Augmenter les prix un peu, beaucoup, trop? Le délicat exercice des entreprises américaines

Le bâtiment de la Réserve fédérale Marriner S. Eccles à Washington, DC, le 4 mai 2022. Wall Street est devenue nerveuse alors que la Réserve fédérale s'apprête à procéder à sa plus importante hausse de taux en plus de deux décennies pour écraser l'inflation qui a atteint des niveaux jamais vus depuis les années 1980. (AFP).
Le bâtiment de la Réserve fédérale Marriner S. Eccles à Washington, DC, le 4 mai 2022. Wall Street est devenue nerveuse alors que la Réserve fédérale s'apprête à procéder à sa plus importante hausse de taux en plus de deux décennies pour écraser l'inflation qui a atteint des niveaux jamais vus depuis les années 1980. (AFP).
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Publié le Dimanche 15 mai 2022

Augmenter les prix un peu, beaucoup, trop? Le délicat exercice des entreprises américaines

  • Les entreprises de la distribution sont sur une corde raide. Entre les problèmes de chaînes d'approvisionnement, la hausse des prix des matières premières et des salaires de leurs employés, leurs coûts augmentent fortement
  • Les ventes de biens de consommation courante ont reculé en avril de 1% en valeur, mais de 7% en volume. "Les gens dépensent autant, pour moins de produits", selon Marshal Cohen, spécialiste de la distribution pour le cabinet NPD

NEW YORK : Qu'elles vendent des sodas ou des matelas, les entreprises américaines sont parvenues ces derniers mois à augmenter leurs prix sans rencontrer trop de résistance de la part des consommateurs. Mais, alors que l'inflation s'installe, l'exercice devient de plus en plus délicat.

Chris Scharff a bien remarqué que les tarifs avaient grimpé tous azimuts.

Pour cet employé dans la sécurité informatique dans l'Etat de New York, ces petites hausses ne sont pas encore rédhibitoires. Mais "je fais clairement plus attention", dit-il à l'AFP.

Si l'inflation, quasiment à son plus haut depuis 40 ans aux Etats-Unis, devait persister, Eric Schwartz, éditeur habitant dans le Connecticut (nord-est), prévoit de réduire ses dépenses "à la marge": moins de trajets en voiture, moins de restaurants et "un peu plus de pâtes".

Les entreprises de la distribution sont sur une corde raide. 

Entre les problèmes de chaînes d'approvisionnement, la hausse des prix des matières premières et des salaires de leurs employés, leurs coûts augmentent fortement.

Mais elles doivent désormais faire attention à ne pas trop monter leurs prix pour ne pas rebuter les clients.

Le fabricant des cigarettes Marlboro, Altria, a ainsi observé que les parts de marché des cigarettes les moins chères avaient augmenté au premier trimestre.

Le vendeur de parquets Armstrong Flooring a, lui, déposé le bilan dimanche dernier faute d'avoir pu relever suffisamment ses prix pour couvrir la hausse des matières premières et du transport.

Avec les aides du gouvernement, la hausse des salaires et le fait qu'ils restaient à la maison, "les consommateurs ont dépensé à des niveaux très élevés pendant la pandémie", rappelle Marshal Cohen, spécialiste de la distribution pour le cabinet NPD. Mais entre la reprise des dépenses de loisirs et l'inflation, les consommateurs "deviennent plus sélectifs".

Selon NPD, les ventes de biens de consommation courante ont reculé en avril de 1% en valeur, mais de 7% en volume. "Les gens dépensent autant, pour moins de produits", résume M. Cohen.

Ne pas offusquer

"Même si cela fait plusieurs mois que l'inflation est apparue, c'est seulement maintenant qu'elle commence à vraiment avoir de l'effet" car les consommateurs ont compris qu'elle n'était pas temporaire, estime Neil Saunders, du cabinet Global Data. 

