Le détenu égypto-britannique Alaa Abdel Fattah a cessé sa grève de la faim

Sanaa Seif, la sœur de l'activiste anglo-égyptien emprisonné Alaa Abdel Fattah, participe à une manifestation organisée par des militants du climat lors de la conférence sur le climat COP27 en Égypte (Photo, AFP).
Sanaa Seif, la sœur de l'activiste anglo-égyptien emprisonné Alaa Abdel Fattah, participe à une manifestation organisée par des militants du climat lors de la conférence sur le climat COP27 en Égypte (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 15 novembre 2022

Le détenu égypto-britannique Alaa Abdel Fattah a cessé sa grève de la faim

  • Mona Seif, la soeur du blogueur prodémocratie, icône du Printemps arabe et bête noire du régime d'Abdel Fattah al-Sissi, a mis en ligne une photo de la lettre remise à sa mère en prison
  • La mère d'Alaa Abdel Fattah, Laila Soueif, a vu son fils pour la dernière fois le 17 octobre, lors de la visite familiale mensuelle

LE CAIRE: Le détenu politique égypto-britannique Alaa Abdel Fattah a écrit qu'il n'était plus en grève de la faim dans une lettre remise mardi à sa famille, qui espère le voir jeudi après avoir été privée de visite pendant un mois.

Mona Seif, la soeur du blogueur prodémocratie, icône du Printemps arabe et bête noire du régime d'Abdel Fattah al-Sissi, a mis en ligne une photo de la lettre remise à sa mère en prison.

Dans cette missive datée de lundi, Alaa Abdel Fattah, qui aura 41 ans le 18 novembre, écrit: "j'ai mis un terme à ma grève de la faim" et "je veux fêter mon anniversaire avec vous jeudi, ramenez un gâteau".

Après l'annonce de la fin de la grève de la faim du détenu, l'avocat Tarek El-Awadi, membre de la commission des grâces présidentielles en Egypte, a dit "espérer que l'Etat prendra rapidement des mesures pour le gracier ainsi que plusieurs autres condamnés".

La mère d'Alaa Abdel Fattah, Laila Soueif, a vu son fils pour la dernière fois le 17 octobre, lors de la visite familiale mensuelle.

Depuis, elle n'a reçu que des lettres remises par des officiers de l'administration pénitentiaire qui, par deux fois, ont refusé les permis de visite de son avocat, Khaled Ali. Ce dernier ne l'a pas vu depuis mars 2020.

Avocat en prison

L'autre avocat d'Alaa Abdel Fattah, Mohammed al-Baqer, a été arrêté alors qu'il le défendait devant la justice militaire en septembre 2019 après son arrestation.

Depuis, les deux hommes ont été condamnés aux côtés du blogueur Mohamed Ibrahim, à cinq ans de prison pour "fausses informations" après qu'Alaa Abdel Fattah a partagé sur Facebook un texte, écrit par quelqu'un d'autre, accusant un officier de police d'avoir torturé à mort un prisonnier.

Pour dénoncer son incarcération et celle des 60.000 détenus d'opinion que compte l'Egypte selon des ONG, Alaa Abdel Fattah n'a avalé pendant sept mois que 100 calories par jour. Le 2 novembre, il avait cessé de manger et le 6 novembre, à l'ouverture de la COP27 en Egypte, il avait décidé de ne plus boire non plus. En tout, il aura passé 227 jours en grève partielle ou totale de la faim.

Sa famille, qui le disait en danger de mort, n'a cessé d'alerter le monde entier.

Son autre soeur, Sanaa Seif, a participé à deux conférences de presse remarquées à la COP27 et depuis la semaine dernière, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a dû répondre aux interrogations de plusieurs dirigeants occidentaux, notamment du président américain Joe Biden, à son sujet.

«Fausses informations»

Semblant faire un appel du pied, devant la presse et aux côtés de M. Sissi, M. Biden a salué la commission des grâces présidentielles réactivée en avril en Egypte après des années de sommeil.

Vendredi, Mona Seif a déposé une nouvelle demande à cette commission, plaidant que son frère était "le seul homme de la famille après le décès de son père", grand avocat des droits humains, et que son fils, "atteint d'autisme avait perdu la parole" depuis sa dernière arrestation en 2019.

Des arguments qui semblent avoir porté puisque l'un des présentateurs de talk-shows les plus influents du pays, Amr Adib, grand partisan de M. Sissi, a plaidé pour une grâce "dans l'intérêt de l'Egypte".

Les médias proches du pouvoir, eux, ont affirmé, comme les autorités, "douter" qu'Alaa Abdel Fattah ait jamais été en grève de la faim.

Ses soutiens, en revanche, n'ont cessé de répéter que s'ils survivaient tant de jours sans eau, c'est qu'il était "nourri de force".

Le journaliste Ahmed Fayez l'a écrit sur Facebook le 8 novembre et a depuis été arrêté et inculpé pour "fausses informations", accuse le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York.

Selon cette ONG, "en l'arrêtant pour avoir parlé d'Alaa Abdel Fattah, le pouvoir égyptien montre au grand jour sa campagne contre la presse".


