Alors que les crises s’aggravent au Liban, les malades du cancer peinent à trouver de la morphine

Selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé datant de mars 2021, le Liban a enregistré 28 764 cas de cancer au cours des cinq dernières années. (Reuters/File Photo)
Selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé datant de mars 2021, le Liban a enregistré 28 764 cas de cancer au cours des cinq dernières années. (Reuters/File Photo)
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Publié le Dimanche 10 avril 2022

Alors que les crises s’aggravent au Liban, les malades du cancer peinent à trouver de la morphine

Selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé datant de mars 2021, le Liban a enregistré 28 764 cas de cancer au cours des cinq dernières années. (Reuters/File Photo)
  • Bien qu’encore subventionnés par l'État la plupart des médicaments pour les longues maladies et les cancéreux manquent en plein effondrement économique
  • Le ministère de la Santé a déclaré vendredi qu'il avait donné son accord pour subventionner la morphine avant de l'importer il y a deux mois, mais que la subvention suivante, de la banque centrale, avait été retardée

BEYROUTH : Les hôpitaux libanais et les malades du cancer sont à court de morphine et de ses dérivés. 

Un appel lancé par Elsy Aoun par le biais du journal Al-Nahar est devenu viral vendredi. La jeune femme a déclaré que son frère, un malade du cancer qui ne trouve nulle part les médicaments dont il a besoin, est à court du seul médicament qui peut soulager une partie de sa douleur. « Il ne nous reste de la morphine que pour dix jours. Que sommes-nous censés faire après ça ? » 

Selon un rapport de mars 2021 de l'Organisation mondiale de la santé, le Liban a enregistré 28 764 cas de cancer au cours des cinq dernières années, dont 11 600 cas pour la seule année 2020. 

Bien qu’encore subventionnés par l'État la plupart des médicaments pour les longues maladies et les cancéreux, manquent en plein effondrement économique dans le pays depuis deux ans. 

Le ministère de la Santé a déclaré vendredi qu'il avait donné son accord pour subventionner la morphine avant de l'importer il y a deux mois, mais que la subvention suivante, de la banque centrale, avait été retardée. 

« Nous avons contacté la société d’importation et avons accepté de lancer le processus sans attendre l'approbation de la banque centrale », a déclaré le ministère, ajoutant que la morphine devrait être disponible sur le marché d'ici une semaine. 

Il existe 445 médicaments anticancéreux enregistrés au Liban. Le coût du traitement des patients atteints de cancer « est d'environ 200 millions de dollars (183 millions d’euros) par an, et il pourrait atteindre 400 millions de dollars », selon l'ancien ministre de la santé Jamil Jabak. 

Le Dr Ahmed Ibrahim, président de la Société libanaise d'hématologie et de transfusion sanguine, a déclaré : « Chaque année, entre 2 500 et 3 000 nouveaux cas de cancers du sang sont enregistrés, en plus des milliers de patients sous traitement et suivi périodique. » 

« Les traitements sont coûteux, mais ils permettent d'obtenir un taux de guérison de 60 à 80 %, ce qui est similaire aux résultats mondiaux. Avec la pénurie des remèdes nécessaires, nous nous trouvons face à la possibilité de ne pas pouvoir traiter les patients, ce qui peut, malheureusement, conduire au décès de beaucoup d'entre eux. » 

Une pharmacienne d'un hôpital de Beyrouth, qui a préféré l'anonymat, a déclaré à Arab News : « Tous les médicaments ne sont pas disponibles dans la pharmacie de l'hôpital, et la morphine est un besoin quotidien à l'hôpital pour soulager la douleur des patients atteints de cancer de stade quatre. Nous avons besoin d'environ 150 à 200 seringues de morphine par mois, et la demande peut augmenter ou diminuer en fonction de l'état des patients. Toutes les alternatives à ce médicament ne sont pas aussi efficaces. » 

Elle ajoute : « Les patients et leurs familles ont beaucoup de mal à trouver des médicaments. Certains peuvent être trouvés sur le marché noir, mais seuls quelques riches peuvent se les offrir. Les patients qui sont traités aux frais du ministère de la Santé vivent une véritable tragédie, d'autant plus que l'on ne peut avoir accès aujourd'hui aux médicaments que si l'on connaît quelqu'un à l'intérieur. »   

« La morphine est classée comme un médicament à haut risque, et chaque seringue donnée au patient doit être agréée par le médecin et deux infirmières, qui précisent le volume de la substance qui a été donnée et chaque goutte gaspillée. » 

« Une seule société importe la morphine, contrairement aux autres médicaments. Le fait d'avoir une seule société d'importation facilite les négociations pour obtenir ce médicament. » 

Le ministère a déclaré qu'il mettait tout en œuvre pour accélérer le processus d'importation de la morphine et a demandé aux personnes concernées de faire de cette question une priorité absolue. 

