Ukraine: l'Allemagne annonce un important plan d'aide aux entreprises

Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand de l'Économie et de la Protection du climat sur les mesures de soutien aux entreprises dans le cadre de la crise ukrainienne, à Berlin, le 8 avril 2022. (AFP).
Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand de l'Économie et de la Protection du climat sur les mesures de soutien aux entreprises dans le cadre de la crise ukrainienne, à Berlin, le 8 avril 2022. (AFP).
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Publié le Vendredi 08 avril 2022

Ukraine: l'Allemagne annonce un important plan d'aide aux entreprises

  • Berlin prévoit d'accorder des aides directes pouvant aller jusqu'à «5 milliards d'euros», pour alléger la facture énergétique des entreprises en Ukraine
  • «Cette guerre a des répercussions sur l'Allemagne, et le gouvernement considère qu'il est de sa responsabilité de limiter les dommages sur l'économie», a déclaré, lors d'une conférence de presse, le ministre des Finances Christian Lindner

BERLIN: Le gouvernement allemand a présenté vendredi un programme d'aides de plusieurs milliards d'euros aux entreprises touchées par les conséquences de la guerre en Ukraine, notamment à cause des coûts de l'énergie et des pénuries de matériaux.

"Cette guerre a des répercussions sur l'Allemagne, et le gouvernement considère qu'il est de sa responsabilité de limiter les dommages sur l'économie", a déclaré, lors d'une conférence de presse, le ministre des Finances Christian Lindner.

Ce "bouclier de protection" contient notamment une enveloppe de 100 milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat et 7 milliards d'euros de prêts publics à taux réduit, a détaillé le ministère de l'Economie.

Berlin prévoit aussi d'accorder des aides directes pouvant aller jusqu'à "5 milliards d'euros", pour alléger la facture énergétique des entreprises, a ajouté M. Lindner.

Enfin, le plan ouvre la voie à des "aides en capital" accordées par l'Etat pour les entreprises les plus en difficultés. "Il s'agit d'un programme d'amortissement économique", a commenté M. Lindner.

La guerre en Ukraine frappe en effet de plein fouet le puissant secteur industriel allemand, notamment à cause du coût de l'énergie, qui a flambé depuis l'invasion russe.

Les industriels allemands, qui dépendent fortement du commerce international, sont aussi touchés par les perturbations sur les chaînes d'approvisionnement, et par les sanctions prises contre la Russie.

Le plan présenté vendredi s'inspire des programmes d'aides aux entreprises débloqués ces dernières années contre les effets de la pandémie de Covid-19, et qui ont porté sur 134 milliards d'euros depuis 2020 pour l'Allemagne.

Un coût que ne devraient toutefois pas atteindre les répercussions de la guerre en Ukraine, selon M. Lindner : "la situation économique actuelle est différente de celle de la pandémie" car la "croissance économique et la situation sur le marché du travail sont stables", a-t-il commenté.

Les aides aux entreprises s'ajoutent aux milliards d'euros débloqués fin mars pour soutenir les ménages face à la hausse du prix du chauffage et des carburants, via notamment des aides directes et des réductions de taxe.

L'ensemble de ces dépenses feront l'objet d'une rallonge au budget fédéral 2022, qui prévoit déjà 99,7 milliards d'euros de nouvelles dettes, a déjà prévenu le gouvernement sans préciser le montant supplémentaire à budgéter


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.


Le pétrole baisse après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz

 M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.  Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord. (AFP)
M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran. Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord. (AFP)
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  • "Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui"
  • Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des EAU

LONDRES: Les cours du pétrole redescendent mercredi après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz, le marché se montrant optimiste quant au "bon progrès" avec la partie iranienne évoqués par le vice-président des Etats-Unis.

Vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,79% à 109,29 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, tombait de 1,64% à 102,44 dollars.

"En ce moment-même, notre navire pétrolier sort du détroit d'Ormuz, en coordination avec l'Iran", a déclaré au Parlement le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun.

Selon le suivi maritime de MarineTraffic, il pourrait s'agir du "Universal Winner". Ce navire "transporte du pétrole du Koweït", affirme Anna Macdonald, analyste chez Hargreaves Lansdown.

La mention d'une coordination avec l'Iran de la Corée du Sud qui possède d'importantes raffineries est perçu par le marché comme un soulagement.

Et "deux navires chinois auraient déjà effectué le voyage", souligne Mme Macdonald, consolidant la tendance baissière mercredi.

"Les déclarations faites hier par le vice-président Vance, qui a affirmé que Trump préfère éviter une guerre avec l'Iran" contribuent également à la baisse des cours, estime auprès de l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il y a beaucoup d'allers-retours" avec la partie iranienne, a aussi déclaré le vice-président des Etats-Unis JD Vance lors d'un point presse lundi à la Maison Blanche, évoquant de "bons progrès."

Donald Trump qui alterne entre apaisement et tonalité agressive a cependant déclaré le même jour à propos de l'Iran : "mais nous pourrions devoir leur donner encore un gros coup. Je ne suis pas sûr pour l'instant".

De leur côté, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont promis d'étendre la guerre "au-delà de la région" du Moyen-Orient, si les Etats-Unis et Israël attaquaient de nouveau le pays.

"Cela suggère que le régime estime que le temps joue en sa faveur tant que les prix de l'essence aux États-Unis restent élevés", affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Or, avec un détroit d'Ormuz qui reste largement paralysé, bloquant une grande partie des exportations pétrolières du Golfe, "il est probable que nous continuerons à observer une baisse continue des réserves de pétrole au cours des prochaines semaines", ce qui ferait grimper les cours, affirme M.Staunovo.