Le budget de la diplomatie française, en hausse, approuvé à L'Assemblée

Jean-Yves Le Drian a jugé "nécessaire une clarification politique avec la Turquie". Mais il a souligné que l'APD n'était pas "un cadeau" et "en aucun cas une faveur" (Photo, AFP).
Jean-Yves Le Drian a jugé "nécessaire une clarification politique avec la Turquie". Mais il a souligné que l'APD n'était pas "un cadeau" et "en aucun cas une faveur" (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 30 octobre 2020

Le budget de la diplomatie française, en hausse, approuvé à L'Assemblée

  • Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a souhaité devant les députés que cette embellie ne soit "pas une pause" mais traduise à plus long terme "la fin de l'hémorragie"
  • 2,9 milliards d'euros sont alloués à "L'action extérieure de l'Etat" -réseau diplomatique, contribution aux organisations internationales, Français de l'étranger, diplomatie culturelle, etc

PARIS: L'Assemblée nationale a voté jeudi en première lecture le projet de budget 2021 de la diplomatie française avec une hausse qui, bien que modeste, tranche avec des années de "rabot" sur les fonds et les effectifs du ministère des Affaires étrangères.

2,9 milliards d'euros sont alloués à "L'action extérieure de l'Etat" -réseau diplomatique, contribution aux organisations internationales, Français de l'étranger, diplomatie culturelle, etc.-.

Ces crédits représentent une hausse de 2,3% contre "une évolution moyenne à zéro" entre 2017 et 2019, relève le rapport de la commission des finances.

Fait rare, les effectifs du ministère des Affaires étrangères, en baisse de 10% depuis 2007, restent stables avec 12.105 emplois.

Ce budget "marque enfin la fin du cycle du rabot", s'est félicité Christophe Di Pompeo (LREM, parti soutenant le président Emmanuel Macron), en soulignant qu'"aucune réduction de personnel n'est prévue", une première en 20 ans.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a souhaité devant les députés que cette embellie ne soit "pas une pause" mais traduise à plus long terme "la fin de l'hémorragie".

Michel Herbillon (LR, opposition de droite) a, à l'inverse, déploré un budget "dans lequel on peine à voir les priorités" assignées à une diplomatie mise "en surrégime" par la "croisade solitaire" d'Emmanuel Macron sur la scène internationale.

Le rapporteur pour avis de la commission des Affaires étrangères Frédéric Petit (MoDem, parti soutenant le président Macron) a pour sa part demandé que l'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger (AEFE) "poursuive sa mue".

Dans un rapport pour avis, il déplore le "manque d'adéquation apparent entre les ambitions du gouvernement" de doubler le réseau d'enseignement français homologué, soit une augmentation de 350.000 élèves en dix ans, "et l'organisation présentée par l'Agence".

En fin de journée, les députés ont voté le budget de l'aide publique au développement (APD), en hausse, passant de 3,27 milliards d'euros en 2020 à 4,9 milliards d'euros pour 2021. Cette augmentation s'explique toutefois en très grande partie par un nouveau programme de recapitalisation de l'Agence française de développement (AFD).

Sur fond de crise diplomatique avec la Turquie, le rapporteur Marc Le Fur (LR, opposition de droite) a critiqué l'aide apportée à ce pays au titre de l'APD. "Il n'est pas concevable de maintenir notre système d'aide en Turquie dans son état actuel", a-t-il estimé.

Jean-Yves Le Drian a jugé "nécessaire une clarification politique avec la Turquie". Mais il a souligné que l'APD n'était pas "un cadeau" et "en aucun cas une faveur". "Si nous agissons dans ces pays, c'est dans notre intérêt et dans l'intérêt des peuples, et vous l'avez noté, je parle bien des peuples et non de leurs dirigeants".

La France et Emmanuel Macron font l'objet de virulentes attaques verbales en Turquie, en particulier de la part du président Recep Tayyip Erdogan, depuis le soutien apporté par le chef de l'Etat français à la publication de caricatures du prophète Mahomet après un attentat islamiste qui a coûté la vie à un enseignant.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.


"La France vous aime", "l'Arménie avec l'Europe", clame Macron sur les lieux du séisme de 1988

Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron réaffirme à Gyumri l’amitié forte entre la France et l’Arménie, en évoquant la mémoire du séisme de 1988 et le soutien historique français
  • Il soutient une Arménie tournée vers l’Europe et la paix, malgré les tensions passées avec l’Azerbaïdjan, en insistant sur un partenariat durable

ARMENIE: "La France vous aime !", "l'Arménie avec l'Europe" : Emmanuel Macron a conclu mardi sa visite d'Etat dans cette ex-république soviétique sur un message appuyé d'amitié et pro-européen depuis Gyurmi, ville martyre du tremblement de terre de 1988.

"Personne n’a oublié ce jour de décembre 1988 où les horloges se sont arrêtées, où la ville a été touchée et où le monde s’est levé +pour toi Arménie+", a lancé le président aux milliers d'habitants réunis sur la place Vardanants, au coeur de la cité reconstruite, pour un concert franco-arménien.

Deuxième ville du pays, Gyumri a été détruite à 60% lors du séisme qui fit près de 26.000 morts le 7 décembre 1988. A proximité immédiate de la Turquie, elle abrite aussi toujours aujourd'hui une base russe, héritée de l'URSS.

"Pour toi Arménie", chanson emblématique écrite par Charles Aznavour pour les victimes du tremblement de terre, avait été entonnée juste avant sur scène par l'orchestre d'Etat et le Choeur académique national d'Arménie.

"L'héritage de Charles Aznavour demeure immense et précieux pour les peuples arméniens et français", a proclamé la présentatrice du concert entre deux interprétations.

Les artistes Patrick Fiori et Joyce Jonathan ont aussi ajouté à la touche française, avec en toile de fond des écrans géants aux couleurs de la France.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui accompagnait le président, était aussi un peu en campagne dans cette ville symbole à un mois des élections législatives du 7 juin.

Les deux dirigeants se sont d'ailleurs prêtés à un long bain de foule après s'être inclinés devant le monument aux victimes du séisme sur une autre note de Charles Aznavour ("Emmenez-moi").

Le tremblement de terre avait alors eu une forte résonnance en France, pays qui abrite une importante diaspora arménienne (400.000 personnes).

La France "s’est mobilisée", dépêchant plus de 500 sapeurs-pompiers et militaires sur place, a rappelé Emmanuel Macron.

"Après l’enfer, après l’hiver, c’est un nouveau printemps", a-t-il salué, citant les paroles de "Pour toi Arménie", sans esquiver les "difficultés" du pays ces dernières années avec le long conflit territorial contre l'Azerbaïdjan, autre héritage de l'URSS.

Nikol Pachinian a conclu un accord de paix après la reconquête de l'enclave du Karabakh, majoritairement peuplée d'Arméniens, par Bakou en 2023, malgré le traumatisme ressenti dans la population.

"Comme Gyumri est là, avec ce nouveau visage, l’Arménie avance en paix, en stabilité, avec l’Europe", a estimé Emmanuel Macron sous les applaudissements.

"Comme nous étions là en décembre 1988, nous étions là dans les pires heures de 2020 (de la guerre, ndlr) et nous serons là aujourd'hui et demain à vos côtés. N'oubliez jamais que la France vous aime", a assuré Emmanuel Macron.