Tunisie: 4 morts et 7 disparus dans un naufrage

Sur les plus de 115.000 migrants parvenus en Europe l'an passé, plus de 20% provenaient de Tunisie, pays qui connaît une faible croissance depuis 10 ans et où le taux de chômage a dépassé récemment les 18%, avec un taux qui atteint près de 41% chez les jeunes y compris les diplômés des universités. ( Photo d'archives AFP).
Sur les plus de 115.000 migrants parvenus en Europe l'an passé, plus de 20% provenaient de Tunisie, pays qui connaît une faible croissance depuis 10 ans et où le taux de chômage a dépassé récemment les 18%, avec un taux qui atteint près de 41% chez les jeunes y compris les diplômés des universités. ( Photo d'archives AFP).
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Publié le Vendredi 21 janvier 2022

Tunisie: 4 morts et 7 disparus dans un naufrage

  • Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU, plus de 2.500 personnes sont mortes ou ont disparu en mer en 2021
  • Sur les plus de 115.000 migrants parvenus en Europe l'an passé, plus de 20% provenaient de Tunisie

TUNIS: Quatre Tunisiens, dont une fillette, ont péri et sept autres sont portés disparus après le naufrage d'une embarcation de migrants au large de la grande ville tunisienne de Sfax (centre-est), a appris vendredi l'AFP auprès des garde-côtes.


"L'embarcation partie des côtes tunisiennes a coulé dans la nuit de mercredi à jeudi, devant les îles de Kerkennah", situées au large de Sfax, la deuxième ville du pays, a indiqué à l'AFP Houssem Eddine Jebabli, porte-parole de la garde nationale.


"Selon les témoignages, il y avait 32 migrants à bord, tous Tunisiens. Nous en avons sauvé 21 et avons rapidement repêché un premier corps", a précisé le responsable.


Depuis, selon lui, les garde-côtes ont "repêché trois corps supplémentaires dont celui d'une fillette", âgée d'une dizaine d'années, d'après des médias de Sfax.


"Les opérations de recherche pour retrouver d'autres disparus se poursuivent", a ajouté le porte-parole.


Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) de l'ONU, plus de 2.500 personnes sont mortes ou ont disparu en mer en 2021, en tentant de rejoindre l'Europe, en particulier l'Italie, l'Espagne ou la Grèce, via la Méditerranée et la route maritime du nord-ouest de l'Afrique.


Sur les plus de 115.000 migrants parvenus en Europe l'an passé, plus de 20% provenaient de Tunisie, pays qui connaît une faible croissance depuis 10 ans et où le taux de chômage a dépassé récemment les 18%, avec un taux qui atteint près de 41% chez les jeunes y compris les diplômés des universités.


Le pays, qui fut le berceau des révoltes du Printemps arabe en 2011, traverse une grave crise politique depuis le coup de force du président Kais Saied du 25 juillet. 


Ce jour-là, le chef de l'Etat, élu démocratiquement en 2019, s'est arrogé les pleins pouvoirs, en limogeant le Premier ministre de l'époque et en gelant le Parlement, dominé depuis une dizaine d'années par le parti d'inspiration islamiste Ennahdha.


Algérie: un député ex-légionnaire en France déchu par le Parlement

Des députés algériens assistent à la cérémonie d'ouverture de la session parlementaire de 2021-2022 à Alger le 2 septembre 2021. (Photo d'illustration, AFP)
Des députés algériens assistent à la cérémonie d'ouverture de la session parlementaire de 2021-2022 à Alger le 2 septembre 2021. (Photo d'illustration, AFP)
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  • Le Parlement a annoncé mercredi soir dans un communiqué avoir « décidé à la majorité de ses membres de déchoir Mohamed Bekhadra de son mandat de député», lors d'un vote à huis clos
  • Membre du Front National Algérien (FNA), Bekhadra avait été élu député de la communauté algérienne à l'étranger dans la circonscription de Marseille, lors des élections législatives de juin 2021

ALGER : Un député a été déchu de son mandat par le Parlement algérien à la suite de révélations sur son engagement passé au sein de la Légion étrangère en France, l'ancienne puissance coloniale.