Liban: fin de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth

Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
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  • Le juge Tarek Bitar a clôturé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en 2020, ouvrant la voie à d’éventuels renvois devant le tribunal de dizaines de responsables politiques, militaires et fonctionnaires interrogés
  • L’explosion, provoquée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution, avait fait plus de 220 morts et est devenue un symbole de l’impunité au Liban, l’enquête ayant été bloquée par l’hostilité politique avant d’être reprise en 2025

BEYROUTH: Le juge chargé du dossier de l'explosion au port de Beyrouth en 2020 a clôturé son enquête, ouvrant la voie à de possibles renvois devant le tribunal des dizaines de personnes auditionnées au cours des investigations, a indiqué lundi une source judiciaire à l'AFP.

"Le juge d'instruction en charge de l'enquête, Tarek Bitar, a clôturé son enquête" près de six ans après l'explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts, a précisé cette source judiciaire.

Le magistrat a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation pour avis, avant d'éventuels renvois devant le tribunal, a ajouté cette source.

Près de 70 personnes, dont des personnalités politiques, des responsables des services de sécurité et de l'armée ainsi que des fonctionnaires, avaient été convoquées au cours de l'enquête, a détaillé la source judiciaire. Certaines d'entre elles avaient refusé de répondre aux convocations du juge et d'être interrogées.

Le dossier judiciaire de la déflagration du port est devenu un symbole de l'impunité, le juge d'instruction ayant dû interrompre son enquête en janvier 2023 face à l'hostilité d'une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah qui accusait le magistrat de partialité.

Il avait été poursuivi un temps pour insubordination, mais avait pu reprendre son enquête début 2025 après l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau président qui avaient promis de préserver l'indépendance de la justice.

Considérée comme l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, l'explosion du port avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

La cargaison de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, transportée à bord d'un navire, le Rhosus, était arrivée au port de Beyrouth en novembre 2013.

Les autorités portuaires avaient stocké cette marchandise dans un entrepôt délabré, selon des responsables libanais, tandis que le Rhosus, immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire, avait coulé dans le port en 2018.

Un premier juge chargé en 2020 de l'enquête avait jeté l'éponge après avoir inculpé l'ex-Premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres.


L'Iran a attaqué un pétrolier du Koweït à Dubaï, aucun blessé

L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
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  • L’Iran est accusé d’avoir attaqué par drone un pétrolier koweïtien au large de Dubaï, provoquant un incendie et des dégâts matériels, sans faire de victimes parmi les membres d’équipage
  • Cette attaque s’inscrit dans une escalade régionale depuis fin février, avec des frappes iraniennes contre des infrastructures du Golfe et un fort ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, impactant les marchés énergétiques mondiaux

KOWEIT: L'Iran a conduit une attaque "directe et malveillante" contre un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, aux Emirats arabes unis, sans faire de blessés, a rapporté mardi l'agence de presse koweïtienne.

Le pétrolier "était entièrement chargé au moment de l'incident. L'attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes", a écrit l'agence Kuna, citant la société pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation.

Il n'y a eu aucun blessé, de même source.

Les autorités de l'émirat ont confirmé qu'un pétrolier koweïtien avait été ciblé par un drone dans les eaux de Dubaï, ce qui a provoqué un incendie. Une équipe d'intervention est finalement venue à bout de l'incendie, ont-elles fait savoir un peu plus de deux heures après leur premier message sur X.

Les membres d'équipage du navire sont en sécurité, a ajouté le bureau de presse de Dubaï.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février par des frappes américano-israéliennes en Iran, Téhéran frappe régulièrement des infrastructures de pays du Golfe, et bloque en partie le détroit d'Ormuz par lequel transite en temps de paix environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le trafic y a chuté d'environ 95% depuis le début du conflit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Les répercussions se font sentir sur l'ensemble des marchés énergétiques mondiaux.


Liban/Finul: réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies mardi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence à la demande de la France après la mort de Casques bleus de la FINUL au Liban
  • Paris condamne fermement les tirs, appelle à protéger le personnel onusien et pointe des incidents impliquant Israël dans un contexte de tensions avec le Hezbollah

Nations unies, États-Unis: Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi à 10H00 (14H00 GMT) une réunion d'urgence demandée par la France après la mort de plusieurs Casques bleus au Liban, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé plus tôt dans la journée cette requête de la France à la suite des "incidents gravissimes subis par les Casques bleus de la Finul", la force de maintien de la paix de l'ONU au Liban.

La France "condamne avec la plus grande fermeté les tirs" qui ont causé dimanche et lundi la mort de trois Casques bleus de la Finul, a-t-il ajouté sur X.

Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.

Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.

"La France condamne également les graves incidents subis hier (dimanche) par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura", a ajouté le ministre français.

"Ces atteintes à la sécurité et ces intimidations de la part de soldats de l'armée israélienne à l'encontre de personnels onusiens sont inacceptables et injustifiables, d'autant plus que les procédures de déconfliction avaient été respectées", a-t-il estimé, soulignant que ces condamnations avaient "été signifiées avec la plus grande fermeté à l'ambassadeur d'Israël à Paris".

Jean-Noël Barrot a enfin exhorté toutes les parties à respecter la sécurité du personnel onusien.

Lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël à l'automne 2024, la Finul avait déjà accusé les troupes israéliennes de tirs "répétés" et "délibérés" sur ses positions.

La Finul est déployée entre le fleuve Litani et la frontière libano-israélienne, et son quartier général est installé à Ras al-Naqoura, près de la frontière avec Israël.

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue près de la ville frontalière d'Adchit Al Qusayr. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans "une explosion d'origine inconnue" près de Bani Hayyan, autre ville frontalière, et plusieurs autres ont été blessés.