Hong Kong: l'agriculture dans les nuages pour reconnecter avec sa nourriture

On l'ignore parfois mais Hong Kong n'est pas qu'une forêt minérale de gratte-ciels puisque 75% de son territoire est rural. (Photo, AFP)
On l'ignore parfois mais Hong Kong n'est pas qu'une forêt minérale de gratte-ciels puisque 75% de son territoire est rural. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 29 juillet 2021

Hong Kong: l'agriculture dans les nuages pour reconnecter avec sa nourriture

  • En dépit de l'extrême densité de peuplement de ses quartiers, il reste à Hong Kong de la place pour l'agriculture urbaine, assure M. Tsui
  • Et environ 90% de la nourriture consommée par les 7,5 millions d'habitants de la ville est importée, principalement de Chine continentale

HONG KONG: Les mains dans la terre et la tête dans les nuages... Sur le toit de ce gratte-ciel de Hong Kong, des employées de bureau récoltent le fruit de leur labeur dans les rangs colorés de radis et de carottes qui jurent dans la grisaille urbaine.


Perchée à 150 mètres de hauteur, au sommet de la Bank of America Tower, dans le coeur financier de l'ancienne colonie britannique, cette ferme fait partie de la soixantaine de micro exploitations agricoles ayant essaimé depuis 2015 sur la canopée d'une mégapole en mal d'espace.


Elles ont bourgeonné sur des héliports désaffectés, sur le toit de centres commerciaux ou des terrasses publiques, grâce à des initiatives privées comme celle de l'entreprise sociale Rooftop Republic ("La république des toits-terrasses"), qui promeut une philosophie de vie plus saine et plus verte.

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Pour y parvenir, Rooftop Republic collabore étroitement avec des architectes, des urbanistes et des promoteurs immobiliers dans l'espoir d'intégrer les fermes urbaines aux plans des immeubles de bureaux. (Photo, AFP)


Andrew Tsui, l'un des cofondateurs, voit l'agriculture urbaine comme un moyen pour les citadins de renouer avec leur nourriture.


Un impératif dans ce territoire du sud de la Chine, "la ville des nouilles instantanées" comme la surnomme M. Tsui en référence à l'addiction des Hongkongais pour les plats préparés à emporter qui génèrent des quantités effrayantes de déchets.

Un territoire rural 
Il y a "quelque chose de cassé" dans la relation que les habitants de Hong Kong entretiennent avec la nourriture, déplore l'entrepreneur de 43 ans.

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A en croire les statistiques officielles, Hong Kong envoie chaque jour 3 600 tonnes de nourriture dans ses décharges, soit l'équivalent de 250 bus à impériale. Moins du quart des déchets alimentaires de la ville sont recyclés. (Photo, AFP)


"Cela date du moment où nous avons commencé à sous-traiter l'origine de notre nourriture en misant sur des lignes de production industrielles", avance-t-il.


A en croire les statistiques officielles, Hong Kong envoie chaque jour 3 600 tonnes de nourriture dans ses décharges, soit l'équivalent de 250 bus à impériale. Moins du quart des déchets alimentaires de la ville sont recyclés.


Et environ 90% de la nourriture consommée par les 7,5 millions d'habitants de la ville est importée, principalement de Chine continentale.


On l'ignore parfois mais Hong Kong n'est pas qu'une forêt minérale de gratte-ciels puisque 75% de son territoire est rural. Des espaces verts composés principalement de parcs naturels mais aussi, selon des chiffres officiels de fin 2020, de 755 hectares de terres cultivées.


Celles-ci se trouvent majoritairement dans les Nouveaux territoires, dans le nord, très loin du coeur urbain et financier de Hong Kong.


"Le défi, pour nous, est d'intégrer l'agriculture à notre quotidien", poursuit M. Tsui. "La première étape, bien sûr, c'est de la rendre accessible."

Il reste de la place.

En dépit de l'extrême densité de peuplement de ses quartiers, il reste à Hong Kong de la place pour l'agriculture urbaine, assure M. Tsui.

Son entreprise a identifié plus de 600 hectares disponibles sur la canopée de cette jungle urbaine. "Nous avons donc la possibilité de doubler l'espace où cultiver des aliments."

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Propriétaire d'une ferme dans les Nouveaux Territoires, la sexagénaire a appris auprès de professionnels les techniques et astuces pour développer sa parcelle. (Photo, AFP)


Pour y parvenir, Rooftop Republic collabore étroitement avec des architectes, des urbanistes et des promoteurs immobiliers dans l'espoir d'intégrer les fermes urbaines aux plans des immeubles de bureaux.


L'entreprise a aussi réussi à convaincre de grands groupes internationaux comme la banque singapourienne DBS, dont la Fondation s'est associée à Rooftop Republic pour créer une académie proposant des formations à l'agriculture urbaine.


Le géant américain du conseil en immobilier JLL a ajouté l'agriculture urbaine à son portefeuille et compte même une ferme sur un bâtiment.


"A Hong Kong, les gens se concentrent sur la valeur commerciale des propriétés, mais nous voulons promouvoir le concept de durabilité", assure Eric Lau, l'un des dirigeants du groupe à Hong Kong.


L'agriculture urbaine est, selon ses adeptes, un moyen de tisser un lien social. De plus en plus d'entreprises la proposent ainsi à leurs employés pour favoriser la cohésion.

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Perchée à 150 mètres de hauteur, au sommet de la Bank of America Tower, dans le coeur financier de l'ancienne colonie britannique, cette ferme fait partie de la soixantaine de micro exploitations agricoles ayant essaimé depuis 2015 sur la canopée d'une mégapole en mal d'espace. (Photo, AFP)

«Un savoir nécessaire»
Retraitée de la fonction publique, Lai Yee-man s'est tournée vers l'agriculture pour renouer avec la nature mais aussi avec ses voisins. 


Propriétaire d'une ferme dans les Nouveaux Territoires, la sexagénaire a appris auprès de professionnels les techniques et astuces pour développer sa parcelle.


Autant de connaissances qu'elle transmet à son tour à d'autres au Sky Garden --plus grande ferme urbaine au sommet d'un centre commercial à Hong Kong-- où des habitants cultivent 1.200 mètres carrés de fleurs comestibles et arbres fruitiers, dont les produits sont en majorité donnés à des associations caritatives.


"Les gens font davantage attention à leur santé et achètent bio", explique-t-elle. "Ici, nous leur apprenons à ne pas gaspiller et à chérir leur nourriture".


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.