L’agonie des restaurants libanais: une renaissance dans le Golfe

Les propriétaires des restaurants n’ont pas baissé les bras face à leur situation désespérante, mais se sont tournés vers les pays du Golfe pour y ouvrir leurs portes. (Photo/AFP)
Les propriétaires des restaurants n’ont pas baissé les bras face à leur situation désespérante, mais se sont tournés vers les pays du Golfe pour y ouvrir leurs portes. (Photo/AFP)
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Publié le Dimanche 28 novembre 2021

L’agonie des restaurants libanais: une renaissance dans le Golfe

  • Durant la crise sanitaire, de nombreux restaurants ont opté pour la digitalisation de la restauration au sens large
  • Un autre mal de tête pour les restaurants est le taux de change de la livre libanaise qui dégringole inlassablement contre le dollar

BEYROUTH: Le Vice-président du Syndicat libanais des propriétaires de restaurants, cafés, boîtes de nuit et pâtisseries, Khaled Nazha, a intensifié jeudi ses appels à «éviter l’option confinement» parce que le secteur ne peut plus supporter de pertes.

Aggravée par les multiples confinements imposés depuis le début de l’apparition de la pandémie, la crise des secteurs touristique et économique au Liban ne voit pas le bout du tunnel. C’est dans cette perspective que le vice-président du syndicat des restaurateurs a dépeint il y a deux jours la situation effrayante dans laquelle se trouve ce secteur. Il a ainsi annoncé qu'«avant la crise, l'hospitalité employait 160 000 travailleurs permanents et 40 000 saisonniers, mais qu'environ 5 700 institutions ont été fermées en raison de crises successives.»

Durant la crise sanitaire, de nombreux restaurants ont opté pour la digitalisation de la restauration au sens large (commandes en ligne, livraison à domicile). Un service de jour s'ajoute à des endroits qui n'étaient habituellement fréquentés que la nuit. Les commerces de bouche que sont les boulangeries, les épiciers, les traiteurs, les bouchers ont adopté cette technique aussi, s’efforçant de limiter l’inflation qui les touche sévèrement.

Dévaluation de la monnaie nationale

Un autre casse-tête pour les restaurants est le taux de change de la livre libanaise qui dégringole inexorablement contre le dollar sur le marché noir.

Le Liban connait aujourd’hui une pénurie «aiguë» du dollar qui a conduit la monnaie nationale à perdre aujourd’hui plus que 90% de sa valeur.

Cette hausse du taux de change exacerbe davantage la situation tant sur le plan économique que touristique, qui peinera à se redresser dans un pays corrompu.

« Je ne m’attends pas à ce que la saison des fêtes soit profitable pour les restaurants cette année, car la détérioration de la situation sanitaire, le faible taux de change et les préoccupations des Libanais réduisent la demande. » «Je pense que la plupart des artistes libanais animeront les fêtes de Noël et du Nouvel An à l’étranger» ajoute-t-il.

Secteur touché par la crise diplomatique Liban/Golfe

Des déclarations déplacées du ministre de l’Information libanais ont déçu les pays du Golfe, poussant ainsi l'Arabie saoudite, le Bahreïn et le Koweït à rappeler leurs ambassadeurs au Liban. Cette décision reflète des dissensions plus profondes, et isole le Liban cette fois-ci de son environnement arabe.

En 2004, les investissements du Golfe au Liban s’élevaient à près de 10 milliards de dollars, distribués entre immobilier, tourisme, banques et bons du Trésor, outre les aides financières fournies par des fonds arabes de développement.

Ces tensions ont mené un bon nombre de particuliers du monde arabe à se défaire de leurs propriétés au Liban, privilégiat d'autres destinations touristiques.

Restaurants libanais à l'assaut du Golfe

Toutefois, les propriétaires des restaurants n’ont pas renoncé à la situation désespérante, mais se sont tournés vers les pays du Golfe pour y ouvrir leurs portes.

Le succès des enseignes libanaises à l'étranger est tel, et leur délocalisation si massive, que les humoristes locaux se sont saisis de cette tendance pour en faire des sketches désopilants.

