Les présidents italien et tunisien discutent du casse-tête de la migration

Le Premier ministre italien Mario Draghi, à droite, et le président tunisien Kaïs Saïed passent en revue la garde d'honneur au Chigi Palace, siège du gouvernement de l’Italie, à Rome, le mercredi 16 juin 2021. (Photo, AP)
Le Premier ministre italien Mario Draghi, à droite, et le président tunisien Kaïs Saïed passent en revue la garde d'honneur au Chigi Palace, siège du gouvernement de l’Italie, à Rome, le mercredi 16 juin 2021. (Photo, AP)
Short Url
Publié le Jeudi 17 juin 2021

Les présidents italien et tunisien discutent du casse-tête de la migration

  • «Nous devons nous demander pourquoi une mère prendrait le risque de se transformer, avec son fils, en nourriture de poisson, ou d’être plus tard exploitée», a déclaré Saïed
  • La plupart des migrants qui tentent d’arriver en Europe à partir de l'Afrique du Nord partent de la Tunisie et de la Libye

ROME : Au moment où la situation des migrants illégaux en Méditerranée continue de s'aggraver, avec près de 2 000 migrants arrivés sur l'île de Lampedusa depuis dimanche, les présidents italien et tunisien se sont réunis à Rome afin d’examiner une piste de solution.

Des politiques de sécurité «sont nécessaires dans la lutte contre la traite des personnes». En même temps, «des conditions propices au développement doivent être créées en Afrique, afin que les gens ne se sentent pas contraints de risquer leur vie et d'émigrer dans le but de chercher du travail ou d’échapper à la faim», a affirmé le président italien, Sergio Mattarella lors de la rencontre avec le président tunisien, Kaïs Saïed.

L'immigration était au centre de la visite officielle de Saïed en Italie, a révélé le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio. Ce dernier a signé un protocole d’entente avec le ministre tunisien des Affaires étrangères Othman Jerandi.

«La Tunisie est un partenaire stratégique dans la région méditerranéenne en ce qui concerne les questions d'immigration et (le dossier de) la Libye», a signalé Di Maio lors d'une conférence de presse.

La plupart des migrants qui tentent d’arriver en Europe à partir de l'Afrique du Nord partent de la Tunisie et de la Libye. Au cours des dernières années, l'Italie a fourni aux deux pays des équipements, des ressources et des navires afin d’empêcher les traversées. 

Mais ils continuent d'arriver sur les rives de Lampedusa, située à 105 miles au sud-ouest de la Sicile, et sur d'autres petites îles dispersées à travers la Méditerranée.

«Nous devons nous demander pourquoi une mère prendrait le risque de se transformer, avec son fils, en nourriture de poisson, ou d’être plus tard exploitée», a déclaré Saïed après la rencontre avec Mattarella.

«Le problème, c'est qu'il n'y a pas de répartition équitable des richesses entre le nord et le sud dans ce monde».

Dans une interview avec la RAI, la chaîne d'information d'État italienne, Saïed rappelle que dans le passé, c'étaient les Italiens qui immigraient dans son pays. Si les rôles sont à présent inversés, mais la motivation reste la même.

«Ceux qui migrent aujourd’hui sont à la recherche d’une meilleure fortune, comme dans le passé», explique-t-il.

Mattarella a réitéré é à son homologue tunisien «la grande amitié qui lie l'Italie à la Tunisie».

Il ajoute que «la grande amitié et le partenariat capital» entre les deux pays qui partagent «les valeurs démocratiques, une proximité géographique ainsi qu’une histoire commune».

Mattarella affirmé que rétablir la paix et la stabilité en Libye sont une priorité de la politique étrangère italienne.

« Afin d’y parvenir, les mercenaires et les troupes étrangères doivent quitter le pays. La Libye doit être laissée aux Libyens», explique Mattarella à Arab News par l’intermédiaire d’une source du gouvernement italien. Selon des sources au cabinet du Premier ministre, une aide supplémentaire a été offerte à la Tunisie, mais que plus «d'attention et d'efforts pour lutter contre la migration illégale» sont nécessaires.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban oeuvre à «un retrait israélien global», dit son Premier ministre depuis le sud du pays

Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
Short Url
  • "Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya
  • L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités

ZAWTAR AL-GHARBIYAH: Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël.

