Washington appelle à la «désescalade», la Turquie intervient militairement en Syrie

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Publié le Samedi 26 novembre 2022

Washington appelle à la «désescalade», la Turquie intervient militairement en Syrie

  • Erdogan a réaffirmé vendredi son objectif d'établir une «ceinture de sécurité d'Ouest en Est» le long de la frontière sud
  • La région de Kobane est la dernière à échapper au contrôle de l'armée turque déployée depuis 2019 le long de la frontière en territoire syrien

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan qui a lancé depuis dimanche une série de raids aériens sur le nord-est de la Syrie et des positions de combattants kurdes a réaffirmé vendredi son objectif d'établir une "ceinture de sécurité d'Ouest en Est" le long de la frontière sud.

Une telle zone engloberait de facto la ville emblématique de Kobane, reprise en 2015 par les Forces démocratiques syriennes (FDS, kurdes) aux jihadistes du groupe Etat islamique avec le soutien des Etats-Unis.

La région de Kobane est la dernière à échapper au contrôle de l'armée turque déployée depuis 2019 le long de la frontière en territoire syrien.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (indépendant), un calme relatif règnait vendredi dans le nord de la Syrie après une nuit paisible.

Les tirs d’artillerie turcs ont repris contre la seule province de Hassaké (nord-est), sans faire état de victimes, a indiqué l'OSDH à l'AFP.

"Avec la ceinture de sécurité que nous sommes en train de créer au-delà de nos frontières, nous défendrons les droits de millions de femmes et d'enfants innocents", a martelé M. Erdogan lors d'un discours à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'encontre des femmes.

"Si Dieu le permet, nous compléterons cette (zone) le long de toute notre frontière d'Ouest en Est dès que possible", a-t-il insisté.

Ankara a affirmé que l'attentat qui a fait six morts et 81 blessés au coeur d'Istanbul le 13 novembre avait été commandité depuis Kobane, ce que les Kurdes ont démenti.

Depuis six jours les bombardement aériens et les tirs d'artillerie se sont concentrés sur les zones où les autorités turques affirment viser des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de ses alliés des Unités de protection du peuple (YPG), composante dominante des FDS.

Tous ont nié leur implication.

Jeudi, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar s'est successivement entretenu avec l'ambassadeur américain et son homologue russe dont les deux pays avaient appelé Ankara à la "retenue".

De son côté, a rapporté la chaine de télévision privée NTV, M. Akar leur a rappelé l'accord passé en 2019 entre la Turquie, les Etats-Unis et la Russie, à l'issue d'une précédente offensive turque, prévoyant le retrait des YPG à 30 km de distance de la frontière.

Washington avait appelé mercredi soir à "une désescalade immédiate dans le nord de la Syrie", se disant "profondément préoccupés par les récentes actions militaires qui déstabilisent la région, menacent notre objectif commun de lutte contre l'Etat islamique et mettent en danger les civils et le personnel américain", selon le département d'Etat américain.

Le président turc, qui compte déclencher "le moment venu" une offensive terrestre, a désigné les localités syriennes de "Tal Rifat, Manbij, Ayn al-Arab [Kobané en kurde, NDLR]", afin de compléter sa zone de sécurité de 30 km de large le long de la frontière méridionale.

Cependant, outre une relative accalmie dans les frappes, le lancement de cette offensive au sol n'est pas escompté dans l'immédiat, a indiqué à l'AFP un responsable sous couvert d'anonymat.

Selon Abdulkadir Selvi, éditorialiste du quotidien Hürriyet et considéré comme très proche du chef de l'Etat, a également estimé cette semaine que l'armée turque devrait préalablement achever l'opération "Griffe refermée", en cours depuis avril contre des positions kurdes dans le nord de l'Irak.

"Après cela, il faudra lancer le compte-à-rebours de l'opération terrestre contre la Syrie. Cette fois, une opération beaucoup plus large est prévue" a-t-il assuré.


Visite du président libanais à Washington: le Hezbollah dénonce une «soumission» à un pouvoir étranger

Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
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  • Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais
  • Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud

BEYROUTH: Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère".

Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe une partie du sud du pays désignée comme "zone de sécurité" - sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

La formation pro-iranienne, qui s'oppose à l'accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n'avait "débouché sur aucun engagement américain" sur un retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, ni n'avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.

"Dans la série ininterrompue des concessions" du pouvoir, cette visite a révélé "l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère", a ajouté le Hezbollah.

Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l'armée israélienne contrôlait les abords.

Le chef de l'armée, Rodolphe Haykal, s'est rendu jeudi sur place où il "a passé en revue les mesures prises" afin de " garantir le retour en sécurité des habitants", selon un communiqué de l'armée.

Un photographe de l'AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d'accès aux habitants.

Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud.

L'ANI a rapporté une "forte explosion" dans la localité frontalière d'al-Tiri, l'attribuant à l'armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l'agence.

Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu'une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d'une précédente frappe, et blessé deux secouristes.


L'Iran menace de rétorsion tout pays «participant, coopérant ou aidant» les Etats-Unis dans leurs attaques 

Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
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  • "Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées"
  • L'Iran "se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran.

"Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées", a déclaré Abbas Araghchi, ajoutant que l'Iran "se réservait le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense", lors d'un discours au Kirghizistan à l'occasion d'une réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

 

 


Nouvelles frappes américaines en Iran, sirènes d'alerte au Bahreïn 

Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. (AFP)
Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. (AFP)
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  • Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, faisant état de la "13e nuit consécutive" de bombardements
  • Des médias d'Etat iraniens ont quant à eux rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz

TEHERAN: Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures puisque le stratégique détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les Houthis yéménites ont annoncé un blocus des navires d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Après avoir flambé jeudi, les cours refluaient légèrement vendredi en début d'échanges asiatiques, le Brent se maintenant autour du niveau de 100 dollars atteint la veille pour la première fois depuis mai, loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, faisant état de la "13e nuit consécutive" de bombardements.

Des médias d'Etat iraniens ont quant à eux rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz.

Face aux menaces sur la navigation dans la région, Donald Trump a affirmé jeudi soir que les fonds iraniens gelés aux Etats-Unis serviraient désormais à rembourser les dégâts sur les navires touchés dans le Golfe.

"A partir de maintenant, tous les dommages causés aux navires, à la cargaison ou à tout autre élément s'y rapportant, seront payés par l'argent iranien que les Etats-Unis ont en leur possession et contrôlent", a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social, sans fournir davantage de détails sur le mécanisme envisagé.

Une menace qualifiée quelques heures plus tard de "précédent incendiaire" par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans une publication sur X.