Yémen: Echange de prisonniers entre Houthis et gouvernement

A Seyoun, ce sont quelques 109 prisonniers Houthis qui ont été libérés par le gouvernement qui affirme que ces derniers ont reçu une assistante médicale à l'aéeroport avant le décollage de l'avion. (Photo capture décran Twitter CICR Yémen).
A Seyoun, ce sont quelques 109 prisonniers Houthis qui ont été libérés par le gouvernement qui affirme que ces derniers ont reçu une assistante médicale à l'aéeroport avant le décollage de l'avion. (Photo capture décran Twitter CICR Yémen).
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Publié le Jeudi 15 octobre 2020

Yémen: Echange de prisonniers entre Houthis et gouvernement

  • L'opération d'échange de plus d'un millier de prisonniers entre les militants Houthis et le gouvernement au Yémen a débuté
  • Organisée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), l'opération, prévoit plusieurs vols en partance de Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, d'Abha, dans le sud de l'Arabie saoudite et de Seyoun, ville du sud-est du Yémen

SANAA: Houthis et gouvernement au Yémen ont commencé jeudi à échanger un millier de prisonniers, dans le cadre d'un accord parrainé par l'ONU et perçu comme un premier signe de progrès dans le processus de paix pour mettre fin à six ans de conflit sanglant.

Cet échange de prisonniers est «le plus vaste depuis le début du conflit», a souligné le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui organise l'opération.

Pour le début de cet échange, plusieurs vols sont prévus en partance de Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, de la ville de Seyoun (sud-est) contrôlée par le gouvernement et de la ville saoudienne d'Abha, selon des responsables des Houthis.

Un avion a déjà décollé de Sanaa avec de nombreux prisonniers, dont 15 Saoudiens et 4 Soudanais, à destination d'Abha dans le sud de l'Arabie saoudite, selon les mêmes sources.

Le Soudan fait partie de la coalition militaire sous commandement saoudien qui intervient depuis 2015 au Yémen en soutien au gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

A Sanaa, les milices ont prévu de fêter le retour de leurs prisonniers libérés, selon la télévision Al-Massirah contrôlée par les insurgés.

Ces anciens prisonniers doivent être salués par de hauts responsables, des fanfares militaires et doivent défiler dans la ville à bord d'autocars flambants neufs.

Signe positif

L'échange, portant sur un total de 1.081 prisonniers, est étalé sur deux jours (jeudi et vendredi), a expliqué sur Twitter le responsable côté miliciens du dossier des prisonniers, Abdel Kader al-Mortadha.

L'émissaire de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, a salué le début de l'opération. 

«Je me félicite du début de la libération des prisonniers convenue par les parties en septembre en Suisse conformément aux engagements pris à Stockholm», a-t-il écrit dans un communiqué.

«L'opération (...) montre une fois de plus que le dialogue pacifique peut donner des résultats», a ajouté le responsable onusien, dont l'organisation a parrainée les accords de Suède et de Suisse.

«J'espère que les parties se réuniront bientôt sous les auspices de l'ONU pour discuter de la libération de tous les prisonniers et détenus liés au conflit et apporter un soulagement aux milliers de familles qui attendent d'être réunies avec leurs proches», a encore dit M. Giffiths.

L'accord d'échange conclu en septembre est perçu comme une avancée dans le processus politique en vue d'un règlement au Yémen, où s'affrontent le gouvernement, appuyé par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, et les Houthis, soutenus par l'Iran.

La guerre du Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, pour la plupart des civils, et entraîné ce que l'ONU décrit comme étant la pire crise humanitaire dans le monde.

Otages américains contre Houthis

L'échange intervient au lendemain de la libération de deux ressortissants américains détenus par les Houthis, qui ont également remis la dépouille d'un troisième Américain fait prisonnier.

Les Houthis ont pour leur part obtenu le retour de quelque 240 membres de leur groupe longtemps retenus à Oman.

