Frankly Speaking: Le leadership saoudien est essentiel à toute solution de paix en Palestine, déclare Esawi Frej

Esawi Frej, ministre israélien de la Coopération régionale, lors d'une interview avec Katie Jensen, l'animatrice de Frankly Speaking. (Fournie)
Esawi Frej, ministre israélien de la Coopération régionale, lors d'une interview avec Katie Jensen, l'animatrice de Frankly Speaking. (Fournie)
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Publié le Lundi 03 octobre 2022

Frankly Speaking: Le leadership saoudien est essentiel à toute solution de paix en Palestine, déclare Esawi Frej

  • Frej qualifie l'assassinat de la journaliste d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh  d’ « énorme erreur », précise que le tueur reste inconnu et demande une enquête conjointe israélo-palestinienne
  • Il nie que sa position d'Arabe musulman au sein du gouvernement soit symbolique, et rejette à nouveau l'accusation d' « État d'apartheid » lancée par Amnesty International contre Israël

DUBAI: L'Arabie Saoudite doit être impliquée dans toute solution de paix entre les Israéliens et les Palestiniens, a déclaré Esawi Frej, ministre israélien de la coopération régionale, lors d'une interview avec Katie Jensen, l'animatrice de Frankly Speaking, le talk-show d'Arab News qui propose des interviews de décideurs politiques et de chefs d'entreprise de premier plan.

 

Esawi Frej

* Né le 14 décembre 1963 à Kafr Qasim.

* Deuxième ministre musulman de l'histoire d'Israël.

* Petit-fils d'une victime du massacre de Kafr Qasim en 1956.

* A étudié la comptabilité et l'économie à l'Université hébraïque de Jérusalem.

* Parle arabe, anglais et hébreu.

* Partisan de la solution à deux États et des accords d'Abraham.

Frej, qui n'est que le deuxième Arabe musulman à siéger dans un cabinet israélien, tenait ces propos dans un contexte de recrudescence de la violence intercommunautaire dans le conflit qui oppose depuis des décennies les Israéliens juifs aux Palestiniens arabes.

Les dirigeants arabes de la région ont appelé au calme et demandé aux deux parties de reprendre les négociations de paix. Selon Frej, l'implication de l'Arabie saoudite est essentielle pour parvenir à une solution durable.

« Je pense que les dirigeants saoudiens seront au cœur de toute solution à l'avenir. Son Altesse Royale le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane joueront un rôle central dans tout processus de paix renouvelé », a précisé Frej.

« Nous avons tous besoin de l'Arabie saoudite. »

Le Royaume n'est pas signataire des accords d'Abraham - une série d'accords négociés par les États-Unis en 2020, qui ont contribué à normaliser les relations entre Israël et plusieurs États arabes, dont les EAU, Bahreïn et le Maroc.

Le ministre saoudien des affaires étrangères le prince Faisal ben Farhane, qui s'exprimait au Forum économique mondial de Davos le 24 mai, a réitéré la position du royaume sur les accords, déclarant qu'il ne normaliserait pas les relations avec Israël tant que la question palestinienne ne serait pas réglée.

Cependant, Frej pense que l'Arabie saoudite a le poids régional et l’influence nécessaires auprès des Arabes et des musulmans pour faire avancer le processus de paix entre les Israéliens et les Palestiniens si elle choisit d’en prendre l'initiative.

« Pour moi, le Royaume d'Arabie saoudite est très important », a poursuivi Frej. « Pour les musulmans d'Israël, il est très, très, très important. Vous savez que 15 % de la population israélienne est musulmane et le Royaume est pour nous le protecteur de nos lieux saints. C'est très important. »

« Le Royaume devrait jouer un rôle central dans cette région pour trouver la solution, parce qu’il est l'un des pays modèles pour tous les Arabes et tous les musulmans. Il est capital ».

Interrogé sur sa confiance dans les perspectives de paix de son vivant, Frej a admis que le processus n'était pas une priorité pour le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett, dont la coalition comprend le parti de gauche Meretz.

Selon Frej, le mieux que l'on puisse espérer du gouvernement actuel est un renforcement de l'économie palestinienne et de ses institutions.

« La moitié de ce gouvernement croit en une solution à deux États et l'autre moitié n'y croit pas. Ce n'est pas facile. Mais tout le gouvernement est d'accord pour renforcer l'Autorité palestinienne sur le plan économique. »

« J'espère que nous trouverons un moyen, à l'avenir, de renouveler le processus de paix et de mettre en place une solution politique pour la région et les Palestiniens. Mais ce gouvernement est compliqué. Notre politique n'en est pas là ».

