Norman Roule, ancien responsable de la CIA: l’élection de Raïssi signifie la «continuité de la ligne dure»

Malgré la réputation d'ultraconservateur de Raïssi, Norman Roule, expert du Moyen-Orient et ancien haut responsable de la Central Intelligence Agency américaine, estime que l'arrivée au pouvoir du religieux de 60 ans changera peu de choses en termes de portée et d’orientation de la politique étrangère de l'Iran. (Photo fournie)
Malgré la réputation d'ultraconservateur de Raïssi, Norman Roule, expert du Moyen-Orient et ancien haut responsable de la Central Intelligence Agency américaine, estime que l'arrivée au pouvoir du religieux de 60 ans changera peu de choses en termes de portée et d’orientation de la politique étrangère de l'Iran. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 24 juin 2021

Norman Roule, ancien responsable de la CIA: l’élection de Raïssi signifie la «continuité de la ligne dure»

  • Il prédit que le régime iranien va maintenir son soutien aux milices affiliées dans le monde arabe, en guise de démonstration de force sur la scène internationale
  • «Maintenant qu'il occupe le poste de président, il aura l’occasion de placer des partisans de la ligne dure, d'anciens membres du CGRI en particulier, dans différentes postes»

LONDRES : Lorsqu'Ebrahim Raïssi a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle iranienne le 18 juin, le monde a rapidement tourné son attention vers la région arabe, où les armes sophistiquées et les milices satellites République islamique inspirent depuis longtemps la terreur et jettent leur ombre sur les affaires intérieures.

Malgré la réputation d'ultraconservateur de Raïssi, Norman Roule, expert du Moyen-Orient et ancien haut responsable de la Central Intelligence Agency américaine, estime que l'arrivée au pouvoir du religieux de 60 ans changera peu de choses en termes de portée et d’orientation de la politique étrangère de l'Iran.

«L'élection d'Ebrahim Raïssi signifie que l'Iran est en train de passer à une nouvelle génération de dirigeants ultraconservateurs qui va poursuivre les politiques agressives dans la région», affirme-t-il à Arab News dans une interview spéciale.

Roule est bien placé pour le savoir: il est conseiller principal du Counter Extremism Project (Plan de lutte contre l’extrémisme) et de United Against Nuclear Iran (Unis contre l’Iran nucléaire). Sa carrière à la CIA dans les coulisses du Moyen-Orient s’étale sur 34 ans.

Il prédit que le régime iranien va maintenir son soutien aux milices affiliées dans le monde arabe, en guise de démonstration de force sur la scène internationale.

«Les milices satellites de l'Iran dans la région, dont les Houthis (au Yémen), les Kataïb Hezbollah et autres milices irakiennes, les milices en Syrie et le Hezbollah libanais, bénéficieront d’un soutien fort et continu de la part de Téhéran», explique-t-il.

Lundi, dans ses premiers commentaires après sa victoire écrasante, Raïssi a rejeté la possibilité de négocier le programme de missiles balistiques de l'Iran et son soutien aux milices régionales, dans le cadre de la reprise des pourparlers nucléaires. «C'est non négociable», insiste-t-il.

Raïssi a obtenu près de 62 % des 28,9 millions de voix lors d’une élection qui a enregistré le plus faible taux de participation de l'histoire de la République islamique. La liste des candidats avait été soigneusement montée par le puissant Conseil des Gardiens du régime pour garantir l’élection de leur poulain.

Même avec un mandat fort, le président iranien a en réalité très peu de contrôle sur la politique étrangère et militaire du régime. En réalité, les activités du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et de sa force extraterritoriale Al Qods sont sous le commandement strict du guide suprême, l'ayatollah Khamenei.

Ainsi, alors que Raïssi succède à son prédécesseur modéré Hassan Rouhani, l'ancien juriste islamique sera simplement «plus idéologiquement cohérent et soutiendra ces efforts», précise Roule.

Le véritable pouvoir du nouveau président consistera cependant à garantir que l'idéologie ultraconservatrice de Wilayat Al-Faqih conçue par l'ayatollah Rouhollah Khomeini, père de la révolution islamique de 1979, et qui fait l’apologie du pouvoir des mollahs, soit maintenue.

«Maintenant qu'il occupe le poste de président, il aura l’occasion de placer des partisans de la ligne dure, d'anciens membres du CGRI en particulier, dans différentes postes du gouvernement iranien. Ainsi, lorsque le guide suprême sera mort, il pourra aisément assurer la transition vers un régime ultraconservateur qui, en raison de son âge relativement jeune, pourrait durer vingt ou trente ans».

Surnommé le «boucher de Téhéran» par les militants des droits de l’homme, Raïssi reste impénitent. Protégé de Khamenei, il est accusé d'avoir ordonné l'exécution de dizaines de milliers de dissidents au cours des trois dernières décennies. Des militants iraniens affirment de plus que, jeune procureur dans les années 1980, il aurait dirigé des «commissions de la mort» qui ont enterré dans des fosses communes les prisonniers politiques tués en 1988.

