Les drones du Hezbollah, risques superflus pour le Liban selon Najib Mikati et le ministre des AE

Sur cette photo prise le 3 juillet 2022, on voit la frontière entre Israël et le Liban à proximité du kibboutz de Shtula, en Israël. (AFP)
Sur cette photo prise le 3 juillet 2022, on voit la frontière entre Israël et le Liban à proximité du kibboutz de Shtula, en Israël. (AFP)
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Publié le Mardi 05 juillet 2022

Les drones du Hezbollah, risques superflus pour le Liban selon Najib Mikati et le ministre des AE

  • «Le Liban s'oppose à toute action entreprise hors de la responsabilité de l'État et du cadre diplomatique des négociations»
  • Le Liban a été incapable de confirmer que la ligne 29 – qui comprend le champ gazier de Karish – constitue la frontière maritime du pays

BEYROUTH: Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères du Liban ont reproché le lancement par le Hezbollah la semaine dernière de trois drones en direction d'un champ gazier israélien. Ils ont qualifié d'«inacceptable» toute ingérence dans les pourparlers menés sous l'égide des États-Unis en vue de démarquer la frontière maritime du Liban avec Israël.

Ces déclarations ont été faites après le lancement par le Hezbollah samedi dernier de drones non armés pour des missions de reconnaissance au-dessus du champ gazier contesté de Karish.

Le Liban a officiellement exprimé son «rejet de cette action entreprise hors de la responsabilité de l'État et du cadre diplomatique des négociations, à un moment où les négociations indirectes pour la démarcation des frontières maritimes sont engagées et où les efforts du médiateur américain Amos Hochstein parviennent à un stade avancé».

FOCUS

Le Liban a officiellement appelé à «l'arrêt des violations israéliennes maritime, terrestre et aérienne continues de la souveraineté du Liban».

Le Premier ministre désigné du Liban, Najib Mikati, et le ministre des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, ont réitéré lundi le soutien du pays du Cèdre aux efforts consentis par M. Hochstein en vue de parvenir à une solution qui préserve «clairement tous les droits nationaux» et ils ont réclamé «d’accélérer le rythme des négociations».

«Le Liban espère que les États-Unis poursuivront leurs efforts en vue de soutenir le pays, de préserver ses droits sur ses richesses en eau et de restaurer son dynamisme économique et social», ont précisé les deux responsables. «Le Liban s'oppose à toute action entreprise hors de la responsabilité de l'État et du cadre diplomatique des négociations et estime que cette action l'expose à des dangers évitables».

«Nous appelons toutes les parties à faire preuve d’un esprit de responsabilité nationale et à respecter le fait que tout le monde, sans exception, est sous la houlette de l'État dans le cadre des négociations».

Le Liban a officiellement appelé à «l'arrêt des violations israéliennes maritime, terrestre et aérienne continues de la souveraineté du Liban».

Le Liban officiel a pris une position ferme sur l'incident des drones, d'autant plus que le Hezbollah et ses alliés détiennent encore aujourd'hui la majorité au sein de l'autorité.

Le rassemblement opposé au Hezbollah, Notre-Dame de la Montagne (Saydet el-Jabal), qui regroupe des personnalités politiques et intellectuelles, estime quant à lui que le Hezbollah a lancé les drones quelques heures après la divulgation d’informations sur la réponse israélienne aux propositions du Liban au sujet de la démarcation de la frontière maritime, réponse qui a été transmise à l'émissaire américain Amos Hochstein.


Le rassemblement de Notre-Dame de la Montagne (Saydet el-Jabal) estime que, «si le Hezbollah a précédemment déclaré qu'il soutenait l'État libanais au sujet de la démarcation des frontières maritimes dans le Sud, il appuie en réalité l'Iran dans sa tentative de tracer les lignes de son influence dans la région». Il soutient que «le dossier de la démarcation des frontières libanaises ne représente rien d'autre qu'un outil au service de l'Iran et au détriment des intérêts du peuple libanais».

Des informations indiquent que M. Hochstein a réalisé des progrès au sujet de la reprise des négociations indirectes après que les autorités libanaises (représentées par le président, Michel Aoun, le chef du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre, Najib Mikati) ont accepté d'adopter la ligne 23 au lieu de la ligne 29.

Le Liban a été incapable de confirmer que la ligne 29 – qui comprend le champ gazier de Karish – constitue la frontière maritime du pays, étant donné que M. Aoun s'est abstenu de signer un projet d'amendement au décret 6433.

Publié en 2011, ce dernier désigne la ligne 23 comme le point de départ des négociations avec Israël pour délimiter les frontières maritimes. Cependant, M. Aoun considère la ligne 29 comme ligne de négociation.

En effet, la ligne 29 accorde au Liban une superficie supplémentaire estimée à 1 430 km². Selon le décret déposé auprès des Nations unies, le Liban n'obtient que 860 km² de la zone contestée.

