Nucléaire: Washington prévient qu'il ne laissera pas Téhéran continuer à bloquer les négociations

Cette photo prise et publiée le 3 décembre 2021 par la délégation de l'UE à Vienne montre des représentants de l'Iran (à droite) et de l'Union européenne (à gauche) assistant à une réunion de la commission conjointe sur les négociations visant à relancer l'accord sur le nucléaire iranien. (Photo, Délégation de l'UE à Vienne / AFP)
Cette photo prise et publiée le 3 décembre 2021 par la délégation de l'UE à Vienne montre des représentants de l'Iran (à droite) et de l'Union européenne (à gauche) assistant à une réunion de la commission conjointe sur les négociations visant à relancer l'accord sur le nucléaire iranien. (Photo, Délégation de l'UE à Vienne / AFP)
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Publié le Dimanche 05 décembre 2021

Nucléaire: Washington prévient qu'il ne laissera pas Téhéran continuer à bloquer les négociations

  • «L'Iran n'a pas montré l'attitude d'un pays qui pense sérieusement à un retour rapide» dans l'accord de 2015
  • Le constat américain rejoint celui des négociateurs européens

WASHINGTON : Les Etats-Unis ont accusé samedi l'Iran de bloquer les négociations pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien tout en développant son programme atomique, et ont prévenu qu'ils ne pourront "pas accepter" cette attitude – sans pour autant claquer la porte des discussions.

"L'Iran n'a pas montré l'attitude d'un pays qui pense sérieusement à un retour rapide" dans l'accord de 2015 censé l'empêcher de se doter de la bombe atomique, a dit à des journalistes un haut responsable qui venait de participer, à Vienne, à la reprise des pourparlers.

Le constat américain rejoint celui des négociateurs européens.

Ces négociations indirectes entre Washington et Téhéran, qui s'étaient ouvertes en avril avant de s'arrêter en juin à la suite de l'élection d'un nouveau président iranien ultraconservateur, ont redémarré lundi. Elles se déroulent par l'intermédiaire de l'Union européenne, qui coordonne la mise en oeuvre du texte, et de ses autres signataires, à savoir l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine.

Selon ce responsable américain, alors que les Etats-Unis ont fait preuve de "patience" au cours des cinq derniers mois, pendant que la République islamique était censée "se préparer" à renouer le dialogue, cette dernière a en fait "continué à accélérer son programme nucléaire de manière provocatrice".

Et quand elle est finalement revenue à Vienne, "c'était avec des propositions qui revenaient sur tous les compromis proposés par l'Iran" d'avril à juin, afin de "bénéficier de tous les compromis faits par les autres et en particulier les Etats-Unis, et réclamer davantage", a-t-il déploré.

"Nous ne pouvons pas accepter une situation dans laquelle l'Iran accélère son programme nucléaire tout en traînant des pieds dans sa diplomatie nucléaire", a insisté ce responsable, réitérant une mise en garde du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.

«Autres outils»

Plus que jamais jusqu'ici, Washington semble sur le point de quitter les négociations et affirme se préparer "à une situation dans laquelle il n'est plus possible" de sauver l'accord.

Pour autant, le responsable a assuré que la décision de débrancher le dialogue et mettre oeuvre un plan B dont les contours restent flous, qui plongerait le Moyen-Orient dans une zone de fortes turbulences, n'est pas encore prise.

Au contraire, il a dit espérer que Téhéran va bientôt revenir à la table des pourparlers "prêt à négocier sérieusement" – probablement en milieu de semaine prochaine, même si la date doit encore être fixée par le coordinateur européen.

L'accord au coeur de tous ces efforts, présenté comme historique lors de sa conclusion il y a six ans, imposait de strictes limites au programme nucléaire iranien afin de garantir, sous la surveillance étroite d'inspecteurs internationaux, qu'il demeure civil et pacifique. En échange, l'Iran avait bénéficié d'une levée de sanctions draconiennes qui étouffaient son économie.

Sous la présidence de Donald Trump, qui jugeait ce compromis bancal et insuffisant, Washington s'en est retiré en 2018 et a rétabli ses sanctions contre Téhéran, qui en réponse s'est progressivement affranchi des restrictions à son programme nucléaire.

L'actuel président américain Joe Biden s'est dit prêt à revenir dans l'accord si l'Iran renoue aussi avec ses engagements.

Mais son optimiste du printemps a laissé place à un pessimisme de plus en plus évident. A tel point que le gouvernement américain prévient depuis le début de l'automne qu'il est prêt à recourir à "d'autres options" en cas d'échec de la diplomatie, laissant planer la menace d'un recours à la force militaire.

Samedi, le haut responsable américain a encore une fois estimé que si la diplomatie était la voie préférée de l'administration Biden, "d'autres outils" étaient aussi à sa disposition.

Si l'Iran ne rentre pas dans le rang, "nous devrons recourir à d'autres outils, des outils que vous pouvez imaginer, pour tenter d'accroître la pression sur l'Iran", a-t-il lancé, sans plus de précisions.


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.