La Jordanie rouvre le principal point de passage avec la Syrie

Des policiers contrôlant des voitures au poste frontière de Jaber avec la Syrie, près de Mafraq, en Jordanie, le 29 septembre 2021. (Photo, Reuters)
Des policiers contrôlant des voitures au poste frontière de Jaber avec la Syrie, près de Mafraq, en Jordanie, le 29 septembre 2021. (Photo, Reuters)
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Publié le Jeudi 30 septembre 2021

La Jordanie rouvre le principal point de passage avec la Syrie

  • Des responsables en Jordanie, proche alliée des États-Unis, et au Liban ont exhorté Washington à assouplir les sanctions contre la Syrie pour faciliter le commerce
  • Le seul passage frontalier de Syrie qui fonctionne normalement a été celui avec le Liban et, ces dernières années, avec l'Irak, après la réouverture du passage d’Al-Qaïm en 2019

PASSAGE DE JABER: La Jordanie a entièrement rouvert mercredi son principal poste frontalier avec la Syrie en vue de stimuler leurs économies en difficulté, à la suite d'une poussée des États arabes pour intégrer à nouveau un pays qu'ils ont exclu pendant sa guerre civile de dix ans.

La Syrie, qui considère que les sanctions occidentales sont la cause de ses difficultés économiques, espère que des liens commerciaux plus étendus avec son voisin du sud l'aideront à se remettre d'une guerre dévastatrice et à attirer les devises étrangères dont elle a tant besoin.

«Le but de ces accords est de stimuler les échanges commerciaux entre les deux pays, répondant aux intérêts de chaque partie», a déclaré la ministre jordanienne de l'Industrie et du Commerce, Maha al-Ali, à la télévision officielle Al-Mamlaka.

Des responsables en Jordanie, proche alliée des États-Unis, et au Liban ont exhorté Washington à assouplir les sanctions contre la Syrie pour faciliter le commerce.

La Jordanie, le Liban, la Syrie et l'Égypte  autre proche allié des États-Unis  ont conclu ce mois-ci un accord pour que le gaz naturel égyptien soit envoyé au Liban via la Syrie, à l'aide d'un gazoduc construit il y a une vingtaine d'années dans le cadre d'un projet de coopération arabe.

Les États arabes ont rompu les liens avec la Syrie pendant sa guerre civile, laquelle, selon les Nations unies, a fait au moins 350 209 morts.

Les États arabes alliés des États-Unis, notamment le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont soutenu pendant des années les groupes d'opposition combattant le président Bachar el-Assad, mais Damas a réussi à écraser les rebelles avec le soutien militaire de la Russie et de l'Iran.

Bien que le passage de Jaber soit partiellement ouvert depuis 2018 après que le gouvernement syrien a chassé les rebelles du sud, le commerce n'a pas encore retrouvé son niveau d'avant-guerre d'un milliard de dollars.

Des responsables jordaniens ont déclaré qu'une délégation commerciale syrienne en visite en Jordanie, et dirigée par les ministres de l'Économie, du Commerce, de l'Agriculture, de l'Eau et de l'Électricité, discuterait de la levée des barrières tarifaires.

Avant le conflit en Syrie, le passage de Nasib-Jaber était une voie de transit pour des centaines de camions transportant chaque des marchandises entre l'Europe, la Turquie et les pays du Golfe.

Les hommes d'affaires jordaniens avaient largement évité de traiter avec la Syrie après le Caesar Act de 2019 – les sanctions américaines les plus sévères à ce jour qui interdisaient aux entreprises étrangères de commercer avec Damas.

Amman espère que le commerce transfrontalier et le renouvellement des liaisons de transport contribueront à stimuler son économie criblée de dettes et durement touchée l'année dernière par la pandémie du coronavirus.

Des hommes d'affaires jordaniens ont fait pression sur le gouvernement pour demander à Washington d'assouplir les restrictions sur les importations en provenance de Syrie, où les commerçants entretiennent depuis longtemps de solides partenariats.

Le seul passage frontalier de Syrie qui fonctionne normalement a été celui avec le Liban et, ces dernières années, avec l'Irak, après la réouverture du passage d’Al-Qaïm en 2019.

Assad a récupéré la majeure partie de la Syrie, mais des zones importantes demeurent hors de son contrôle. Les forces turques sont déployées dans une grande partie du nord et du nord-ouest – le dernier bastion rebelle – et les forces américaines sont stationnées dans l'est et le nord-est contrôlés par les Kurdes.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnes.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.