Le Liban affronte par ailleurs la problématique des réfugiés syriens. M. Aoun souhaite réaliser une percée décisive avant que son mandat ne prenne fin, au mois d’octobre.

Le ministre des Déplacés dans le gouvernement intérimaire, Issam Sharaf el-Din, affirme que le Liban «s’attache au retour des réfugiés syriens dans leur pays une fois la guerre terminée et la sécurité rétablie».

Après sa rencontre avec M. Aoun, il a annoncé la volonté du Liban de rapatrier 15 000 personnes déplacées chaque mois.

Il a fait allusion aux propositions transmises par le Liban au directeur régional du HCR (Haut-Commissariat des nations unies pour les réfugiés, NDLR), Ayaki Ito, qui avait alors promis de soumettre la question à ses supérieurs et d'obtenir une réponse écrite.

Le ministre libanais a en outre évoqué l’intention de son pays de former un comité tripartite avec l'État syrien et le HCR ainsi qu'un autre comité quadripartite composé du Liban, de la Turquie, de l'Irak et de la Jordanie, qui veillera à réaliser les objectifs en matière de rapatriement des réfugiés.

Il a affirmé avoir établi des contacts avec la Syrie qui, selon lui, se montre disposée à coopérer et à faciliter le rapatriement des réfugiés en toute dignité et sécurité.

«Le HCR a conclu un accord avec l'État syrien qui porte sur la formation d’un comité tripartite comprenant, outre la Syrie, le Liban et le HCR. Une fois ce comité établi, nous aurons franchi une étape importante. Nous avons proposé d'allouer aux réfugiés une aide matérielle et non matérielle une fois qu’ils seront arrivés en Syrie. Malheureusement, cette proposition a été rejetée.»

«Nous avons demandé au HCR de suspendre l’aide aux 15 000 réfugiés qui sont censés retourner en Syrie chaque mois. En effet, l'aide qu'ils obtiennent au Liban les encourage à rester dans le pays.»

M. Sharaf el-Din affirme s'être entretenu avec l'ambassadeur de Turquie au Liban, qui, selon ses dires, s'est montré compréhensif et coopératif.

«Nous avons convenu de rapatrier les réfugiés de manière progressive, village par village ou district par district.»

Il précise que la Turquie avait envisagé d'établir une zone de sécurité destinée aux réfugiés. Cette question est toutefois d'ordre politique et le Liban ne souhaite pas s'en mêler.

«Nous avons toutefois convenu de former un comité quadripartite comprenant la Turquie [qui accueillerait 3 700 000 réfugiés syriens], le Liban [qui en hébergerait 1 500 000], l'Irak [170 000] et la Jordanie [670 000]. Ces pays présenteront donc une demande unifiée auprès des agences onusiennes revendiquant que ces dernières facilitent le rapatriement des réfugiés dans des conditions décentes.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: les négociations visent à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud affirme Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban. (AFP)
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  • "Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l'armée jusqu'aux frontières internationales"
  • Selon un communiqué de la présidence, il a également précisé que l'ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban.

"Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l'armée jusqu'aux frontières internationales", a-t-il indiqué.

Selon un communiqué de la présidence, il a également précisé que l'ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise "dans les négociations bilatérales", qui seront "séparées" d'autres discussions en cours, en référence aux pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis.

 

 


L'armée israélienne confirme que le soldat photographié frappant une statue de Jésus est israélien

Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban. (AFP)
Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban. (AFP)
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  • "Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête", a ajouté l'armée, assurant traiter l'affaire avec "la plus grande sévérité"
  • Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné un acte "honteux et dégradant"

JERUSALEM: Le soldat pris en photo soulevant une masse pour frapper une statue de Jésus dans le sud du Liban fait partie de l'armée israélienne, a confirmé celle-ci dans la nuit après l'ouverture d'une enquête dimanche.

"À l'issue d'un premier examen (...) il a été établi que cette photographie montre un soldat des forces israéliennes en mission dans le sud du Liban", a écrit l'armée lundi peu après minuit sur son compte X, alors que le cliché circule largement sur les réseaux sociaux.

Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban.

"Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête", a ajouté l'armée, assurant traiter l'affaire avec "la plus grande sévérité".

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné un acte "honteux et dégradant".

"Je suis convaincu que des mesures sévères nécessaires seront prises contre les auteurs de cet acte ignoble", a-t-il écrit sur X.

"Nous présentons nos excuses pour cet incident et à tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés".

Plus tôt dimanche, le porte-parole militaire israélien Nadav Shoshani avait annoncé que l'armée examinait l'authenticité du cliché.

L'image montre un soldat israélien utilisant une masse pour frapper la tête d'une statue de Jésus crucifié tombée de sa croix.

Des médias arabes ont affirmé que la statue se trouvait dans le village chrétien de Debl, dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël.

