Les points clés du Pacte climatique de Glasgow

Le président britannique de la COP26, Alok Sharma, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue de la COP26, à Glasgow, le 13 novembre 2021. (Photo, AFP)
Le président britannique de la COP26, Alok Sharma, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue de la COP26, à Glasgow, le 13 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 14 novembre 2021

Les points clés du Pacte climatique de Glasgow

  • Le texte appelle à «intensifier les efforts vers la réduction du charbon sans systèmes de capture (de CO2) et à la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles»
  • Il «demande aux parties de revisiter et renforcer» leurs objectifs 2030

GLASGOW : Les deux semaines d'âpres négociations qui viennent de se terminer à la COP26 peuvent se résumer en quatre mots: finance, fossiles, compensations et ambition. Quatre mots qui ont focalisé l'attention et les tensions à Glasgow.

Haro sur les fossiles

L'accord de Paris de 2015 qui vise à limiter le réchauffement de la planète "bien en deçà" de +2°C par rapport à l'ère industrielle, si possible +1,5°C, ne contient pas les mots "charbon", "pétrole", "gaz", ni même "énergies fossiles" pourtant principales responsables de changement climatique.

Alors la première mention de ces énergies polluantes dans une décision des quelque 200 pays signataires a été saluée comme "historique".

Un premier projet de texte appelait les pays à "accélérer la sortie du charbon et des subventions aux énergies fossiles".

Le texte adopté appelle finalement à "intensifier les efforts vers la réduction du charbon sans systèmes de capture (de CO2) et à la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles".

Pertes et préjudices 

La Convention des Nations unies sur les changements climatiques de 1992 repose sur deux piliers: la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'adaptation notamment des plus vulnérables aux impacts à venir.

Mais depuis cette date, les conséquences dévastatrices du réchauffement sont devenues une réalité dans le présent et les dégâts se comptent en milliards de dollars.

Face à cette réalité, le concept de "pertes et préjudices" a émergé, en référence aux catastrophes qui ne peuvent plus être évitées.

"Quand les émissions ne sont pas réduites suffisamment, vous entrez dans le territoire de l'adaptation, et quand l'adaptation n'est pas suffisante, vous devez faire face aux pertes et préjudices", résume le ministre de l'Economie et du Changement climatique des Fidji, Aiyaz Sayed-Khaiyum.

Mais le mécanisme mis en place en 2013 pour prendre en compte cette question est resté flou. Alors à Glasgow, les pays en développement ont tenté de faire entendre leurs revendications.

En vain. Leur proposition de créer un nouveau système opérationnel de financement a été bloqué, notamment par les Etats-Unis craignant les implications juridiques d'un tel engagement.

Le compromis adopté met en place un "dialogue" annuel jusqu'à 2024 pour "discuter des modalités pour le financement des activités".

«Un grand pas en avant», selon Boris Johnson

LONDRES : Le Premier ministre britannique Boris Johnson a estimé samedi soir que l'accord était "un grand pas en avant", ajoutant toutefois qu'il y avait "encore énormément à faire".

"Il y a encore énormément à faire dans les années qui viennent", a déclaré M. Johnson. "Mais l'accord d'aujourd'hui est un grand pas en avant, et ce qui est important est que nous avons le premier accord international jamais conclu pour réduire l'utilisation du charbon et un plan pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré" de plus qu'à l'ère pré-industrielle, a-t-il ajouté.

"Nous avons demandé aux nations se mobiliser pour notre planète à la COP26, et elles ont répondu à l'appel", a estimé le Premier ministre britannique.

"J'espère que dans le futur on considérera la COP26 à Glasgow comme le début de la fin du changement climatique, et je vais continuer à travailler sans relâche vers ce but".

Ambition

L'accord de Paris prévoit que les pays signataires révisent à la hausse leur ambition de réduction d'émissions de CO2 tous les cinq ans.

Le premier cycle de révision devait s'achever fin 2020, mais a été repoussé en raison de la pandémie de Covid-19 qui a reporté la COP26 d'un an.

Mais les émissions continuent d'augmenter et les scientifiques avertissent qu'il reste moins de dix ans pour limiter le réchauffement à +1,5°C. Alors les appels se sont multipliés pour accélérer le rythme de ces mises à jour, avant le prochain cycle prévu en 2025.

Le Pacte de Glasgow adopté samedi "demande aux parties de revisiter et renforcer" leurs objectifs 2030 (...) autant que nécessaire pour les aligner avec les objectifs de température de l'Accord de Paris, d'ici la fin de 2022".

Dans le jargon onusien, le texte utilise le terme "requests" pour qualifier cette demande, mot que plusieurs pays, notamment la Chine, l'Inde et l'Arabie saoudite - considéraient comme trop fort.

Marchés carbone

L'"article 6" de l'accord de Paris, qui concerne le fonctionnement des marchés carbone, empoisonnait depuis trois ans les négociations climat, empêchant de conclure le "manuel d'utilisation" de l'accord de Paris.

Après un échec à la COP24 en 2018, puis à la COP25 en 2019, un accord a finalement été trouvé à Glasgow sur ces règles des marchés carbone destinés à aider à la réduction des émissions de CO2.

Mais de nombreuses ONG soulignaient qu'il valait mieux pas d'accord qu'un accord qui remettrait en cause l'intégrité environnementale de l'accord de Paris.

Le texte adopté permet de "combler certaines des failles scandaleuses, comme le double comptage", qui permettrait à une tonne de CO2 d'être comptabilisée à la fois par l'acheteur et le vendeur, a commenté Laurence Tubiana, architecte de l'accord de Paris.

"Mais ce n'est pas suffisant pour empêcher les entreprises et les Etats de mauvaise foi  de contourner le système", a-t-elle indiqué, réclamant un organe de surveillance de la mise en œuvre de ces marchés.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.