Le Parlement a annoncé mercredi soir dans un communiqué avoir "décidé à la majorité de ses membres de déchoir Mohamed Bekhadra de son mandat de député", lors d'un vote à huis clos.

Membre du Front National Algérien (FNA), une petite formation qui ne fait pas partie de la majorité, M. Bekhadra avait été élu député de la communauté algérienne à l'étranger dans la circonscription de Marseille, lors des élections législatives de juin 2021.

Citant un rapport de la commission juridique du Parlement, des médias locaux avaient rapporté en avril que M. Bekhadra avait servi dans la Légion étrangère et combattu dans plusieurs pays d'Afrique du Sahel au nom de la France avant d'être naturalisé français en 2006.

Le rapport, que l'AFP a pu consulter, conclut que le député "n'était pas qualifié pour se porter candidat" aux élections.

Selon le texte, "le fait que le député ait reconnu avoir servi au sein d'une armée étrangère avec rang de caporal" signifie que sa "loyauté va vers un Etat étranger".

Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, M. Bekhadra s'est défendu de toute infraction.

"On ne peut pas me déchoir de mon mandat simplement parce que j'ai servi comme infirmier militaire avec un contrat de courte durée au sein d'une armée étrangère", a-t-il déclaré. "J'ai tourné cette page il y a 15 ans, je n'ai pas trahi mon pays car aucune loi ne prohibe ce que j'ai fait."

M. Bekhadra, 50 ans, affirme avoir rejoint la Légion étrangère à l'âge de 29 ans "par nécessité impérieuse pour ne pas être expulsé car j'étais immigré clandestin". 

La Légion étrangère est une unité d'élite de l'armée française de plus de 9.000 hommes, que peuvent rejoindre des engagés de 17 à 39 ans venus du monde entier. Après plusieurs années, ou au nom du "sang versé" au combat, les "képis blancs" peuvent devenir français.

Depuis les révélations sur son passé, M. Bekhadra s'était retrouvé dans une position intenable, son service au sein d'une unité de l'armée de l'ancienne puissance coloniale étant très mal vu en Algérie.

Soixante ans après l'indépendance de l'Algérie, le "dossier mémoriel" demeure en effet une source de crispations entre les deux pays.

Paris s'emploie à renouer la relation avec Alger, après une crise alimentée par des propos du président Emmanuel Macron en octobre, reprochant au système "politico-militaire" algérien d'entretenir une "rente mémorielle" autour de la guerre d'indépendance de l'Algérie. 


Les discussions pour rouvrir les routes au Yémen constituent une victoire collective, selon l’envoyé de l’ONU

L’envoyé de l’ONU au Yémen, Hans Grundberg, préside la réunion entre les parties yéménites. (Twitter/@OSE_Yemen)
L’envoyé de l’ONU au Yémen, Hans Grundberg, préside la réunion entre les parties yéménites. (Twitter/@OSE_Yemen)
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  • Des représentants du gouvernement internationalement reconnu et de la milice houthie soutenue par l’Iran ont tenu une réunion sur l’ouverture de routes à Taïz et dans d’autres gouvernorats
  • M. Grundberg œuvre également au renouvellement de l’accord de trêve actuel, qui touche à sa fin le 2 juin

LONDRES: L’envoyé de l’Organisation des nations unies (ONU) au Yémen, Hans Grundberg, a déclaré mercredi que les pourparlers entre le gouvernement yéménite et la milice houthie pour rouvrir les routes constitueraient une victoire collective pour le Yémen.

«Les parties respectent l’engagement pris dans le cadre de la trêve pour travailler sur un accord qui réduirait les souffrances des Yéménites à Taïz et dans d’autres gouvernorats», précise-t-il.