Ils réagissent différemment en fonction de leurs moyens, certains rognant sur les dépenses jugées superficielles comme les vacances ou les abonnements au streaming, d'autres allant jusqu'à éliminer tout achat de vêtements ou à choisir les marques moins chères.

Procter & Gamble, qui vend aussi bien des lessives, des dentifrices, que des couches, augmente ses prix depuis juin dernier et prévoit de nouvelles hausses cet été. 

L'ampleur et le moment des augmentations dépend de chaque catégorie, a souligné le directeur financier, Andre Schulten, lors de la présentation des résultats du groupe fin avril.

Procter & Gamble veille en particulier à offrir un large éventail de prix sur un même produit mais les consommateurs, jusqu'à présent, "continuent de se tourner vers les marques premium".

Les hausses des taux aux Etats-Unis tombent au pire moment pour Hong Kong

Le durcissement de la politique monétaire aux Etats-Unis tombe au pire moment pour Hong Kong qui, en raison de l'arrimage de sa monnaie au billet vert, se retrouve forcé de suivre le mouvement malgré une économie à la peine.

Ce taux de change quasiment fixe du dollar de Hong Kong par rapport au dollar américain, instauré en 1983, a permis au territoire de surmonter la crise financière asiatique de 1997 et a consolidé son statut de grande place financière mondiale.

Mais cela signifie aussi que Hong Kong n'a guère d'autre choix que de s'aligner sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, laquelle vient de mener sa plus forte hausse de taux en 22 ans pour tenter de ralentir l'inflation.

"La flambée de Covid à Hong Kong et en Chine continentale est déjà en train de nuire à la croissance", rappelle Lloyd Chan, économiste chez Oxfort Economics. "La dernière chose dont Hong Kong a besoin en ce moment, c'est d'une hausse des taux d'intérêt".

Vendredi, le territoire a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2022, désormais attendue entre 1% et 2%, après une chute de 4% au premier trimestre, bien pire que prévu.

Après avoir bénéficié pendant plus d'une décennie des faibles taux d'intérêt, Hong Kong fait maintenant face à un retour de bâton, a averti la semaine dernière le responsable des Finances de la ville, Paul Chan.

"Alors que l'économie ne s'est pas encore complètement remise de l'épidémie, nous devons être vigilants quant à l'impact de la hausse des taux d'intérêt (...) sur la population et les petites et moyennes entreprises", a écrit M. Chan sur son site internet officiel.

Jusqu'à présent, les banques de Hong Kong se sont efforcées de maintenir stables les taux réservés à leurs meilleurs clients. Mais les analystes estiment qu'elles seront prises à la gorge d'ici trois à six mois.

"Les taux d'intérêt pourraient augmenter plus vite que dans le passé, vu le rythme accéléré que suit la Fed et aussi à cause d'un changement général de la perception du risque dans le monde", explique à l'AFP Gary Ng, économiste chez Natixis.

Coca-Cola, qui bénéficie d'un fort attachement des consommateurs, relève aussi régulièrement ses tarifs depuis un an pour répercuter la hausse des coûts.

Il vaut mieux le faire tant que les consommateurs sont prêts à accepter ces augmentations "plutôt que d'être en retard quand la récession arrive", a récemment souligné son patron, James Quincey.

Pour le patron du fabricant de matelas Tempur Sealy, "le marché a clairement décéléré un peu" en mars et avril. 

Le groupe prévoit toujours une nouvelle augmentation de ses tarifs au deuxième semestre mais se dit prêt à changer de stratégie si une récession se profile.

Côté fast-food, les menus de la chaîne McDonald's valaient en moyenne au premier trimestre 8% plus chers que sur la même période en 2021, une hausse plutôt bien tolérée.

"Mais on surveille de près nos clients aux revenus les moins élevés pour nous assurer qu'on leur propose toujours des prix appropriés", a relevé son directeur financier, Kevin Ozan, fin avril.

