Un enjeu de peuplement au coeur de la conquête de l'Algérie

S'il ne rejette pas la terminologie de «colonie de peuplement», l'historien français Benjamin Stora exclut l'idée d'une stratégie délibérée: «il n'y avait pas de pensée élaborée de substitution de la population», «ce n'était pas une politique de remplacement». (AFP)
S'il ne rejette pas la terminologie de «colonie de peuplement», l'historien français Benjamin Stora exclut l'idée d'une stratégie délibérée: «il n'y avait pas de pensée élaborée de substitution de la population», «ce n'était pas une politique de remplacement». (AFP)
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Publié le Samedi 02 juillet 2022

Un enjeu de peuplement au coeur de la conquête de l'Algérie

  • En particulier, les 70 premières années qui suivirent le débarquement en 1830 des troupes françaises en Algérie furent marquées par des tueries massives, dont les sinistres «enfumades»
  • A partir de 1840, alors que la France affronte une grave crise économique, «le gouvernement opte pour la colonisation totale de l'Algérie et son peuplement par le "surplus de population française"», explique un historien

TUNIS: Un enjeu de peuplement, dont la mise en oeuvre s'est faite au prix de massacres, était au coeur de la conquête française au 19ème siècle de l'Algérie, qui célèbre mardi son 60ème anniversaire d'indépendance, selon des historiens.

En particulier, les 70 premières années qui suivirent le débarquement en 1830 des troupes françaises en Algérie furent marquées par des tueries massives, dont les sinistres "enfumades", et par le déplacement forcé de centaines de milliers d'autochtones.

"Au départ, ce fut une logique de remplacement nommée alors +refoulement des Arabes+, puis une logique d'exploitation et de spoliation des terres", explique Olivier Le Cour Grandmaison, spécialiste français de l'histoire coloniale.

"Il s'agissait d'une politique de remplacement d'un peuple par un autre", abonde son confrère algérien Hosni Kitouni, chercheur à l'université britannique d'Exeter. "Ce fut fondamentalement une politique de remplacement. Une politique de peuplement".

S'il ne rejette pas la terminologie de "colonie de peuplement", l'historien français Benjamin Stora exclut l'idée d'une stratégie délibérée: "il n'y avait pas de pensée élaborée de substitution de la population", "ce n'était pas une politique de remplacement".

C'était plutôt "semblable à la politique expérimentée dans l'ouest américain. On installe des colons pour prendre le pays. Il n'y a pas de stratégie. C'est une colonie de peuplement progressive, par addition de populations arrivant dans le désordre", dit-il.

«Enfumades»

"La conquête de l'Algérie a été terrible. Elle s'est faite dans la violence", confirme M. Stora. En Algérie, "l'armée d'Afrique reprend (la technique) des +colonnes infernales+ utilisées contre les Vendéens, au début de la Révolution française... On massacre des populations et on les déplace".

C'est le cas à Blida, près d'Alger, où en novembre 1830, "plus de six cents femmes, enfants, vieillards sont passés par les armes", rappelle l'historien Kitouni.

A partir de 1840, alors que la France affronte une grave crise économique, "le gouvernement opte pour la colonisation totale de l'Algérie et son peuplement par le +surplus de population française+", explique-t-il.

Selon M. Kitouni, entre 1830 et 1930, l'administration coloniale s'empare de 14 millions d'hectares dont une partie sont cédés gracieusement à des migrants européens, qui passeront de 7 000 en 1836 à 881 000 en 1931.

Ce qui a été appelé "+pacification+ de l'Algérie débute véritablement avec la nomination du général Bugeaud au poste de gouverneur général en 1840", précise M. Grandmaison.

C'est une période de "guerre totale", dit l'historien, où disparaît "la distinction entre civils et militaires et entre champs de bataille et sanctuaires", profanés même lorsque s'y réfugient des civils.

Les troupes coloniales inventent "l'enfumade". Deux ont été particulièrement documentées par les historiens: celle des Sbéhas (11 juin 1844) et celle du Dahra (18 juin 1845) avec l'extermination de tribus entières réfugiées dans des grottes et asphyxiées par des feux allumés sur ordre de généraux français, raconte Mansour Kedidir, du Centre de recherche Crasc d'Oran.

Ces épisodes relèvent du "terrorisme d'Etat: l'objectif était de massacrer pour faire un exemple et mieux soumettre les +indigènes+", explique M. Grandmaison, dénonçant "un crime contre l'humanité".

Aux enfumades, s'ajoutent, note-t-il, "la destruction de dizaines de villages et la déportation de milliers de civils", sans leur cheptel, vers des terres moins fertiles, entraînant famines et épidémies qui déciment ces populations.

«Dépossession identitaire»

Pour M. Kedidir, il y a eu dans la phase initiale de conquête, "une intention délibérée d'éradication, du moins de réduire la population (locale) pour qu'elle ne puisse plus présenter un danger pour l'armée d'occupation".

En 1880, le démographe français René Ricoux calculait que "la population +indigène+ a baissé d'environ 875 000 personnes entre 1830 et 1872".

