Une équipe scientifique dirigée par l'Arabie saoudite découvre les secrets des profondeurs

Les scientifiques ont parcouru plus de 50 000 km et effectué plus de 12 000 plongées scientifiques pour étudier les récifs coralliens. (Photo fournie)
Les scientifiques ont parcouru plus de 50 000 km et effectué plus de 12 000 plongées scientifiques pour étudier les récifs coralliens. (Photo fournie)
Short Url
Publié le Dimanche 07 novembre 2021

Une équipe scientifique dirigée par l'Arabie saoudite découvre les secrets des profondeurs

  • Des solutions de haute technologie, une imagerie par avion, des relevés traditionnels utilisés pour cartographier et étudier les récifs coralliens
  • «Les générations précédentes ont créé la plupart des problèmes que les jeunes de la planète doivent maintenant résoudre», a jugé Purkis

DJEDDAH : Après plus de 10 ans d'exploration des mers du monde, la Fondation Khaled ben Sultan Living Oceans a enfin achevé son expédition mondiale sur les récifs, une mission de recherche visant à évaluer l'état des récifs coralliens et les menaces importantes qui pèsent sur leur survie.

Partant de la mer Rouge et traversant les océans Atlantique, Pacifique et Indien, l'expédition a fait le tour du monde, arpentant et cartographiant plus de 1 000 récifs dans 16 pays. Les scientifiques ont parcouru plus de 50 000 kilomètres, effectué plus de 12 000 plongées scientifiques et dispensé des séances éducatives à plus de 6 000 étudiants et leaders communautaires.

La fondation, qui a lancé l'expédition, est une organisation à but non lucratif de science environnementale et de recherche océanique qui a été créée en 2000 dans le but d’aider à préserver, protéger et rétablir les océans et les ressources aquatiques du monde.

L'approche de la fondation combine trois aspects principaux : la recherche, l'éducation et la sensibilisation, qui ont tous été reflétés dans la longue mission de l'expédition.

«J'ai lancé la Global Reef Expedition pour contribuer à ouvrir une nouvelle ère de connaissances sur les récifs coralliens et les défis auxquels ils sont confrontés», a déclaré le mois dernier le prince Khaled, président de la fondation, à Marseille, en France, lors du Congrès mondial de l'Union internationale pour la conservation de la nature, qui est décrit comme le forum de prise de décision environnementale le plus vaste et le plus inclusif au monde.

«Je savais que cela nécessiterait une gigantesque translocation de ressources, une technologie de pointe et l'apport d'une expertise à certains des récifs coralliens les plus reculés du monde. J'ai réalisé que ce n'était pas une tâche facile à accomplir, mais mon espoir de remplir cette mission ne s'est jamais éteint».

Une équipe de plus de 200 scientifiques, écologistes, responsables gouvernementaux et experts locaux a été réunie pour ce projet mondial. Ils ont mené des dizaines de milliers d'études sous-marines sur les récifs coralliens et les variétés de poissons qui vivent autour d'eux.

EN BREF

• Une équipe de plus de 200 scientifiques, écologistes, responsables gouvernementaux et experts locaux a été réunie pour ce projet mondial. Ils ont mené des dizaines de milliers d'études sous-marines sur les récifs coralliens et les variétés de poissons qui vivent autour d'eux.

• Pour éviter que ses avancées scientifiques ne soient cachées dans des revues scientifiques poussiéreuses, l'expédition a ciblé les jeunes à travers le volet éducatif de son projet. La fondation a développé un programme adapté à une gamme d'âges, de la maternelle à la terminale, pour enseigner aux jeunes les récifs coralliens. Plus de 2 000 enseignants l'utilisent désormais dans plus de 110 pays.

Les scientifiques ont développé de nouvelles façons de cartographier les récifs coralliens en combinant des images satellite haute résolution avec des données collectées sur le terrain, produisant des cartes d'habitat des récifs coralliens couvrant plus de 65 000 km². Ces cartes et relevés représentent l'ensemble de données standardisées le plus complet jamais collecté pour les récifs coralliens.

