Comment la crise de la Covid-19 a sapé les progrès de la MENA en matière de sécurité alimentaire

Un garçon attend pendant que le Palestinien Walid al-Hattab (à droite) distribue de la soupe aux personnes dans le besoin pendant le mois du Ramadan dans la ville de Gaza, durant la pandémie de Covid-19. (Photo, AFP)
Un garçon attend pendant que le Palestinien Walid al-Hattab (à droite) distribue de la soupe aux personnes dans le besoin pendant le mois du Ramadan dans la ville de Gaza, durant la pandémie de Covid-19. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 21 novembre 2021

Comment la crise de la Covid-19 a sapé les progrès de la MENA en matière de sécurité alimentaire

  • La volatilité des prix des denrées alimentaires a augmenté dans une région où la famine était en hausse avant même l’apparition de la Covid-19, met en garde une étude de la FAO
  • Les progrès de la région MENA vers l’objectif faim « zéro » des Nations Unies ont été entravés par la pandémie, selon l’étude

DUBAÏ : Les progrès vers les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) ont été durement touchés par la pandémie mondiale, et bon nombre des réalisations de la dernière décennie ont été inversées, d’après un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Selon la FAO, au moins 132 millions de personnes ont été plongées dans une situation de faim chronique depuis le début de la pandémie. En effet, jusqu’à 14% des aliments sont perdus le long de la chaîne d’approvisionnement avant de parvenir aux consommateurs, et des régions entières sont confrontées à des contraintes hydriques aigües.

« Ce n’est pas agréable de voir ces chiffres », a déclaré à Arab News Ahmad Mukhtar, économiste principal de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, en se référant aux conclusions du rapport.

« Ce sont des chiffres alarmants pour la région MENA car, pendant quelques années, ils étaient presque stables et nous avions vu une diminution de ce nombre absolu. Toutefois, la Covid-19 a mis fin à cela et maintenant il est en hausse. Ces chiffres sont donc sérieux ».

Les domaines dans lesquels les progrès ont été interrompus, voire inversés, sont les systèmes agricoles et la production alimentaire à petite échelle, qui ont subi de plein fouet le bilan économique de la pandémie, indique le rapport.

Il ajoute que la volatilité des prix des denrées alimentaires a augmenté en raison de la pandémie et des mesures de confinement qui y sont liées, tandis que les progrès restent faibles en ce qui concerne le maintien de la diversité génétique végétale et animale pour l’alimentation et l’agriculture.

« Dans la région arabe, la famine était déjà en hausse avant la Covid-19, principalement à cause du changement climatique et des conflits », explique M. Mukhtar.

« La pandémie a contribué à la multiplication du nombre de personnes sous-alimentées. Cependant, si l’on observe les deux dernières décennies, le nombre de personnes sous-alimentées a presque doublé dans notre région, atteignant 69 millions l’année dernière, soit une augmentation de 91%.

Selon M. Mukhtar, les conflits constituent le principal obstacle à la sécurité alimentaire dans la région MENA, suivis par le changement climatique et les calamités telles que la Covid-19.

 

Un enfant syrien fouille dans une décharge, cherchant désespérément quelque chose à vendre, à réutiliser ou même à manger, près d’un gisement de pétrole dans la campagne de Malikiya, dans le nord-est de la Syrie. (Photo, AFP)

 

Associées aux inégalités et à la pauvreté chroniques, ces menaces signifient que l’ODD visant à éliminer la faim d’ici à 2030 ne pourra être atteint si des mesures radicales ne sont pas prises immédiatement.

« Nous devons maintenant nous occuper de plus de 800 millions de personnes affamées en sept ans, ce qui semble assez improbable à moins que des mesures drastiques ne soient prises dans le monde entier », dit-il.

« En ce qui concerne la région, certains défis existaient bien avant la pandémie. La Covid-19 est venue s’y ajouter ».

Hayatullah Ahmadzai, chercheur postdoctoral au Centre international d’agriculture biosaline de Dubaï, a affirmé que la pandémie a eu un impact dévastateur sur la santé humaine et l’économie mondiale, comme le montrent plusieurs indicateurs de développement.

