Deux ans après l'explosion à Beyrouth, des experts de l'ONU demandent une enquête internationale

Le Libanais Antoun al-Ahwaji, l'une des victimes de l'explosion du port de Beyrouth le 4 août, se tient sur le balcon de son appartement rénové à Beyrouth, avec vue sur les silos à grains de Beyrouth, le 2 août 2022. (AFP).
Le Libanais Antoun al-Ahwaji, l'une des victimes de l'explosion du port de Beyrouth le 4 août, se tient sur le balcon de son appartement rénové à Beyrouth, avec vue sur les silos à grains de Beyrouth, le 2 août 2022. (AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 04 août 2022

Deux ans après l'explosion à Beyrouth, des experts de l'ONU demandent une enquête internationale

  • «Cette tragédie a été l'une des plus grandes explosions d'origine non nucléaire dans l'histoire récente, et pourtant le monde n'a rien fait pour comprendre pourquoi elle s'est produite»
  • «En ce deuxième anniversaire de l'explosion, nous sommes découragés de constater que les habitants du Liban attendent toujours que justice soit faite, et nous demandons qu'une enquête internationale soit ouverte sans délai»

GENEVE : Deux ans après l'explosion massive au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts, des experts indépendants des Nations unies ont appelé mercredi la communauté internationale à créer une enquête internationale "sans délai".

"Cette tragédie a été l'une des plus grandes explosions d'origine non nucléaire dans l'histoire récente, et pourtant le monde n'a rien fait pour comprendre pourquoi elle s'est produite", ont déclaré ces six experts qui sont mandatés par le Conseil des droits de l'homme mais ne s'expriment pas au nom des Nations unies.

"En ce deuxième anniversaire de l'explosion, nous sommes découragés de constater que les habitants du Liban attendent toujours que justice soit faite, et nous demandons qu'une enquête internationale soit ouverte sans délai", ont-ils ajouté.

Le communiqué est notamment signé par le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Morris Tidball-Binz, David Boyd, Rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'environnement, et Obiora Okafor, expert indépendant sur les droits de l'homme et la solidarité internationale.

''
Une photo montre les silos à grains endommagés dans le port de la capitale libanaise Beyrouth, le 2 août 2022, après un effondrement partiel dû à un incendie en cours depuis le début du mois.

La gigantesque explosion le 4 août 2020 sur le port de Beyrouth a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés et détruit des milliers de bâtiments. Peu après, 37 experts en droits de l'homme des Nations unies ont publié une déclaration commune appelant le gouvernement libanais et la communauté internationale à répondre de manière effective aux besoins en matière de justice et de réparations.

Mais les proches de victimes n'ont reçu aucune réponse de leurs dirigeants quant à la présence des tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans précaution à l'origine de l'explosion. Les enquêtes sont au point mort depuis fin 2021, en raison d'obstructions politiques, et pas un seul fonctionnaire n'a été jugé.

L'enquête nationale bloquée, "les familles des victimes ont donc appelé la communauté internationale à mettre en place une enquête indépendante sous l'égide du Conseil des droits de l'homme", ont indiqué les experts de l'ONU.

Ils appellent à leur tour le Conseil des droits de l'homme à se saisir du dossier, estimant que l'explosion a révélé des "problèmes systémiques de gouvernance négligente et de corruption généralisée".

Basé à Genève, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU est composé de 47 Etats membres qui se réunissent régulièrement lors de sessions, la prochaine ayant lieu du 13 septembre au 7 octobre. Lors de ces sessions, les pays peuvent décider de mandater des experts pour enquêter sur des situations ayant un impact sur les droits humains.


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Short Url
  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".


Le président syrien « ne participera finalement pas » au Forum de Davos, selon des sources

La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
Short Url
  • Les participants souhaitaient entendre Ahmed Al-Chareh, mais comprennent les défis internes auxquels le pays est confronté

DAVOS : Le président syrien Ahmed Al-Chareh a annulé sa participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos cette semaine, selon un haut responsable de l’organisation.

Arab News s’est entretenu avec de nombreux participants au Centre des congrès, qui ont exprimé leur déception face à cette décision. La présence du président dans des sessions de haut niveau consacrées à la diplomatie et à l’économie aurait marqué la première participation d’un chef d’État syrien au forum.

Beaucoup espéraient entendre Al-Chareh s’exprimer sur les réformes jugées impressionnantes et sur les opportunités d’investissement en Syrie, tout en comprenant les défis internes auxquels Damas est actuellement confrontée.

« Avec tout ce qui s’est passé ces dernières semaines au Moyen-Orient, on s’attendait à ce qu’Al-Chareh ne puisse probablement pas venir », a confié un participant à Arab News.

Les forces gouvernementales syriennes ont intensifié leurs opérations contre les Forces démocratiques syriennes dans plusieurs gouvernorats — notamment Alep, Raqqa et Hassaké — avec des échanges de tirs fréquents signalés, même lorsque des trêves temporaires sont négociées.

L’an dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères récemment nommé, Asaad Al-Shibani, s’était rendu à Davos dans le cadre des efforts du forum visant à réintégrer la Syrie dans les discussions politiques et économiques mondiales après des années d’isolement sous le régime d’Assad.

L’annulation du déplacement d’Al-Chareh à Davos intervient après plusieurs semaines de pressions diplomatiques et militaires. Son gouvernement de transition, arrivé au pouvoir après le renversement de l’ancien dirigeant Bashar al-Assad fin 2024, cherche activement une reconnaissance internationale, obtenant un allègement progressif des sanctions et renforçant son dialogue avec les partenaires occidentaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et le Premier ministre palestinien évoquent Gaza à Davos

(Photo: SPA)
(Photo: SPA)
Short Url
  • Le prince Faisal ben Farhane et Mohammed Mustafa se sont entretenus en marge du Forum économique mondial

LONDRES: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, ont discuté mardi des derniers développements de la situation à Gaza.

La rencontre s’est tenue en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse. Les deux responsables ont également passé en revue les relations bilatérales ainsi que les perspectives de coopération, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Plusieurs responsables saoudiens ont assisté à cet entretien, parmi lesquels l’ambassadeur du Royaume en Suisse, Abdulrahman Al-Dawood, le directeur général du bureau du ministre des Affaires étrangères, Waleed Al-Ismail, ainsi que Mohammed Alyahya, conseiller du ministre des Affaires étrangères.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com