Ainsi, l'instagrammeur FarixTube reproche dans un sketch aux Libanais du Golfe d'avoir emporté avec eux tous les principaux repères libanais et leur demande de laisser aux habitants au moins "'le pont de Jal el Dib" (NDLR, un pont à la sortie nord de Beyrouth).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Surfant sur le succès de la cuisine libanaise à l’étranger prisée par toutes les nationalités confondues, ces enseignes ont notamment profité de l’afflux des Libanais vers les pays du Golfe. Parmi ces restaurants figurent, entre autres, Kababji, Karam Beirut, Malek Taouk, Burj Al Hamam, Dunya Beirut….

 


Soudan: une attaque de drone fait 10 morts, dont 7 enfants, à el-Obeid 

Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
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  • Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour
  • Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale

PORT-SOUDAN: Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP.

Un témoin oculaire a affirmé que la frappe avait touché une maison dans le centre de cette ville, contrôlée par l'armée mais assiégée par la milice des Forces de soutien rapide (FSR).

Ces deux sources se sont exprimées auprès de l'AFP sous couvert d'anonymat, craignant pour leur sécurité.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des FSR qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

Ils y encerclent notamment El-Obeid, la principale ville de la région, qui se trouve à un carrefour stratégique reliant la capitale Khartoum au Darfour, où l'armée a perdu sa dernière position importante en octobre.

Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'El-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre El-Obeid et Dilling, une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis la mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.


Le ministre saoudien des Affaires étrangères arrive au Caire pour rencontrer le président égyptien

 Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
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  • Le Prince Faisal bin Farhan discutera des développements régionaux avec les responsables égyptiens
  • Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne


LONDRES : Le prince Faisal ben Farhane, ministre saoudien des Affaires étrangères, est arrivé dimanche soir au Caire pour une visite officielle.

Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne.

Le prince Fayçal discutera des moyens de renforcer les relations saoudo-égyptiennes dans divers secteurs, et les discussions porteront également sur les développements régionaux, a ajouté l'agence de presse saoudienne.


Soudan: plus de 100 morts dans des combats en une semaine au Darfour

Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
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  • L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements
  • Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes

PORT-SOUDAN: Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

"51 civils ont été tués (samedi) dans des frappes de drones de l'armée sur el-Zurq", a indiqué une source médicale de l'hôpital de cette ville, précisant que l'attaque avait visé un marché et des zones civiles.

Cette ville de l'Etat du Darfour-Nord abrite la résidence de certains membres de la famille du général Mohamed Daglo, le chef des paramilitaires.

L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements.

Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes.

Centrale électrique bombardée 

Une autre source médicale a fait état de 63 civils tués et 57 blessés à Kernoi dans des attaques attribuées cette fois aux FSR.

Située à environ 170 km à l'ouest d'El-Zurq, Kernoi est tenue par des forces alliées à l'armée.

Des sources locales ont indiqué que 17 personnes étaient également portées disparues à l'issue de ces attaques.

Depuis fin décembre, plus de 7.500 personnes ont fui les localités de Kernoi et la loclité proche d'Oum Barou, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Nombreux d'entres elles font partie de l'ethnie Zaghawa, ciblée par les FSR et dont certains membres ont combattu dans les rangs des forces alliées à l'armée.

Fin octobre, les FSR se sont emparées d'El-Facher, la dernière capitale du Darfour qui leur échappait encore, asseyant leur domination sur l'ensemble du Darfour. Elles ont alors été accusées par des ONG et témoins de nombreuses exactions.

Depuis, les paramilitaires ont mené des attaques près la frontière tchadienne où se trouve notamment Kernoi. Ils ont surtout dirigé leur offensive au Kordofan voisin, région centrale stratégique qui se trouve sur l'axe entre le Darfour et la capitale Khartoum, que l'armée a reprise en mars.

Les FSR encerclent notamment la ville d'el-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, où le courant a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

"La centrale d'el-Obeid a été la cible à l'aube d'une attaque de drones qui a provoqué un incendie (...) entraînant l'interruption de l'alimentation électrique", a déclaré l'entreprise Soudan Electricité, précisant que la défense civile tentait de maîtriser l'incendie. Elle a imputé l'attaque à la "milice", en référence aux FSR.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'el-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre el-Obeid et Dilling", une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.