Dans un village fantôme du Donbass, deux survivants après les combats

Tirs d'artillerie et impacts de balles ont ravagé Bogorodytchné (Photo, AFP).
Tirs d'artillerie et impacts de balles ont ravagé Bogorodytchné (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 14 septembre 2022

Dans un village fantôme du Donbass, deux survivants après les combats

  • Selon des militaires ukrainiens sur place, les derniers soldats russes ont quitté les lieux il y a quelques jours à peine
  • Quand les Russes sont arrivés au printemps, beaucoup d'habitants ont fui vers la Russie

BOHORODYCHNE, Ukraine: Mykola Gontchar, 58 ans, et sa mère Nina, 92 ans, ont survécu aux bombardements à Bogorodytchné, dans le Donbass, un village plusieurs fois pris et repris par les Ukrainiens et les Russes sur la ligne de front.

L'église démolie, ses coupoles dorées tombées à terre, et presque chaque maison de cette localité de 750 habitants avant la guerre portent les traces de violents combats.

Tirs d'artillerie et impacts de balles ont ravagé Bogorodytchné dont le nom signifie "Lieu de naissance de Dieu". Et les Gontchar sont probablement les deux seuls habitants restés dans le village pris entre deux feux depuis le printemps.

Selon des militaires ukrainiens sur place, les derniers soldats russes ont quitté les lieux il y a quelques jours à peine, en même temps que l'offensive ukrainienne avançait dans le nord-est du pays.

Le 10 juillet, "les Russes sont venus, ils ont tué mon frère et ma belle-sœur", raconte à l'AFP M. Gontchar devant sa maison, endommagée par les bombardements. L'homme dit avoir enterré lui-même les corps, enveloppés dans des couvertures.

Selon lui, des soldats russes souhaitaient occuper une maison appartenant à son frère. Celui-ci ayant refusé, les militaires ont détruit la maison avec une pièce d'artillerie, tuant ainsi le couple.

"Comment nous avons survécu? On s'abritait dans le sous-sol. On a juste survécu", dit-il, avant d'ajouter encore: "Comment puis-je l'exprimer avec des mots? C'était difficile. J'avais peur".

Avec des produits en bocaux, quelques volailles et des légumes du jardin, ils ont pu s'alimenter.

«Advienne que pourra»

Traumatisée par ces longs mois de bombardements, Nina Gontchar continue de se cacher dans un abri en sous-sol creusé dans le jardin.

"Je pleure touts les jours. Mon fils est mort, il a été tué", dit-la nonagénaire en s'essuyant les yeux avec un voile. "Aidez-nous", dit-elle assise près d'un poêle à bois, au fond de son abri, entourée d’icônes orthodoxes.

Pendant qu'elle parle, des tirs d'artillerie se font entendre plus ou moins loin du village.

Visiblement très enclin à s'épancher, Mykola assure que les occupants russes on "pris toute (ses) oies et même les draps" de  mère. "Il avait des chèvres dans le village, ils ont mangé toutes les chèvres", ajoute-t-il.

Quand les Russes sont arrivés au printemps, beaucoup d'habitants ont fui vers la Russie. "Je ne sais pas pourquoi", dit M. Gontchar.

Dans la région de Donetsk, l'une des deux provinces qui constituent le Donbass, beaucoup d'habitants sont favorables aux Russes.

"Ils m'ont proposé de partir en Russie, mais j'ai refusé. Qui nous attend là-bas?", dit M. Gontchar.

De retour, les Ukrainiens lui ont aussi proposé de partir vers l'ouest de l'Ukraine et il a refusé aussi, invoquant les problèmes de santé et l'âge de sa mère.

"Je me suis dit: advienne que pourra", explique-t-il.

Dans son jardin dévasté, il montre deux grenades prises aux Russes, affirme-t-il, "lorsqu'ils étaient ivres". Il dit aussi avoir trouvé d'autres armes dans le village pour les donner aux soldats ukrainiens.

Quelques instants plus tard, des obus russes tombent un peu plus près du village. Un petit groupe de soldats ukrainiens court se mettre à couvert.

L'un d'eux, un barbu en treillis au nom de guerre Bird, explique à l'AFP que le conflit ukraino-russe est une guerre "où les combats se font par l'artillerie et les drones". "Durant cette période, je n'ai jamais utilisé mon fusil", assure-t-il.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.