De 2012 à 2022, comment «la finance» est passée sous les radars de la présidentielle

Adversaire de François Hollande lors de la campagne de 2012, «le monde de la finance» a, dix ans plus tard, presque disparu des discours des candidats à l'élection présidentielle. (AFP)
Adversaire de François Hollande lors de la campagne de 2012, «le monde de la finance» a, dix ans plus tard, presque disparu des discours des candidats à l'élection présidentielle. (AFP)
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Publié le Mardi 05 avril 2022

De 2012 à 2022, comment «la finance» est passée sous les radars de la présidentielle

  • «Il y avait un affrontement gauche-droite plus traditionnel avec des positions idéologiques qui pouvaient s'attacher facilement sur ce sujet et sur ce secteur», dit un expert
  • Le contraste avec les précédentes campagnes présidentielles est saisissant. Comparé à 2012 surtout, quand François Hollande, désignait «le monde de la finance» comme son «adversaire»

PARIS: Adversaire de François Hollande lors de la campagne de 2012, "le monde de la finance" a, dix ans plus tard, presque disparu des discours des candidats à l'élection présidentielle. Et ce malgré les profits records réalisés par les banques en pleine crise du Covid-19.

Entre la promesse d'assouplir les conditions d'obtention de crédits immobiliers chez Eric Zemmour ou un plus grand contrôle et une hausse des taxes pour les banques chez Jean-Luc Mélenchon, plusieurs candidats ont fait des propositions pour le secteur, mais celles-ci sont rarement mises en avant et figurent peu dans le débat politique.

La finance n'est pas la seule absente, alors que la pandémie de Covid-19 et plus récemment la guerre en Ukraine ont relégué au second plan nombre de sujets.

Mais le contraste avec les précédentes campagnes présidentielles est saisissant. Comparé à 2012 surtout, quand le candidat du Parti socialiste, François Hollande, désignait "le monde de la finance" comme son "adversaire".

Parmi ses promesses de campagnes de l'époque: la séparation des activités de banque d'affaires et de banque de détail, et une augmentation des taxes, dans la foulée de deux crises successives, celle des "subprimes" et de la dette.

Les banques "étaient accusées d'avoir pris des risques excessifs, en exposant les déposants et en forçant les Etats à intervenir pour les sauver", se souvient auprès de l'AFP Eric Dor, directeur des études économiques de l'IESEG School of Management à Paris et Lille.

"Beaucoup de temps s'est écoulé depuis", poursuit-il, précisant que la réforme promise avait finalement été largement vidée de son contenu originel une fois le candidat socialiste élu.

A l'époque, "il y avait aussi un affrontement gauche-droite plus traditionnel avec des positions idéologiques qui pouvaient s'attacher facilement sur ce sujet et sur ce secteur", complète Bruno Jeanbart, vice-président de l'institut OpinionWay.

Ancien banquier 
En 2017, si le sujet est déjà moins prégnant dans la campagne, les adversaires d'Emmanuel Macron l'attaquent, entre autres, sur son profil d'ancien associé-gérant à la banque Rothschild.

Dépeint en représentant de la "finance", notamment par Marine Le Pen dans l'entre-deux tours, M. Macron se voit obligé de se défendre d'être "soumis aux banques". 

Le candidat avait alors appelé à "ne jamais être caricatural", "parce que les banques, on les déteste jusqu'au jour où on a besoin d'elles pour se financer".

Aujourd'hui, s'il demeure "des réminiscences" de son passé de banquier d'affaires, notamment avec la polémique sur le recours aux cabinets de conseil, en particulier McKinsey, explique Bruno Jeanbart, "c'est moins au coeur du débat".

Les critiques "vont plus s'organiser autour de ce qu'il a fait comme président que sur ce qui s'est passé avant", explique-t-il.

Éclipsé par le climat 
En 2022, plusieurs candidats, notamment à gauche, continuent de proposer une plus grande régulation du secteur financier: réelle séparation des banques d'affaires et de détail pour Jean-Luc Mélenchon, "malus prudentiel" (qui exigerait plus de réserves en capital, nldr) pour les établissements finançant les énergies fossiles pour Yannick Jadot, ou "réquisition des banques" et regroupement dans un monopole sous contrôle des salariés et de la population pour le candidat du NPA Philippe Poutou.

