Comment la crise de la Covid-19 a sapé les progrès de la MENA en matière de sécurité alimentaire

Un garçon attend pendant que le Palestinien Walid al-Hattab (à droite) distribue de la soupe aux personnes dans le besoin pendant le mois du Ramadan dans la ville de Gaza, durant la pandémie de Covid-19. (Photo, AFP)
Un garçon attend pendant que le Palestinien Walid al-Hattab (à droite) distribue de la soupe aux personnes dans le besoin pendant le mois du Ramadan dans la ville de Gaza, durant la pandémie de Covid-19. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 21 novembre 2021

Comment la crise de la Covid-19 a sapé les progrès de la MENA en matière de sécurité alimentaire

  • La volatilité des prix des denrées alimentaires a augmenté dans une région où la famine était en hausse avant même l’apparition de la Covid-19, met en garde une étude de la FAO
  • Les progrès de la région MENA vers l’objectif faim « zéro » des Nations Unies ont été entravés par la pandémie, selon l’étude

DUBAÏ : Les progrès vers les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) ont été durement touchés par la pandémie mondiale, et bon nombre des réalisations de la dernière décennie ont été inversées, d’après un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Selon la FAO, au moins 132 millions de personnes ont été plongées dans une situation de faim chronique depuis le début de la pandémie. En effet, jusqu’à 14% des aliments sont perdus le long de la chaîne d’approvisionnement avant de parvenir aux consommateurs, et des régions entières sont confrontées à des contraintes hydriques aigües.

« Ce n’est pas agréable de voir ces chiffres », a déclaré à Arab News Ahmad Mukhtar, économiste principal de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, en se référant aux conclusions du rapport.

« Ce sont des chiffres alarmants pour la région MENA car, pendant quelques années, ils étaient presque stables et nous avions vu une diminution de ce nombre absolu. Toutefois, la Covid-19 a mis fin à cela et maintenant il est en hausse. Ces chiffres sont donc sérieux ».

Les domaines dans lesquels les progrès ont été interrompus, voire inversés, sont les systèmes agricoles et la production alimentaire à petite échelle, qui ont subi de plein fouet le bilan économique de la pandémie, indique le rapport.

Il ajoute que la volatilité des prix des denrées alimentaires a augmenté en raison de la pandémie et des mesures de confinement qui y sont liées, tandis que les progrès restent faibles en ce qui concerne le maintien de la diversité génétique végétale et animale pour l’alimentation et l’agriculture.

« Dans la région arabe, la famine était déjà en hausse avant la Covid-19, principalement à cause du changement climatique et des conflits », explique M. Mukhtar.

« La pandémie a contribué à la multiplication du nombre de personnes sous-alimentées. Cependant, si l’on observe les deux dernières décennies, le nombre de personnes sous-alimentées a presque doublé dans notre région, atteignant 69 millions l’année dernière, soit une augmentation de 91%.

Selon M. Mukhtar, les conflits constituent le principal obstacle à la sécurité alimentaire dans la région MENA, suivis par le changement climatique et les calamités telles que la Covid-19.

 

Un enfant syrien fouille dans une décharge, cherchant désespérément quelque chose à vendre, à réutiliser ou même à manger, près d’un gisement de pétrole dans la campagne de Malikiya, dans le nord-est de la Syrie. (Photo, AFP)

 

Associées aux inégalités et à la pauvreté chroniques, ces menaces signifient que l’ODD visant à éliminer la faim d’ici à 2030 ne pourra être atteint si des mesures radicales ne sont pas prises immédiatement.

« Nous devons maintenant nous occuper de plus de 800 millions de personnes affamées en sept ans, ce qui semble assez improbable à moins que des mesures drastiques ne soient prises dans le monde entier », dit-il.

« En ce qui concerne la région, certains défis existaient bien avant la pandémie. La Covid-19 est venue s’y ajouter ».

Hayatullah Ahmadzai, chercheur postdoctoral au Centre international d’agriculture biosaline de Dubaï, a affirmé que la pandémie a eu un impact dévastateur sur la santé humaine et l’économie mondiale, comme le montrent plusieurs indicateurs de développement.

« L’agriculture et la production alimentaire ne sont pas exemptes », souligne-t-il. « En ce qui concerne la production, la pandémie pourrait entraîner une baisse de celle-ci en raison d’une pénurie de main-d’œuvre et d’une réduction des exploitations agricoles ».

 

L’agricultrice palestinienne Amouna Abou Rajila, 66 ans, travaille dans sa ferme familiale près de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mars 2021. (Photo, AFP)

 

Selon lui, les mesures de confinement, la réduction du commerce international, les perturbations dans la fabrication des aliments et le ralentissement économique général risquent d’avoir un impact important et durable sur les chaînes d’approvisionnement alimentaire.

Les perturbations des systèmes alimentaires ont entraîné une limitation de l'accès à la nourriture, creusant ainsi l’écart entre les objectifs de sécurité alimentaire et de faim « zéro ». À l’échelle mondiale, l’insécurité alimentaire modérée ou grave n’a cessé d’augmenter, passant de 26,6% en 2019 à 30,4% en 2020, indique le rapport de la FAO.

Plusieurs pays du Moyen-Orient étaient vulnérables à l’insécurité alimentaire en raison d’environnements difficiles et de ressources naturelles limitées pour une production agricole durable, même avant la pandémie.

« La sécurité alimentaire a été davantage compromise par les chocs économiques et la baisse des recettes liées à l’apparition de la pandémie et à l’effondrement des prix du pétrole en 2020, en particulier pour les plus pauvres de la région », note M. Ahmadzai.

