Biden assure à l'ONU qu'il ne veut pas de «Guerre froide» avec la Chine

Joe Biden défend son attachement à la diplomatie et au multilatéralisme face à des alliés européens qui l'accusent de faire trop souvent cavalier seul (Photo, AFP)
Joe Biden défend son attachement à la diplomatie et au multilatéralisme face à des alliés européens qui l'accusent de faire trop souvent cavalier seul (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 21 septembre 2021

Biden assure à l'ONU qu'il ne veut pas de «Guerre froide» avec la Chine

Joe Biden défend son attachement à la diplomatie et au multilatéralisme face à des alliés européens qui l'accusent de faire trop souvent cavalier seul (Photo, AFP)
  • Le président américain Joe Biden a promis à la tribune des Nations unies d'augmenter les efforts internationaux des Etats-Unis pour lutter à la fois contre la pandémie et contre le changement climatique
  • Joe Biden a estimé que la «solution à deux Etats», c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien aux côtés de l'Etat israélien, était «la meilleure» pour résoudre le conflit

NATIONS UNIES: Joe Biden a affirmé mardi devant l'ONU qu'il ne voulait pas d'une « nouvelle Guerre froide » avec la Chine, et a défendu son attachement à la diplomatie et au multilatéralisme face à des alliés européens qui l'accusent de faire trop souvent cavalier seul. 

« Nous ne voulons pas d'une nouvelle Guerre froide, ou d'un monde divisé en blocs rigides », a lancé le président des Etats-Unis pour le premier discours de son mandat à l'Assemblée générale des Nations unies. 

Pour autant, « les Etats-Unis vont participer à la compétition, et y participer avec vigueur », a-t-il prévenu en livrant sa vision de la confrontation avec Pékin, sans nommer directement la puissance rivale. 

« Avec nos valeurs et notre force, nous allons défendre nos alliés et nos amis, et nous opposer aux tentatives des pays plus forts de dominer les plus faibles », a-t-il martelé. 

Le président Biden, engagé dans un combat contre les « autocraties », a aussi promis de « défendre la démocratie ». 

Son discours à la prestigieuse tribune new-yorkaise de l'ONU sera suivi dans la journée par celui du président chinois Xi Jinping, par vidéo pré-enregistrée, dans un duel à distance entre les deux superpuissances engagées dans une confrontation de plus en plus envenimée. 

 

Washington reviendra pleinement dans l'accord sur le nucléaire iranien si Téhéran «fait de même»

Les Etats-Unis reviendront pleinement dans l'accord sur le nucléaire iranien si l'Iran « fait de même », a affirmé le président américain Joe Biden, en promettant d'empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique. 

« Les États-Unis restent déterminés, prêts à empêcher les armes nucléaires iraniennes », a-t-il ajouté. « Nous travaillons » avec les membres permanents du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Russie et Chine) ainsi qu'avec l'Allemagne « pour obtenir diplomatiquement et en toute sécurité le retour de l'Iran dans l'accord nucléaire » appelé JCPOA, a-t-il précisé. 

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L'Assemblée générale des Nations unies (Photo, AFP)

« ère de diplomatie »  

En prélude à cet échange, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait mis en garde Washington et Pékin contre une dégradation des crises mondiales qui serait « beaucoup moins prévisible que la Guerre froide », et a appelé les deux superpuissances au « dialogue » et à la compréhension. 

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait aussi mis en garde lundi contre une « orientation très confrontationelle » des Etats-Unis, estimant que les Européens devaient défendre un « modèle alternatif ».  

Pékin conteste aussi l'idée d'une nouvelle Guerre froide comme celle qui a opposé les Etats-Unis à l'Union soviétique au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Mais c'est à peu près le seul point de convergence entre les deux pays, dont les relations sont de plus en plus tendues. 

Le grand rendez-vous diplomatique mondial, qui s'est ouvert mardi et durera une semaine, est particulièrement attendu cette année, après la version essentiellement virtuelle de l'an dernier. 

Pour le démocrate américain, le discours dans le temple du multilatéralisme a été l'occasion de mettre en avant le « retour » de l'Amérique comme partenaire fiable auprès de ses alliés malmenés pendant quatre années de mandat de Donald Trump. 

« Au cours des huit derniers mois, j'ai accordé la priorité à la reconstruction de nos alliances, à la revitalisation de nos partenariats et à la reconnaissance qu'ils sont essentiels à la sécurité et à la prospérité durables de l'Amérique », a-t-il plaidé. 

Il a dit qu'il annoncerait mercredi de « nouveaux engagements » contre la pandémie et a promis de  « doubler » l'effort financier international de Washington contre le changement climatique. 

Il s'est surtout engagé à ouvrir une « ère de diplomatie » après la fin de la guerre en Afghanistan, assurant que la force militaire ne serait utilisée par les Etats-Unis qu'en « dernier recours ».

 

Conflit israélo-palestinien: «la solution à deux Etats est la meilleure » selon Biden

Joe Biden a estimé que la « solution à deux Etats », c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien aux côtés de l'Etat israélien, était « la meilleure » pour résoudre le conflit, dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies. 

« Je continue à croire que la solution à deux Etats est la meilleure pour assurer l'avenir d'Israël en tant qu'Etat juif démocratique, vivant en paix aux côtés d'un Etat palestinien viable, souverain et démocratique », a déclaré le président américain, ajoutant: « Nous sommes actuellement loin de cet objectif, mais nous ne devons jamais renoncer à croire qu'un progrès est possible ». 

Un nouvel effort financier sur la pandémie et le changement climatique 

Le président américain Joe Biden a promis à la tribune des Nations unies d'augmenter les efforts internationaux des Etats-Unis pour lutter à la fois contre la pandémie et contre le changement climatique. 

Washington va « annoncer des engagements supplémentaires » pour doper la vaccination dans les pays les moins avancés mercredi, lors d'un sommet virtuel qu'il organise, a indiqué Joe Biden dans un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU. 

Le président américain a également promis de travailler avec le Congrès américain pour « doubler à nouveau » le montant de l'aide internationale accordée par les Etats-Unis aux pays les moins avancés pour faire face au changement climatique. 

Selon des experts, cela signifie un engagement d'environ 11 milliards de dollars par an. 

« Avec notre aide, ainsi qu'un capital accru du privé et d'autres donateurs, nous serons capables d'atteindre le but de mobiliser 100 milliards de dollars pour soutenir l'action climatique dans les pays en développement », a-t-il ajouté.  

Les pays développés se sont en effet engagés en 2009 à Copenhague à mobiliser 100 milliards de dollars par an entre 2020 et 2025 pour cette assistance, mais le plan de financement, qui doit être annoncé lors de la COP26, a pris du retard. 

Le président de la COP26, Alok Sharma, a déclaré sur Twitter « accueillir avec force » la promesse de Joe Biden. « Nous devons poursuivre cet élan », a-t-il ajouté. 

Le président Biden a également promis que les Etats-Unis s'engageaient à investir « 10 milliards de dollars pour faire cesser la faim et investir dans le système alimentaire » aux Etats-Unis et à l'étranger. 

 


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.