A droite et à l'extrême droite, outre la promesse d'Eric Zemmour sur les crédits immobiliers, Marine Le Pen souhaite la création d'un "fonds souverain français" pour augmenter la rémunération de l'épargne et l'orienter vers "des secteurs stratégiques et de l'innovation". Quant à Valérie Pécresse, elle propose une "Banque nationale des jeunes" avec un remboursement des crédits différé, et une "Banque des Outre-mer".

Emmanuel Macron est lui resté prudent sur le sujet de la finance.

Mais, par rapport à il y a dix ans, "l'indignation de l'opinion publique a été canalisée vers toutes les entreprises responsables d'émissions excessives de carbone, du réchauffement climatiques", affirme Eric Dor.

Dans ce cadre, les banques passent entre les gouttes malgré les accusations des ONG sur le financement des énergies fossiles, et ce alors que le secteur a enregistré des bénéfices historiques en 2021, comme dans le cas de la BNP Paribas, du Crédit Agricole ou de la Société Générale. 

Du point de vue de l'opinion publique, les grands groupes pétroliers "sont un peu les banques d'il y a dix ans", relève M. Dor.


Intrusion d'un collectif de migrants à l'Hôtel de Ville de Paris

L'Hôtel de Ville de Paris (Photo, AFP).
L'Hôtel de Ville de Paris (Photo, AFP).
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  • En début d'après-midi, des membres du collectif La Chapelle Debout ont forcé l'accès principal du bâtiment
  • Dans la cour, migrants et militants ont réclamé de rencontrer la maire Anne Hidalgo

PARIS: Une soixantaine de personnes, migrants et militants pro-migrants, ont forcé l'entrée de l'Hôtel de Ville de Paris vendredi après-midi pour réclamer un hébergement, reprochant à la mairie de "se défausser" sur l'Etat.

En début d'après-midi, des membres du collectif La Chapelle Debout ont forcé l'accès principal du bâtiment, obligeant les agents postés à cette entrée sécurisée à les laisser passer, peut-on voir sur une vidéo diffusée sur Twitter.

Dans la cour, migrants et militants ont réclamé de rencontrer la maire Anne Hidalgo afin d'obtenir un relogement pour "une partie des habitants de l''Ambassade des immigrés'", une ancienne banque squattée rue Saulnier, dans le IXe arrondissement.

Selon un communiqué du collectif, l'élue socialiste et son adjoint à l'Hébergement d'urgence et à la Protection des réfugiés Ian Brossat "font semblant de ne pas connaître la situation" alors que ce dernier "avait fait des promesses de relogement".

"Il est temps que la mairie, a priori de gauche, qui revendique une politique d'accueil contrairement à la préfecture, se mette à agir elle aussi", ajoute le collectif.

Ce collectif a quitté le bâtiment en milieu d'après-midi, après avoir été reçu par M. Brossat qui s'est engagé à "réaliser un diagnostic social" rue Saulnier et à réunir la préfecture de région et la préfecture de police autour de la table.

"L'essentiel de leurs revendications", notamment le relogement, "relève des compétences de l'Etat", a réagi M. Brossat. Quant au logement social, il "s'adresse uniquement à des personnes en situation régulière" alors qu'une "bonne partie" des personnes représentées vendredi ne sont "pas éligibles", a-t-il ajouté.

Pour le groupe d'élus d'opposition Changer Paris (LR et apparentés), cette intrusion dans l'Hôtel de Ville, la deuxième en un an et demi après des éboueurs en mai 2021, "démontre que la Ville est incapable (...) d’assurer la sécurité de quiconque".

Cette action a également fait réagir du côté du RN. "La France ne doit plus être l'hôtel de l'Afrique: appliquons la loi, renvoyons les clandestins chez eux", a demandé le député européen Jordan Bardella.


Macron annonce un fonds de 100 millions d'euros pour l'achat direct par Kiev de matériel militaire

«Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire» (Photo, AFP).
«Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire» (Photo, AFP).
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  • Ces fonds financeront l'achat «d'armes défensives» comme celles déjà livrées par la France depuis le début de l'offensive russe
  • Macron a par ailleurs confirmé que la France envisageait de livrer six canons Caesar supplémentaires à l'Ukraine

PRAGUE: Le président français Emmanuel Macron a annoncé vendredi la création d'un "fonds spécial" pour que l'Ukraine puisse "acheter directement auprès de nos industriels les matériels dont elle a le plus besoin pour soutenir son effort de guerre".