« L’agriculture et la production alimentaire ne sont pas exemptes », souligne-t-il. « En ce qui concerne la production, la pandémie pourrait entraîner une baisse de celle-ci en raison d’une pénurie de main-d’œuvre et d’une réduction des exploitations agricoles ».

 

L’agricultrice palestinienne Amouna Abou Rajila, 66 ans, travaille dans sa ferme familiale près de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mars 2021. (Photo, AFP)

 

Selon lui, les mesures de confinement, la réduction du commerce international, les perturbations dans la fabrication des aliments et le ralentissement économique général risquent d’avoir un impact important et durable sur les chaînes d’approvisionnement alimentaire.

Les perturbations des systèmes alimentaires ont entraîné une limitation de l'accès à la nourriture, creusant ainsi l’écart entre les objectifs de sécurité alimentaire et de faim « zéro ». À l’échelle mondiale, l’insécurité alimentaire modérée ou grave n’a cessé d’augmenter, passant de 26,6% en 2019 à 30,4% en 2020, indique le rapport de la FAO.

Plusieurs pays du Moyen-Orient étaient vulnérables à l’insécurité alimentaire en raison d’environnements difficiles et de ressources naturelles limitées pour une production agricole durable, même avant la pandémie.

« La sécurité alimentaire a été davantage compromise par les chocs économiques et la baisse des recettes liées à l’apparition de la pandémie et à l’effondrement des prix du pétrole en 2020, en particulier pour les plus pauvres de la région », note M. Ahmadzai.

« Outre les conflits et les troubles économiques, les habitants des pays vulnérables ont été affectés de manière disproportionnée par la pandémie. Néanmoins, dans certains pays du Moyen-Orient dont les marchés alimentaires sont généralement stables, comme les Émirats arabes unis, l’impact pourrait être moins grave, en particulier dans ceux qui ont facilité l’approvisionnement alimentaire sur le pied de guerre pendant la pandémie, notamment en 2020 et 2021 ».

 

Des femmes syriennes, aidant le groupe de bénévoles Hathi Hayati, préparent des repas à distribuer aux familles des camps de déplacés pour l’Iftar. (Photo, AFP)

 

En général, la région dépend fortement des importations de céréales et est sensible aux perturbations du marché mondial. Selon M. Ahmadzai, plus des trois quarts de la demande dans la plupart des pays de la région sont satisfaits par les importations.

« La région du Moyen-Orient est l’une des plus susceptibles de connaître une crise alimentaire en raison de la Covid-19 et d’autres raisons, telles que les effets accrus du changement climatique et les troubles économiques dus à l’instabilité politique », explique-t-il.

« Les enseignements tirés de la crise alimentaire de 2007-2008, qui a été marquée par des réponses politiques non coordonnées de la part des pays, entraînant une perturbation des échanges et une élévation des prix des denrées alimentaires, pourraient aider les gouvernements de la région à inverser certains des effets néfastes de la pandémie sur l’agriculture et la sécurité alimentaire ».

La réforme des politiques commerciales et fiscales visant à encourager les flux commerciaux, ainsi que la surveillance des prix des denrées alimentaires, pourraient également contribuer à maintenir le commerce alimentaire ouvert, tout en réduisant le risque de pénurie d’approvisionnement, ajoute-t-il.

« Pour comprendre les conséquences des mesures de confinement sur l’industrie agricole et réagir pour protéger la chaîne d’approvisionnement alimentaire, il faut une coordination étroite et un échange d’informations entre les pays de la région », poursuit M. Ahmadzai.

 

Selon les experts, tous les pays, y compris ceux de la région MENA, devraient compter davantage sur la production alimentaire locale et moins sur les importations. (Photo, AFP)

 

« Étant donné que la plupart des pays de la région dépendent fortement des importations de denrées alimentaires, la situation de la Covid-19 nécessite une collaboration plus étroite entre les secteurs public et privé, ainsi qu’une plus forte participation de la société civile à la prise de décision ».

Tous les pays, y compris ceux de la région MENA, devraient compter davantage sur la production alimentaire locale et moins sur les importations, insiste-t-il. Un modèle de croissance inclusif est nécessaire, dans lequel tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire jouent leur rôle et éliminent les obstacles le plus rapidement possible.