Son élection à la présidence laisse présager de nouvelles mesures de répression contre les dissidents et les manifestants.

«À un moment donné, le peuple iranien pourrait décider qu'il en a juste assez, et je pense que ce sera une période d’effusion de sang. Les forces de sécurité en Iran vont se mettre de la partie», a déclaré Roule. «Vous ne pouvez pas vous empêcher de ressentir de l’empathie pour le peuple iranien qui subit ce régime à une époque de changement aussi extraordinaire et positif si proche de sa frontière».

En effet, juste de l'autre côté du Golfe, des pays comme l'Arabie saoudite et les EAU progressent dans les domaines de la technologie, du divertissement et même de la réduction des effets du changement climatique.

«J'ai passé de nombreuses années à suivre ce qui se passe dans la région, et j’assiste en ce moment à la série la plus extraordinaire et la plus impressionnante de changements politiques, sociaux, économiques et technologiques. L'Iran ne fait partie d'aucun de ces changements, a souligné Roule.

«Le peuple iranien a une histoire extraordinaire, mais prend chaque jour de plus en plus en retard. L'Iran est coincé dans une distorsion temporelle. Il est coincé dans un système politique archaïque, qui n'est pas en phase avec la direction que prend le monde».

Raïssi affirme qu'il n'y a aucun obstacle à ce que l'Iran et l'Arabie saoudite rétablissent leurs relations, Mais Roule prend la déclaration du président élu avec un grain de sel.

«Les obstacles à de meilleures relations entre l'Iran et l'Arabie saoudite s’incarnent en missiles et en drones iraniens, qui semblent viser tous les jours des hommes, des femmes et des enfants innocents en Arabie saoudite», explique-t-il.

«L'Arabie saoudite et les États arabes du Golfe ne mènent aucune agression contre l'Iran, alors que lui fournit régulièrement à ses milices des fonds, des armes et la formation nécessaires pour attaquer des civils innocents dans toute la région. C'est un terrible obstacle».

Raïssi doit entrer en fonction le 8 août, à un moment diplomatiquement sensible. Les puissances américaine et européennes tentent actuellement de faire revivre une version de l'accord nucléaire de 2015, officiellement connu sous le nom de Plan d'action global commun. L’administration américaine précédente s'en est retirée en 2018, ne le trouvant pas assez ferme.

Alors que nombreux sont ceux qui pensent qu'un nouvel accord amélioré affaiblira l'Iran et apportera le calme dans la région, Roule n'est pas du tout d'accord. Il estime que allègement des sanctions sur Téhéran en échange de restrictions nucléaires ne ferait qu'alimenter ses autres activités.

«Il n'y a aucune raison pour que les partisans de la ligne dure iranienne s'opposent à un accord nucléaire. Un accord nucléaire ne limite pas les activités régionales ou les activités relatives aux missiles. Il leur fournit des ressources stables pour soutenir effectivement ces activités», a-t-il précisé.

«Je ne crois pas que l'Iran va réduire sa menace régionale. Je pense que la nature de la dynamique politique régionale changera à mesure que le conflit en Syrie prendra fin et que l'Irak se stabilisera. Les Iraniens vont chercher à changer les milices combattantes qui leur sont affiliées par des représentants politiques, et je pense que nous allons assister à un autre type d'activité de l’Iran dans la région».

À cette fin, Roule prédit que l'Iran augmentera son soutien à la milice libanaise qui lui est affiliée. «Le Hezbollah devra suivre une voie très prudente au cours des prochains mois au Liban», a-t-il déclaré.

Ses leaders «souhaitent conserver leur contrôle, leur influence, ainsi que l'influence de leurs alliés politiques sur les ministères clés, mais veulent s'assurer de ne pas être perçus comme responsable des décisions économiques et politiques et des crises» subséquentes.

«Imaginez que 600 à 700 millions de dollars par an soient envoyés à une organisation et une milice, toutes deux terroristes, qui tiennent le peuple libanais en otage. Ceci s’accentuera malheureusement après un accord nucléaire, et la communauté internationale a très peu d'options pour le limiter».

Roule pense également que l'élection de Raïssi à la présidence rendra encore plus éloignée la possibilité d'une solution diplomatique à la guerre au Yémen, car la milice houthie soutenue par l'Iran n'acceptera probablement pas un arrangement qui réduirait son influence.

«Je reste généralement pessimiste uniquement parce que les acteurs régionaux et les Nations Unies ont travaillé très dur pendant des années pour amener les Houthis à une solution diplomatique», a-t-il déclaré à Arab News.

«Ils ont proposé une série d’arrangements politiques et financiers au peuple yéménite, en collaboration avec le gouvernement yéménite, qui est un acteur que nous ne devrions jamais oublier, alors que les Houthis l'ont rejeté».

Twitter: @Tarek_AliAhmad

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

 


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.