Les entreprises peuvent se permettre d'augmenter leurs prix car elles savent que leurs concurrents, également confrontés aux hausses des coûts, font de même, remarque Z. John Zhang, professeur de marketing à l'University of Pennsylvanie.

Elles doivent toutefois "s'assurer que les clients ne s'en offusquent pas", en procédant par exemple à des petites hausses successives, en réduisant la taille des paquets ou en proposant un nouveau produit un peu plus cher, ajoute-t-il.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.


L'Iran vise les infrastructures pétrolières du Golfe et fait à nouveau flamber les cours

L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
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  • Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché
  • Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement

TEHERAN: L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques.

Ce conflit qui a débuté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre l'Iran a pris une échelle régionale et menace l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale, le trafic étant paralysé dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique.

Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a précisé que 172 millions de barils allaient être libérés "à partir de la semaine prochaine".

Mais au treizième jour du conflit, les dégâts dans les infrastructures pétrolières s'étendent. Bahreïn a dénoncé une attaque iranienne contre des réservoirs d'hydrocarbures, appelant les habitants à rester chez eux en raison des fumées provoquées par l'installation en feu.

A Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient aussi en feu la veille après une attaque de drone, selon une vidéo publiée par l'AFP, tandis que l'Arabie saoudite a rapporté une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, dans l'est du pays, déjà visé à plusieurs reprises ces derniers jours

Boules de feu 

Une attaque jeudi contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak, dont l'origine est encore inconnue, a fait au moins un mort, tandis les sauveteurs recherchent plusieurs disparus, selon l'autorité portuaire.

La télévision étatique irakienne a diffusé des images d'un navire en mer d'où s'élèvent d'impressionnantes boules de feu et des volutes de fumée.

Un porte-conteneurs a été à nouveau touché jeudi par un "projectile inconnu" au large des Emirats arabes unis, provoquant un "petit incendie" à bord, selon l'agence maritime britannique (UKMTO), après au moins trois bateaux touchés la veille.

Donald Trump a promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Il a aussi assuré que "28 navires poseurs de mines" avaient été frappés, une crainte majeure de la communauté internationale étant de voir le détroit miné.

Signaux contradictoires 

"L'Iran est "proche de la défaite", a estimé le président américain mercredi soir, à la fin d'une journée de signaux contradictoires sur ses intentions.

Il a d'abord répété que la guerre allait se terminer "bientôt", jugé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'"excursion" militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier prévu.

La première semaine de guerre a coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times en s'appuyant sur des sources parlementaires.

L'allié israélien de Washington, qui ne s'est fixé "aucune limite dans le temps", assure disposer encore d'un "vaste réservoir de cibles".

En face, les Gardiens de la Révolution iraniens se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux.

Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une "guerre d'usure" à même de "détruire l'économie américaine entière" et "l'économie mondiale".

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, tandis que l'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la tech comme de "futures cibles" de Téhéran, parmi lesquels Amazon, Google, Microsoft, IBM Oracle ou encore Nvidia.

Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après des menaces.

Les ports pourraient devenir une cible dans le conflit: l'armée américaine a appelé mercredi les civils iraniens à s'éloigner de ceux dans la région du détroit d'Ormuz, car s'ils sont "utilisés à des fins militaires, (ils) perdent leur statut protégé".

L'armée iranienne a répliqué qu'en cas d'attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".

Frappes conjointes 

Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien. De lourdes frappes ont touché mercredi soir le sud de Beyrouth, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800.000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.

L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération "conjointe" avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire, décrite comme "un feu continu pendant cinq heures" de missiles et de drones.

Le Hezbollah dit avoir tiré des missiles vers une base des renseignements militaires israéliens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé sur X Israël à "renoncer à une offensive terrestre" au Liban.

A Téhéran, la vie s'organise malgré les bombardements.

"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié Mahvash, un habitant de 70 ans.

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné dimanche pour succéder à son père tué au premier jour de la guerre, n'est toujours pas apparu publiquement.