Le président étend son pouvoir sur le système judiciaire, les Tunisiens protestent

Un homme brandit une pancarte indiquant en arabe "activistes contre le coup d'État" lors d'une manifestation à l'appel du parti tunisien d'inspiration islamiste Ennahdha contre les récents décrets du président Kais Saied.(AFP)
Un homme brandit une pancarte indiquant en arabe "activistes contre le coup d'État" lors d'une manifestation à l'appel du parti tunisien d'inspiration islamiste Ennahdha contre les récents décrets du président Kais Saied.(AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 13 février 2022

Le président étend son pouvoir sur le système judiciaire, les Tunisiens protestent

  • Depuis le 25 juillet 2021 M. Saied, soutenu par l'armée et les services de sécurité, a pris des mesures renforçant son pouvoir, faisant craindre à ses détracteurs un retour vers un pouvoir autoritaire
  • Dans un décret, le président a annoncé avoir remplacé le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qu'il a dissous il y a une semaine, par un autre organe

TUNIS : Des milliers de Tunisiens sont descendus dans la rue dimanche pour protester contre une nouvelle décision controversée du président Kais Saied lui permettant d'étendre son pouvoir sur le système judiciaire, une mesure perçue comme un revers démocratique dans le berceau du Printemps arabe.

Dans un décret, le président a annoncé avoir remplacé le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qu'il a dissous il y a une semaine, par un autre organe "temporaire" et s'est donné le pouvoir de limoger des juges et de leur interdire de faire la grève.

Quelques heures après cette annonce, plus de 2.000 manifestants se sont rassemblés à Tunis en signe de protestation et pour exprimer leurs craintes quant à l'indépendance du système judiciaire.

"Le peuple veut ce que tu ne veux pas", ont scandé des protestataires, en référence au slogan phare de la révolution de 2011 qui a renversé la dictature de Zine el Abidine Ben Ali.

"Sauvez notre démocratie!", "Ne touchez pas à la justice!", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants.

Le décret, instituant un nouveau "Conseil supérieur temporaire de la magistrature" en partie nommé par le président, donne également à M. Saied le pouvoir de révoquer "tout juge qui manque à ses devoirs professionnels".

De plus, "il interdit aux magistrats de tous grades de faire grève ou de tenir toute action collective organisée qui pourrait perturber ou retarder le fonctionnement normal des tribunaux".

« Seul »

Depuis le 25 juillet 2021 M. Saied, soutenu par l'armée et les services de sécurité, a pris des mesures renforçant son pouvoir, faisant craindre à ses détracteurs un retour vers un pouvoir autoritaire.

Il a d'abord suspendu le Parlement élu et limogé le gouvernement, puis a dissous le 5 février dernier le CSM, une instance indépendante créée en 2016 pour nommer les juges.

Le président a accusé le CSM de "partialité", d'être sous l'influence du parti islamo-conservateur Ennahdha, sa bête noire, et d'avoir ralenti des enquêtes sur les assassinats en 2013 de deux militants de gauche, Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.

M. Saied a essuyé un flot de critiques dans son pays mais aussi des Occidentaux après la dissolution du CSM.

Pour Ezzeddine Hazgui, du mouvement "Citoyens contre le coup d'Etat", la contestation contre le président prend de l'ampleur. 

M. Saied "avait auparavant beaucoup d'appuis, mais maintenant il est seul", a déclaré à l'AFP M. Hazgui dont le mouvement dénonce comme un "coup d'Etat" les mesures prises depuis juillet par le président.

Le nouveau décret "renforce la subordination du judiciaire à l'exécutif", a indiqué Saïd Benarbia, directeur régional de la Commission internationale de juristes (CIJ), une ONG basée à Genève.

« Fin de la démocratie »

"S'il est mis en oeuvre, le décret va signer la fin de l'indépendance judiciaire et de la séparation des pouvoirs, entraînant ainsi la fin de la démocratie en Tunisie", a ajouté M. Benarbia.

"Ce décret donne de vastes pouvoirs au président, lui permettant de contrôler la carrière des juges, comme les suspendre ou les écarter. C'est une violation des principes de base d'un Etat de droit", a-t-il encore dit.

Plusieurs partisans d'Ennahdha ont participé à la manifestation à Tunis, appelant à la libération de l'ex-ministre de la Justice et numéro deux du parti Noureddine Bhiri, et de Fethi Baldi, cadre dirigeant de cette formation d'inspiration islamiste.

Les deux hommes avaient été interpellés et emmenés de force le 31 janvier par des agents en civil vers un lieu inconnu. M. Bhiri, en grève de la faim, a été hospitalisé le lendemain à Bizerte (nord) après la détérioration de son état de santé tandis que le lieu de détention exact de M. Baldi reste secret.

Mercredi, l'organisation Human Rights Watch a dénoncé "des détentions secrètes sous couvert d'état d'urgence", rappelant qu'"aucun mandat d'arrêt n'a été émis et les autorités n'ont divulgué aucune accusation formelle contre eux".


Pourparlers entre les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie autour de l'escalade militaire dans la région

Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi des répercussions de l'escalade militaire dans la région. (SPA)
Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi des répercussions de l'escalade militaire dans la région. (SPA)
Short Url
  • L'impact de l'escalade militaire dans la région sur l'économie mondiale et la coordination des efforts conjoints pour renforcer la sécurité régionale ont été discutés
  • Les dirigeants ont souligné que la poursuite des attaques iraniennes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, visant des infrastructures vitales et civiles, constitue une escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité

DJEDDAH : Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi à Djeddah des répercussions de l'escalade militaire dans la région et des risques qu'elle fait peser sur la liberté de navigation internationale et la sécurité des approvisionnements énergétiques, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

L'impact de l'escalade sur l'économie mondiale et la coordination des efforts conjoints pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales ont également été discutés lors de la réunion organisée par le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et à laquelle ont participé l'émir du Qatar Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani et le roi Abdallah II de Jordanie.

Les dirigeants ont souligné que la poursuite des attaques iraniennes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, visant des infrastructures vitales et civiles, constitue une escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité de la région.

Cette réunion intervient alors que l'Iran continue de cibler le Royaume, le Qatar et la Jordanie avec des drones et des missiles.


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Short Url
  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
Short Url
  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.