« La promotion de repas sains et nutritifs constitue une autre stratégie importante pour faire face à la menace de la pandémie. En effet, les personnes qui souffrent d’obésité, de diabète et d’autres maladies non transmissibles font partie du groupe de personnes les plus exposées à la Covid-19 ».

M. Mukhtar recommande la mise en œuvre de plans d’intervention et de redressement qui s’attaquent immédiatement aux problèmes d’approvisionnement. « À la FAO, nous nous focalisons sur la transformation des systèmes agroalimentaires dans notre région et dans le monde pour les rendre inclusifs, durables, efficaces et résilients », mentionne-t-il.

« Nous devons changer notre approche au lieu de nous concentrer sur la disponibilité ou l’approvisionnement en nourriture. Nous pouvons avoir un programme régional de transformation des systèmes agroalimentaires où tous les pays se réunissent et essaient de voir comment ils se complètent les uns les autres ».

 

Ahmad Mukhtar, économiste principal au bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord. (Photo fournie)

 

Vu que 30% de l’alimentation régionale provient uniquement d’Égypte, davantage d’investissements dans la sécurité alimentaire et un plus grand déploiement de l’agri-technologie dans la production et la distribution, ainsi que des partenariats entre les secteurs public et privé, pourraient rendre un tel système à la fois résilient et efficace.

« Il arrive que des pays aient de l’argent, mais qu’il n’y ait pas de denrées alimentaires sur le marché mondial, ce qui est une proposition très dangereuse », déclare à Arab News Rakesh Kumar Singh, responsable du programme sur la diversité et la génétique des cultures au Centre international d’agriculture biosaline.

« Cela s’est produit par le passé, lors de la crise alimentaire de 2007-2008, lorsque la plupart des pays exportateurs ont décrété un embargo sur les exportations de céréales alimentaires. Ce scénario désagréable a donné une grande leçon à de nombreux pays, dont plusieurs ont modifié leur politique alimentaire par la suite ».

La pandémie a laissé les nations dans une position similaire, mais grâce aux stocks régulateurs de denrées alimentaires et aux récoltes arrivées à maturité au moment de la pandémie, le pire a été évité.

« Cette pandémie a compromis les revenus ruraux en raison d’une diminution des exploitations agricoles et de la productivité », observe M. Singh. « En conséquence, de nombreuses populations rurales se sont retrouvées sans emploi ».

Pour ce qui est de l’avenir, il estime que « Le renforcement des mesures de protection sociale est aujourd’hui crucial pour garantir la satisfaction des besoins fondamentaux des personnes vulnérables, notamment celles qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie, et pour éviter d’ajouter une crise de sécurité alimentaire à la crise sanitaire ».

 

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Twitter: @CalineMalek

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël construit des routes et des postes militaires dans le sud du Liban, les négociations à Rome au point mort

 L'impasse diplomatique intervient alors que l'activité militaire israélienne continue d'entraver la mise en œuvre des accords dans le sud du Liban. (Archives/Getty Images)
L'impasse diplomatique intervient alors que l'activité militaire israélienne continue d'entraver la mise en œuvre des accords dans le sud du Liban. (Archives/Getty Images)
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  • Israël « gagne du temps » à l’approche des élections, selon une source
  • Le Liban se montre réticent à négocier alors que Tel-Aviv retarde ses retraits

BEYROUTH : Le Liban n’a reçu aucune réponse israélienne aux propositions soumises lors du dernier cycle de négociations directes à Rome, a déclaré une source officielle libanaise, alors qu’Israël étend ses routes militaires et ses positions défensives dans les zones du Sud-Liban sous son contrôle.

Cette source, proche de la délégation libanaise chargée des négociations, a exclu la tenue imminente d’un huitième cycle de pourparlers, estimant qu’Israël semblait « gagner du temps » à l’approche de ses élections.

« Le Liban n’a reçu aucune réponse israélienne aux demandes et propositions qu’il a soumises lors du septième cycle de négociations de Rome, qui s’est tenu la semaine dernière sous l’égide des États-Unis », a déclaré la source.

