L'apprentissage présentiel est plus efficace que le virtuel, déclare un expert au sommet de Riyad

Nuno Crato, ancien ministre portugais de l'Éducation, fait une présentation lors de la Conférence et exposition internationale sur l'éducation 2022 à Riyad. (Fourni)
Nuno Crato, ancien ministre portugais de l'Éducation, fait une présentation lors de la Conférence et exposition internationale sur l'éducation 2022 à Riyad. (Fourni)
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Publié le Jeudi 12 mai 2022

L'apprentissage présentiel est plus efficace que le virtuel, déclare un expert au sommet de Riyad

  • M. Crato, ancien ministre portugais de l'Éducation, avertit qu’il ne faut pas abuser de l’enseignement en ligne
  • L'enseignement en ligne «ne promet pas l'efficacité de l'enseignement présentiel et ne donne pas les mêmes résultats», a insisté M. Crato

RIYAD: Les responsables internationaux de l'éducation réunis à Riyad ont été mis en garde contre une dépendance excessive à l'égard de l'apprentissage à distance et ils ont prévenu que cela ne permettait pas d'obtenir les mêmes résultats que l'enseignement présentiel.
Nuno Crato, ancien ministre portugais de l'Éducation, a déclaré lors de la Conférence et exposition internationale sur l'éducation 2022 que, si la technologie joue un rôle croissant dans l'enseignement, l'apprentissage en ligne «ne promet pas l'efficacité de l'enseignement en présentiel».
Lors d'une présentation intitulée «L'avenir n'est plus ce qu'il était», M. Crato a souligné les changements intervenus dans le secteur de l'éducation à travers le monde à la suite de la Covid-19; il a déclaré que des «transformations historiques» étaient nécessaires pour contrer les effets de la pandémie.
Il a salué les efforts de l'Arabie saoudite pour maintenir le processus éducatif grâce à une transition vers l'apprentissage en ligne, mais a également souligné combien il était important de se concentrer sur les expériences, les compétences et les bases en formant et en qualifiant les étudiants en sciences, en lecture et en mathématiques.
M. Crato a décrit ces matières comme des «pierres angulaires» qui influent sur les connaissances et les compétences des élèves dans divers domaines de la vie.
Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement, NDLR) a révélé que «les conditions ne sont pas suffisamment positives» dans de nombreux pays, ajoutant qu'il y a beaucoup à apprendre des pratiques des nations qui ont obtenu des résultats avancés dans les tests.
L'enseignement en ligne «ne promet pas l'efficacité de l'enseignement présentiel et ne donne pas les mêmes résultats», a insisté M. Crato.
L'apprentissage en ligne a également renforcé l'idée fausse selon laquelle les enfants préfèrent les tâches électroniques, a-t-il précisé, alors que des études montrent qu’Internet peut distraire les enfants en raison de la multiplicité des tâches qu'ils doivent accomplir.
«Nous disposons désormais d'un corpus de connaissances sans précédent qui pourrait nous aider dans ces débats. Nous avons besoin de la science, de preuves et de statistiques. La psychologie cognitive a connu un bond en avant au cours des dernières décennies», a rappelé M. Crato.
L'économie de l'éducation s'est épanouie grâce à de nouvelles méthodes et données, tandis que les statistiques se sont enrichies grâce à des études à grande échelle.
«Un nouvel avenir est en vue», a-t-il lancé.
Abd al-Salam al-Jawfi, conseiller au Bureau arabe de l'éducation pour les États du Golfe, a fait savoir que l'Arabie saoudite travaillait en étroite collaboration avec les organisations mondiales de l'éducation afin de bénéficier de l'expérience internationale et d'améliorer la qualité de l'enseignement.
De nombreux organismes d'éducation mondiaux et régionaux soutiennent une éducation permanente et de qualité pour tous ainsi que le renforcement de la coordination, de la coopération et de l'intégration dans l'éducation, la mise en place de ressources et la promotion de programmes de développement durable pour les régions les plus pauvres.
M. Al-Jawfi a indiqué que les organismes mondiaux et régionaux contribuent à la croissance et à l'amélioration de l'éducation par une grande variété de recherches de référence, de programmes et d'initiatives à l'échelle régionale ou internationale ainsi que par des activités de collaboration qui visent à simplifier et à améliorer ce domaine.
Borhene Chakroun, directeur de la Division des politiques et des systèmes d'apprentissage tout au long de la vie du secteur de l'éducation de l'Unesco, a estimé au forum de Riyad que la perturbation mondiale de l'éducation causée par la pandémie de Covid-19 était «sans équivalent» et que ses effets sur l'apprentissage étaient graves.
«La crise a paralysé les systèmes éducatifs du monde entier, les fermetures d'écoles ayant touché, au plus fort de la pandémie, plus d’1,6 milliard d’inscrits. Les conséquences à court et à long terme de la crise sur l'éducation nécessitent des enquêtes plus approfondies, des preuves et un dialogue mondial», a-t-il expliqué.
M. Chakroun a par ailleurs souligné l'importance de tirer des enseignements des avancées internationales et locales en matière d'éducation, telles que la plate-forme saoudienne Madrasati et d'autres initiatives d'enseignement à distance dans le monde.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie se prépare aux obsèques des neuf victimes de la tuerie scolaire de Kahramanmaras

