Mémoire, gaz, visas: les enjeux au cœur de la visite de Macron en Algérie

La visite à venir d'Emmanuel Macron en Algérie est lourde d'enjeux (Photo, AFP).
La visite à venir d'Emmanuel Macron en Algérie est lourde d'enjeux (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 août 2022

Mémoire, gaz, visas: les enjeux au cœur de la visite de Macron en Algérie

  • L'Algérie - un des dix premiers producteurs mondiaux de gaz - est devenu un interlocuteur très convoité par des Européens
  • Après des mois de tensions, Emmanuel Macron a reproché au pouvoir algérien d'exploiter la «rente mémorielle» de la guerre d'indépendance

PARIS: Question mémorielle, guerre en Ukraine et gaz algérien, visas, sécurité au Sahel... et sortir des brouilles du premier quinquennat: la visite à venir d'Emmanuel Macron en Algérie est lourde d'enjeux.

LA DIFFICILE ÉQUATION MÉMORIELLE

Emmanuel Macron, premier président français né après la guerre d'Algérie (1954-1962), n'a eu de cesse, depuis son élection en 2017, de tenter de normaliser les relations entre les deux peuples.

Encore candidat, il avait frappé les esprits en qualifiant la colonisation de "crime contre l'humanité", et a multiplié depuis les gestes mémoriels.

Mais l'Algérie n'a pas embrayé sur ce travail de mémoire et a déploré que le président français n'exprime pas de "repentance" pour les 132 ans de colonisation française.

Après des mois de tensions, Emmanuel Macron a reproché au pouvoir algérien d'exploiter la "rente mémorielle" de la guerre d'indépendance pour entretenir sa légitimité et s'est interrogé sur l'existence d'une nation algérienne avant la colonisation.

Cette question pèse lourd aussi en politique intérieure des deux côtés de la Méditerranée. Sept millions de Français sont liés d'une manière ou d'une autre à l'Algérie.

"Parmi ses conseillers, parmi les forces politiques sur lesquelles (Emmanuel Macron) s'appuie ou dont il espère un soutien plus ou moins tacite, il y a des points de vue différents", relevait dimanche sur France Info l'historien Gilles Manceron, pointant une "forte nostalgie coloniale" à l'extrême droite mais aussi "dans une partie de la droite française".

LE GAZ, CARTE MAÎTRESSE POUR L’ALGÉRIE

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l'Algérie - un des dix premiers producteurs mondiaux de gaz - est devenu un interlocuteur très convoité par des Européens soucieux de réduire leur dépendance au gaz russe.

"Le président français va certainement demander à l'Algérie de faire un effort pour essayer d'accroître ses productions de gaz", anticipe l'économiste algérien Abderahmane Mebtoul.

Mais "si les Français en veulent plus, il faut qu'ils investissent" dans l'industrie gazière et les énergies renouvelables en Algérie, selon lui.

L'Algérie est devenue ces derniers mois le premier fournisseur en gaz de l'Italie, via le gazoduc Transmed qui passe par la Tunisie.

DES RELATIONS ÉCONOMIQUES À LA PEINE

La France est à la peine économiquement en Algérie où, avec environ 10% des parts de marché, elle est désormais supplantée par la Chine (16%), premier fournisseur du pays.

Suez a perdu la gestion des eaux d'Alger, la RATP celle du métro et Aéroports de Paris celle de l'aéroport de la capitale.

L'usine du groupe automobile Renault est aussi entravée par des quotas étatiques de pièces importées.

"Il y a beaucoup de possibilités mais il faut que la France change de logiciel. La France a beaucoup perdu en Afrique", note Abderahmane Mebtoul.

LES VISAS, «NERF DE LA GUERRE»

Paris a réduit de 50% le nombre de visas accordés à l'Algérie - comme au Maroc - pour mettre la pression sur des gouvernements jugés trop peu coopératifs dans la réadmission de leurs ressortissants expulsés de France.

