Irak: Démonstration de force des partisans de Sadr devant le pouvoir judiciaire

Les partisans du leader chiite irakien Moqtada Sadr se rassemblent lors d'une manifestation devant le siège du Conseil judiciaire suprême, la plus haute instance judiciaire d'Irak, dans la capitale Bagdad, le 23 août 2022 (Photo, AFP).
Les partisans du leader chiite irakien Moqtada Sadr se rassemblent lors d'une manifestation devant le siège du Conseil judiciaire suprême, la plus haute instance judiciaire d'Irak, dans la capitale Bagdad, le 23 août 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 24 août 2022

Irak: Démonstration de force des partisans de Sadr devant le pouvoir judiciaire

Les partisans du leader chiite irakien Moqtada Sadr se rassemblent lors d'une manifestation devant le siège du Conseil judiciaire suprême, la plus haute instance judiciaire d'Irak, dans la capitale Bagdad, le 23 août 2022. (Photo, AFP)
  • Depuis fin juillet, la tension est montée d'un cran entre les deux blocs du chiisme politique
  • Trublion de la vie politique, Moqtada Sadr a démontré sa capacité à mobiliser: depuis plus de trois semaines ses partisans campent autour du Parlement dans la Zone Verte

BAGDAD: Les partisans du clerc chiite irakien Moqtada Sadr ont tenu mardi un sit-in de plusieurs heures devant le Conseil suprême de la magistrature à Bagdad avant de lever le camp sur ordre de leur leader, nouvelle démonstration de force sur fond de grave crise politique.

Riche en pétrole mais accablé par une dépression économique et sociale, l'Irak est dans une impasse totale depuis les législatives d'octobre 2021.

Le sit-in monté devant la plus haute autorité judiciaire du pays est le dernier rebondissement en date de la crise qui met aux prises l'incontournable Moqtada Sadr et ses adversaires, chiites eux aussi, du Cadre de coordination, une alliance regroupant des factions pro-Iran.

Car depuis les législatives, l'Irak n'a ni nouveau Premier ministre, ni nouveau gouvernement. Entre violentes querelles et invectives sans lendemain, les tractations piétinent entre barons de la politique.

Moqtada Sadr a démontré sa capacité à mobiliser: depuis plus de trois semaines ses partisans campent autour du Parlement dans la Zone Verte.

En réaction, le Cadre de coordination a monté son propre sit-in aux abords de ce quartier ultra-sécurisé qui abrite institutions gouvernementales et ambassades.

Mardi, le leader chiite, aussi imprévisible qu'influent, a encore fait monter les enchères. Par centaines, ses partisans ont bloqué l'accès à la plus haute instance judiciaire de l'Irak à coup de tentes montées en un clin d'oeil. Ils ont brandi des affiches réclamant "la dissolution de l'Assemblée nationale" et une "lutte contre la corruption".

Les condamnations n'ont pas tardé à pleuvoir.

Le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi, a écourté une visite en Egypte, où il devait participer à un sommet, pour rentrer à Bagdad. Il a appelé au "calme" et au "dialogue".

La mission de l'ONU en Irak a dit respecter le droit de "manifester pacifiquement", tout en exhortant au "respect des institutions étatiques".

Et le Cadre de coordination a dit "refuser tout appel au dialogue direct" avec les sadristes tant qu'ils n'auront pas mis fin "à l'occupation des institutions".

Ce sit-in est tout en symbole: début août, Moqtada Sadr avait sommé la justice irakienne de dissoudre le Parlement. En vain. Les juges s'étaient déclarés incompétents.

«Révolutionnaires»

Au bout de dix heures de sit-in, Moqtada Sadr a "conseillé" à ses fidèles de quitter les lieux, pour "préserver la réputation des révolutionnaires et pour ne pas nuire au peuple".

Mais il les a enjoints à laisser les tentes montées sur place et de poursuivre l'autre campement, devant le Parlement, "si vous le voulez".

Obéissant au doigt et à l'oeil à leur leader, les manifestants ont alors quitté l'accès au Conseil suprême pour rentrer chez eux, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Les magistrats ont annoncé dans la soirée qu'ils reprendraient mercredi leur travail interrompu par la force des choses.

S'accusant mutuellement de pousser l'Irak au bord de l'abîme, sadristes et partisans du Cadre de coordination s'affrontent sur les modalités de désignation du Premier ministre et du gouvernement.

La crise a débuté quand le Courant sadriste a refusé fin juillet le candidat du Cadre de coordination au poste de Premier ministre.

Le Cadre s'est dit ouvert à une dissolution votée par les députés, Moqtada Sadr, intransigeant, exige que la justice dissolve le Parlement... d'où le sit-in devant le Conseil suprême de la magistrature.