«Nous voulons aider les parties à s’engager sur une voie qui sortirait le Yémen d’un cycle de violence qui restreint sévèrement la liberté de mouvement des personnes depuis plus de sept ans», ajoute-t-il.

Des représentants du gouvernement internationalement reconnu et de la milice houthie soutenue par l’Iran ont tenu une réunion sur l’ouverture de routes à Taïz et dans d'autres gouvernorats, conformément à l’accord de trêve conclu dans la capitale jordanienne, Amman, sous les auspices de l’envoyé de l’ONU.

Dans le cadre de cette trêve, les parties ont également fait des progrès importants vers la reprise des vols commerciaux à destination et en provenance de l’aéroport de Sanaa, indique le bureau de l'envoyé, ajoutant que plus de mille passagers ont voyagé jusqu’à présent et que la fréquence des vols augmente.

Des préparatifs sont en cours pour reprendre les vols entre Sanaa et la capitale égyptienne, Le Caire, ajoute le communiqué.

«Cela permettra à davantage de Yéménites de voyager à l’étranger pour accéder à des soins médicaux, en plus de possibilités d’éducation et de commerce. Ils pourront aussi rendre visite à leurs familles», déclare M. Grundberg. «Je tiens à remercier le gouvernement égyptien pour sa coopération dans la mise en place de vols entre Sanaa et Le Caire et à saluer son soutien actif aux efforts de paix de l’ONU.»

M. Grundberg œuvre également au renouvellement de l’accord de trêve actuel, qui touche à la fin de sa période de deux mois le 2 juin.

«Nous avons constaté les avantages concrets de la trêve sur la vie quotidienne des Yéménites. Les parties doivent renouveler l’accord afin de consolider ces bénéfices pour le peuple yéménite qui souffre de la guerre depuis plus de sept ans», poursuit M. Grundberg.

«Les parties doivent saisir cette possibilité, en mettant en œuvre la trêve, en la renouvelant et en négociant des solutions plus durables sur les questions sécuritaires, politiques et économiques, notamment les revenus et les salaires pour soutenir un règlement politique global du conflit», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: Les États-Unis appellent à l’ouverture d’autres points de passage pour acheminer l’aide

Après onze ans d’une «guerre brutale menée par le régime d’Al-Assad», 14 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire pour survivre, alors que 6,6 millions d’individus sont déplacés à l’intérieur de leur propre pays, déclare Linda Thomas-Greenfield, représentante permanente des États-Unis auprès de l’ONU. (AFP)
Après onze ans d’une «guerre brutale menée par le régime d’Al-Assad», 14 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire pour survivre, alors que 6,6 millions d’individus sont déplacés à l’intérieur de leur propre pays, déclare Linda Thomas-Greenfield, représentante permanente des États-Unis auprès de l’ONU. (AFP)
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  • La représentante des États-Unis auprès de l’ONU explique à ses collègues ambassadeurs que le Conseil de sécurité a le pouvoir de fournir des voies d’accès humanitaire là où le besoin est le plus criant
  • Son homologue russe affirme que la mise en place d’une paix et d’une stabilité complètes au sein du pays est entravée par l’occupation illégale par les États-Unis d’une partie importante du territoire syrien

NEW YORK: Empêcher l’acheminement de l’aide humanitaire pendant les conflits armés renforce le cercle vicieux de meurtres et de déplacements forcés, avertissent mercredi les États-Unis.

Les conséquences sont flagrantes en Syrie où, après onze ans d’une «guerre brutale menée par le régime d’Al-Assad», 14 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire pour survivre, alors que 6,6 millions d’individus sont déplacés à l’intérieur de leur propre pays, déclare Linda Thomas-Greenfield, représentante permanente des États-Unis à l’ONU.

Elle appelle au renouvellement et à l’expansion des points de passage existants ainsi qu’à la mise en place de nouveaux passages pour faciliter l’acheminement de l’aide au peuple syrien.

