Des femmes conservatrices se joignent aux manifestations en Iran

Les manifestations des femmes ont secoué l'Iran depuis la mort d'Amini (Photo, AFP).
Les manifestations des femmes ont secoué l'Iran depuis la mort d'Amini (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 03 décembre 2022

Des femmes conservatrices se joignent aux manifestations en Iran

  • Le Canada impose de nouvelles sanctions au régime iranien
  • «Les manifestations en cours en Iran sont le début d'une révolution de la dignité», a signalé le directeur de l'IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam

DJEDDAH: Vendredi, dans la province iranienne du Sistan-Baloutchistan, des femmes vêtues de noir se sont jointes aux protestations nationales suscitées par la mort de Mahsa Amini.

Des vidéos en ligne montrent des dizaines de femmes dans les rues de la capitale provinciale, Zahedan, tenant des banderoles sur lesquelles on peut lire «Femme, vie, liberté», l'un des principaux slogans du mouvement de protestation qui a éclaté à la mi-septembre.

«Que ce soit avec le hijab ou sans, en avant pour la révolution», scandaient des femmes vêtues de tchador dans des vidéos postées sur Twitter.

Les protestations des femmes ont secoué l'Iran depuis la mort d'Amini, une Iranienne d'origine kurde de 22 ans, après son arrestation à Téhéran pour une infraction présumée au code vestimentaire du pays.

Les forces de sécurité ont tué au moins 448 manifestants, le bilan le plus lourd étant enregistré dans le Sistan-Baloutchistan, à la frontière sud-est de l'Iran avec l'Afghanistan et le Pakistan, selon Iran Human Rights (IHR), une organisation non gouvernementale basée à Oslo.

«C'est en effet rare», a déclaré le directeur de l'IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam, à propos des manifestations de femmes à Zahedan, où les hommes descendent dans la rue après la prière du vendredi depuis plus de deux mois.

«Les manifestations en cours en Iran sont le début d'une révolution de la dignité», a-t-il signalé.

«Les femmes et les minorités, qui ont été traitées pendant plus de quatre décennies comme des citoyens de seconde classe, ont le pouvoir, grâce à ces manifestations, de descendre dans la rue et de réclamer leurs droits humains fondamentaux», a-t-il ajouté.

Les femmes baloutches sont parmi les «plus opprimées» d'Iran et leurs protestations sont les plus grandes jusqu'à présent depuis que les manifestations ont éclaté dans tout le pays, a ajouté Amiry-Moghaddam.

Des dizaines d'hommes sont également descendus dans la rue vendredi, scandant «nous ne voulons pas d'un gouvernement tueur d'enfants», selon des images mises en ligne par des activistes. Dans une vidéo publiée par l'IHR, on voit les forces de sécurité ouvrir le feu à l'aide de chevrotine et de gaz lacrymogènes sur des manifestants masculins à Taftan, une localité du Sistan-Baloutchistan.

Un éminent religieux sunnite a déclaré qu'il était erroné d'accuser les manifestants de délits capitaux. Molavi Abdolhamid, une puissante voix sunnite dissidente dans ce pays dominé par les chiites, a souligné qu'il était erroné que le système judiciaire radical inculpe les manifestants de «moharebeh» — un terme signifiant «guerre contre Dieu » — une accusation passible de la peine de mort.

Entre-temps, le Canada a imposé des sanctions supplémentaires contre l'Iran en raison de son déni des droits des femmes et des filles et de la répression des manifestations pacifiques, a soutenu la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly.

Les dernières sanctions visent quatre personnes et cinq entités qui, selon Ottawa, sont liées aux «violations systématiques des droits de l'homme» et aux actions de Téhéran qui «menacent la paix et la sécurité internationales». Elle a ajouté que le Canada «ne restera pas les bras croisés alors que les violations des droits de l'homme commises par le régime augmentent en portée et en intensité contre le peuple iranien».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.