Le discours de politique générale, un exercice parfois périlleux

Le Premier ministre français Jacques Chirac donne une conférence de presse, le 29 janvier 1987 au Quai d'Orsay, à Paris. (AFP)
Le Premier ministre français Jacques Chirac donne une conférence de presse, le 29 janvier 1987 au Quai d'Orsay, à Paris. (AFP)
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Publié le Mercredi 06 juillet 2022

Le discours de politique générale, un exercice parfois périlleux

  • La déclaration de politique générale permet au Premier ministre de présenter son programme et d'affirmer son style, non sans risques parfois tant l'exercice est attendu
  • Par le passé, certains passèrent l'épreuve avec un brio qui fut alors souligné, tel Jacques Chaban-Delmas imaginant en 1969 une «nouvelle société»

PARIS: La déclaration de politique générale, l'exercice qui attend Elisabeth Borne mercredi devant le Parlement, permet au Premier ministre de présenter son programme et d'affirmer son style, non sans risques parfois tant l'exercice est attendu.

Par le passé, certains passèrent l'épreuve avec un brio qui fut alors souligné, tel Jacques Chaban-Delmas imaginant en 1969 une "nouvelle société", ou Michel Rocard imitant Martin Luther King, en 1988, pour faire "le rêve d'un pays où l'on se parle à nouveau".

Demander aux députés de voter la confiance après une déclaration de politique générale, conformément à l'article 49-1 de la Constitution, n'est pas obligatoire. A droite, Maurice Couve de Murville en 1968 et, à gauche, Michel Rocard (1988), Edith Cresson (1991) et Pierre Bérégovoy (1992) n'ont par exemple pas engagé la responsabilité de leur gouvernement sur sa politique générale devant l'Assemblée. Elisabeth Borne ne le fera pas non plus mercredi.

Voici quelques rappels de précédentes déclarations de politique générale:

- 1981: le socialiste Pierre Mauroy, premier Premier ministre de François Mitterrand, convoque Jaurès et Blum pour annoncer avec emphase "le changement" et la promesse que la France "combattra pour un nouvel ordre mondial".

- 1984: Laurent Fabius, maître d'oeuvre du tournant de la rigueur, met l'accent sur l'urgence d'une modernisation de l'économie et cite l'exemple du Japon.

- 1986: Jacques Chirac, inaugurant la première cohabitation, cite Beaumarchais: "La difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre".

- 1988: Michel Rocard, lyrique, entend insuffler un "nouvel espoir" et détaille ses "rêves", jusqu'à prendre en compte les "boîtes aux lettres cassées" et "ascenseurs en panne".

- 1991: Edith Cresson, première femme nommée à Matignon, truffe son discours d'"audace" et de "volontarisme", mais sans convaincre sur le contenu jugé trop abstrait. Elle est chahutée et moquée pour sa voix jugée trop fluette. "J'ai fait un discours convenu", dira-t-elle plus tard, "ce que je voulais dire, j'avais la certitude que ce serait critiqué".

- 1992: Pierre Bérégovoy, pour dénoncer le fléau de la corruption, brandit une feuille et dit : "J'ai ici une liste de personnalités dont je pourrais éventuellement vous parler...", provoquant un tollé à droite et une interruption de séance.

- 1993 : Edouard Balladur parle près d'1 heure 45 et cite Marc-Aurèle à propos de la crise économique. Trop long, se désespèrent les députés.

- 1995: Alain Juppé "fait le pari d'être jugé sur les résultats", mais est jugé trop technique.

- 1997: Lionel Jospin, à la tête d'un gouvernement de cohabitation, martèle les mots "République", "Démocratie" et "Nation". "Trop flou", disent les critiques.

- 2002: Jean-Pierre Raffarin lance une nouvelle étape de la décentralisation, mais cède à une "raffarinade": "Notre route est droite, mais la pente est forte".

- 2005: Dominique de Villepin apparaît lyrique, grandiloquent selon certains, et dit vouloir "remettre la France en marche".

- 2012: Jean-Marc Ayrault, trop long (1H30), doit s'interrompre quand un député socialiste fait un malaise. Il annonce le droit de vote des étrangers aux municipales, qui ne sera pas mis en oeuvre, et le droit au mariage homosexuel.

- 2014: en avril, Manuel Valls proclame son attachement aux entreprises, sous l'oeil très réservé des députés socialistes frondeurs. En septembre, il n'obtient qu'une majorité relative lors du même exercice.

- 2019 : c'est la deuxième fois qu'Edouard Philippe se livre à l'exercice après la confiance accordée à son arrivée au pouvoir en 2017. Le nombre de votes contre est le plus faible depuis 1959, mais les abstentions atteignent un record.

- 2020: devant un parterre de députés masqués contre le Covid-19, Jean Castex défend une réforme des retraites et dit sa volonté de "réarmer les territoires" - mot répété 25 fois.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.