Cette déclaration intervient au lendemain de la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche, où il a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de cet accord.

"Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités.

Israël a indiqué de son côté avoir tiré "des coups de semonce en l'air" après l'entrée de soldats libanais dans une zone qui "ne faisait pas partie de la zone pilote".

Malgré l'accalmie dans les combats entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud, comme mercredi à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

"En sécurité et dignité" 

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël -qui occupe toujours une partie du sud du pays- sous réserve d'un désarmement du Hezbollah.

La formation chiite, qui est opposée à l'accord et refuse d'être désarmée, a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud et des responsables israéliens ont déclaré à plusieurs reprises leur intention de s'y maintenir, pour assurer la sécurité du nord d'Israël.

"En parallèle du déploiement en cours de l'armée, nous continuerons d'ouvrir les routes, retirer les décombres, assurer les services essentiels, pour permettre à notre peuple de retourner en toute sécurité et dignité" chez lui, a affirmé Nawaf Salam.

Plus de 700.000 déplacés sont rentrés chez eux depuis la dernière trêve en juin, selon l'ONU.

"La tête haute" 

Des dizaines d'habitants déplacés de Zawtar al-Gharbiya ont attendu en vain mercredi matin aux abords de la localité qu'on les laisse y entrer, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée libanaise les avait appelés mardi à ne pas s'y rendre "en attendant que la situation se stabilise".

"Nous y entrerons la tête haute, grâce à la présence de l'armée libanaise dont nous sommes fiers", a déclaré Abbas Yaghi, 73 ans, à l'AFP.

Les troupes libanaises continuent de ratisser la localité, imbriquée géographiquement avec une autre du nom de Zawtar al-Charqiya, où des forces israéliennes sont toujours présentes, comme elles le sont aussi dans des localités environnantes.

Déplacé de Zawtar al-Charqiya, Moustafa Ammar dit espérer qu'Israël se retire d'autres localités comme la sienne.

"Nous marcherons derrière l'armée si elle nous donne l'autorisation d'entrer", lance le sexagénaire.

Pour Wafaa Ismaïl, 64 ans, déplacée de Zawtar al-Gharbiya, le Premier ministre "aurait dû faire entrer les gens derrière lui pour signaler une victoire".


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et ses homologues européens discutent de la sécurité maritime en mer Rouge

Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
Short Url
  • Les ministres soulignent la nécessité de préserver la sécurité maritime et rejettent toute action menaçant la liberté de navigation

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'est entretenu mardi avec ses homologues d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne au sujet des menaces des Houthis contre la navigation en mer Rouge et des efforts visant à apaiser les tensions plus larges au Moyen-Orient.

Lors d'entretiens distincts, José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, et Antonio Tajani, son homologue italien, ont condamné les menaces des rebelles houthis du Yémen contre le sud de l'Arabie saoudite, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les ministres ont souligné l'importance de préserver la sécurité maritime en mer Rouge et dans le Golfe, tout en rejetant toute action mettant en péril la liberté et la sécurité de la navigation.

Le prince Faisal s'est également entretenu avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, des conséquences sécuritaires et économiques du conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran.

Lundi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a dénoncé les déclarations d'un porte-parole militaire houthi affirmant que le groupe avait imposé un blocus maritime contre le Royaume, accusant les Houthis d'entraîner le Yémen dans un conflit régional plus large.

Selon le ministère, les attaques houthies contre les navires commerciaux internationaux en mer Rouge aggravent la situation humanitaire des Yéménites, en limitant leurs déplacements et en détériorant les conditions économiques dans les zones contrôlées par le groupe armé.

Le Royaume a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en appliquant les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment les résolutions 2216 sur le Yémen et 2722 sur la protection de la liberté de navigation en mer Rouge. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une rencontre saoudo-française vise à renforcer la coopération en matière de défense

Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
Short Url
  • Rencontre à Riyad entre les chefs d’état-major saoudien et français
  • Renforcement de la coopération en matière de défense

Le chef d’état-major général des forces armées saoudiennes, le lieutenant-général Fayyad bin Hamed Al-Ruwaili, a tenu lundi à Riyad des discussions avec son homologue français, le général Fabien Mandon.

La rencontre a porté sur les moyens de développer la coopération bilatérale dans les domaines de la défense et des affaires militaires. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharqal-Awsat.