Pétrolier attaqué: Washington promet une «réponse collective», Téhéran met en garde

«L'Iran continue d'agir de manière terriblement irresponsable (...) Les actes iraniens sont une menace directe contre la liberté de navigation», a affirmé Blinken. (Photo, AFP)
«L'Iran continue d'agir de manière terriblement irresponsable (...) Les actes iraniens sont une menace directe contre la liberté de navigation», a affirmé Blinken. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 03 août 2021

Pétrolier attaqué: Washington promet une «réponse collective», Téhéran met en garde

  • Le Royaume-Uni, la Roumanie et Israël font partie des alliés avec lesquels Washington se coordonnait lundi, a précisé Antony Blinken
  • L'Iran a quant à lui averti lundi qu'il riposterait à tout «aventurisme» après les menaces d'Israël et des États-Unis

WASHINGTON: La pression s'accentuait sur l'Iran lundi, après l'attaque meurtrière contre un pétrolier géré par un milliardaire israélien en mer d'Oman, les États-Unis promettant une "réponse collective" malgré les dénégations de Téhéran.

"Il y aura une réponse collective", a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken.

"L'Iran continue d'agir de manière terriblement irresponsable (...) Les actes iraniens sont une menace directe contre la liberté de navigation", a martelé celui qui avait déjà accusé la veille l'Iran d'avoir mené cette attaque.

Les autorités iraniennes ont démenti dimanche tout lien avec l'attaque, survenue jeudi contre le pétrolier Mercer Street, géré par la société du milliardaire israélien Eyal Ofer et cible selon Washington de "drones explosifs".

Non revendiquée, cette attaque a fait deux morts: un Britannique employé par la société de sécurité Ambrey, et un membre d'équipage roumain, selon l'armateur Zodiac Maritime.

Le Royaume-Uni, la Roumanie et Israël font partie des alliés avec lesquels Washington se coordonnait lundi, a précisé Antony Blinken.

L'Iran a quant à lui averti lundi qu'il riposterait à tout "aventurisme" après les menaces d'Israël et des États-Unis.

"La République islamique d'Iran n'hésitera pas à protéger sa sécurité et ses intérêts nationaux", a averti le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes Saïd Khatibzadeh dans un communiqué.

Elle "répondra immédiatement et de manière décisive à tout aventurisme", a-t-il dit.

«Preuves» ou «accusation infondées»?

Ces nouvelles fortes tensions surviennent à la veille de l'entrée en fonctions du nouveau président en Iran, l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi, qui succède au modéré Hassan Rohani.

L'Iran est un ennemi juré des États-Unis et d'Israël. Il n'entretient pas de relations avec les premiers depuis 1980 et ne reconnaît pas l'existence du second.

Au lendemain de l'attaque, le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid a accusé l'Iran d'être "un exportateur de terrorisme, de destruction et d'instabilité qui fait mal à tout le monde".

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a renchéri lundi devant la Knesset. "C'est exactement pour cette raison que nous devons agir maintenant face à l'Iran (...) Ce n'est pas une menace future, mais un danger concret et immédiat", a-t-il jugé.

"Le régime sioniste (Israël, ndlr) doit cesser de (lancer) de telles accusations infondées", a rétorqué Saïd Khatibzadeh.

Mais le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a insisté sur la responsabilité iranienne affirmant que son pays détenait des "preuves".

De même, le secrétaire d'État Antony Blinken a affirmé que les États-Unis étaient "certains que l'Iran avait mené l'attaque".

«Voie diplomatique»

Rejoignant Washington et Israël, le Royaume-Uni a appelé l'Iran à "cesser immédiatement ses actions mettant en danger la paix et la sécurité régionale et internationale".

Lundi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a averti que l'Iran devrait "faire face aux conséquences de ce qu'il a fait", évoquant "une attaque inacceptable et scandaleuse contre un navire commercial", dans laquelle "un citoyen britannique est mort".

"Il est absolument essentiel que l'Iran, comme tout autre pays, respecte les libertés de navigation à travers le monde, et la Grande-Bretagne continuera à insister là-dessus."

Londres, mais aussi Bucarest, ont convoqué leurs ambassadeurs iraniens respectifs.

L'Iran, qui a aussi convoqué le chargé d'Affaires britannique à Téhéran, selon l'agence de presse officielle Irna, a estimé que "la source de l'insécurité dans le Golfe persique n'(était) pas l'Iran, mais la présence de navires et forces militaires de pays qui ne sont pas de la région".

Depuis des années, Israël et l'Iran s'affrontent directement ou indirectement au Liban, en Syrie, en Irak et dans la bande de Gaza palestinienne. Mais ces derniers mois, cette rivalité s'est transposée en mer avec l'émergence d'une mystérieuse série de sabotages et d'attaques.

En mars, le Wall Street Journal a rapporté, citant des responsables américains et du Moyen-Orient, qu'Israël avait ciblé depuis fin 2019, principalement avec des mines sous-marines, au moins une dizaine de navires faisant route vers la Syrie et transportant, dans la plupart des cas, du pétrole iranien.

"S'ils ont des preuves pour soutenir leurs affirmations infondées, ils devraient les fournir", a dit lundi Saïd Khatibzadeh, reprochant à Londres et Washington de garder le "silence" s'agissant des "attaques terroristes" visant les "navires commerciaux" iraniens.

L'Iran est un "mauvais protagoniste sur la scène internationale (...) mais nous continuons de penser que de rechercher une voie diplomatique (...) est dans notre intérêt national", a relevé la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, renouvelant le vœu de l'administration Biden de sauver l'accord international sur le nucléaire iranien.

Revenir à cet accord placerait les États-Unis "dans une meilleure position pour répondre à ces autres problèmes", a-t-elle souligné lundi lors d'un point-presse.


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

Short Url
  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
Short Url
  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Short Url
  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.