«Ce projet mondial est un acte très avant-gardiste, initié par le prince Khaled ben Sultan, et les données collectées lors de l'expédition mondiale seront utilisées pendant des siècles», a déclaré à Arab News Sam Purkis, scientifique en chef de la fondation.

L'importance de la Global Reef Expedition réside dans sa couverture mondiale des récifs coralliens qui font face à un déclin dramatique, a expliqué Purkis. «Près de 50 % des récifs du monde ont disparu au cours des 40 dernières années ; la moitié des récifs du monde ont disparu», a-t-il averti.

L'expédition a créé une base de référence pour de futures recherches et permettra aux chercheurs de mesurer et de comprendre le rythme et la trajectoire des changements qui affectent les récifs du monde entier.

L'expédition a commencé il y a dix ans dans la mer Rouge, où l'équipe a mené quatre missions à Al-Wajh et Yanbu, aux îles Farasan et à Ras Al-Qasabah.

Ces missions initiales ont aidé l'équipe à développer et à affiner leurs techniques de relevé avant d'étendre leur portée à l'Atlantique et à d'autres plans d'eau.

«Ce que nous avons proposé était une alliance de solutions de haute technologie utilisant l'imagerie par satellite et par avion pour cartographier les récifs, couplée à des études de terrain plus traditionnelles des coraux, des poissons et d'autres organismes de l'écosystème récifal», a expliqué Purkis.

«Nous avons utilisé cette façon réplicable et reproductible d'étudier les récifs à l'aide de satellites et de travaux de terrain, puis nous avons commencé à nous déplacer dans le monde avec».

Sur la base du succès des missions initiales de la mer Rouge, le prince Khaled était prêt à autoriser l'expédition mondiale.

« Il y a des endroits dans les Caraïbes où les récifs sont effectivement morts, ils sont finis, et cela pourrait prendre 10 000 ans avant qu'ils ne réapparaissent »

Sam Purkis, scientifique en chef, Fondation Khaled ben Sultan Living Oceans

«L'expédition s'est avérée considérablement plus vaste que ce que nous avions espéré», a souligné Purkis. «Nous ajoutions des pays tout le temps. Ils ont demandé que les recherches seront effectués dans leurs eaux».

Purkis a commencé ses recherches dans la mer Rouge au début des années 1990. Il a révélé que c'était autrefois l'un des meilleurs endroits au monde pour les récifs coralliens mais, malgré le fait que la santé des récifs de la mer Rouge reste assez bonne, des signes inquiétants apparaissaient au début de la mission.

«Il était déjà clair il y a 15 ans, lorsque nous avons commencé les missions de la mer Rouge, qu'il y avait eu une surpêche chronique ; le nombre de poissons est inquiétant. Nous avons également trouvé des zones de récifs qui avaient été attaquées par des étoiles de mer à couronne d'épines, affectant gravement de grandes proportions de récifs», a précisé Purkis.

En outre, des changements de température de l'eau ont été signalés dans le nord de la mer Rouge. Les menaces mondiales directes les plus courantes pour les récifs coralliens sont l'acidification des océans et la hausse des températures de l'eau à cause du changement climatique. Cependant, le premier est actuellement un problème relativement mineur par rapport au danger beaucoup plus grand de réchauffement des eaux, a reconnu Purkis.

«La température est fatale pour les récifs et il fait trop chaud, mondialement. Les intervalles entre ces épisodes chauds diminuent ; nous avions l'habitude d'avoir un blanchiment des coraux tous les 15 ans, puis tous les 10 ans, puis tous les cinq ans ; et maintenant cela se produit tous les deux ans et bientôt ce sera tous les ans.

Le blanchiment se produit lorsque les coraux perdent leur couleur vibrante et deviennent blancs. Les couleurs impressionnantes des coraux sont le résultat d'algues marines appelées zooxanthelles qui vivent à l'intérieur du corail et lui fournissent facilement de la nourriture et de l'énergie, lui permettant de se développer et de se reproduire.

