Le 22 juillet 2011, la Norvège ensanglantée par la pire attaque de l'après-guerre

A son procès, Breivik reconnaît les faits mais plaide non coupable. En 2012, il est condamné à 21 ans de prison, peine susceptible d'être prolongée indéfiniment, tant qu'il sera considéré comme une menace pour la société. (AFP)
A son procès, Breivik reconnaît les faits mais plaide non coupable. En 2012, il est condamné à 21 ans de prison, peine susceptible d'être prolongée indéfiniment, tant qu'il sera considéré comme une menace pour la société. (AFP)
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Publié le Mardi 20 juillet 2021

Le 22 juillet 2011, la Norvège ensanglantée par la pire attaque de l'après-guerre

  • Il y a dix ans, le 22 juillet 2011, la Norvège basculait dans l'horreur
  • Dans le véhicule qu'il a garé plus loin pour prendre la fuite, Breivik entend à la radio que, contrairement à ce qu'il espérait, la tour gouvernementale de 17 étages ne s'est pas écroulée

OSLO: Une énorme bombe artisanale explose en plein coeur d'Oslo, puis les premiers coups de feu d'une interminable fusillade de 72 minutes retentissent sur Utoya. Il y a dix ans, le 22 juillet 2011, la Norvège basculait dans l'horreur.


En ce vendredi après-midi pluvieux, la paisible nation scandinave somnole dans une torpeur estivale quand la tragédie se présente sous les traits d'Anders Behring Breivik, un extrémiste de droite déguisé en policier.


A 15H25, une camionnette de location bourrée de 950 kilos d'explosifs réalisés à base d'engrais explose au pied de la tour qui abrite le siège du Premier ministre, le travailliste Jens Stoltenberg, aujourd'hui chef de l'Otan.


L'attentat fait huit morts et des dizaines de blessés. Heureusement, son auteur, Breivik, 32 ans, avait été retardé dans un embouteillage et de nombreux employés étaient déjà partis.


Travaillant dans sa résidence officielle, à près de 2 km de là, M. Stoltenberg en sort indemne.


Dans le véhicule qu'il a garé plus loin pour prendre la fuite, Breivik entend à la radio que, contrairement à ce qu'il espérait, la tour gouvernementale de 17 étages ne s'est pas écroulée.


Il décide alors de mettre la seconde phase de son plan à exécution.


A 17H17, toujours vêtu de son faux uniforme, il débarque sur l'île d'Utoya, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest d'Oslo, où, comme chaque année, des centaines de jeunes travaillistes sont réunis pour un camp d'été.


Descendu du chaland MS Thorbjorn qui assure des navettes sur le lac, il abat la "matriarche" du camp Monica Bosei et un policier hors service chargé de la sécurité du rassemblement.


Armé d'un fusil Ruger et d'un pistolet Glock semi-automatiques, il arpente l'île et traque des jeunes gens désemparés dont il tente de gagner la confiance en se présentant comme un policier venu les protéger.


Dans la cafétéria, au bout d'un raidillon, treize personnes tombent sous ses balles. Dix autres périssent en se tenant la main sur le "sentier de l'amour" qui longe le rivage, puis quatorze autres près de la pompe à eau.


Le massacre dure 72 longues minutes: 189 douilles seront ramassées.

Déchaînement de violence 
Piégés sur une île de 0,12 km2, des jeunes se jettent dans les eaux froides du lac. Alertés par les coups de feu, les occupants d'un camping voisin se précipitent pour les secourir avec leurs bateaux et essuient aussi des tirs.


"Vous allez mourir, marxistes", crie le tueur qui a absorbé un mélange énergisant à base d'éphédrine, de caféine et d'aspirine.


A deux reprises, il appelle la police pour proposer sa reddition. "J'ai achevé mon opération et je souhaite me rendre", dit-il.


Mais, après chaque communication, la fusillade reprend. Il tire sur tous ceux qu'il rencontre et achève les blessés: 56 de ses 69 victimes sont retrouvées avec une balle dans la tête.


Venue par la route depuis Oslo, puis à bord d'un modeste bateau pneumatique qui, surchargé, rend l'âme au milieu du lac, une équipe d'intervention spéciale de la police parvient finalement à débarquer sur l'île grâce à l'aide de plaisanciers.


A 18H34, Breivik est enfin arrêté sans opposer de résistance.


Sur les 564 participants du camp d'été, 67 sont tués par balle et deux d'une chute ou de noyade. Trente-trois autres sont blessés par des tirs.


La Norvège vient de connaître la pire tragédie de son histoire d'après-guerre. 


La plupart des victimes ont moins de 20 ans: la plus jeune a soufflé sa quatorzième bougie cinq jours plus tôt.


Signe du déchaînement de violence, jusqu'à huit impacts de balles seront dénombrés sur le corps d'un adolescent de 18 ans.


L'objectif avoué de Breivik est de provoquer une attaque aussi spectaculaire que possible, "un feu d'artifice" selon ses propres mots, pour attirer l'attention sur son "manifeste", un document de 1 500 pages dans lequel il étale son idéologie antimusulmane.


En réaction, M. Stoltenberg frappera les esprits en promettant "encore plus de démocratie, encore plus d'humanité mais sans jamais de naïveté".


A son procès, Breivik reconnaît les faits mais plaide non coupable. En 2012, il est condamné à 21 ans de prison, peine susceptible d'être prolongée indéfiniment, tant qu'il sera considéré comme une menace pour la société.


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.