Iran: Le régime craint une mobilisation populaire massive vendredi

La mort en détention de Mahsa Amini a été condamnée dans tout le pays, le hashtag persan #MahsaAmini atteignant près de 2 millions de mentions sur Twitter (Photo, AFP).
La mort en détention de Mahsa Amini a été condamnée dans tout le pays, le hashtag persan #MahsaAmini atteignant près de 2 millions de mentions sur Twitter (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Iran: Le régime craint une mobilisation populaire massive vendredi

  • Lourd bilan selon l'ONG d'opposition Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, faisant état d'au moins 31 civils tués par les forces de sécurité
  • Les autorités ont bloqué l'accès à Instagram et à WhatsApp après six jours de protestations

PARIS: Le régime de Téhéran s’apprête à faire face aux plus grandes manifestations que l’Iran ait connu depuis trois ans, ce vendredi. Les autorités en Iran ont bloqué l'accès à Instagram et à WhatsApp après six jours de protestations après la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des moeurs, dans lesquelles au moins 17 personnes ont péri selon un bilan d'un média d'Etat jeudi.

L'ONG d'opposition Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, a de son côté a annoncé un lourd bilan faisant état d’au moins 31 civils tués par les forces de sécurité.

Le décès de l'Iranienne Mahsa Amini, 22 ans, a suscité de vives condamnations dans le monde alors que des ONG internationales ont dénoncé une répression "brutale" de manifestations.

Mahsa Amini, originaire du Kurdistan (nord-ouest), avait été arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour "port de vêtements inappropriés" par la police des moeurs chargée de faire respecter le code vestimentaire strict en République islamique, où les femmes doivent se couvrir les cheveux et n'ont pas le droit de porter des manteaux courts ou serrés ou des jeans troués. Elle est décédée le 16 septembre à l'hôpital.

Selon des militants, elle a reçu un coup mortel à la tête mais les responsables iraniens ont démenti et annoncé une enquête.

Des manifestations ont éclaté aussitôt après sa mort, touchant une quinzaine de villes à travers le pays.

"Dix-sept personnes, dont des manifestants et des policiers, ont péri dans les événements des derniers jours", selon le dernier bilan donné par la télévision d'Etat, qui ne donne pas d'autres précisions. Un précédent bilan de médias iraniens faisait état de sept manifestants et de quatre policiers tués.

L'agence de presse Tasnim a plus tard indiqué qu'un cinquième membre des forces de l'ordre avait été tué mercredi soir à Ghouchan (nord-ouest) "alors qu'il tentait de disperser des émeutiers" dans cette ville.

Réagissant à la colère populaire, le président Ebrahim Raïssi, qui se trouve à New York pour participer à l'Assemblée générale de l'ONU, a affirmé jeudi que la mort de Mahsa Amini ferait l'objet d'une enquête, en disant avoir "pris contact avec la famille de la défunte".

«Étouffer»

Depuis le début des manifestations, les connexions sur internet sont ralenties.

"Depuis mercredi soir, il n'est plus possible non plus d'accéder à Instagram, sur décision des autorités. L'accès à WhatsApp est également perturbé", selon l'agence de presse Fars. Cette mesure a été prise à cause "des actions menées via ces réseaux sociaux par des contre-révolutionnaires contre la sécurité nationale".

Instagram et WhatsApp étaient les applications les plus utilisées en Iran depuis le blocage des plateformes comme YouTube, Facebook, Telegram, Twitter et Tiktok ces derniers années. De plus, l'accès à internet est largement filtré ou restreint pas les autorités.

IHR a indiqué sur Twitter que l'accès à internet était complétement coupé dans la ville de Tabriz (nord).

Des experts des droits humains de l'ONU ont jugé que ces "perturbations font généralement partie des efforts visant à étouffer la liberté d'expression et à limiter les manifestations".

Lors des protestations dans plusieurs provinces d'Iran, des manifestants ont affronté les forces de sécurité, incendié des véhicules de police et scandé des slogans hostiles au pouvoir, selon des médias et des militants.

La police a riposté par des gaz lacrymogènes et arrêté un nombre indéterminé de personnes, d'après des médias iraniens.

Les autorités ont arrêté jeudi deux femmes photographes, Niloufar Hamedi, du journal réformateur Shargh, et Yalda Moayeri, qui travaille pour la presse locale, ainsi que le militant réformateur Mohammad-Réza Jalaïpour, ont rapporté des médias locaux.

Iran International, une chaîne de télévision basée à Londres, a affirmé qu'un militant pour la liberté d'expression Hossein Ronaghi avait été arrêté alors qu'il était en train de lui accorder un entretien.

Manifestation pro-voile vendredi

Selon des militants, des affrontements ont opposé mercredi soir à Machhad (nord-est) manifestants et forces de sécurité qui ont ouvert le feu. A Ispahan (centre), des protestataires ont déchiré une banderole montrant le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Les images les plus virales sur les réseaux sociaux sont celles où l'on voit des femmes mettre le feu à leur foulard.

"Non au foulard, non au turban, oui à la liberté et à l'égalité!", ont crié des manifestants à Téhéran, leurs slogans ayant été repris par solidarité à New York ou à Istanbul.

Selon Azadeh Kian, professeur de sociologie à l'université Paris Cité et spécialiste de l'Iran, "ce qui est inédit dans ces manifestations c'est qu'on retrouve les femmes au devant de la scène".

Des manifestations en faveur du port du voile doivent avoir lieu vendredi à l'appel d'une organisation gouvernementale à travers l'Iran, notamment devant l'université de Téhéran après la prière hebdomadaire musulmane, selon l'agence officielle Irna.

L'annonce du décès de la jeune Iranienne a suscité de vives condamnations internationales: de l'ONU, des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni notamment. "Nous sommes aux côtés des courageux citoyens et des courageuses femmes d'Iran", a déclaré mercredi le président américain Joe Biden à la tribune de l'ONU.

La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a annoncé jeudi des sanctions économiques visant la police des moeurs iranienne et plusieurs responsables de la sécurité pour les "violences contre les manifestants", ainsi que pour le sort de Mahsa Amini.

Les protestations des derniers jours sont parmi les plus importantes en Iran depuis celles de novembre 2019, déclenchées par la hausse des prix de l'essence, en pleine crise économique. Une centaine de villes avaient été touchées par une contestation, sévèrement réprimée. Le bilan officiel est de 230 morts, plus de 300 selon Amnesty International.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.