«Chaque mois, des civils syriens sont attaqués et tués par le régime d’Al-Assad et d’autres entités», précise-t-elle. «Les hôpitaux n’ont souvent pas les médicaments ou les fournitures nécessaires pour aider les blessés parce que les convois humanitaires ne peuvent pas y accéder.»

Elle a pris la parole pour convoquer une réunion du Conseil de sécurité, dont la présidence est assurée pendant le présent mois par les États-Unis, qui fait suite à la publication d’un rapport publié par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, sur la protection des civils pendant les conflits armés. Ce dernier dresse un tableau sombre des difficultés auxquelles font face les opérations d’aide humanitaire dans des zones de conflit comme la Syrie, le Yémen, l’Afghanistan et le Mali.

Le rapport met en lumière les graves préoccupations qui concernent les attaques contre les travailleurs et les biens humanitaires; 143 incidents de sécurité de ce genre ont été enregistrés dans quatorze pays et territoires en 2021, entraînant la mort de 93 travailleurs humanitaires.

Dans une note de synthèse distribuée avant la réunion, la mission américaine affirme que les principes juridiques sont souvent ignorés, bien que le droit humanitaire international ainsi que d’autres cadres juridiques fournissent les bases nécessaires pour faciliter l’accès humanitaire et renforcer la protection du personnel.

Se concentrant sur la Syrie en particulier, la représentante des États-Unis explique à ses collègues ambassadeurs que le Conseil de sécurité a le pouvoir de fournir des voies d’accès humanitaire là où le besoin est le plus criant.

«Nous l’avons fait l’année dernière lorsque nous avons voté à l’unanimité pour renouveler le mandat d’aide transfrontalière de l’ONU en Syrie», rapporte-t-elle.

«C’était une décision importante et vitale pour des millions de personnes. Elle montre que nous pouvons donner le meilleur de nous-mêmes lorsque nous travaillons ensemble.»

L’ONU estime que 14,6 millions de Syriens auront besoin d’aide humanitaire cette année, soit une augmentation de près de 10% par rapport à l’année dernière.

«Nous devons donc renouveler à nouveau le mandat», soutient la représentante. «Nous devons par ailleurs augmenter le nombre de points de passage pour répondre aux demandes croissantes d’aide humanitaire en Syrie.»

Elle devrait se rendre dans les prochains jours à Bab al-Hawa, le seul point de passage qui reste actuellement ouvert.

Les discussions du Conseil de sécurité sur la question s’avèrent souvent difficiles. En effet, la Russie et la Chine insistent constamment sur le fait que toutes les livraisons d’aide humanitaire nécessitent le consentement des autorités syriennes.

Lorsque les livraisons d’aide internationale à la Syrie ont commencé, en 2014, le Conseil de sécurité a approuvé quatre passages frontaliers. En janvier 2020, la Russie, membre permanent, a utilisé son droit de veto pour forcer la fermeture de tous les passages, sauf un. Moscou soutient que les opérations d’aide internationale violent la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie.

Vassili Nebenzia, représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, déclare: «Malgré des succès notables dans la lutte contre le terrorisme international, la mise en place d’une paix et d’une stabilité complètes au sein du pays est entravée en raison de l’occupation illégale par les États-Unis d’une partie importante du territoire syrien.»

«Les camps, où la population civile vit dans des conditions inhumaines, continuent d’opérer dans les territoires occupés. La dévastation et l’anarchie totale y règnent.»

Il accuse la «puissance occupante américaine» de «piller ouvertement» les ressources naturelles et agricoles de la Syrie et de faire sortir illégalement du pétrole et des céréales du pays, décrivant cette technique comme «la recette américaine pour faire face à la crise énergétique et alimentaire mondiale».

«Malgré la crise économique et la situation humanitaire grave qui perdure en Syrie, les États-Unis et l’Union européenne continuent d’appliquer des sanctions unilatérales illégales contre le peuple syrien, qui souffre depuis longtemps. Les conséquences de leurs actes sont désastreuses», ajoute M. Nebenzia.

Le mandat actuel de l’aide transfrontalière devrait expirer en juillet.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com