Irak: la condamnation d'un ex-ministre à une amende symbolique provoque un tollé

L'ancien ministre irakien de l'Electricité, Louai al-Khatib. (Photo, AFP)
L'ancien ministre irakien de l'Electricité, Louai al-Khatib. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Irak: la condamnation d'un ex-ministre à une amende symbolique provoque un tollé

  • L'ancien ministre de l'Electricité Louaï al-Khatib et trois hauts fonctionnaires ont chacun écopé le 7 avril d'un an de prison avec sursis et d'une amende d'un million de dinars (645 euros), selon la décision de justice
  • L'affaire concerne un contrat de 808 millions de dollars (745 millions d'euros) signé avec une entreprise d'un pays arabe non spécifié « pour la réhabilitation, la gestion et l'entretien d'une centrale» électrique à Bagdad

BAGDAD : Un ex-ministre irakien a été condamné à un an de prison avec sursis et une amende de 645 euros, pour un contrat d'environ 750 millions d'euros entaché d'irrégularités, a annoncé jeudi l'organe gouvernemental anti-corruption, provoquant un tollé dans un pays gangréné par la gabegie.

L'ancien ministre de l'Electricité Louaï al-Khatib et trois hauts fonctionnaires ont chacun écopé le 7 avril d'un an de prison avec sursis et d'une amende d'un million de dinars (645 euros), selon la décision de justice consultée jeudi par l'AFP.

Un tribunal correctionnel à Bagdad les a condamnés pour "des irrégularités intentionnelles allant à l'encontre de leurs devoirs", a indiqué dans un communiqué la Commission pour la transparence, l'agence gouvernementale anti-corruption.

Ces violations avaient pour but de "bénéficier à des particuliers au détriment de l'Etat".

L'affaire concerne un contrat de 808 millions de dollars (745 millions d'euros) signé avec une entreprise d'un pays arabe non spécifié "pour la réhabilitation, la gestion et l'entretien d'une centrale" électrique à Bagdad, selon le communiqué.

Mais "l'entreprise (...) n'est pas spécialisée dans l'entretien et la réhabilitation des centrales" et elle "n'a aucun autre engagement similaire avec le ministère", ajoute le texte.

Dès l'annonce de la condamnation, des Irakiens outrés ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux, fustigeant des peines jugées dérisoires.

Car depuis près de 20 ans, l'Irak doit composer avec des délestages quotidiens, le secteur de l'électricité souffrant d'infrastructures vétustes et d'un manque criant d'investissements.

"Il s'agit de récompenses incitatives et non de peines pour des corrompus", a ironisé sur Twitter Moustafa Saadoune, directeur de l'Observatoire irakien pour les droits de l'Homme.

"S'agit-il de peines réelles et dissuasives pour lutter contre la corruption et les corrompus? Ou d'une tentation qui encourage la corruption, la fraude et les gains illicites ?", a tweeté le politologue kurde Shaho al-Kara Daghi.

Dans l'index 2021 de Transparency international, l'Irak pointe à la 157e place (sur 180) dans le classement sur la perception de la corruption.

Lors des manifestations anti-pouvoir de l'automne 2019, des dizaines de milliers d'Irakiens ont battu le pavé des mois durant pour dénoncer la déliquescence des services publics, le chômage des jeunes, mais aussi et surtout la corruption.

Si les condamnations existent, elles visent souvent les échelons intermédiaires. En janvier, un haut fonctionnaire du ministère de l'Electricité a écopé de six ans de prison pour avoir versé des pots-de-vins.


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.