La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
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  • "Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles"
  • La police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014"

KAHRAMNMARAS: La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud).

L'attaque de mercredi, qui a provoqué la mort de huit élèves et une enseignante, était la seconde en une semaine dans le pays.

Mardi, un premier adolescent né en 2007 et armé d'un fusil à pompe avait déjà fait seize blessés dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (sud-est), parmi lesquels dix élèves et quatre enseignants.

La police turque a indiqué jeudi avoir émis des mandats d'arrêt contre 83 personnes pour s'être livrées à l'apologie en ligne des fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.

"Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles", a indiqué la police dans un communiqué.

La direction générale de la police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014".

Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, a-t-elle précisé.

Le parquet de Kahramanmaras a quant à lui indiqué jeudi que l'adolescent avait prémédité l'attaque "d'ampleur", d'après un "document du 11 avril 2026" retrouvé dans son ordinateur.

La référence à Elliot Rodger renvoie à l'auteur de la tuerie d'Isla Vista, en 2014 en Californie. Cet homme avait fait six morts sur le campus d'une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un "châtiment" pour les femmes qui l'avaient rejeté.

Les huit élèves victimes de l'attaque de mercredi, cinq garçons et trois filles, avaient entre 10 et 11 ans et l'enseignante était âgée de 55 ans, selon une liste d'avis de décès de la municipalité de Kahramanmaras, consultée par l'AFP.

Les établissements scolaires de la province de Kahramanmaras resteront fermés jeudi et vendredi, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

L'auteur de la tuerie est décédé, avait indiqué mercredi le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, sans être en mesure de préciser "s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos".

"Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l'auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d'analyse. (...) D'après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n'a été établi, il s'agit vraisemblablement d'un acte isolé", a ajouté la police turque.

"Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard", avait détaillé M. Ünlüer.

Ce type d'incident est rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.

 


Trump affirme que «les dirigeants» israélien et libanais vont se parler jeudi

Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
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  • "On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social
  • Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël

BEYROUTH: Les "dirigeants" d'Israël et du Liban vont se parler jeudi, a affirmé mercredi soir le président américain Donald Trump, après des discussions directes cette semaine entre les deux pays.

Cette annonce survient alors qu'Israël et le Hezbollah sont en guerre depuis le 2 mars. Le mouvement pro-iranien libanais a revendiqué jeudi matin plusieurs attaques aux drones visant des positions militaires dans le nord d'Israël.

"On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

Le président n'a toutefois pas précisé de quels dirigeants il parlait.

Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël.

Il a toutefois précisé que cet éventuel accord n'entrait pas dans le cadre des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran visant à obtenir une fin durable du conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran. Une trêve est en vigueur depuis le 8 avril.

