Antonio Guterres : Les combattants et mercenaires étrangers doivent quitter la Libye

Le secrétaire général des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres. (Photo, AFP/Archives)
Le secrétaire général des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Dimanche 05 septembre 2021

Antonio Guterres : Les combattants et mercenaires étrangers doivent quitter la Libye

  • Guterres exhorte également les pays qui fournissent des armes et du matériel militaire aux combattants étrangers à cesser de violer l'embargo de l'ONU sur les armes
  • «Le processus politique atteint actuellement une étape critique et les gains obtenus au début de 2021 sont entièrement menacés», a averti Guterres

NEW YORK : Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a de nouveau exhorté les pays à retirer tous les combattants et mercenaires étrangers de la Libye, affirmant qu'ils continuent d'opérer partout dans ce pays d'Afrique du Nord en proie au conflit, en violation de l'accord de cessez-le-feu d'octobre dernier «sans réduction visible de leurs activités».

Le secrétaire général de l'ONU a également exhorté les pays fournissant des armes et du matériel militaire aux combattants étrangers à cesser de violer l'embargo de l'ONU sur les armes, affirmant que le mouvement des avions accomplissant un soutien logistique «s'est également poursuivi sans relâche » sur les bases aériennes du centre de la Libye, dans la ville stratégique de Syrte et dans la région voisine de Jufra.

Dans un rapport distribué au Conseil de sécurité de l'ONU, Guterres a appelé à la mise en œuvre d'un «plan global pour le retrait immédiat et inconditionnel de tous les mercenaires et les forces étrangères de la Libye, avec des délais clairs».

Il a en outre exhorté les parties libyennes «à tout mettre en place pour garantir» que les élections législatives et présidentielles se tiennent le 24 décembre conformément à la feuille de route politique qui a mis fin aux hostilités l'année dernière. 

La Libye est en proie au chaos depuis qu'un soulèvement soutenu par l'OTAN a renversé le dictateur de longue date Mouammar Kadhafi en 2011 et divisé le pays entre un gouvernement soutenu par l'ONU dans la capitale, Tripoli, et des autorités rivales fidèles au commandant Khalifa Haftar dans l'est. Chacun des deux gouvernements a été soutenu par différents groupes armés et gouvernements étrangers.

 

FAITS MARQUANTS

Le secrétaire général de l'ONU a exhorté les partis et les institutions à clarifier la base constitutionnelle des élections et à adopter les lois électorales nécessaires

Haftar a lancé une offensive militaire en 2019 pour s'emparer de la capitale. Mais sa marche sur Tripoli a finalement échoué en juin 2020 après que Ankara a envoyé des troupes pour soutenir le gouvernement légitime.

Les pourparlers de paix ultérieurs parrainés par l'ONU ont abouti à un cessez-le-feu en octobre dernier et à l'installation d'un gouvernement intérimaire qui devrait conduire le pays aux élections de décembre, mais le parlement libyen n'a jusqu'à présent pas réussi à se mettre d'accord sur un cadre juridique pour organiser des élections.

Guterres a cité des divergences initiales sur la question de savoir si les élections présidentielles devraient être organisées par vote direct ou indirectement par le parlement élu, si un référendum sur le projet de constitution permanente devrait être organisé en premier, ainsi que les critères d'éligibilité pour les candidats, notamment le personnel militaire et les Libyens qui possèdent la double nationalité.

Le secrétaire général de l'ONU a exhorté les partis et les institutions à clarifier la base constitutionnelle des élections et à adopter les lois électorales nécessaires.

«Le processus politique atteint actuellement une étape critique et les gains obtenus au début de 2021 sont entièrement menacés», a averti Guterres. «Il est impératif que le processus politique réponde aux aspirations du peuple libyen à une gouvernance représentative grâce à des élections démocratiques».

En juillet, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Jan Kubis, a accusé des «saboteurs» d'avoir tenté d'entraver la tenue des élections cruciales de décembre pour unifier la nation divisée.

Il a déclaré au Conseil de sécurité que de nombreux acteurs clés en Libye ont réitéré leur engagement en faveur des élections, mais «je crains que beaucoup d'entre eux ne soient pas prêts à joindre le geste à la parole». 

Guterres a cité l'avertissement de Kubis selon lequel la présence continue de milliers de mercenaires et de nombreux combattants étrangers reste une menace considérable non seulement pour la sécurité de la Libye mais aussi pour toute la région.

Le secrétaire général de l'ONU a de plus averti que la présence et les activités d'organisations extrémistes violentes, en particulier celles affiliés à Al-Qaïda et Daesh «ont été signalées dans toutes les régions, surtout sous la forme de menaces directes contre les civils et le personnel de l'ONU ainsi que d'attaques contre les forces de sécurité».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
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  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis reprennent leur aide alimentaire à la Somalie

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
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  • La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri"
  • Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis

NAIROBI: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi reprendre leur aide alimentaire à la Somalie, qu'ils avaient suspendue début janvier, après que Mogadiscio a annoncé avoir rendu l'aide alimentaire que Washington accusait les autorités somaliennes d'avoir saisie illégalement.

Le département d'Etat américain avait annoncé le 8 janvier avoir suspendu "tous les programmes américains d'assistance" à la Somalie, évoquant une "politique de tolérance zéro" en matière de gaspillage ou de vol après avoir reçu des informations selon lesquelles des responsables somaliens avaient "détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) financé par les Etats-Unis et saisi illégalement 76 tonnes d'aide alimentaire".

La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri" et fait part de son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens de l'expulsion.

Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis. Après un scandale suscité par des révélations sur une gigantesque fraude aux aides publiques dans le Minnesota, mise en place par des membres de la diaspora somalienne, il a lancé une opération anti-immigration extrêmement critiquée à Minneapolis, capitale de cet Etat.