La municipalité de Debl a indiqué à l'AFP que la statue se trouvait bien dans le village, mais n'a pas pu confirmer qu'elle avait été endommagée.

L'armée israélienne a encore assuré "aider la communauté à remettre la statue en place" et indiqué n'avoir "aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, y compris aux édifices religieux ou aux symboles religieux".

Les troupes israéliennes sont restées dans la zone et ont démoli dimanche de nouvelles maisons, selon l'agence de presse officielle libanaise, ANI.


En pleine trêve, Israël poursuit les démolitions dans le sud du Liban

 L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat. (AFP)
L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat. (AFP)
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  • L'objectif est "de détruire les maisons dans les villages proches de la frontière qui servaient, à tous égards, de postes avancés terroristes du Hezbollah et menaçaient les communautés israéliennes"
  • L'armée israélienne a par ailleurs déclaré avoir tué un "terroriste armé" qui "avait violé les modalités du cessez-le-feu" en s'approchant de soldats et qui avait représenté "une menace immédiate"

BEYROUTH: L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et moi avons donné pour instruction aux forces de défense israéliennes d'agir avec toute leur force, tant au sol que dans les airs, y compris pendant le cessez-le-feu, afin de protéger nos soldats au Liban contre toute menace", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz.

Il a ajouté que l'armée avait également reçu l'ordre de démolir toute structure ou route qui était "piégée" et menaçait les soldats.

L'objectif est "de détruire les maisons dans les villages proches de la frontière qui servaient, à tous égards, de postes avancés terroristes du Hezbollah et menaçaient les communautés israéliennes", a-t-il dit.

L'armée israélienne a par ailleurs déclaré avoir tué un "terroriste armé" qui "avait violé les modalités du cessez-le-feu" en s'approchant de soldats et qui avait représenté "une menace immédiate".

"Fait accompli" 

Israël "continue de détruire ce qu'il reste des maisons dans la ville de Bint Jbeil", a indiqué l'Agence de presse officielle libanaise (ANI).

Située à près de cinq kilomètres de la frontière, elle a été le théâtre de violents combats entre l'armée israélienne et le Hezbollah avant le cessez-le-feu, entré en vigueur vendredi.

Des opérations israéliennes similaires de ratissage et de destruction de maisons à l'explosif ont eu lieu dans plusieurs autres localités frontalières, selon l'agence, qui a aussi fait état "de tirs d'artillerie" israéliens dans un cas.

Elles sont toutes situées derrière la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne dit avoir établie, comme dans la bande de Gaza.

Elle a publié dimanche une carte montrant sa "ligne de défense avancée" et une zone en rouge le long de la frontière, où ses forces opèrent pour démanteler les sites du Hezbollah et "prévenir les menaces directes" contre les populations du nord d'Israël.

La Turquie a accusé Israël de chercher à créer un "fait accompli" au Liban et dénoncé, par la voix de son chef de la diplomatie Hakan Fidan, "l'expansionnisme" israélien.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a répondu par des frappes massives, qui ont fait plus de 2.300 morts et un million de déplacés, et par une invasion dans le sud du pays.

Routes et ponts réparés 

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam doit être reçu mardi à Paris, une visite qui intervient après la mort samedi d'un Casque bleu français dans une embuscade attribuée au Hezbollah, qui a démenti être responsable.

Dénonçant une "attaque inacceptable", le président français Emmanuel Macron "appellera les autorités libanaises à faire toute la lumière sur celle-ci, à identifier et poursuivre sans délai les responsables", selon l'Elysée.

Une cérémonie a été organisée à l'aéroport de Beyrouth avant le rapatriement de la dépouille du sergent-chef Florian Montorio.

Il a été "décoré à titre posthume de médailles de l'ONU et de l'armée libanaise en signe de reconnaissance de son dévouement en faveur de la paix dans le sud du Liban", a indiqué un communiqué de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban).

Si la situation reste très instable dans le pays, l'armée libanaise profite de l'arrêt des hostilités pour réparer des infrastructures endommagées. Elle a annoncé avoir rouvert une route et réparé des ponts auparavant rendus impraticables par des frappes israéliennes sur le sud.

Des frappes de l'armée israélienne sur des ponts franchissant le fleuve Litani, à environ 30 km au nord de la frontière, avaient quasiment isolé le sud du Liban du reste du pays.

Si des déplacés se sont empressés de rentrer chez eux, nombreux sont ceux qui hésitent à revenir au vu de la fragilité du cessez-le-feu ayant suspendu les hostilités en cours depuis le 2 mars.

Dans le village de Debbine, un homme inspectait les dégâts causés à sa maison et des personnes déambulaient près des décombres de bâtiments détruits, a constaté un correspondant de l'AFP.

Plus au sud, des habitants de Srifa ont déchargé leurs affaires, matelas et machine à laver, mais ailleurs d'autres sont venus récupérer leurs effets personnels avant de repartir.