"Les Etats-Unis souhaitent voir s'instaurer une paix durable, mais n'ont pas exigé un cessez-le-feu immédiat" entre Israël et le Hezbollah, a indiqué à la presse ce responsable, sous couvert d'anonymat.

 


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais discutent de la médiation entre les États-Unis et l'Iran

Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
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  • Les pourparlers de Djeddah mettent l'accent sur la nécessité de reprendre les négociations
  • Les efforts de médiation du Pakistan occupent le devant de la scène

RIYAD/DJEDDAH : Le prince héritier Mohammed bin Salman a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Jeddah mercredi, avec des entretiens axés sur la diplomatie régionale et les efforts visant à faire progresser les négociations entre les États-Unis et l'Iran.

La réunion a souligné le rôle du Pakistan dans la facilitation du dialogue, les deux dirigeants ayant passé en revue les développements entourant les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran organisés par Islamabad et souligné l'importance d'un engagement diplomatique soutenu pour rétablir la stabilité dans la région.

Le prince héritier a salué les efforts déployés par M. Sharif pour soutenir la croissance économique du Pakistan et renforcer le partenariat stratégique entre l'Arabie saoudite et le Pakistan.

Le prince héritier a également salué les efforts diplomatiques du Premier ministre Sharif et du chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir.
Une vidéo de l'agence de presse saoudienne a montré les discussions entre les deux dirigeants, accompagnés du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et de son homologue pakistanais, Ishaq Dar. Le ministre de la Défense, le prince Khalid bin Salman, le ministre d'État et conseiller à la sécurité nationale, Musaed Al-Aiban, et de hauts responsables pakistanais ont également assisté à la réunion.

M. Sharif est arrivé à Djeddah plus tôt dans la journée, première étape d'une tournée diplomatique de quatre jours en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie, qui s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large visant à créer une dynamique avant un éventuel deuxième cycle de négociations entre les États-Unis et l'Iran, qui se déroulerait au Pakistan.

"Le Premier ministre Muhammad Shehbaz Sharif effectuera des visites officielles au Royaume d'Arabie saoudite, à l'État du Qatar et à la République de Turquie du 15 au 18 avril 2026", a indiqué le ministère pakistanais des affaires étrangères dans un communiqué.

M. Sharif participera au forum diplomatique d'Antalya pendant son séjour en Turquie.

Il tiendra également des réunions bilatérales avec le président Recep Tayyip Erdogan et d'autres dirigeants en marge du forum d'Antalya, précise le communiqué.

Washington et Téhéran ont tenu leurs premiers entretiens en face à face depuis des décennies à Islamabad le week-end dernier, avec des efforts de médiation en cours pour mettre fin à la guerre qui a commencé lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran le 28 février.

Le conflit a exacerbé les tensions au Moyen-Orient, l'Iran ayant pris pour cible les alliés des États-Unis dans le Golfe, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, en guise de représailles, et perturbé les flux d'énergie en provenance de la région.

Les pourparlers d'Islamabad se sont terminés sans percée, mais le président américain Donald Trump a déclaré que les négociations pourraient reprendre cette semaine dans la capitale pakistanaise.

Un cessez-le-feu fragile reste en place jusqu'à la semaine prochaine, bien que les États-Unis aient ordonné un blocus naval de l'Iran.

M. Sharif était accompagné de M. Dar - une figure clé des efforts de médiation - et d'autres hauts fonctionnaires lors de ses visites, a indiqué son bureau mercredi après-midi.

Le Pakistan et l'Arabie saoudite entretiennent des liens étroits et le ministère des finances d'Islamabad a annoncé mercredi que Riyad fournirait au Pakistan 3 milliards de dollars pour l'aider à renforcer ses réserves de change.

Le ministère des finances a déclaré qu'un dépôt saoudien existant de 5 milliards de dollars serait également prolongé pour une période non précisée.

(Avec SPA et AFP)