"Nous allons doter ce fonds spécial de cent millions d'euros pour commencer", ce qui permettra "de pouvoir travailler aussi avec la base industrielle de défense française", a-t-il ajouté devant la presse à Prague l'issue d'un sommet de l'UE à Prague.

Ces fonds financeront l'achat "d'armes défensives" comme celles déjà livrées par la France depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en février, a précisé le chef de l'Etat.

La France a fourni jusqu'ici 18 canons Caesar de 155 mm d'une portée de 40 km, montés sur camion, des missiles antichar et anti-aérien, des véhicules de l'avant-blindé (VAB), du carburant, des équipements individuels et une quinzaine de canons tractés TRF1 de 155 mm à l'Ukraine.

"Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire", a souligné le chef de l'Etat.

Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé que la France envisageait de livrer six canons Caesar supplémentaires à l'Ukraine, prélevés sur une commande destinée au Danemark.

"Nous avons des discussions avec en particulier nos partenaires danois pour livrer des Caesar, mais c'est une discussion qui revêt certains aspects techniques qui est en train d'être finalisée", a-t-il dit.

"En tout cas nous nous y sommes prêts, nous sommes prêts à la cofinancer et elle permettrait de livrer plusieurs unités de ce système d'artillerie Caesar qui a montré son efficacité sur le terrain, six", a-t-il précisé.


Séjours en Syrie: deux femmes de l'entourage de la famille Merah présentées à un juge

Deux femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah vont être présentées vendredi à un juge antiterroriste en vue d'une mise en examen dans une information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs terroriste (AFP)
Deux femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah vont être présentées vendredi à un juge antiterroriste en vue d'une mise en examen dans une information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs terroriste (AFP)
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  • Six femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah avaient été interpellées mardi à Toulouse et Albi, mais quatre d'entre elles ont été relâchées depuis, sans poursuites à ce stade
  • Parmi ces femmes, âgées de 31 à 43 ans, certaines étaient parties avec leurs enfants en Syrie

PARIS: Deux femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah vont être présentées vendredi à un juge antiterroriste en vue d'une mise en examen dans une information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs terroriste, a indiqué à l'AFP le parquet antiterroriste (Pnat).

Six femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah avaient été interpellées mardi à Toulouse et Albi, mais quatre d'entre elles ont été relâchées depuis, sans poursuites à ce stade.

Le Pnat a indiqué vendredi avoir ouvert une information judiciaire pour association de malfaiteurs terroristes délictuelle et soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de son enfant.

Les deux dernières femmes sont présentées à un magistrat antiterroriste en vue d'une mise en examen, toujours selon cette source.

L'enquête préliminaire, confiée à la sous-direction anti-terroriste (Sdat), était ouverte depuis 2014.

Parmi ces femmes, âgées de 31 à 43 ans, certaines étaient parties avec leurs enfants en Syrie.

Selon d'autres sources proches du dossier, certaines sont soupçonnées d'avoir contribué au départ en 2014 en Syrie de la sœur de Mohamed Merah, Souad, qui serait ensuite allée en Algérie.

Soupçonnées depuis plusieurs années par la justice antiterroriste, plusieurs d'entre elles avaient déjà été entendues puis relâchées. Mais, de nouveaux éléments ont amené les enquêteurs à les réentendre.

Elles font partie de l'entourage de la famille Merah, mais ne sont pas membres de la famille.

Il y a plus de dix ans, Mohamed Merah avait tué sept personnes, entre le 11 et le 19 mars 2012, à Montauban et Toulouse.

Il avait assassiné trois militaires (Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad), un professeur et trois enfants juifs (Jonathan Sandler, ses fils Arié et Gabriel, et Myriam Monsonégo) avant d'être tué par la police après un siège de 32 heures suivi par les médias du monde entier.

Son frère Abdelkader a été condamné définitivement en 2020 à trente ans de réclusion criminelle pour complicité de ses crimes.