Lorsque les coraux subissent un stress dû à des facteurs dommageables tels que la chaleur ou la pollution, ils expulsent les algues microscopiques qui vivent dans leurs tissus et deviennent transparents, exposant ainsi leurs squelettes blancs. Les coraux blanchis ne sont pas morts mais sont exposés à un risque accru de malnutrition et de maladie.

Purkis a indiqué que les pires conditions de corail ont été trouvées dans les Caraïbes. Les récifs ont souffert plus longtemps que ceux d'ailleurs en raison de plusieurs décennies de surpêche et de mauvaises décisions de développement côtier.

«Il y a des endroits dans les Caraïbes où les récifs sont effectivement morts, ils sont finis, et cela pourrait prendre 10 000 ans avant qu'ils ne réapparaissent», a-t-il ajouté.

Néanmoins, Il croit fermement qu'il est temps de sauver le reste des récifs du monde et de les empêcher d'atteindre un état aussi désastreux. Les données collectées par l'expédition ont un potentiel illimité, a-t-il ajouté, et peuvent être utilisées non seulement dans de futures recherches scientifiques, mais également dans le cadre de programmes éducatifs pour les personnes de tous âges et pour lancer d'autres projets influents.

De nouveaux partenariats inattendus voient déjà le jour, a dévoilé Purkis. La NASA utilise des cartes de la Global Reef Expedition pour aider à former ses superordinateurs à cartographier le reste des récifs coralliens du monde depuis l'espace. «En vérité, tous les récifs sur terre pourraient bientôt être cartographiés», a-t-il ajouté.

Pendant ce temps-là, des scientifiques de l'Université de Miami utilisent ces données pour modéliser les facteurs qui contribuent à la santé et à la résilience des récifs coralliens.

«Il y a 200 scientifiques dans l'expédition, mais nous avons peut être collaborer avec 2 000 différents universitaires», a soutenu Purkis.

Pour éviter que ses avancées scientifiques ne soient cachées dans des revues scientifiques poussiéreuses, l'expédition a ciblé les jeunes à travers le volet éducatif de son projet. La fondation a développé un programme adapté à une gamme d'âges, de la maternelle à terminale, pour enseigner aux jeunes les récifs coralliens. Plus de 2 000 enseignants l'utilisent désormais dans plus de 110 pays.

«Les générations précédentes ont créé la plupart des problèmes que les jeunes de la planète doivent maintenant résoudre», a jugé Purkis. «L'éducation est la clé pour surmonter le défi et elle est entre les mains des jeunes».

Une autre composante de l'initiative est ses efforts de sensibilisation. Il s'agit notamment d'un grand nombre de documentaires et de séries télévisées produites par la fondation auprès du public sur la gravité de cet enjeu environnemental majeur.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


IMA: « Raconte moi ton mariage », un événement qui met à l’honneur une France multiculturelle

Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire.  Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais. (Photo Arlette Khouri)
Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire. Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais. (Photo Arlette Khouri)
  • Pendant quelques heures, Paris prend les couleurs d’un mariage maghrébin
  • Mais derrière cette ambiance joyeuse se dessine un projet précis : faire du mariage un récit collectif, transmettre une mémoire familiale et rappeler que les traditions populaires ont pleinement leur place dans le paysage culturel français

PARIS: Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire.

Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais.

Les youyous résonnent, les mains se parent de henné, un orchestre nord-africain entraîne la foule dans une danse spontanée, les enfants courent entre les voitures décorées de fleurs, tandis que les visiteurs se mêlent aux comédiens sans toujours distinguer où s’arrête la représentation et où commence la réalité.

Pendant quelques heures, Paris prend les couleurs d’un mariage maghrébin. Mais derrière cette ambiance joyeuse se dessine un projet précis : faire du mariage un récit collectif, transmettre une mémoire familiale et rappeler que les traditions populaires ont pleinement leur place dans le paysage culturel français.

Conçue à partir de témoignages recueillis auprès d’habitants de Gennevilliers, Saint-Denis, Pantin ou Saint-Ouen, la performance donne vie à des histoires de mariage issues de l’immigration maghrébine.

Des cortèges de voitures fleuries convergent vers l’IMA avant de poursuivre leur route jusqu’au Grand Palais, où un couscous géant, des concerts et des spectacles prolongent la fête jusque tard dans la nuit.

