L'Ethiopie annonce que le Grand barrage de la Renaissance est prêt à fonctionner

Depuis le lancement du projet, le Gerd constitue une pomme de discorde entre l'Éthiopie, qui le juge indispensable au développement de ses infrastructures énergétiques, et le Soudan et l'Égypte, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques. (Photo, AFP)
Depuis le lancement du projet, le Gerd constitue une pomme de discorde entre l'Éthiopie, qui le juge indispensable au développement de ses infrastructures énergétiques, et le Soudan et l'Égypte, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 20 juillet 2021

L'Ethiopie annonce que le Grand barrage de la Renaissance est prêt à fonctionner

  • En juillet 2020, l'Éthiopie avait annoncé avoir rempli son objectif de stocker 4,9 milliards de m3 d'eau et prévu une seconde phase à 13,5 milliards de m3
  • Le méga-barrage, d'une contenance totale de 74 milliards de m3 d'eau, est construit depuis 2011 dans le nord-ouest de l'Éthiopie

ADDIS ABEBA: Le Grand Barrage de la Renaissance (Gerd), source de discorde entre l'Éthiopie et ses voisins, est prêt à produire de l'électricité après le succès de la seconde phase de remplissage, a annoncé lundi un responsable éthiopien.

"Le premier remplissage a été effectué l'an dernier, le deuxième est aujourd'hui achevé et sera formellement annoncé aujourd'hui ou demain", a assuré ce responsable sous couvert d'anonymat. 

La quantité d'eau stockée dans le barrage, source de tensions avec les voisins de l'Éthiopie situés en aval du Nil, le Soudan et l'Égypte, est désormais suffisante pour assurer la production d'énergie, a-t-il ajouté.

En juillet 2020, l'Éthiopie avait annoncé avoir rempli son objectif de stocker 4,9 milliards de m3 d'eau et prévu une seconde phase à 13,5 milliards de m3.

Il y a désormais assez d'eau pour mettre en service les deux premières des treize turbines du barrage, a indiqué le responsable éthiopien sans avancer de date précise pour le début de la production d'électricité. 

Le méga-barrage, d'une contenance totale de 74 milliards de m3 d'eau, est construit depuis 2011 dans le nord-ouest de l'Éthiopie, près de la frontière avec le Soudan, sur le Nil bleu qui rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil.

Avec une capacité de production d'électricité de 5 000 mégawatts, revue à la baisse par rapport aux 6 500 initiaux, il devrait devenir un des plus grands barrages hydroélectriques d'Afrique.

Depuis le lancement du projet, le Gerd constitue une pomme de discorde entre l'Éthiopie, qui le juge indispensable au développement de ses infrastructures énergétiques, et le Soudan et l'Égypte, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques. 

Des discussions entamées sous l'égide de l'Union africaine (UA) n'ont pas permis aux trois pays de parvenir à un accord tripartite sur le remplissage du barrage et sur les modalités d'opérations des retenues d'eau. 

Le Caire et Khartoum avaient demandé à Addis Abeba de surseoir au remplissage du barrage dans l'attente de la conclusion d'un accord. 

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'était saisi de l'affaire le 8 juillet pour négocier un accord, mais l'Éthiopie a diplomatiquement repoussé cette initiative en jugeant "regrettable de constater que l'avancement des négociations a été freiné et politisé". 

"L'Éthiopie a clairement indiqué à maintes reprises que porter le sujet devant le Conseil de sécurité des Nations unies était et reste inutile et loin du mandat du Conseil", avait indiqué mardi dernier le ministère éthiopien des Affaires étrangères. 

L'Égypte revendique un droit sur le Nil au titre d'un traité de 1929 qui lui donne un droit de veto sur tout projet de construction sur le fleuve. Un autre traité de 1959 porte à 66% la part de l'Égypte sur les eaux du Nil, et à 22% celle du Soudan, selon Le Caire. 

L'Éthiopie n'est pas partie prenante de ces traités et en conséquence affirme ne pas être tenu par leurs dispositions. 

En 2010, les pays du bassin du Nil - à l'exception de l'Égypte et du Soudan - avaient signé un "traité-cadre de coopération" qui autorisait les projets d'infrastructures sur le fleuve sans le consentement du Caire.

Le ministre éthiopien de l'Eau, Seleshi Bekele, s'est félicité lundi sur Twitter de la prochaine mise en route des premières turbines du Gerd : "tous les efforts sont faits permettre aux deux turbines de générer de l'énergie". 

Les deux turbines devraient pouvoir produire de l'ordre de 750 mégawatts d'électricité et augmenter ainsi de 20% la production nationale éthiopienne, selon Addisu Lashitew, un analyste de la Brookings Institution à Washington.