« Israël ne semble pas disposé à le faire à court terme. »

La source a également indiqué que le chef du Commandement central américain, l’amiral Brad Cooper, avait reporté une visite prévue cette semaine au Liban et se rendrait à la place en Arabie saoudite.

« Le Liban ne semble pas figurer parmi les priorités de l’agenda américain pour le moment », a ajouté la source.

La chaîne publique israélienne Kan a indiqué que les médiateurs tentaient de réduire les divergences et d’organiser un nouveau cycle de pourparlers le mois prochain.

Elle a attribué ce retard aux tensions entre les deux parties, affirmant que le Liban était réticent à reprendre les négociations car Israël n’avait pas étendu les zones d’où il se retirait.

Israël, quant à lui, s’est plaint auprès de Washington des activités de l’armée libanaise et l’a accusée de coordonner ses actions avec le Hezbollah.

Les responsables libanais rejettent cette accusation.

Cette impasse diplomatique intervient alors que l’activité militaire israélienne continue d’entraver la mise en œuvre des dispositions prévues dans le sud du Liban.

L’armée libanaise n’a pas été en mesure d’achever son déploiement à Zawtar Al-Gharbiyah, dans le district de Nabatieh, première zone pilote relevant de la phase initiale d’un accord-cadre mis en œuvre par le biais d’un mécanisme convenu à Rome.

Le déploiement y a débuté le 21 juillet.

Cependant, les forces israéliennes continuent de procéder à des explosions dans la localité voisine de Zawtar Al-Sharqiyah et ont ouvert le feu sur des unités de l’armée libanaise lorsque celles-ci s’enfonçaient plus profondément dans des zones proches de la ville contrôlée par Israël.

Zawtar Al-Gharbiyah, qui s'étend sur environ 4 km², est l'une des trois villes sélectionnées pour constituer la première zone pilote dans le cadre de cet accord soutenu par les États-Unis.

Le général de brigade à la retraite de l’armée libanaise Khalil Gemayel, ancien commandant du secteur du Litani Sud, a déclaré à Arab News que le Liban avait profité des dernières négociations de Rome pour proposer des retraits israéliens plus importants de Bint Jbeil et de Khiam.

L’objectif, a-t-il précisé, était d’accélérer à la fois le retrait des forces israéliennes et le déploiement de l’armée libanaise.

« Si les retraits ne se font que par petites étapes, il faudra des mois, voire des années, pour débarrasser le sud du Liban de la présence militaire israélienne », a déclaré M. Gemayel.

Il a ajouté que des informations militaires indiquaient qu’Israël avait établi un important centre de commandement à Khiam et construisait des routes militaires, tout en se montrant réticent à se retirer de Bint Jbeil en raison de l’importance symbolique de cette ville pour le Hezbollah.

M. Gemayel a affirmé que l’armée libanaise était capable de prendre le contrôle de la zone située au sud du Litani et a rejeté les allégations israéliennes selon lesquelles elle coordonnerait ses actions avec le Hezbollah.

« L’armée libanaise ne coordonne pas ses actions avec le Hezbollah », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’armée avait déjà démantelé environ 200 installations militaires du Hezbollah et scellé les tunnels qu’elle avait découverts, tout en respectant les restrictions légales régissant les perquisitions de propriétés privées.

« Le problème ne réside pas dans la capacité de l’armée à se déployer, malgré son besoin de soutien », a déclaré Gemayel. « Le problème réside dans le mécanisme de suivi de la mise en œuvre des zones pilotes et dans la nécessité de donner à cette expérience une véritable chance de réussir. »

Il a précisé que les troupes libanaises avaient reçu pour instruction d’arrêter toute personne portant ouvertement des armes et qu’elles pouvaient mener des raids, bien que les perquisitions de propriétés privées nécessitent généralement une autorisation judiciaire.

Dans les zones pilotes, a-t-il ajouté, les troupes libanaises facilitaient le retour des habitants non armés, mais la poursuite des explosions et des tirs israéliens rendait difficile le maintien des familles sur place.