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Esawi Frej, ministre israélien de la Coopération régionale, lors d'une interview avec Katie Jensen, l'animatrice de Frankly Speaking. (Fournie)

À la question de savoir si la récente flambée de violence a compliqué le processus de paix et mis dans l'embarras les pays arabes qui ont signé les accords d'Abraham, Frej a répondu que ces événements avaient démontré la nécessité de renforcer les institutions palestiniennes.

« La situation entre les Arabes et les Juifs, pour les Palestiniens de la région, n'est pas très bonne. Nous ne sommes pas dans une bonne situation », a-t-il ajouté.

« Nous avons essayé il y a 30 ans à Oslo d’ouvrir une nouvelle page dans la région. Et je suis désolé de dire que nous avons échoué. Aujourd'hui, nous essayons de mettre en œuvre de nouvelles mesures entre les Palestiniens et les Israéliens et d'instaurer la confiance. »

« Pour garantir un avenir sûr, vous devez construire un présent fort. Aujourd’hui, l'Autorité palestinienne est faible. La société palestinienne est faible. Tout d'abord, nous devons renforcer la société palestinienne. »

En tant que fervent partisan de l'accord de normalisation, Frej estime que les Palestiniens ont commis une grave erreur en n'adhérant pas aux accords d'Abraham.

« Je pense que les Palestiniens devraient faire partie de cette mouvance. Je crois qu'ils ont fait l’erreur de ne pas rejoindre les accords d'Abraham car, comme je l'ai dit dans le passé, l’occasion se présente et les Palestiniens devraient la saisir. »

Si l'on en croit les événements récents, les chances de reprendre les pourparlers de paix dans un avenir proche semblent bien minces.

Le 11 mai, la journaliste palestino-américaine d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh a été abattue alors qu'elle couvrait un raid de la police israélienne en Cisjordanie, et portait des insignes de presse bien visibles sur son casque bleu et son gilet pare-balles.

Deux jours plus tard, alors que le cercueil de Shireen Abu Akleh quittait l'hôpital français de Jérusalem vers sa dernière demeure, la police israélienne a attaqué le cortège funéraire, obligeant les porteurs à quasiment laisser tomber le corps.

Interrogé pour savoir s'il s'agissait là des actions d'un gouvernement réellement intéressé par la paix avec les Palestiniens, Frej a réaffirmé que la mort d'Abu Akleh avait été une erreur et que le gouvernement était déterminé à réduire les tensions.

« Ce n'est pas un gouvernement facile. Nous sommes de droite et de gauche, et, du côté gauche de ce gouvernement, nous pensons qu'il faut revoir le processus de paix et essayer de calmer la situation en Cisjordanie. »

« Nous essayons de faire beaucoup de choses dans ce gouvernement. La violence que nous avons vue dans le territoire palestinien n'est pas facile, mais nous essayons tout le temps de détendre la situation et de ne pas laisser le côté extrémiste l’emporter.

« J'ai demandé dès le début une enquête conjointe sur la mort de Shireen Abu Akleh. Je pense que les Palestiniens doivent le faire avec nous. Le problème, c'est la situation qui a engendré cette mort. Trop de personnes innocentes sont tuées.

« Nous allons essayer de faire de notre mieux pour que le meurtre de Shireen Abu Akleh soit le dernier et trouver des moyens de coexister. »

Pressé d’expliquer comment le gouvernement israélien peut prétendre vouloir apaiser les tensions alors que ses forces sont filmées en train d'attaquer un cortège funéraire, Frej a déclaré que les autorités devaient apprendre de leurs erreurs.

« Il est encore délicat de parler de cette affaire, car jusqu'à présent, nous ne savons pas qui a tué Shireen », a-t-il dit. « C'est une énorme erreur de perdre Shireen, nous le savons, mais nous essayons de penser à l'avenir. »

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Esawi Frej, ministre israélien de la Coopération régionale, lors d'une interview avec Katie Jensen, l'animatrice de Frankly Speaking. (Fournie)

Frej est seulement le deuxième ministre arabo-musulman de l'histoire d'Israël, après Raleb Majadle. Né dans une famille arabo-musulmane de Kafr Qasim, Frej a rejoint le groupe commun juif-arabe « Campus » alors qu'il était à l'Université hébraïque de Jérusalem, et a ensuite intégré le parti Ratz, qui a par la suite fusionné avec Meretz.