Le Premier ministre a convoqué la semaine dernière un "dialogue national" pour tenter de sortir l'Irak de l'ornière, une réunion boycottée par les représentants du Courant sadriste.

Moqtada Sadr réclame aussi un changement de la Constitution qui permettrait au gagnant du scrutin d'avoir le droit de former le gouvernement à sa guise -- ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Son Courant était arrivé premier aux législatives d'octobre 2021 avec 73 sièges (sur 329). Mais, incapable de former une majorité dans l'hémicycle, Moqtada Sadr avait fait démissionner ses députés en juin.

Les prises de bec entre le camp sadriste et le Cadre de coordination n'ont pour l'heure pas dégénéré en affrontements armés, mais dans la foulée du sit-in de mardi, le Hachd al-Chaabi, d'anciens paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces irakiennes, s'est dit prêt à "défendre les institutions étatiques".


Le Hezbollah a tiré une trentaine de roquettes sur le nord d'Israël mercredi matin 

Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
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  • Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah
  • "Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite

JERUSALEM: Les combattants du mouvement libanais Hezbollah ont tiré une trentaine de roquettes sur Israël à partir du Liban mercredi matin, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée israélienne.

Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah. A l'issue de ces discussions, Israël et le Liban ont accepté d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable, selon le département d'Etat américain qui accueillait la rencontre.

"Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite, allié de l'Iran.

 

 


Liban: frappe israélienne au sud de Beyrouth 

Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
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  • "L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle)
  • Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable.

"L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques.

 

 

 


Le pape dans les pas de saint Augustin au 2e jour de sa visite en Algérie

Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
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  • La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre"
  • Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle

ALGER: Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape.

Le pontife américain est devenu lundi le tout premier pape à fouler le sol algérien, étape initiale d'une tournée dans quatre pays d'Afrique, en partie occultée par une diatribe de Donald Trump à son encontre.

Dans la nuit de lundi à mardi, le vice-président américain JD Vance, récemment converti au catholicisme, a appelé le Vatican à "s'en tenir aux questions morales" et à "laisser le président des Etats-Unis se charger de définir la politique publique américaine".

La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre". Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle.

Sur fond de guerre au Moyen-Orient, Donald Trump avait déclaré dimanche ne pas être "un grand fan" du pape, l'accusant de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien et de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier.

Les évêques italiens et américains ont apporté leur soutien au chef de l'Eglise catholique, tout comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, réputée proche de M. Trump, qui a jugé "inacceptables" ses déclarations.

Grand penseur 

A Annaba (est), l'antique Hippone, le chef de l'Eglise catholique vivra une étape à la dimension personnelle et spirituelle, dans les pas de saint Augustin (354-430).

Le grand penseur chrétien qui y fut évêque a légué son nom à l'ordre religieux dont est issu le pape américain, fondé au XIIIe siècle et aujourd'hui composé d'environ 3.000 membres à travers le monde prônant la charité et la vie communautaire.

Léon XIV visitera le site archéologique romain et une maison d'accueil pour personnes âgées démunies, majoritairement musulmanes, prises en charge par des religieuses catholiques.

L'islam sunnite est religion d'Etat en Algérie, où les catholiques représentent moins de 0,01 % des 47 millions d'habitants.

L'après-midi, devant environ 1.500 fidèles, il célèbrera une messe à la basilique Saint-Augustin, perchée sur une colline, en présence de religieux africains de différentes nationalités.

Lundi, accueilli avec les honneurs sous un ciel d'Alger inhabituellement pluvieux, Léon XIV a rendu hommage, devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d'indépendance contre la France (1954-1962).

La "paix qui permet d'envisager l'avenir avec un esprit réconcilié n'est possible que par le pardon", a-t-il déclaré, appelant à ne "pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération".

 "Vivante, dynamique et libre" 

Devant les plus hautes autorités dont le président Abdelmadjid Tebboune, Léon XIV a aussi invité les responsables du pays à "ne pas dominer" le peuple et à promouvoir "une société civile vivante, dynamique et libre".

Depuis l'élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l'espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

L'après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée, au plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, qui surplombe la baie d'Alger.

Là, il s'est recueilli dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002) entre groupes islamistes et forces gouvernementales, qui a fait 200.000 morts selon un bilan officiel.

Le pape a rappelé que ces religieux étrangers, dont les sept moines de Tibhirine (à 100 km au sud d'Alger), avaient choisi de rester en Algérie malgré des attentats meurtriers.

Mercredi, le pape de 70 ans quittera Alger pour le Cameroun, suite d'un premier voyage africain qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale jusqu'au 23 avril, un périple de 18.000 km à l'agenda très dense.