« Comment peut-on s’attendre à ce que des familles s’installent dans un climat de peur et d’intimidation constantes ? », a déclaré M. Gemayel.

Le maire de Zawtar Al-Gharbiyah, Abdul Ezzeddine, a récemment déclaré qu’un drone israélien avait pénétré dans la mairie et ordonné aux personnes présentes d’ouvrir les portes pour une inspection, avant de se diriger vers la place de la ville pour surveiller les travaux de déblaiement des décombres.

M. Gemayel a indiqué que certaines installations du Hezbollah découvertes par l’armée libanaise étaient dissimulées au sein de propriétés civiles et reliaient entre eux des immeubles d’habitation.

Il a précisé que des perquisitions pouvaient être menées en cas de constat d’infraction, sur autorisation judiciaire ou pendant un état d’urgence déclaré en vertu de la loi libanaise sur la défense.

Cette dernière option nécessiterait une décision gouvernementale prise par décret.

Ces développements ont alimenté les inquiétudes à Beyrouth : les négociations visant à mettre fin aux opérations militaires, à garantir le retrait israélien et à permettre le retour des résidents déplacés se poursuivent en parallèle des activités israéliennes sur le terrain, sans que celles-ci ne soient restreintes.

Alors que les délégations négocient les cartes et les modalités de retrait, les forces israéliennes continuent de raser au bulldozer, de démolir des structures et d’établir des positions dans le sud.

Une source officielle libanaise a déclaré que Beyrouth restait néanmoins attachée aux négociations.

« Se retirer des pourparlers pourrait s’avérer plus dangereux, car cela laisserait le champ libre à une issue décidée sur le champ de bataille », a déclaré cette source.

La source a accusé Israël d’exercer une pression croissante sur un État libanais qui avait choisi la voie diplomatique comme alternative à une reprise de la guerre.

« Le Hezbollah rejette totalement les négociations et ne propose aucune alternative », a déclaré la source.

Le responsable a également cité les déclarations de responsables politiques israéliens et les incidents impliquant des militants extrémistes israéliens pénétrant sur le territoire libanais comme des facteurs ayant accru les inquiétudes au Liban quant aux intentions à long terme d’Israël.

Ces craintes se sont intensifiées après que le ministère israélien des Affaires étrangères a publié une carte régionale accompagnant des données sur la malnutrition infantile, qui semblait inclure des zones du territoire libanais soit occupées par les forces israéliennes, soit sous le contrôle de tir israélien.

Cette carte a suscité des condamnations au Liban et donné lieu à des contacts diplomatiques avec Washington.

Israël l’a par la suite retirée de son compte officiel en anglais, bien qu’elle soit restée visible sur le compte en arabe.

La source libanaise a qualifié cet épisode de tentative visant à « provoquer le Liban et à détourner son attention de la question fondamentale : le sort des zones occupées ».

Des collines stratégiques sous pression

Les opérations militaires israéliennes se concentrent également autour des collines d’Ali Al-Taher, dans le district de Nabatieh, qui culminent à environ 600 mètres et surplombent Nabatieh, les villages environnants et les zones menant à Jezzine.

Gemayel a déclaré que le cessez-le-feu annoncé en juin avait empêché les forces israéliennes de mener à bien leur avancée vers ces collines, qui, selon les évaluations militaires libanaises, pourraient abriter d’importantes infrastructures du Hezbollah.

Ces collines figuraient parmi les dernières positions dont les forces israéliennes se sont retirées lorsqu’elles ont quitté le Sud-Liban en 2000.

Gemayel a déclaré que les combats autour de la localité voisine de Kfar Tebnit avaient mis au jour ce qui semblait être un vaste réseau de tunnels et démontré le coût potentiel d’une tentative de prise de ces hauteurs.

« L’armée israélienne contrôle les versants arrière des collines à l’aide de robots et de drones de surveillance qu’elle a déployés sur la colline centrale, connue sous le nom d’Al-Dabsha », a-t-il déclaré.

« Elle construit des routes et des fortifications, mais n’a pas encore atteint les tunnels. »

Il a ajouté que les forces israéliennes incendiaient également des zones boisées à travers les collines.