Compte tenu des divisions politiques et des tensions historiques d'Israël, certains considèrent la nomination de Frej au cabinet comme purement symbolique - un geste pour la forme plutôt que le reflet d'un changement d'attitude.

« Ce n'est pas symbolique », a souligné Frej. « Ce n'est pas facile, mais ce n'est pas symbolique ».

Frej considère plutôt la formation du gouvernement de coalition et l'implication des Arabes comme un changement historique dans la politique israélienne.

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Katie Jensen, animatrice de Frankly Speaking, le talk-show d'Arab News qui propose des interviews de décideurs politiques et de chefs d'entreprise de premier plan. (Fournie)

« Après 73 ans en Israël, avoir un gouvernement comme celui-ci, avec des ministres arabes, un parti arabe qui fait partie de la coalition, une coalition de droite et de gauche, ce n'est pas facile pour nous, car la feuille de route n’est pas la même dans ce gouvernement ».

« Je suis du côté de la gauche. Mon parti croit en la solution des deux États. Mon parti croit en la justice pour tous les citoyens : Arabes et Juifs en Israël. Nous croyons qu'il faut soutenir la société palestinienne, l'Autorité palestinienne, et renouveler le processus de paix. »

« Oui, je suis le deuxième Arabe musulman dans le gouvernement israélien. C'est un grand défi, mais nous faisons partie de cette société, et nous devons essayer de changer les choses à l'intérieur du gouvernement, pas seulement être à l'extérieur. »

Des critiques ont accusé Frej de suivre la ligne du gouvernement en rejetant les affirmations d'Amnesty International, organisme de surveillance des droits de l'homme, selon lesquelles Israël est un État d'apartheid. Pressé d’élaborer sur ce point, Frej a déclaré que de telles étiquettes ne sont pas utiles et n'aident pas le processus de paix.

« En Israël, nous avons beaucoup de problèmes, des critiques à l'encontre des Juifs et des Arabes, le fait que les Arabes, la société arabe, ne sont pas dans la même catégorie que les Juifs. Nous savons que nous avons beaucoup de problèmes, mais cela ne veut pas dire qu'Israël est un État d'apartheid.

« Israël n'est pas un État d'apartheid. Il y a beaucoup de problèmes entre les Arabes et les Juifs, les droits de l'homme. Nous savons que nous luttons pour être égaux, pour avoir les mêmes droits dans tous les domaines. Mais pour l'Autorité palestinienne, c'est de l'occupation. Ce n'est pas de l'apartheid. Et dans le territoire palestinien, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, c'est un conflit. Nous devons le terminer. Nous devons trouver une solution. »

« C'est ma conviction. Et répéter « apartheid, apartheid, apartheid », je me demande, je vous demande et je demande au public, si j’en parle en ces termes, vais-je aider à trouver une solution à notre problème ici dans la région ? Non. »

Frej a exercé de nombreuses pressions pour que l'arabe soit inclus dans le programme scolaire officiel israélien et pour la création de l'Arab Heritage Society. A-t-il le sentiment que le peuple israélien est avec lui ou contre lui pour ces changements ?

Selon Frej, le courant dominant en Israël veut que les Arabes fassent partie de la société.

« Les Arabes disent : Je veux faire partie de la société. Israël : C'est mon État. Mais les Palestiniens ? Ils sont mon peuple. Je dois être, je devrais être, le pont entre mon État et mon peuple », a-t-il répondu, en ajoutant : C'est la bonne voie. C'est la bonne façon de faire... La majorité du secteur arabe en Israël... a choisi cette voie. »

Quel est donc le conseil de Frej aux Palestiniens s'ils souhaitent faire avancer la cause de la paix ?

« Mon conseil aux Palestiniens est de faire partie de tout accord de paix avec tout pays arabe. Et j'espère que le Royaume d'Arabie saoudite - l'espoir et la vision de toutes les régions - jouera un rôle primordial pour toute solution.

« Et l'autre chose que je dois dire est que l'Autorité palestinienne, nous tous, Israël et toute la région, devons faire de notre mieux pour renforcer la société palestinienne, parce que la société palestinienne est aujourd'hui dans une situation précaire. »

« Afin d'avoir la solution à deux États et d'avoir l'État palestinien, nous devons les aider à construire leurs institutions et leur société. »

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.