La Turquie demande l'aide de l'UE pour lutter contre des incendies de forêt meurtriers

Des hommes se battent contre le feu qui se propage, le 2 août 2021 à Mugla, dans le district de Marmaris, alors que l'Union européenne envoyait de l'aide à la Turquie et que des volontaires se joignaient aux pompiers pour lutter contre de violents incendies qui ont fait huit morts. (AFP)
Des hommes se battent contre le feu qui se propage, le 2 août 2021 à Mugla, dans le district de Marmaris, alors que l'Union européenne envoyait de l'aide à la Turquie et que des volontaires se joignaient aux pompiers pour lutter contre de violents incendies qui ont fait huit morts. (AFP)
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Publié le Mardi 03 août 2021

La Turquie demande l'aide de l'UE pour lutter contre des incendies de forêt meurtriers

  • Ankara a activé le Mécanisme européen de protection civile pour demander à la Commission européenne son aide pour lutter contre les incendies
  • Le commissaire européen en charge de la gestion des crises, Janez Lenarcic, a déclaré: «L'UE est entièrement solidaire de la Turquie en ces très durs moments.»

ANKARA: La Turquie a demandé l'aide de l'UE dans sa lutte pour combattre les incendies de forêt meurtriers inédits, qui ont balayé le pays et montré la mauvaise préparation du gouvernement face à cette catastrophe naturelle.

Ankara a activé le Mécanisme de protection civile de l'UE pour demander à la Commission européenne son aide pour lutter contre les incendies.

Bruxelles a envoyé des avions équipés pour la lutte contre les incendies, dont un avion Canadair de Croatie et deux Canadair d'Espagne dans le cadre de rescEU, la Réserve européenne de moyens de protection civile.

Le commissaire européen en charge de la gestion des crises, Janez Lenarcic, a déclaré: «L'UE est entièrement solidaire de la Turquie en ces très durs moments.»

Il a ajouté: «Je remercie tous les pays qui nous sont venus en aide. Nos pensées vont au peuple turc qui a perdu des êtres chers, et aux courageux intervenants de première ligne qui font de leur mieux pour lutter contre les incendies meurtriers. Nous sommes prêts à fournir une assistance supplémentaire.»

Le Portugal, l'Espagne, la France, l'Italie, la Grèce et la Croatie sont considérés comme les pays les plus sujets aux incendies en Europe. La Croatie, la France, la Grèce, l'Italie, l'Espagne et la Suède ont fourni onze avions de lutte contre les incendies, ainsi que six hélicoptères, pour être utilisés par d'autres États membres de l'UE en cas d'urgence.

Cette intervention face aux incendies de forêt a révélé que la Turquie – dont la flotte présidentielle compte treize avions – ne possède pas un seul avion de lutte contre les incendies. Le Centre de coordination de la réaction d'urgence de l'UE 24h/24 et 7j/7 est en contact régulier avec les autorités turques pour observer la situation et orienter efficacement son assistance.

Cigdem Nas, secrétaire générale de la Fondation pour le développement économique de la Turquie, a déclaré à Arab News que cette manifestation de solidarité est d’une grande importance dans ces moments difficiles.

« Le changement climatique a des effets similaires sur d’autres pays membres de l'UE dans la région méditerranéenne, tels que la Grèce et l'Italie. Il est par conséquent important d'augmenter la capacité de ces pays à faire face à de telles catastrophes naturelles de manière conjointe», a-t-elle déclaré.

Nas a ajouté que l'UE et la Turquie pouvaient consolider et accroître leur coopération dans la réponse aux catastrophes naturelles, en particulier dans la région méditerranéenne.

«Cela peut constituer un ensemble de ressources comprenant des avions, des ressources humaines, ainsi que divers équipements nécessaires pouvant être utilisés conjointement par les pays de la région, parrainés par la Turquie et l'UE», a-t-elle déclaré.

Malgré l'aide offerte par l'UE, la Turquie a maintenu son scepticisme à l'égard de certains membres de l'UE.

Entretemps, cette confusion a suscité des théories du complot autour des causes de ces incendies soudains.

Des personnalités progouvernementales ont accusé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d'avoir déclenché les incendies sur ordre d'Athènes.

Le 29 juillet, le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, a appelé son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, pour lui présenter ses condoléances à la suite des incendies qui ont fait plusieurs victimes.

«J'ai également exprimé la volonté de la Grèce de fournir une assistance si la Turquie le souhaitait», a-t-il tweeté.

La Turquie a cependant rejeté l'offre d'aide de la Grèce pour la lutte contre les incendies.

La Turquie et la Grèce devraient ressentir cette semaine les effets des températures les plus chaudes de l’actuelle forte vague de chaleur, qui atteint des niveaux record en Europe.

Par ailleurs, le chef de la mafia turque, en exil, Sedat Peker, a mis en garde contre toute provocation après ces incendies qui pourraient être utilisés pour pousser des ultranationalistes à s'attaquer à des citoyens kurdes.

Sept membres d'une famille kurde de la province de Konya, en Anatolie centrale, ont récemment été tués après des mois de menaces et une attaque au couteau par les mêmes délinquants, en mai.

Ailleurs, une nouvelle loi donnant au ministère de la Culture et du Tourisme le pouvoir d'ouvrir des zones forestières à la construction a suscité de nombreuses critiques.

La loi – entrée en vigueur à la suite de la signature présidentielle – est mise en cause quant à la possibilité qu’elle a d’ouvrir les zones récemment incendiées à de nouveaux projets.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".