La Turquie rejette les critiques de l'ONU concernant Chypre

Le Conseil de sécurité des Nations unies a unanimement adopté vendredi une déclaration en faveur d'un règlement du conflit chypriote, condamnant explicitement le président turc Recep Tayyip Erdogan. (Photo, AFP)
Le Conseil de sécurité des Nations unies a unanimement adopté vendredi une déclaration en faveur d'un règlement du conflit chypriote, condamnant explicitement le président turc Recep Tayyip Erdogan. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 24 juillet 2021

La Turquie rejette les critiques de l'ONU concernant Chypre

  • Au cours d'une visite à Chypre-nord mardi, le président Erdogan a estimé que «nul progrès dans les négociations ne (pouvait) être fait sans accepter qu'il y ait deux peuples et deux Etats»
  • Les négociations en vue d'un règlement de conflit sont dans l'impasse depuis 2017

ISTANBUL : La Turquie a rejeté vendredi la condamnation par le Conseil de sécurité des Nations unies de son soutien à une partition de Chypre et de ses projets de réouverture d'une ville côtière vidée de ses habitants d'origine, des Chypriotes grecs.

"Nous rejetons la déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU" concernant le projet de réouverture sous contrôle chypriote turc de la station balnéaire de Varosha "ainsi que les déclarations de divers pays qui sont fondées sur des demandes injustifiées et incompatibles avec les réalités sur l'île", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il a ajouté que des dizaines d'années d'efforts n'avaient pas permis de parvenir à un statut fédéral de l'île de Chypre en raison de "l'attitude intransigeante de l'administration chypriote-grecque".

Cette île de Méditerranée est divisée depuis 1974 entre la République de Chypre - membre de l'Union européenne - qui exerce son autorité dans le sud, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN) autoproclamée en 1983 et uniquement reconnue par la Turquie.

"Un nouveau processus de négociations pour un règlement juste, durable et viable de la question de Chypre ne pourrait commencer que si on assurait une égale souveraineté et un égal statut international au peuple chypriote-turc", a poursuivi le ministère turc.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a unanimement adopté vendredi une déclaration en faveur d'un règlement du conflit chypriote "fondé sur une fédération bicommunautaire et bizonale avec l'égalité politique" et condamnant explicitement le président turc Recep Tayyip Erdogan et ses "actions unilatérales qui vont à l'encontre de ses résolutions".

Les membres du Conseil "condamnent l'annonce faite à Chypre par les dirigeants turc et chypriote turc le 20 juillet 2021 de la nouvelle réouverture d'une partie de la zone clôturée de Varosha. Le Conseil de sécurité exprime son profond regret face à ces actions unilatérales qui vont à l'encontre de ses résolutions et de ses déclarations précédentes", peut-on encore lire dans ce texte agréé, qui devait être officiellement approuvé dans la journée.

Le Conseil demande aussi "le retrait immédiat" de cette mesure et celui "de toutes les changements opérés à Varosha depuis octobre 2020". Il "souligne l'importance du plein respect et de la mise en oeuvre de ses résolutions, y compris le transfert de Varosha sous une administration de l'ONU".

Au cours d'une visite à Chypre-nord mardi, le président Erdogan a estimé que "nul progrès dans les négociations ne (pouvait) être fait sans accepter qu'il y ait deux peuples et deux Etats". Il avait en outre annoncé la poursuite de la réouverture de Varosha, une ville fantôme symbole de la division de cette île. 

Ses prises de position avaient été condamnées dès mercredi par les Etats-Unis, la Grèce, l'ONU, la Russie et l'Union européenne.

Les négociations en vue d'un règlement de conflit sont dans l'impasse depuis 2017.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Short Url
  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Short Url
  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.