Une nouvelle étape dans l’évolution de l’IMA

Pour Chawki Abdel Amir, vice-président de l’Institut du monde arabe, cette manifestation marque une nouvelle étape dans l’évolution de l’institut.

« On nous reproche parfois d’être trop intellectuels », déclare-t-il à Arab News en français. « Or, la culture, ce ne sont pas seulement les colloques ou les collections patrimoniales ; c’est aussi la cuisine, les coutumes, les mariages. Nous voulions montrer une culture vivante, joyeuse, telle qu’elle est réellement vécue. »

Dans une période internationale marquée par les conflits et les tensions, il revendique le choix d’offrir « un peu de bonheur » et de faire du parvis de l’IMA un lieu où les cultures populaires retrouvent toute leur vitalité.

Au-delà de l’aspect festif, il voit également dans cette célébration une manière d’assumer sereinement des identités parfois contestées, malgré les polémiques récurrentes autour des cortèges de mariage ou des youyous.

Il regrette que certains cherchent à faire disparaître des expressions culturelles pourtant parfaitement compatibles avec les valeurs de la République.

Ses propos font écho aux initiatives de certaines municipalités visant, au nom de l’ordre public ou d’une conception très restrictive de la neutralité, à encadrer, voire à décourager, certaines manifestations festives inspirées des cultures d’origine.

« La France est une idée universelle, rappelle-t-il. Elle s’est toujours enrichie des cultures qui la composent. Vouloir effacer ces particularités, c’est finalement appauvrir ce qu’elle représente. »

Le cortège lui-même illustre cette volonté de rendre visibles des traditions souvent confinées à la sphère privée.

Au volant de la voiture des mariés, l’un des participants raconte avec enthousiasme cette traversée de Paris, commencée à Gennevilliers.

Le convoi a emprunté les grands axes de la capitale, traversé Bir-Hakeim, longé les Champs-Élysées avant de rejoindre l’Institut du monde arabe.

En célébrant des traditions parfois regardées avec méfiance, « Raconte-moi ton mariage » apparaît finalement comme une réponse joyeuse à ceux qui voudraient uniformiser les expressions culturelles au nom d’une conception étriquée de l’identité française.

Tout au long du parcours, les passants applaudissaient, klaxonnaient et répondaient spontanément à la fête. « Les gens participaient comme s’ils assistaient à un vrai mariage », raconte-t-il avec émotion.

« C’était formidable de voir autant de sourires. Même devant l’Assemblée nationale, nous avions l’impression de partager un moment avec toute la ville. »

Pour Mohamed Bourouissa, cette réaction confirme l’ambition de son projet. « On ne voit pas cela tous les jours à Paris, indique-t-il. Je voulais rejouer le rituel du mariage parce qu’il est porteur de joie, d’amour et de mémoire. C’est un moment qui rassemble toute une communauté, mais qui parle aussi à tout le monde. »

L’artiste explique avoir voulu dépasser le simple folklore pour transformer ces récits familiaux en une œuvre contemporaine.

Les histoires recueillies auprès de familles venues principalement du Maghreb, mais aussi du Liban et d’autres horizons du monde arabe, deviennent ici une matière artistique qui relie les générations. La traversée entre les villes populaires de la périphérie parisienne et le cœur de la capitale revêt d’ailleurs une portée hautement symbolique.

« J’ai eu l’impression de vivre une véritable odyssée, confie-t-il, car cette traversée raconte quelque chose de notre histoire commune. »

En célébrant des traditions parfois regardées avec méfiance, « Raconte-moi ton mariage » apparaît finalement comme une réponse joyeuse à ceux qui voudraient uniformiser les expressions culturelles au nom d’une conception étriquée de l’identité française.


