricité qui n'auraient pas recours à des technologies (captage et stockage de CO2) pour réduire leur émission. 
Et ils veulent aller plus vite dans l'interdiction des nouveaux véhicules diesel et à essence, et dans la transition vers les véhicules électriques. 
Sur la biodiversité, l'objectif est de préserver ou protéger au moins 30% des terres et des océans d'ici 2030. 
Le G7 réaffirme l'objectif des pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars par an de fonds publics et privés d'ici 2025 pour aider la transition énergétique des pays pauvres. 

Plan d'infrastructures 

Les grandes puissances veulent aider les pays en développement, que ce soit sur le climat, la santé, la sécurité, le numérique ou l'égalité. 
Elles promettent des propositions concrètes à l'automne, pour un projet vu comme une réponse à l'influence de la Chine sur les pays pauvres, via son projet d'investissement des « Nouvelles routes de la Soie ». 
En parallèle, le G7 voudrait pouvoir mobiliser 100 milliards de dollars pour aider les pays défavorisés, surtout en Afrique, à rebondir après la pandémie, en réorientant une partie de la nouvelle émission par le Fonds monétaire international (FMI) de 650 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS). 

Chine 

Le G7 a appelé Pékin à « respecter les droits humains » de la minorité musulmane des Ouïghours dans la région du Xinjiang et à Hong Kong, tout en voulant coopérer avec Pékin quand « c'est dans un intérêt mutuel ».  
Le président américain Joe Biden et son homologue français Emmanuel Macron ont pris soin juste après la conclusion du sommet de préciser que le G7 n'était pas en « conflit » avec la Chine. 

Russie 

Le G7 appelle Moscou à « cesser ses activités déstabilisatrices », y compris les interférences, de respecter les droits humains et de « demander des comptes » aux responsables de cyberattaques depuis son sol.

Valeurs démocratiques 

Le G7 entend représenter la démocratie, la liberté, l'égalité, l'Etat de droit et le respect de droits humains. 
Il insiste sur la défense des égalités de genre et veut donner une éducation à 40 millions de jeunes filles, en mobilisant au moins 2,75 milliards de dollars. 

Taxes 

Les dirigeants ont apporté leur soutien à un système fiscal international plus juste. 
C'est ce qu'avait proposé la semaine dernière leurs ministres des Finances, via un impôt minimum mondial d'au moins 15% sur les sociétés, et une taxation plus efficace des géants du numérique.

Jeux Olympiques 

Le G7 soutient la tenue des jeux Olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août) qui avaient été reportés d'un an en raison de la pandémie. 
Les dirigeants souhaitent que l'événement soit « un symbole d'unité mondial pour surmonter la Covid-19 ». 

 


G7: urgence climatique au sommet faisant la part belle au multilatéralisme

Le président des Etats-Unis Joe Biden arrive à la séance plénière du G7, le 13 juin à Carbis Bay (Photo, AFP).
Le président des Etats-Unis Joe Biden arrive à la séance plénière du G7, le 13 juin à Carbis Bay (Photo, AFP).
Short Url
  • L'enjeu est de taille pour le Royaume-Uni, qui souhaite jeter les bases d'un consensus quelques mois avant la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26)
  • Le but est de limiter l'augmentation des températures en dessous de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle

CARBIS BAY: Face à l'urgence climatique, les dirigeants des grandes puissances du G7 déclinent leur plan d'action dimanche, dernier jour de leur sommet en Angleterre ayant marqué une nouvelle dynamique en faveur du multilatéralisme occidental, Etats-Unis en tête.

Au lendemain de l'annonce d'initiatives communes pour répondre aux grands défis mondiaux, comme la riposte à l'influence internationale croissante de la Chine et la prévention des pandémies, les pays industrialisés s'attellent à l'urgence climatique lors de leur rencontre à Carbis Bay (sud-ouest de l'Angleterre), la première en presque deux ans. 

Le temps presse, a prévenu le naturaliste star britannique David Attenborough, 95 ans. « Les décisions que nous prenons durant cette décennie - en particulier les décisions des nations les plus avancées économiquement - sont parmi les plus importantes de l'histoire humaine ». 

L'enjeu est de taille pour le Royaume-Uni, qui souhaite jeter les bases d'un consensus quelques mois avant la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26) qu'il accueillera en novembre à Glasgow. 

Le but est de limiter l'augmentation des températures en dessous de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que le changement climatique deviendra incontrôlable.

Pour y parvenir, les dirigeants du G7 vont se prononcer pour une réduction d'environ de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, un objectif que certains pays entendent dépasser. 

Le charbon est dans leur viseur, surtout les centrales alimentées par cette énergie fossile, la plus polluante - sauf si des mesures de compensation environnementale sont en place, comme le captage de CO2. Les aides publiques seront arrêtées dès cette année.

Dans ce cadre, les dirigeants prévoient de signer un chèque allant jusqu'à 2 milliards de dollars pour accompagner la transition verte dans des pays défavorisés. 

« Il y a une relation directe entre la réduction des émissions, la restauration de la nature, la création d'emplois et le garantie d'une croissance économique à long terme », a déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson. 

« Nouvel élan »

Depuis le début du sommet vendredi, les dirigeants ont voulu offrir l'image d'un front uni sur les grands dossiers. 

Au gré de sessions de travail et des apartés, le président américain Joe Biden s'est efforcé de rallier ses alliés face à Moscou et Pékin, un objectif majeur de sa tournée européenne qui doit marquer le « retour » des Etats-Unis sur la scène internationale après l'ère Trump. 

Son arrivée au pouvoir a apporté « un nouvel élan » aux travaux du G7, s'est félicitée la chancelière allemande sur le départ, Angela Merkel, qui entretenait des relations très difficiles avec son prédécesseur.

Mais ce n'est pas du goût de Pékin, qui a dénoncé des décisions prises par « une petite clique de pays ».  

Cette image de bonne entente a toutefois été écornée par les dissensions, exposées au grand jour, entre Européens et Britanniques sur le Brexit et le dossier épineux de l'Irlande du Nord.

Les dirigeants de la France, de l'Italie, du Royaume-Uni, du Canada, des Etats-Unis, de l'Allemagne et du Japon vont aussi se pencher sur le volet climatique du vaste plan mondial d'infrastructures présenté samedi pour les pays défavorisés en Afrique, Asie ou Amérique latine, pour encourager la croissance verte et tenter de contrer Pékin sur son propre terrain. 

Le G7 va également s'engager à accroître ses contributions en vue de l'objectif des pays développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d'ici 2025 les politiques climatiques des pays pauvres. 

Pour les militants écologistes, ces annonces sont trop molles ou trop floues : ils veulent plus d'actes et moins de mots. Greenpeace dénonce de « vieilles promesses » réchauffées et Extinction Rebellion a qualifié le sommet de « flop ». 

Sur le front de la pandémie, après la promesse de partager un milliard de doses de vaccins anti-Covid aux pays pauvres, à la traîne dans leurs campagnes d'immunisation, le G7 a adopté un plan de bataille afin de prévenir de futures pandémies.

C'est insuffisant, a taclé l'ex-Premier ministre britannique Gordon Brown sur Sky News : « Des millions de gens ne seront pas vaccinés et des millions vont mourir ». 

Après le communiqué final et les traditionnelles conférences de presse, Joe Biden prendra le thé avec la reine Elizabeth II au château de Windsor, avant le sommet de l'Otan à Bruxelles puis une rencontre très scrutée avec le président russe Vladimir Poutine mercredi à Genève.