Le médecin et ancien député Ismail Sukkarieh, qui lutte contre la corruption dans le secteur de la santé par le biais de l'Autorité nationale de la santé, qu'il préside, a déclaré que le chaos régnait dans le secteur. 

« Il est vrai que les médicaments contre le cancer sont encore subventionnés, mais c'est plutôt théorique maintenant. Les médicaments ne sont pas disponibles, et la clé de la solution se trouve à la banque centrale. Il est ridicule que la banque subventionne encore un type de café mais ne puisse pas fournir suffisamment d'argent pour subventionner les médicaments dont les gens ont besoin pour se rétablir. Le café est-il plus important que la vie humaine ? a déclaré M. Sukkarieh. 

Il ajoute : « Outre la banque centrale, les fournisseurs de médicaments cupides sont le problème, car ces personnes cachent des médicaments dans leurs entrepôts pour faire des profits illégaux. Personne ne les confronte - ni le ministère, ni la commission parlementaire de la santé. 

Sukkarieh a déclaré que les médecins sont témoins de situations tragiques tous les jours. « Dès que j'entre dans l'hôpital, les patients ou leurs familles m'arrêtent pour demander des médicaments. Même mes collègues médecins qui traitent les patients atteints de cancer sont devenus impuissants face à la tragédie des gens. Ce qui se passe en réalité, c'est l'accélération de la mort des patients en raison d'un traitement irrégulier. Qui a le droit d'abréger ainsi la vie des gens ? » 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".

 


Kushner doit rencontrer le Hamas en Egypte

Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
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  • Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas

LE CAIRE: Des sources au sein du Hamas ont indiqué dimanche que l'émissaire américain Jared Kushner allait rencontrer des dirigeants du mouvement islamiste palestinien en Egypte, avant sa visite en Israël, au moment les Etats-Unis cherchent à faire avancer le plan de paix à Gaza.

L'entretien, qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis, devrait se tenir à Al-Alamein, dans le nord de l'Egypte, un pays qui fait office depuis des années de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, s'est déjà entretenu dimanche à Al-Alamein avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad.

Ces rencontres surviennent au moment où les Etats-Unis tentent d'aplanir les divergences entre Israël et le Hamas sur la mise en oeuvre du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza.

Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas.

Visite américaine en Israël 

"Les médiateurs ont informé le Hamas que l'émissaire américain Jared Kushner rencontrerait sa direction, en présence de responsables égyptiens et qataris", a déclaré une source du Hamas, qui a demandé à garder l'anonymat, sans donner de date.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes et qui a mené l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant la guerre de Gaza.

Une deuxième source du Hamas a indiqué que les Etats-Unis avaient demandé au mouvement des précisions sur plusieurs points, notamment sur "la collecte, le regroupement et le stockage des armes de manière réelle, et non simplement symbolique, ainsi que sur le renoncement total du Hamas à gouverner Gaza".

Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé début juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe créé par le "Conseil de Paix" composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Lors de la rencontre entre M. Sissi et Jared Kushner, il a été "rappelé la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs obligations au titre de l'accord de cessez-le-feu" à Gaza, a déclaré le porte-parole de M. Sissi, Mohamed al-Chennawi, dans un communiqué.

De son côté, la délégation dirigée par Khalil al-Hayya, dont c'est la première visite en Egypte depuis sa nomination fin juillet, "a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan" américain, selon l'agence officielle égyptienne Mena.

La réunion avec M. Rachad portait sur "les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l'accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre", a précisé un responsable du mouvement islamiste palestinien à l'AFP.

Le "Conseil de Paix", chargé de mettre en œuvre le plan de paix, avait indiqué que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza de cet organe créé par M. Trump.

Blessés dans des frappes 

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique.

D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées dans le sud, selon la même source.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.