"La réduction du nombre de visas a des effets importants en Algérie. Cela crée une pression sur le pouvoir algérien", souligne Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie.

Les deux capitales veulent "avancer" sur ce sujet, relève toutefois l’Élysée, en soulignant que depuis mars 2022, les autorités algériennes ont délivré "300 laissez-passer (pour des retours), contre 17 sur la même période en 2021 et 91 en 2020".

MAROC ET SAHARA OCCIDENTAL

La visite du président Macron risque de susciter des crispations, sinon des critiques au Maroc, grand rival régional de l'Algérie et dont les relations avec Paris se sont refroidies.

"Il y a toujours une compétition entre l'Algérie et le Maroc.(Avec cette visite), l'Algérie veut marquer des points", estime Xavier Driencourt.

À l'inverse, Rabat attend de la France qu'elle manifeste plus "clairement" son soutien au plan d'autonomie marocain pour régler le conflit du Sahara occidental.

L'Algérie, qui soutient les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, a de son côté rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021.

ENJEUX SÉCURITAIRES RÉGIONAUX

"Le président Macron sait que sans la collaboration d'Alger, il est très difficile d'enregistrer la moindre percée dans les dossiers du Sahel et la Libye", relève Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève.

L'Algérie revendique un rôle important au Mali, dont l'armée française vient de se retirer, et entretient "d'excellentes relations" avec la junte militaire au pouvoir à Bamako, poursuit l'expert, en notant aussi les "relations importantes" d'Alger avec Niamey et d'autres capitales africaines.

DROITS DE L'HOMME

Les ONG dénoncent le tour de vis du régime, qui a étouffé le mouvement de contestation populaire du Hirak à l'origine de la chute du président Abdelaziz Bouteflika en 2019.

Une douzaine d'organisations de la diaspora algérienne ont exhorté Emmanuel Macron à "ne pas occulter" le sujet des droits et libertés lors de sa visite.

Malgré des libérations ces derniers mois, environ 250 personnes sont encore détenues dans des prisons algériennes pour des délits d'opinion, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre britannique discutent des développements régionaux

Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
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Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre britannique Keir Starmer pour renforcer la coopération stratégique entre leurs deux pays
  • Les discussions ont porté sur les enjeux régionaux, avec un soutien commun à la stabilité et à un cessez-le-feu durable, notamment concernant l’Iran et le détroit d’Ormuz

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mercredi à Djeddah le Premier ministre britannique Keir Starmer.

Au cours de la rencontre, ils ont passé en revue les relations entre leurs deux pays et examiné les moyens de renforcer davantage leur partenariat stratégique dans divers domaines.

Ils ont également abordé les derniers développements régionaux et internationaux, notamment les évolutions dans la région ainsi que leurs implications en matière de sécurité et d’économie.

Les deux parties ont affirmé leur soutien à tous les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité de la région. Plusieurs questions d’intérêt commun ont également été discutées.

Keir Starmer est arrivé dans le Royaume plus tôt dans la journée, où il a été accueilli à l’aéroport de Djeddah par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, selon des photos diffusées par l’Agence de presse saoudienne.

Lors de sa visite, Starmer a salué le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, tout en soulignant qu’il restait « beaucoup de travail à faire » pour garantir sa pérennité.

« Il reste également beaucoup à faire concernant le détroit d’Ormuz, qui a un impact à l’échelle mondiale », a-t-il ajouté. 

À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, a rapporté l’Agence de presse saoudienne. Les ambassadeurs respectifs des deux pays étaient également présents.

