La Turquie rêve d'un improbable gazoduc avec Israël

Cette photo polycopiée publiée le 9 mars 2022 par le service de presse présidentiel turc montre le président israélien Isaac Herzog (à gauche) et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan se serrant la main après une conférence de presse conjointe à Ankara. (PHOTO AFP / SERVICE DE PRESSE PRÉSIDENTIEL TURC/MUSTAFA KAMACI)
Cette photo polycopiée publiée le 9 mars 2022 par le service de presse présidentiel turc montre le président israélien Isaac Herzog (à gauche) et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan se serrant la main après une conférence de presse conjointe à Ankara. (PHOTO AFP / SERVICE DE PRESSE PRÉSIDENTIEL TURC/MUSTAFA KAMACI)
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Publié le Lundi 23 mai 2022

La Turquie rêve d'un improbable gazoduc avec Israël

  • La visite du président israélien Isaac Herzog en mars à Ankara et Istanbul pour renouer avec son homologue Recep Tayyip Erdogan a ouvert selon les deux responsables une nouvelle ère dans leurs relations
  • Le chef de l'Etat turc s'est dit «prêt à coopérer avec Israël en matière d'énergie et de sécurité énergétique», avec en tête l'idée d'acheminer le gaz israélien vers l'Europe via la Turquie

ISTANBUL : La Turquie rêve d'un gazoduc la reliant à Israël pour exporter le gaz israélien vers l'Europe et espère relancer le projet à la faveur de la guerre entre l'Ukraine et la Russie, qui pèse sur les approvisionnements énergétiques.

Mais un tel projet, à la logistique complexe et couteuse, semble difficilement réalisable aux yeux des experts.

La visite du président israélien Isaac Herzog en mars à Ankara et Istanbul pour renouer avec son homologue Recep Tayyip Erdogan a ouvert selon les deux responsables une nouvelle ère dans leurs relations, après une décennie de tensions.

Le chef de l'Etat turc s'est dit "prêt à coopérer avec Israël en matière d'énergie et de sécurité énergétique", avec en tête l'idée d'acheminer le gaz israélien vers l'Europe via la Turquie, alors que la guerre en Ukraine menace l'Europe de pénuries.

"La Turquie a de l'expérience et la capacité pour mettre en place ces projets", a fait valoir le chef de l'Etat.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu se rend mercredi en Israël et devrait être accompagné du ministre de l'Energie Fatih Dönmez - mais les autorités turques n'ont pas encore confirmé ce dernier.

A ce stade pourtant, l'enthousiasme turc n'est pas partagé côté israélien.

"Le sentiment qui prévaut est qu'en matière d'énergie les pays doivent se faire mutuellement confiance. Ce n'est pas ce qui caractérise la dynamique entre les deux pays", relève Gabi Mitchell, attaché à l'Institut Mitvim, spécialiste de la politique régionale d'Israël.

"Pour certains, Erdogan n'est pas un partenaire fiable", ajoute-t-il.

En 2009, il avait quitté une table-ronde à Davos après un échange tendu avec le président israélien d'alors, Shimon Peres à propos des Palestiniens.

Puis en 2010, dix civils ont été tués par un raid israélien sur un navire turc qui tentait d'acheminer de l'aide à la bande de Gaza, sous blocus israélien.

«Compliqué et coûteux»

Mais Erdogan a récemment fait taire ses critiques et n'a exprimé que sa "tristesse" lors des heurts sur l'esplanade des Mosquées en avril.

En 2016, les deux pays s'étaient accordés pour étudier la faisabilité d'un gazoduc sous-marin vers la Turquie et l'Europe. 

Depuis le projet n'a pas avancé.

"Je n'ai jamais pensé que le projet était faisable", affirme Aaron Stein, directeur du programme du Moyen-Orient au Foreign Policy Research Institute à Washington.

"L'idée revient sur la table chaque fois qu'il y a rapprochement entre les deux pays mais la logistique pour passer du rêve en réalité est compliquée et coûteuse", ajoute-t-il.

Un gazoduc sous-marin depuis Israël jusqu'en Turquie reviendrait à 1,5 milliard de dollars, selon certaines études.

L'option turque est réapparue après l'abandon par les Etats-Unis du projet EastMed de gazoduc en Méditerranée orientale visant à transporter le gaz israélien vers l'Europe via Chypre et la Grèce, excluant la Turquie.

Malgré les difficultés, Ankara estime que le nouveau plan de gazoduc est plus faisable.

"C'est difficile mais raisonnable et, surtout, faisable en comparaison à EastMed", juge un responsable turc sous-couvert d'anonymat.

De nouveaux contrats nécessaires

La Turquie dépend étroitement de la Russie pour ses approvisionnements en énergie et cherche à diversifier les sources. 

"Un gazoduc passant par le sud de la Turquie est logique", affirme Necdet Pamir, expert en énergie à l'Université internationale de Chypre.

La Turquie a consommé 48 milliards de m3 de gaz en 2020 puis 60 milliards en 2021 et devrait atteindre 62 à 63 milliards cette année, ajoute-t-il.

L'année dernière, 45% du gaz consommé en Turquie provenait de Russie, le reste d'Iran et d'Azerbaïdjan, complété par du gaz liquéfié (LNG) du Qatar, du Nigeria, d'Algérie et des Etats-Unis.

"Nous avons besoin de sources d'approvisionnement alternatives", insiste M. Pamir.

Cependant le projet de gazoduc avec Israël traverserait la Méditerranée orientale où la Turquie, Chypre et la Grèce, membres de l'Union européenne, sont souvent en désaccord.

Pour cette raison, "le projet n'intéresse pas Israël car il pourrait nuire à ses relations" avec ces deux pays et l'UE, affirme Gabi Mitchell.

A ce stade, les terminaux terrestres acheminant du LNG semblent plus réalistes, "financièrement ils ont plus de sens", estime M. Stein. "Et politiquement, c'est plus facile".


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".