Marine Le Pen présidente: quel impact sur le Maroc?

Marine Le Pen prononce un discours lors d'un meeting de campagne électorale à Arras, dans le nord de la France, le 21 avril 2022 (Photo, AFP).
Marine Le Pen prononce un discours lors d'un meeting de campagne électorale à Arras, dans le nord de la France, le 21 avril 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 24 avril 2022

Marine Le Pen présidente: quel impact sur le Maroc?

  • Ce dimanche 24 avril 2022, les Français ont rendez-vous avec l’histoire
  • Une chose est sûre: l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir chamboulerait de manière radicale les relations historiques qui lient le Maroc à la France

CASABLANCA: Ce dimanche 24 avril 2022, les Français ont rendez-vous avec l’histoire. Malgré le fait que le scénario de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir ait été écarté par plusieurs sondages, Marine Le Pen pourrait devenir présidente de la France. Un scénario catastrophe dont l’onde de choc se propagerait au-delà des frontières de l’Hexagone, plus précisément de l’autre côté de la Méditerranée. Au Maroc, on suit de près cette élection présidentielle inédite à bien des égards et qui tient en haleine les principaux partenaires de la France.

Par exemple, le Maroc, l’allié africain par excellence, ne déroge pas à cette inquiétude. Une chose est sûre: l’arrivée de cette candidate au pouvoir chamboulerait de manière radicale les relations historiques qui lient le Maroc à la France. La politique prônée par Le Pen, cet animal politique qui dérange plus qu’il ne rassemble, diviserait une bonne partie de la population française.

La communauté marocaine, première victime 

«Si Marine Le Pen passe, la communauté marocaine qui vit en France rencontrera énormément de problèmes dans la mesure où son programme politique comporte plusieurs mesures qui touchent directement cette communauté. Déjà sur la question du port du voile, qu’elle veut interdire dans l’espace public: cela serait invivable pour des milliers de musulmanes. C’est aberrant; aucun pays dans le monde n’avait jamais pris une telle décision liberticide», se désole pour Arab News en français Jawad Kerdoudi, le président de l’Institut marocain des relations internationales (Imri). Ce dernier nous confie par ailleurs que «Marine Le Pen ne sera pas présidente de la France, surtout après le dernier débat télévisé qui l’opposait à Emmanuel Macron, où elle s’est montrée incompétente et pas du tout présidentielle».

M. Kerdoudi regrette plusieurs mesures que Marine Le Pen entend appliquer, comme celles qui modifient le droit du sol, le regroupement familial ou encore le droit d’asile. D’autres lois restrictives toucheraient également les binationaux, alors même que ces derniers disposent de la nationalité française. Ils seront de facto des sous-citoyens, car «non-Français de souche», selon la vision de Marine Le Pen, qui risque de ressusciter une sorte d’apartheid en France, ce régime de ségrégation aboli en 1991. 

Vers une France fracturée et isolée

«Le pire, selon moi, et ce que je crains le plus, c’est que, avec Marine Le  Pen, il y aura une atmosphère détestable vis-à-vis des étrangers», regrette Jawad Kerdoudi. De la haine, des divisions, une France fracturée et isolée: tel serait le sombre tableau d’une France sous l’ère de l’extrême droite. Le président Jacques Chirac s’en était inquiété et il l’avait prédit dans un discours prononcé le 11 mars 2007: «Les nationalismes qui ont fait tant de mal à notre continent peuvent renaître à tout moment», avait-il alors lancé. Aujourd’hui, ces nationalismes gagnent de plus en plus du terrain grâce à des discours populistes dont le fonds de commerce est l’immigration, l’islam, la peur et l’insécurité. Faire peur pour diviser et mieux régner.

Contacté par Arab News en français, le politologue Saïd el-Akhal reconnaît que le scénario d’une victoire de Marine Le Pen, «même s’il a peu de chances de se produire», sera catastrophique à plus d’un titre. Comme Jawad Kerdoudi, il redoute des répercussions néfastes sur la communauté marocaine établie en France, dont les conséquences toucheraient leurs proches qui habitent au Maroc. Il convient de noter que les Marocains sont la deuxième communauté d’immigrés en France après les Algériens. Ils envoient chaque année des milliards de dirhams à leurs familles. Les restrictions à l’embauche et au logement social qui visent cette communauté pousseront certains à quitter la France. «Une réduction du quota des visas est également envisageable», prévient Saïd el-Akhal. Cela ne serait pas sans conséquences sur les étudiants marocains en France – première communauté d’étudiants étrangers dans le pays –, sur les hommes d’affaires et sur les touristes. Rappelons qu’Emmanuel Macron a déjà réduit de moitié le quota des visas octroyés aux Marocains. 

Des relations franco-marocaines tendues

En voulant s’attaquer à l’immigration, Marine Le Pen affecterait considérablement les relations économiques, touristiques, culturelles, sociales qui lient la France au Maroc. «Cela créera énormément de tensions avec le royaume du Maroc, d’autant plus que la diplomatie marocaine est devenue plus ferme ces dernières années. Le Maroc ne restera pas les bras croisés si Marine Le Pen touchait ses intérêts. Le Maroc devra riposter en prenant des mesures de rétorsion contre la France», estime Jawad Kerdoudi. 

Dans un monde multipolaire, à l’ère de la globalisation, alors que le monde est devenu un village planétaire, comme l’avait bien imaginé Marshall McLuhan, Marine Le Pen prône une politique nationaliste qui divise en se basant sur la race. Maigre consolation pour la France, pays des droits de l’homme, pays des Lumières. La devise de la république française, «Liberté, égalité, fraternité», restera-t-elle de mise dimanche 24 avril 2022?
 


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).