Craignant un afflux migratoire, la Grèce soutient l’exemption de visa pour les Turcs souhaitant entrer dans l’UE

La Grèce et la Turquie ont repris des pourparlers au début de l’année afin de trouver un terrain d’entente sur certains différends maritimes de longue date. (AP/Photo)
La Grèce et la Turquie ont repris des pourparlers au début de l’année afin de trouver un terrain d’entente sur certains différends maritimes de longue date. (AP/Photo)
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Publié le Mercredi 06 octobre 2021

Craignant un afflux migratoire, la Grèce soutient l’exemption de visa pour les Turcs souhaitant entrer dans l’UE

  • Mi-octobre, des pourparlers de haut niveau sont prévus entre l’Union européenne et la Turquie sur la gestion des migrations
  • Jusqu’à présent, Ankara a rempli 66 des 72 critères requis par l’UE en échange de la libéralisation des visas pour les citoyens turcs souhaitant entrer sur le territoire européen

ANKARA: Mi-octobre, Ankara et Bruxelles  pourraient poser de nouveaux jalons dans leur relation. La Commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, va en effet se rendre en Turquie pour des pourparlers de haut niveau entre l’Union européenne (UE) et la Turquie sur la gestion des migrations, y compris la libéralisation des visas pour les citoyens turcs.

Craignant un afflux potentiel de réfugiés après la prise du pouvoir des talibans en Afghanistan et le bourbier en Syrie, certains États membres clés, comme la Grèce, soutiennent de manière inattendue le droit des Turcs à pénétrer en Europe sans visa, en échange d’une plus grande coopération en matière de migration.

Lors d’un entretien accordé au quotidien allemand Die Welt le 4 octobre, le ministre grec de l’Immigration et de l’Asile, Notis Mitarakis, a appelé Bruxelles à rester fidèle à ses engagements en matière de libéralisation des visas pour la Turquie, quelques jours après que le même ministre a annoncé publiquement que son pays ne tolérerait pas une nouvelle crise migratoire comme celle de 2015 à ses frontières.

De même, le mois dernier, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a affirmé que la Turquie était un partenaire essentiel pour faire face aux nouveaux défis migratoires auxquels est confrontée l’Europe. Il a souligné qu’elle avait besoin de soutien.

Jusqu’à présent, Ankara a rempli 66 des 72 critères requis par l’UE en échange de la libéralisation des visas, notamment les exigences concernant les droits fondamentaux, la gestion des migrations, la sécurité et l’ordre public, et la sécurité des documents.

Les critères restants concernent, entre autres, la révision de la législation antiterroriste, ce qui suppose d’élargir la portée de la liberté d’expression, la conclusion d’un accord de coopération avec Europol, la coopération avec les États membres de l’UE sur les questions juridiques, la mise en œuvre d’une stratégie de lutte contre la corruption et la révision de la législation sur la protection des données personnelles conformément au droit européen.

L’accord conclu entre la Turquie et l’UE en 2013 pour la réadmission des migrants en situation irrégulière qui s’étaient rendus sur les îles grecques depuis le sol turc – laissait entendre que si Ankara s’acquittait de toutes ses responsabilités, les citoyens turcs munis de passeports biométriques pourraient se rendre librement dans l’espace Schengen d’ici à quelques années.

En 2015, près de 861 630 personnes ont gagné les côtes grecques, mais ce nombre a plongé à 36 310 l’année suivante. Le nombre de personnes portées disparues en mer Égée est passé de 441 en 2016 à 71 en 2019. Toutefois, le processus d’exemption de visa a été interrompu en raison de tensions politiques qui ont secoué les relations UE-Turquie au fil des ans.

«En 2019, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a émis une circulaire ordonnant aux ministères concernés de coordonner leurs efforts pour remplir les critères requis par l’UE. Cependant, cela n’a pas pu être accompli en raison d’autres complications dans la relation entre la Turquie et l’UE, et d’un manque de facteurs de motivation», explique à Arab News Cigdem Nas, experte des relations UE-Turquie et secrétaire générale de la Fondation pour le développement économique de la Turquie, basée à Istanbul.

Après une année 2020 mouvementée, les deux parties ont décidé de mettre en œuvre un programme pour réparer leurs relations et mieux gérer les désaccords politiques. «Il impliquait la modernisation de l’union douanière, la relance du dialogue de haut niveau sur le climat, la santé, la sécurité et les questions régionales, la facilitation des contacts entre les peuples et la coopération en matière de migration. La libéralisation des visas n’était toutefois pas mentionnée», précise Mme Nas.

Selon elle, les pourparlers sur la libéralisation des visas sont redevenus d’actualité lorsque les parties ont coopéré en matière de migration, notamment avec le flux de réfugiés en provenance de Syrie, à la suite de l’accord initial sur la migration conclu en mars 2016.

«Le soutien de la Grèce pourrait s’expliquer par la question migratoire. Le pays est soumis à une forte pression en raison des vagues migratoires consécutives depuis le début de la crise syrienne. Étant considérée comme la frontière de l’UE le long de la Méditerranée orientale, la coopération de la Turquie dans la régulation des flux migratoires est essentielle pour la Grèce», souligne-t-elle.

«Les décideurs grecs pourraient penser que la libéralisation des visas incitera la Turquie à s’engager dans une coopération plus sincère avec la Grèce et l’UE en matière de contrôle des migrations irrégulières», ajoute l’experte. La Turquie accueille actuellement environ 3,7 millions de réfugiés syriens, soit la plus grande population de réfugiés au monde.

Pour Mme Nas, bien que la crise afghane n’ait pas encore eu de répercussions migratoires en Grèce, elle pourrait provoquer une nouvelle vague d’arrivées massives dans un avenir proche, d’autres migrants arrivant également du Moyen-Orient élargi et d’Asie centrale.

«Il est important pour la Grèce de maintenir la dynamique de ses relations avec la Turquie et de soutenir sa candidature à l’UE. La Turquie peut également demander à la Grèce de pousser les autres États membres à revitaliser ses relations avec l’UE, non seulement sur la question des visas, mais aussi sur des sujets essentiels comme la modernisation de l’union douanière et le pacte vert», ajoute la spécialiste des relations entre la Turquie et l’UE.

La Grèce et la Turquie ont par ailleurs repris des pourparlers début 2021 afin de trouver un terrain d’entente sur certains différends maritimes de longue date. Amanda Paul, analyste principale au Centre de politique européenne à Bruxelles, estime qu’il faut saluer la prochaine réunion de haut niveau entre la Turquie et l’UE. «La question de la gestion des migrations est importante. Il est nécessaire d’approfondir la coopération dans ce domaine, et l’UE et la Turquie ont des défis communs en la matière», explique-t-elle à Arab News. «Cette réunion intervient dans le contexte de la crise afghane, l’UE souhaitant éviter l’arrivée de nouveaux flux de réfugiés et poursuivre les discussions sur l’avenir de l’accord migratoire de 2016, qui a été prolongé jusqu’en 2022.»

Dans les Balkans occidentaux, l’UE applique un régime d’exemption de visa avec le Monténégro, la Serbie, la Macédoine du Nord, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Moldavie, ainsi qu’avec la Géorgie et l’Ukraine. Bruxelles continue à surveiller le respect des exigences de libéralisation des visas de ces pays par le biais de réunions de comité et de rapports réguliers. Les citoyens non européens de ces pays peuvent pénétrer dans l’espace Schengen avec un passeport biométrique pour quatre-vingt-dix jours par période de cent-quatre-vingts jours, sans visa.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.