*Avec SPA, Reuters 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Israël dit avoir mené mercredi sa "plus grande frappe coordonnée" contre le Hezbollah depuis le 28 février

« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
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  • L’armée israélienne a mené la plus vaste frappe coordonnée contre le Hezbollah depuis le début du conflit, visant une centaine de cibles à Beyrouth, dans la Bekaa et le sud du Liban
  • Malgré le cessez-le-feu avec l’Iran, Israël confirme que le Liban n’est pas concerné et que les opérations contre le Hezbollah vont se poursuivre

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé mercredi une centaine d'objectifs du Hezbollah à travers le Liban, affirmant qu'il s'agissait de "la plus grande frappe coordonnée" contre le mouvement pro-iranien depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le 28 février.

"En l'espace de 10 minutes et simultanément dans plusieurs zones, [les forces israéliennes ont attaqué] une centaine de postes de commandement et d'infrastructures militaires" du mouvement islamiste libanais à travers le pays voisin, indique un communiqué militaire israélien.

Les frappes ont visé des objectifs à Beyrouth, dans la plaine de la Bekaa (est du Liban) ainsi que dans le sud du pays, selon l'armée israélienne.

Les frappes israéliennes sur Beyrouth, les plus violentes depuis le début de la guerre, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale à une heure de grande affluence, selon des journalistes de l'AFP.

Ennemi d'Israël et allié de Téhéran, le Hezbollah s'était joint le 2 mars à la guerre régionale.

Le cessez-le-feu de 15 jours avec l'Iran décrété dans la nuit par le président américain Donald Trump "n'inclut pas le Liban", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "La bataille continue au Liban, a ensuite déclaré l'armée israélienne

"Nous continuerons de frapper l'organisation terroriste Hezbollah et exploiterons chaque occasion qui se présente sur le plan opérationnel", a dit le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée, cité dans un communiqué militaire.

"Nous ne transigerons pas sur la sécurité des habitants du nord d'Israël [et] nous continuerons de frapper avec détermination", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne avait annoncé mardi avoir achevé dans le sud du Liban le déploiement de ses troupes au sol jusqu'à une "ligne de défense avancée" destinée à maintenir le nord d'Israël à l'abri des tirs de roquettes antichars du Hezbollah, dont la portée est évaluée à une dizaine de kilomètres.


Le Liban fait état de huit morts dans une frappe israélienne à Saïda

Des secouristes se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Saïda, au Liban, le 8 avril 2026. (AFP)
Des secouristes se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Saïda, au Liban, le 8 avril 2026. (AFP)
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  • Une frappe israélienne à Saïda, au Liban, a fait au moins 8 morts et 22 blessés parmi les civils, causant d’importants dégâts sur le front de mer
  • L’attaque survient malgré l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis, l’Iran et leurs alliés, dont l’application au Liban reste floue et contestée

BEYROUTH: Une frappe israélienne a fait huit morts dans la ville libanaise de Saïda, a annoncé mercredi le ministère libanais de la Santé, alors que Washington et ses alliés se sont mis d'accord pour un cessez-le-feu avec l'Iran.

"La frappe de l'ennemi israélien sur Saïda, dans le sud du Liban, a fait, selon un bilan provisoire, huit morts parmi la population civile et 22 blessés", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Un photographe de l'AFP présent sur les lieux de l'attaque, qui a touché le front de mer de cette ville côtière, a vu des flammes s'élever d'un café aux vitres brisées qui jonchaient la chaussée.

Les pompiers s'efforçaient d'éteindre l'incendie tandis que l'armée bouclait le secteur. Des voitures stationnées à proximité ont également été endommagées.

"Nous avons été informés d'une frappe sur la route du front de mer à Saïda. Nous avons envoyé deux équipes, mais celles-ci ont demandé des renforts en raison du nombre élevé de victimes", a indiqué à l'AFP Louay Sabeh, secouriste au sein d'une association locale.

Les équipes de secours ont transporté au moins six blessés depuis les lieux de l'attaque, a-t-il précisé.

Cette frappe est survenue peu avant que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme que les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu de deux semaines "partout", y compris au Liban.

Le Pakistan a joué le rôle de médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran dans le but de mettre fin à plus de cinq semaines de guerre au Moyen-Orient.