Le Festival d'Avignon ouvre sa 80e édition entre création, parité et focus coréen

Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
  • Le 80e Festival d'Avignon s'ouvre avec une programmation marquée par une majorité de femmes à la mise en scène et un focus sur les artistes sud-coréens
  • Le Festival Off réunit 1.400 compagnies et 1.780 spectacles, tout en ouvrant le débat sur les défis économiques du spectacle vivant

AVIGNON: Trompettes, retentissez! La 80e édition du Festival d'Avignon, grand rendez-vous international de théâtre, démarre samedi pour trois semaines, avec un spectacle-fleuve de cinq heures à l'ouverture, plus de femmes à la mise en scène, un zoom sur les artistes sud-coréens et un Off toujours en force.

- Diversité de propositions

"Il y a des spectacles pour tous les goûts", déclare à l'AFP le directeur du Festival Tiago Rodrigues. Selon lui, cette édition se veut une "célébration des arts vivants", avec du théâtre, de la danse, des performances et du cirque, et une "fête de la création", avec des artistes d'une grande diversité qui "s'emparent des problèmes et des joies du monde".

Pour la première fois, le Festival compte une majorité de metteuses en scène avec 27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs. Par ailleurs, 24 artistes français tels que Jeanne Candel, Rebecca Chaillon, Boris Charmatz et 25 artistes internationaux, comme les Brésiliennes Christiane Jatahy, Carolina Bianchi, l'Egyptien Ahmed El Attar, ou le collectif belge flamand tg Stan, sont invités.

Quelque 136.000 places sont en vente.

Cette édition se veut également une "fête des questionnements" avec le public, qui se terminera par une nuit de réflexions dans la cour d'honneur "autour des questions que l'art peut poser au monde", avec artistes, scientifiques, philosophes, personnalités de la société civile, etc.

- Ouverture par Julien Gosselin

Musique forte, vidéo, démesure: avec "Maldoror", le directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe à Paris, Julien Gosselin, embarque samedi soir le public de la Cour d'honneur du Palais des papes dans un spectacle-fleuve.

Cette fiction, inspirée de textes de l'écrivain chilien Roberto Bolaño et de poèmes du recueil "Les chants de Maldoror" de Lautréamont, "parle du mal, ce qui fait que des artistes cheminent autour du mal", selon le metteur en scène, figure emblématique du Festival.

"J'ai toujours été extrêmement intéressé par le fait que sous la beauté, ou sous la culture, pouvait en fait se cacher l'horreur", confie-t-il à l'AFP. "Quand je lis Bolaño, je ressens une forme de fraternité, de douceur, même si les thèmes qu'il travaille sont très violents".

- Han Kang et les artistes coréens à l'honneur

Après l'anglais, puis l'espagnol et l'arabe, le coréen est la langue invitée du Festival. Théâtre populaire, théâtre documentaire, performances visuelles, danse et cirque, pansori (récit chanté accompagné au tambour): les arts vivants coréens vont représenter quelque 20% de la programmation totale cette année.

La lauréate du prix Nobel de littérature 2024 Han Kang, présente du 12 au 18 juillet, a inspiré deux spectacles, "Oiseau", une lecture performance avec les actrices Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee et "Che dolore terribile è l'amore", mise en scène par l'Italienne Daria Deflorian.

- 1.400 compagnies pour le Off

En parallèle du Festival in, les compagnies du Off investissent les 141 théâtres de la ville, la transformant en gigantesque marché du spectacle vivant.

Quelque 1.400 compagnies, soit une cinquantaine de plus que l'an dernier, proposent 1.250 spectacles par jour et 1.780 spectacles au total, certains n'étant pas programmés sur toute la durée du festival.

Selon Avignon Festival & Compagnies (AF&C), qui gère la manifestation), cela représente 27.000 représentations pour lesquelles 2,6 millions de billets sont en vente.

Dans un contexte de crise du secteur, équipes artistiques, chargés de diffusion, collectivités, institutions, vont participer en parallèle à des "assises" organisées les 7, 9 et 10 juillet.

Ce chantier de réflexion portera cette année sur "les réalités économiques", "les métiers et les conditions de diffusion" et "les politiques publiques". Il se poursuivra lors de l'édition 2027.

Le spectacle vivant subit en effet des coupes budgétaires des collectivités territoriales et de l'Etat.