C'est "une quantité très significative", a-t-il ajouté, pour un pays qui est fréquemment touché par les coupures de secteur et dont la production industrielle est parfois soumise à un rationnement électrique. 

L'achèvement du barrage est aussi une priorité politique pour le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, après des mois de guerre au Tigré, selon Costantinos Berhutesfa Costantinos, enseignant à l'université d'Addis Abeba. 

"Il s'agit d'un facteur d'unité pour les Éthiopiens au milieu de tout ces conflits ethniques et il est donc important pour le pays et ses dirigeants d'achever le barrage conformément au calendrier prévu", selon lui.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.


Le Premier ministre irakien condamne une « attaque de drone» au-dessus d'Erbil

Le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a condamné une "attaque de drones" qui a violé l'espace aérien d'Erbil, dans la région du Kurdistan (nord), a indiqué jeudi son cabinet, après que plusieurs drones ont été abattus. (AFP)
Le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a condamné une "attaque de drones" qui a violé l'espace aérien d'Erbil, dans la région du Kurdistan (nord), a indiqué jeudi son cabinet, après que plusieurs drones ont été abattus. (AFP)
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  • Il s'agit des premières attaques de drones signalées près du consulat à Erbil depuis le début d'un fragile cessez-le-feu en avril
  • Les forces kurdes de lutte antiterroriste ont assuré que les forces de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis avaient "abattu et détruit huit drones chargés d'explosifs au-dessus d'Erbil entre 20H53 et 21H20"

ERBIL: La coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis a abattu plusieurs drones mercredi au-dessus d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, ont annoncé les forces kurdes.

Des journalistes de l'AFP ont dit avoir vu des drones survoler Erbil, dans le nord de l'Irak, avant d'être touchés par la défense antiaérienne, provoquant des explosions et une fumée visible près du consulat américain, qui a déjà été la cible d'attaques de drones et de roquettes depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Il s'agit des premières attaques de drones signalées près du consulat à Erbil depuis le début d'un fragile cessez-le-feu en avril.

Les forces kurdes de lutte antiterroriste ont assuré que les forces de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis avaient "abattu et détruit huit drones chargés d'explosifs au-dessus d'Erbil entre 20H53 et 21H20" (17H53 et 18H20 GMT).

Il n'a pas été fait état de victimes.

Aucun groupe n'a revendiqué ces attaques dans l'immédiat. Elles coïncident avec la visite du nouveau Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi à Washington, où il a rencontré le président américain Donald Trump.

Le Kurdistan irakien, une région riche en pétrole où sont présentes des forces américaines, a été visé depuis le début de la guerre déclenchée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël le 28 février. Des groupes armés irakiens pro-iraniens ont été à l'origine de la plupart de ces attaques.

Ceux-ci ont pris pour cible plus de 600 fois des installations américaines en Irak.

L'Iran a également procédé à des frappes contre des rebelles kurdes iraniens basés au Kurdistan irakien pendant la guerre et même après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

 


L'Iran menace de réduire à néant des infrastructures du Moyen-Orient si les siennes sont attaquées 

L'état-major iranien a prévenu jeudi que l'Iran réduirait à néant des infrastructures du Moyen-Orient si les siennes sont attaquées, après des menaces de Donald Trump de viser des ponts et des centrales électriques. (AFP)
L'état-major iranien a prévenu jeudi que l'Iran réduirait à néant des infrastructures du Moyen-Orient si les siennes sont attaquées, après des menaces de Donald Trump de viser des ponts et des centrales électriques. (AFP)
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  • "Toutes les infrastructures de la région seront écrasées sous les coups d'acier des puissantes forces armées de la République islamique d'Iran, à tel point qu'il n'en restera aucune trace, comme si elles n'avaient jamais existé"
  • Donald Trump a affirmé mardi sur la chaîne Fox News qu'il frapperait des centrales électriques et des ponts en Iran la semaine prochaine, à moins que les Iraniens ne "s'assoient à la table des négociations"

TEHERAN: L'état-major iranien a prévenu jeudi que l'Iran réduirait à néant des infrastructures du Moyen-Orient si les siennes sont attaquées, après des menaces de Donald Trump de viser des ponts et des centrales électriques.

"Toutes les infrastructures de la région seront écrasées sous les coups d'acier des puissantes forces armées de la République islamique d'Iran, à tel point qu'il n'en restera aucune trace, comme si elles n'avaient jamais existé", a affirmé le commandement interarmées iranien dans un communiqué réagissant aux menaces proférées par le président américain.

Donald Trump a affirmé mardi sur la chaîne Fox News qu'il frapperait des centrales électriques et des ponts en Iran la semaine prochaine, à moins que les Iraniens ne "s'assoient à la table des négociations".