« Outre les conflits et les troubles économiques, les habitants des pays vulnérables ont été affectés de manière disproportionnée par la pandémie. Néanmoins, dans certains pays du Moyen-Orient dont les marchés alimentaires sont généralement stables, comme les Émirats arabes unis, l’impact pourrait être moins grave, en particulier dans ceux qui ont facilité l’approvisionnement alimentaire sur le pied de guerre pendant la pandémie, notamment en 2020 et 2021 ».

 

Des femmes syriennes, aidant le groupe de bénévoles Hathi Hayati, préparent des repas à distribuer aux familles des camps de déplacés pour l’Iftar. (Photo, AFP)

 

En général, la région dépend fortement des importations de céréales et est sensible aux perturbations du marché mondial. Selon M. Ahmadzai, plus des trois quarts de la demande dans la plupart des pays de la région sont satisfaits par les importations.

« La région du Moyen-Orient est l’une des plus susceptibles de connaître une crise alimentaire en raison de la Covid-19 et d’autres raisons, telles que les effets accrus du changement climatique et les troubles économiques dus à l’instabilité politique », explique-t-il.

« Les enseignements tirés de la crise alimentaire de 2007-2008, qui a été marquée par des réponses politiques non coordonnées de la part des pays, entraînant une perturbation des échanges et une élévation des prix des denrées alimentaires, pourraient aider les gouvernements de la région à inverser certains des effets néfastes de la pandémie sur l’agriculture et la sécurité alimentaire ».

La réforme des politiques commerciales et fiscales visant à encourager les flux commerciaux, ainsi que la surveillance des prix des denrées alimentaires, pourraient également contribuer à maintenir le commerce alimentaire ouvert, tout en réduisant le risque de pénurie d’approvisionnement, ajoute-t-il.

« Pour comprendre les conséquences des mesures de confinement sur l’industrie agricole et réagir pour protéger la chaîne d’approvisionnement alimentaire, il faut une coordination étroite et un échange d’informations entre les pays de la région », poursuit M. Ahmadzai.

 

Selon les experts, tous les pays, y compris ceux de la région MENA, devraient compter davantage sur la production alimentaire locale et moins sur les importations. (Photo, AFP)

 

« Étant donné que la plupart des pays de la région dépendent fortement des importations de denrées alimentaires, la situation de la Covid-19 nécessite une collaboration plus étroite entre les secteurs public et privé, ainsi qu’une plus forte participation de la société civile à la prise de décision ».

Tous les pays, y compris ceux de la région MENA, devraient compter davantage sur la production alimentaire locale et moins sur les importations, insiste-t-il. Un modèle de croissance inclusif est nécessaire, dans lequel tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire jouent leur rôle et éliminent les obstacles le plus rapidement possible.

« La promotion de repas sains et nutritifs constitue une autre stratégie importante pour faire face à la menace de la pandémie. En effet, les personnes qui souffrent d’obésité, de diabète et d’autres maladies non transmissibles font partie du groupe de personnes les plus exposées à la Covid-19 ».

M. Mukhtar recommande la mise en œuvre de plans d’intervention et de redressement qui s’attaquent immédiatement aux problèmes d’approvisionnement. « À la FAO, nous nous focalisons sur la transformation des systèmes agroalimentaires dans notre région et dans le monde pour les rendre inclusifs, durables, efficaces et résilients », mentionne-t-il.

« Nous devons changer notre approche au lieu de nous concentrer sur la disponibilité ou l’approvisionnement en nourriture. Nous pouvons avoir un programme régional de transformation des systèmes agroalimentaires où tous les pays se réunissent et essaient de voir comment ils se complètent les uns les autres ».

 

Ahmad Mukhtar, économiste principal au bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord. (Photo fournie)

 

Vu que 30% de l’alimentation régionale provient uniquement d’Égypte, davantage d’investissements dans la sécurité alimentaire et un plus grand déploiement de l’agri-technologie dans la production et la distribution, ainsi que des partenariats entre les secteurs public et privé, pourraient rendre un tel système à la fois résilient et efficace.

« Il arrive que des pays aient de l’argent, mais qu’il n’y ait pas de denrées alimentaires sur le marché mondial, ce qui est une proposition très dangereuse », déclare à Arab News Rakesh Kumar Singh, responsable du programme sur la diversité et la génétique des cultures au Centre international d’agriculture biosaline.

« Cela s’est produit par le passé, lors de la crise alimentaire de 2007-2008, lorsque la plupart des pays exportateurs ont décrété un embargo sur les exportations de céréales alimentaires. Ce scénario désagréable a donné une grande leçon à de nombreux pays, dont plusieurs ont modifié leur politique alimentaire par la suite ».

La pandémie a laissé les nations dans une position similaire, mais grâce aux stocks régulateurs de denrées alimentaires et aux récoltes arrivées à maturité au moment de la pandémie, le pire a été évité.

« Cette pandémie a compromis les revenus ruraux en raison d’une diminution des exploitations agricoles et de la productivité », observe M. Singh. « En conséquence, de nombreuses populations rurales se sont retrouvées sans emploi ».

Pour ce qui est de l’avenir, il estime que « Le renforcement des mesures de protection sociale est aujourd’hui crucial pour garantir la satisfaction des besoins fondamentaux des personnes vulnérables, notamment celles qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie, et pour éviter d’ajouter une crise de sécurité alimentaire à la crise sanitaire ».

 

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Twitter: @CalineMalek

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.