Lors de négociations de paix en Suède en 2018, le gouvernement et les milices étaient tombés d'accord pour échanger 15.000 détenus au total.

Depuis, des échanges de prisonniers entre les deux parties ont eu lieu de manière sporadique. 

Mais la libération de plus de 1.000 loyalistes et d'insurgés représente le premier échange à grande échelle depuis le début de la guerre.

L'accord négocié en Suisse porte sur la libération de «681 milices et de 400 membres des forces gouvernementales (et alliées)», avait déclaré en septembre à l'AFP un membre de la délégation gouvernementale.

Selon lui, la libération par les Houthis du frère du président Hadi, le général Nasser Mansour Hadi, a été reportée.


Syrie: le retour de déplacés kurdes syriens suspendu après des attaques

Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local. (AFP)
Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local. (AFP)
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  • Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour rentrer
  • Mais ce groupe a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes armés", qui a fait plusieurs blessés

HASSAKE: Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local.

Un accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir central pour l'intégration dans l'Etat des institutions de l'administration autonome, prévoit le retour des Kurdes déplacés pendant la guerre civile en Syrie (2011-2024).

Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour rentrer, mais a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes armés", qui a fait plusieurs blessés.

Plusieurs des auteurs présumés de ces attaques ont été arrêtées, mais les retours "ont été temporairement suspendus par mesure de précaution afin de garantir la sécurité des habitants", a ensuite annoncé Mahmoud Khalil Ali, adjoint au chef des forces de sécurité dans la province de Hassaké, dont fait partie Ras al-Aïn.

"Ces trajets reprendront dès que la situation se sera stabilisée et une protection complète assurée pour les personnes de retour", a-t-il ajouté.

Selon M. Isso, un deuxième groupe de déplacés devait suivre "dans les tout prochains jours", alors que quelques 100.000 personnes au total veulent rentrer.

Des dizaines de milliers de Kurdes ont été forcés de fuir la région, située dans le nord-est syrien, en 2019, face à une offensive des forces turques et leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le contrôle d'une bande territoriale de 120 km, le long de la frontière avec la Turquie.

"Comme un rêve" 

L'attaque a déclenché une protestation à Qamichli, ville voisine à majorité kurde, où des manifestants en colère ont tenté de pénétrer dans les locaux des forces de sécurité, avant d'être repoussés par des officiers syriens, a rapporté un journaliste de l'AFP.

À Kobané, une ville du nord à majorité kurde, la télévision d'Etat syrienne a rapporté que des habitants avaient pris pour cible des bâtiments officiels et décroché le drapeau syrien devant le quartier général des forces de sécurité locales.

"Nous condamnons l'agression dont ont été victimes les familles kurdes pendant leur retour", a écrit sur X Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes, organisation kurde signataire de l'accord de janvier.

Il a appelé le peuple kurde "à faire preuve de retenue, à ne pas se laisser entraîner dans des actes irresponsables", assurant être en lien avec les autorités pour "garantir la protection des civils déplacés rentrant chez eux".

Plus tôt dans la journée, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de camions aux abords de la ville de Hassaké, chargés de meubles et d'affaires, et des familles prêtes à prendre la route.

"J'attendais ce moment. (...) C'est comme un rêve, de retourner chez soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin", a confié à l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis cette ville où elle a trouvé refuge ces dernières années.

Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des droits humains, des maisons et biens ont été pillés, volés et endommagés à Ras al-Aïn.

Après l'offensive de 2019, certains combattants s'étaient installés dans la zone, autrefois multiethnique, et certains y habitent encore.

Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison était "complètement détruite". Mais "nous n'allons pas nous laisser gagner par le pessimisme, car nous sommes heureux de revenir, (...) nous verrons ce que nous pouvons faire", dit cette femme de 39 ans.

Au total, quelques 5 millions et demi de personnes restent déplacées en Syrie, selon les Nations unies.


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

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  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.