Coupe du monde 2026 : l’Égypte élimine l’Australie et file en huitièmes de finale

  • Les Pharaons s’imposent 4-2 aux tirs au but après un match tendu conclu sur un 1-1
  • Première victoire historique en phase à élimination directe : l’Égypte rejoint le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe en huitièmes

DUBAÏ : L’Égypte a battu l’Australie aux tirs au but au stade de Dallas pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Il s’agit de sa toute première victoire en phase à élimination directe.

Ils rejoignent ainsi le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe à atteindre les huitièmes de finale de ce tournoi.

L’Égypte avait été rassurée par les nouvelles concernant son capitaine et joueur clé Mohamed Salah, remis de ses inquiétudes liées à une blessure après avoir demandé à être remplacé lors du dernier match de groupe contre l’Iran. Avant la rencontre, un quatuor offensif composé de Salah, Mostafa Zico, Emam Ashour et Omar Marmoush apparaissait sur le papier comme une menace sérieuse pour la défense australienne.

Les Socceroos ont de nouveau débuté en 3-4-3, avec le jeune Nestor Irankunda, 20 ans, chargé d’animer l’attaque.

La première occasion du match est venue de Cristian Volpato à la 5e minute, sa frappe enroulée du pied gauche frôlant la barre égyptienne. Quelques minutes plus tard, Jordan Bos a percé la défense égyptienne avant d’être stoppé par Mohamed Hany alors qu’il s’apprêtait à tirer face au but de Mostafa Shobeir.

La situation s’est débloquée de l’autre côté du terrain, et les Pharaons n’ont eu besoin que de 13 minutes pour prendre l’avantage, Ashour étant à l’origine puis à la conclusion de l’action collective qui lui a offert son deuxième but du tournoi. Sa première tentative, sur une remise de Salah, avait été contrée, et lorsque le ballon a ensuite été centré dans la surface par Karim Hafez, la tête d’Ashour, totalement libre, n’a laissé aucune chance au gardien australien Patrick Beach.

Après la pause hydratation, l’Australie est davantage entrée dans le match, mais la première mi-temps est restée hachée, entre fautes et interruptions.

Dès le début de la seconde période, Omar Marmoush aurait pu faire le break, mais son tir du droit a frôlé le poteau après une passe parfaite de Zico. L’Égypte allait regretter cette occasion à la 55e minute, lorsque un coup franc a été dévié dans ses propres filets par Mohamed Hany : 1-1, tout était relancé.

À la 67e minute, l’Égypte a tenté de réagir en remplaçant Zico et Hamdi Fathy par Haissem Hassan et Hossam Abdelmaguid. Cinq minutes plus tard, Ashour manquait le cadre après une belle séquence collective. Malgré une pression croissante en fin de match, la défense australienne, menée par l’excellent Harry Souttar, tenait bon.

Dans le temps additionnel, Ramy Rabia a failli offrir la victoire à l’Égypte, mais sa tête sur un centre de Salah a été repoussée par un arrêt exceptionnel de Beach.

Avec Trezeguet et Hassan très dangereux sur les côtés, les Australiens semblaient même satisfaits de voir arriver la prolongation.

Salah a enfin eu une vraie occasion trois minutes après le début des prolongations, mais sa frappe a survolé la barre. Les occasions sont restées rares.

À la 108e minute, une frappe déviée de Marwan Attia a failli tromper Beach, mais le gardien a pu capter le ballon. L’Égypte poussait, sans parvenir à faire céder la défense australienne. Salah a encore fait parler sa classe en éliminant plusieurs adversaires à sept minutes de la fin, mais sa frappe a été contrée. Les tirs au but se profilaient, et l’Australie a remplacé Beach par le vétéran Matt Ryan.

Souttar et Lucas Harrington ont manqué leurs tirs côté australien. Mahmoud Saber, Rabia, Salah (avec une panenka) et Abdelmaguid ont marqué, permettant à l’Égypte de s’imposer au terme d’une soirée épuisante.

Les Pharaons affronteront désormais soit l’Argentine soit le Cap-Vert en huitièmes de finale, le mardi 7 juillet, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com