Ismahan Aït-Messaoud: «Nous nous mobilisons pour l’abrogation du Code de la famille algérien»

Ismahan Ait Messaoud. Crédit photo Med Amine BERRAH
Ismahan Ait Messaoud. Crédit photo Med Amine BERRAH
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Publié le Mardi 08 mars 2022

Ismahan Aït-Messaoud: «Nous nous mobilisons pour l’abrogation du Code de la famille algérien»

  • «Nous luttons pour supprimer toutes les formes de violences exercées à l’encontre du genre féminin», assure Ismahan Aït-Messaoud, de l’association féministe Tharwa N’Fadhma N’Soumer
  • Notre association travaille notamment sur le Code pénal, notamment sur la suppression de la clause du pardon, une disposition à notre sens génératrice de féminicides», poursuit-elle

PARIS : Arab News en français s’est entretenu avec Ismahan Aït-Messaoud, cheffe de projet du bureau collégial de l’association féministe Tharwa N’Fadhma N’Soumer (Algérie).
Quelles sont les actions menées par l’association Tharwa N’Fadhma N’Soumer (TNFS) pour lutter contre le Code de la famille algérien, les violences et les discriminations ?
Notre association féministe a été créée en 1997 pour demander l’abrogation du Code de la famille et lutte contre les discriminations institutionnelles que subissent les femmes algériennes. Nos actions sont principalement axées sur la sensibilisation des femmes aux violences institutionnelles exercées à l’encontre de leur genre biologique, parce que femmes.  
TNFS se mobilise pour l’abrogation du Code de la famille algérien car dans le volet droit juridique, ce Code constitue le socle pouvant générer et compléter toutes les formes de violences exercées à l’encontre du genre féminin. Et en Algérie, nous pouvons aisément énumérer cinq types de violences: physiques, sexuelles, psychologiques, économiques et institutionnelles.

L’association travaille également sur le Code pénal, notamment sur la suppression de la clause du pardon, une disposition problématique et génératrice à notre sens de féminicides. Elle agit également sur l’application de certains textes existants comme l’article de loi sur l’avortement thérapeutique dont l’application devient un véritable problème: la démarche est si lente que le bébé peut finalement arriver à terme et la femme perd donc son droit à l’avortement.
Plus concrètement, quelles sont les actions que vous menez?
Nous pouvons déjà citer la campagne «Code de la famille 20 ans Barakat», que nous avons lancée en mars 2003 et qui a duré jusqu’en juin 2004. Durant cette compagne, TNFS était entièrement impliquée avec d’autres associations partenaires partageant les mêmes revendications. Nous pouvons également citer la campagne intitulée «Kif Kif devant la loi», qui a duré de mars 2009 à 2010, à l’occasion du centenaire du 8 mars en présence de Loubna Ahmed Hocine sous le slogan: «On est toutes Soudanaises, mais en pantalon.»
Aujourd’hui, nous sommes en train de mettre sur pied la deuxième Assemblée des femmes algériennes pour l’abrogation du Code de la famille et son remplacement par des lois civiles égalitaires sur la base de la Convention d’Istanbul.
Quels sont les programmes mis en œuvre avec la coopération d’associations françaises ou maghrébines?
Nous travaillons en étroite collaboration avec différentes associations et organisations féministes dans le monde, car nous estimons que la lutte pour les droits des femmes se doit d’être ouverte et inclusive. Le combat féministe est universel et ne connaît aucune frontière.
Les programmes que nous mettons en place sont divers et variés, néanmoins ils restent axés sur l’égalité et les droits des femmes à l’échelle universelle. Nous restons alertes, solidaires les unes avec les autres et nous employons des méthodes d’actions parfois différentes, pour rester conformes aux réalités de chaque pays, afin de faire adopter des conventions ou parfois même de mener des actions pour la levée des réserves sur certains articles toujours sous scellés.
Que faire dans le cadre de coopération euro-méditerranéenne pour l’égalité et les droits des femmes?
Nous tentons de relever deux défis majeurs dans ce cadre. À la fois, comme je l’ai indiqué, l’abrogation du Code de la famille, mais aussi la lutte pour supprimer toutes les formes de violences exercées à l’encontre du genre féminin. Et ce défi concerne l’Algérie, mais aussi la Méditerranée et le monde dans son ensemble.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.