Malgré cela, le nombre d'Algériens recommencera ensuite à progresser, parvenant même à doubler entre 1906 et 1948 pour atteindre 9 millions d'habitants.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a évoqué en octobre 2021 un bilan de "5,630 millions de morts algériens entre 1830 et 1962", soit une majorité de victimes pendant la conquête puisque la guerre d'indépendance aurait fait 3 à 400 000 morts algériens, selon les historiens français et 1,5 million selon les Algériens.

Au-delà de chiffres qui font encore l'objet de débats, "le plus important dans la conquête coloniale, c'était la dépossession identitaire", estime M. Stora.

"Quand on prenait la terre de quelqu'un, on lui faisait perdre son nom qui était lié à la terre", dit-il.


Le Liban n'acceptera pas d'être entraîné dans le conflit, dit son Premier ministre

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
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  • Les autorités libanaises, dont le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, ont affirmé leur refus d’impliquer le Liban dans l’escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, appelant à la sagesse et à la préservation de l’unité nationale
  • Le Hezbollah, affaibli par son récent conflit avec Israël, a reporté le discours de son chef Naïm Qassem et maintient une posture défensive

BEYROUTH: Les dirigeants libanais, qui craignent une implication du Hezbollah après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, ont affirmé samedi qu'ils refusaient d'entraîner leur pays dans le conflit.

Le Hezbollah a annoncé qu'un discours de son chef Naïm Qassem, prévu à 13h00 GMT, était reporté "en raison des développements".

Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi une série de frappes contre l'Iran qui a riposté, faisant craindre un embrasement régional.

"Je réitère que nous n'accepterons pas que quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité", a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam sur X.

"A la lumière des sérieux développements dans la région, j'appelle à nouveau tous les Libanais à agir avec sagesse et patriotisme et à placer les intérêts du Liban et de son peuple au-dessus de toute considération", a-t-il ajouté.

Le président Joseph Aoun a estimé dans un communiqué "nécessaire d'éviter au Liban les catastrophes des conflits extérieurs".

La coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis, a exhorté "toutes les parties au Liban" de "donner la priorité, en paroles et en actes, à la nécessité de protéger le pays et son peuple des développements régionaux".

Peu avant le début des frappes, Israël a annoncé avoir visé des positions "des infrastructures" du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'agence nationale d'information (ANI, officielle) a indiqué que des raids avaient visé des régions montagneuses où le Hezbollah est fortement implanté.

Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'élargissement du conflit avec l'Iran.

Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines "limitées" contre l'Iran, mais considérera toute atteinte contre le guide suprême, Ali Khamenei, comme une "ligne rouge", avait indiqué mercredi à l'AFP un responsable de cette formation.

Le chef du Hezbollah répète que sa formation est en "position défensive" mais a affirmé qu'elle s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, le Hezbollah n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.


L’Arabie saoudite condamne les violations iraniennes de la souveraineté dans le Golfe et la région

Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
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  • L’Arabie saoudite dénonce des violations iraniennes de la souveraineté des Émirats, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, et soutient toute action de ces pays
  • Le Royaume appelle la communauté internationale à condamner ces actes et à prendre des mesures pour préserver la paix et la stabilité dans la région

RIYAD : L’Arabie saoudite a fermement condamné ce qu’elle a qualifié de violations iraniennes de l’autonomie de plusieurs États du Golfe et de la région, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Dans un communiqué officiel, le ministère a dénoncé ce qu’il a qualifié de « violation flagrante » de la souveraineté des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, exprimant sa pleine solidarité avec ces pays et son soutien à toute mesure qu’ils pourraient prendre.

Le Royaume a averti des graves conséquences de la poursuite de violations de l’autonomie des États et des atteintes au droit international, soulignant que de telles actions menacent la sécurité et la stabilité régionales.

L’Arabie saoudite a également appelé la communauté internationale à condamner les actions présumées de l’Iran et à prendre des mesures fermes pour faire face aux violations qui compromettent la paix et la stabilité dans la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington et Israël ont lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne, selon Netanyahu

Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
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  • Benjamin Netanyahu annonce qu’Israël et les États-Unis ont lancé une « opération » contre la « menace existentielle » que représente le régime iranien
  • Il appelle le peuple iranien à se soulever contre le pouvoir en place et à construire un « Iran libre et épris de paix »

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé samedi qu'Israël et les Etats-Unis avaient lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne et appelé les Iraniens à se soulever contre le pouvoir en place à Téhéran.

"Mes frères et soeurs, citoyens d'Israël, il y a peu, Israël et les Etats-Unis ont lancé une opération pour éliminer la menace existentielle que fait peser le régime terroriste en Iran", a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo.

"Notre action commune créera les conditions pour que le courageux peuple iranien prenne son destin en main", a ajouté M. Netanyahu. "Le temps est venu pour toutes les composantes du peuple iranien (...) de rejeter le joug de la tyrannie et de faire advenir un Iran libre et épris de paix".