M. Gemayel a indiqué que des informations non vérifiées avaient circulé, suggérant que des robots avaient été envoyés dans les tunnels, mais a souligné que les détails restaient flous.

Il a également mis en avant les travaux de construction militaire israéliens menés ailleurs dans la zone occupée comme preuve d’un éventuel enracinement à plus long terme.

Selon M. Gemayel, les forces israéliennes prolongent des routes et construisent des positions défensives, notamment le long d’un axe reliant la zone frontalière de Taybeh à Yohmor, dans la Bekaa occidentale, et en direction du château de Beaufort, ce qui pourrait leur permettre d’accéder aux zones situées au nord du Litani.

Il a indiqué que plus de 20 pelles mécaniques et bulldozers avaient été observés en train de travailler sur un terrain rocheux difficile.

« Quiconque entreprend des travaux de construction de cette ampleur signale qu’il a l’intention de rester dans la région et ne souhaite pas se retirer », a déclaré Gemayel.

Il a également évoqué Mansouri, une ville côtière du secteur ouest située à environ 12 km de la frontière et à 7 km de Tyr.

M. Gemayel a expliqué que le cessez-le-feu avait empêché l’occupation israélienne de la ville, mais qu’Israël l’avait par la suite classée dans ce qu’il qualifie de « zone jaune » et exerce un contrôle des tirs sur la zone.

L’armée libanaise avait auparavant facilité le retour d’une cinquantaine de familles, car la ville elle-même n’était pas occupée, a-t-il expliqué, mais celles-ci ont ensuite été contraintes de repartir suite à des avertissements d’évacuation lancés par Israël.

Pour le Liban, le fossé de plus en plus visible entre les négociations diplomatiques et l’évolution de la situation sur le terrain devient la préoccupation centrale.

Beyrouth s’est engagée dans le processus de Rome dans l’espoir de trouver un mécanisme permettant de mettre fin aux attaques, de faciliter les retraits israéliens et de permettre le retour des habitants ainsi que la reconstruction.

Alors qu’un nouveau cycle de négociations est désormais incertain, les responsables libanais craignent que le temps ne joue en défaveur de cet objectif — laissant les réalités militaires sur le terrain se cristalliser tandis que les négociations restent suspendues.


Le Liban vote l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient

Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar. (AFP)
Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar. (AFP)
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  • "Le projet de loi visant à abolir la peine de mort au Liban a été approuvé", a annoncé le bureau du président du Parlement
  • Le texte précise que les crimes commis avant l'entrée en vigueur de cette loi seront passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité

BEYROUTH: Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar.

Le pays n'avait plus procédé à des exécutions depuis 2004.

"Le projet de loi visant à abolir la peine de mort au Liban a été approuvé", a annoncé le bureau du président du Parlement.

Le texte précise que les crimes commis avant l'entrée en vigueur de cette loi seront passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité.

Le ministre de la Justice a salué une décision "historique", soulignant que grâce à ce vote, Beyrouth ne serait plus débouté de ses demandes d'extradition de suspects de la part de pays où la peine de mort est abolie.

C'est "une étape monumentale pour les droits humains dans le pays, une rupture claire avec une sentence cruelle et arbitraire qui n'aurait jamais dû être prononcée", a déclaré de son côté Ramzi Kaiss, chercheur de l'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW).

Le vote d'abolition de la peine de mort fait partie d'une série de projets de loi discutés lors de la session parlementaire, dont une loi générale d'amnistie, serpent de mer depuis plusieurs années.


Un navire touché par un «projectile» en mer Rouge, des victimes 

Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés. (AFP)
Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés. (AFP)
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  • Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen
  • "Il a été signalé qu'un cargo dans le sud de la mer Rouge a été touché par un projectile d'origine inconnue, qui a causé des victimes"

DUBAI: Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés.

"Il a été signalé qu'un cargo dans le sud de la mer Rouge a été touché par un projectile d'origine inconnue, qui a causé des victimes", a indiqué l'agence dans un communiqué, alors que les rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont revendiqué plusieurs attaques contre la flotte saoudienne dans la zone depuis juillet.