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis".

"À la suite de cette déclaration, nous reprendrons la distribution de denrées alimentaires au PAM tout en continuant à réévaluer notre posture d’assistance plus générale en Somalie", peut-on lire dans le même message.

"Toutes les marchandises du PAM affectées par l'expansion du port ont été rendues" et un "plus grand entrepôt" avait été fourni à l'agence onusienne, avait annoncé mardi sur X le gouvernement somalien, insistant sur sa "transparence".

Mogadiscio avait initialement indiqué que la démolition de l'entrepôt s'inscrivait dans le cadre de "travaux d'agrandissement et de réaménagement" du port de Mogadiscio et que tous les vivres resteraient sous la responsabilité du PAM.

Les fragiles autorités somaliennes sont dépendantes de l'aide militaire américaine face aux insurgés islamistes shebab qu'elles combattent depuis près de 20 ans ainsi que contre des jihadistes de l'Etat islamique.

Mardi, le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) avait indiqué avoir accéléré le rythme de leurs frappes aériennes contre ces deux groupes, avec 23 frappes depuis le 1er janvier.


Un groupe de femmes retrace la route sacrée de la Hijrah jusqu’à Médine

Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
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  • L’environnement favorable du Royaume pour les femmes a rendu possible ce périple de 500 km à pied, selon la fondatrice de Soul Al-Hijrah

DJEDDAH : Dans un voyage spirituel unique, un groupe de femmes a retracé les pas sacrés du prophète Muhammad de La Mecque à Médine.

Les 22 participantes – aventurières, cadres, médecins, infirmières, enseignantes, mères âgées de 30 à 50 ans – seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir effectué le voyage le plus proche de l'itinéraire original.

Les femmes ont parcouru à pied près de 500 km pour revivre ce que le prophète Muhammad et ses compagnons ont pu traverser il y a plus de 1 400 ans.

« Oui, c’est la toute première marche de la Hijrah réservée aux femmes. Elles sont venues du monde entier pour marcher ensemble lors de ce périple inoubliable. Elles ont complété un voyage d’une semaine, expérimentant la signification historique et spirituelle du trajet », a déclaré Salma Abdulrahman, directrice de Soul Al-Hijrah, à Arab News.

Les 22 participantes ont visité des sites clés le long de la route, pour une immersion totale dans la valeur historique et spirituelle de la Hijrah. Abdulrahman faisait partie des premières à emprunter ce chemin.

« J’ai trouvé mon âme sur ce chemin et j’ai eu l’impression de renaître. Ce voyage a ravivé mon cœur et changé le cours de ma vie. C’est aussi le début de ma société de tourisme, Soul Al-Hijrah », a-t-elle expliqué.

Elle a accompagné les participantes tout au long du voyage : « Ce fut un honneur de les servir et d’accueillir les invités de notre bien-aimé Prophète Muhammad, paix et bénédictions sur lui, en veillant à leur confort tout au long du parcours. C’est un honneur que je chéris profondément, et ma joie envers elles est indescriptible. »

Abdulrahman a ajouté que plus de 20 voyages ont déjà été organisés sur la route de la Hijrah pour des groupes venus du monde entier, témoignant de l’intérêt croissant pour ce type de tourisme spirituel et historique.

« Il faut dire que ce type d’initiative n’aurait pas été possible sans l’environnement favorable offert par le Royaume aux femmes saoudiennes, leur donnant la confiance nécessaire pour être à l’avant-garde du secteur touristique », a-t-elle souligné.

La Dre Dina Altayeb, parodontiste et implantologue, a décrit ce voyage comme le plus intense et profond parmi toutes ses aventures. « J’aimerais que plus de gens aient cette opportunité, car elle offre d’innombrables bienfaits pour l’âme, le corps et l’esprit », a-t-elle déclaré.

Altayeb, qui est la première femme saoudienne à se qualifier et à participer au championnat du monde Ironman,  a déclaré à Arab News que c'était une expérience totalement différente. « Pour moi, ce n'était pas aussi difficile que mes aventures habituelles, mais spirituellement, ce fut une expérience formidable, car c'était une expérience émotionnelle indescriptible... (et) ce fut aussi une expérience enrichissante. »

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Les 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo: fournie)

Elle s’est dite ravie d’arriver à Médine. « Nous avons traversé des montagnes, des vallées et des déserts, tout comme l'avait fait le Prophète. Ce fut un sentiment extraordinaire lorsque nous sommes arrivés à Médine après huit jours de marche. »

Ghadeer Sultan, responsable en ressources humaines, a rejoint le groupe par hasard. « Je n’avais pas prévu de suivre le voyage de la Hijrah, c’était une coïncidence, une invitation qui m’est parvenue, et un peu de curiosité pour vivre l’expérience », a-t-elle confié.

« Lorsque nous sommes entrés dans le jardin ombragé de Médine, j'ai eu l'impression que la paix et la lumière avaient pénétré au plus profond de mon âme. J'ai ressenti la joie des Ansar à l'arrivée du Prophète, que la paix et les bénédictions soient sur lui, et mon cœur a vibré à tous ces moments historiques. Je découvrais les véritables grandes valeurs incarnées par la ville du Prophète : les valeurs d'amour et de tolérance. »

À leur arrivée à Médine, après un voyage qui a débuté le 22 décembre et s'est terminé le 29 décembre, les participantes ont été chaleureusement accueillis avec des roses et des prières.

Leur première visite a été la mosquée Quba, où le Prophète a séjourné lors de sa migration. Première mosquée de l’histoire de l’Islam et en partie construite par le Prophète lui-même, elle revêt une profonde signification spirituelle. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com