En Irak, des Iraniens divisés sur l'abolition de la police des mœurs

Des Iraniennes marchent dans une rue du centre de Téhéran (Photo, AFP).
Des Iraniennes marchent dans une rue du centre de Téhéran (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 05 décembre 2022

En Irak, des Iraniens divisés sur l'abolition de la police des mœurs

  • «Le slogan des manifestants, ce n'est pas la dissolution de la police des mœurs»
  • «La vraie demande, c'est l'élimination du régime»

ERBIL: "Duperie" ou abandon d'une règle religieuse? L'abolition de la police des mœurs par Téhéran a reçu dimanche un accueil mitigé chez des Kurdes d'Iran, réfugiés dans le nord de l'Irak, et chez des pèlerins iraniens, de passage dans le sud.

Alors que la République islamique est secouée depuis plus de deux mois par des manifestations qui ne faiblissent pas, le procureur général Mohammad Jafar Montazeri a annoncé samedi soir l'abolition de la police des mœurs, selon l'agence de presse Isna.

C'est cet organe qui avait arrêté le 13 septembre à Téhéran Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, en l'accusant de ne pas respecter le code vestimentaire de la République islamique, qui impose aux femmes le port du voile en public.

Sa mort en détention trois jours plus tard a déclenché les manifestations et sur les réseaux sociaux ont déferlé des vidéos montrant des femmes, fer de lance de la contestation, enlevant et brûlant leur foulard, en criant "Femme, vie, liberté".

L'annonce de Téhéran, interprétée comme un geste envers les manifestants, a suscité cependant la colère de Kurdes iraniens réfugiés au Kurdistan irakien (nord) depuis des décennies, certains en raison de leur opposition au régime iranien.

«Élimination du régime»

"Le slogan des manifestants, ce n'est pas la dissolution de la police des mœurs", assène Nachmil Abdi, vendeuse dans une boutique de chaussures pour femmes.

"La vraie demande, c'est l'élimination du régime", fustige la trentenaire arborant un chignon sage.

De son côté, la journaliste Soma Hakimzada, âgée de 32 ans, estime qu'avec cette mesure, "l'Iran a recours à la duperie".

"Je ne pense pas que les femmes apprécient cette annonce iranienne", accuse cette militante d'un parti de l'opposition kurde iranienne, née au Kurdistan irakien après que ses parents ont fui l'Iran.

Elle espère que cette annonce ne va pas "mettre un frein aux manifestations".

La répression des manifestations s'est traduite par l'arrestation de quelque 14.000 personnes, selon l'ONU. Les autorités iraniennes ont par ailleurs fait état de la mort de plus 300 personnes.

À Najaf, ville sainte chiite du sud de l'Irak, rares sont les pèlerins iraniens qui acceptent de parler politique.

"Si on veut avoir une police des mœurs, ça doit se faire par des paroles douces", plaide Wahid Sarabi, venu de la ville de Hamedan, dans l'ouest de l'Iran. Sinon, dit-il, "ils risquent de détester la religion".

"En Islam, il y a un principe qui s'appelle +ordonner le bien et empêcher le mal+", poursuit-il. "Cela doit se faire en guidant (les gens), pas par la coercition, ni en frappant ou en insultant", déplore l'homme à la barbe noire soigneusement taillée.

Younis Radoui, Iranien de 36 ans originaire de Machhad, laisse aux "spécialistes" le soin de parler de la police des mœurs.

Mais il estime toutefois que "la loi en République islamique impose le respect du hijab. Et donc tous les citoyens doivent respecter la loi et le hijab".


Le Cabinet saoudien réaffirme son soutien total à la stabilité et à la sécurité de l’Irak

Le roi Salmane préside la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres au palais d’Irqah à Riyad (Photo, SPA).
Le roi Salmane préside la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres au palais d’Irqah à Riyad (Photo, SPA).
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  • La présidence du Royaume à l’Organisation de coopération numérique jusqu’en 2030 a été saluée
  • Les conférences majeures organisées cette semaine ont pour but de renforcer le rôle de premier plan du pays sur la scène mondiale

RIYAD: Mardi, le Cabinet saoudien a exprimé son soutien aux efforts du gouvernement irakien pour parvenir à une croissance et une prospérité durables pour son peuple.

Au début de la réunion, présidée par le roi Salmane au palais d’Irqah à Riyad, les ministres ont été informés des récents entretiens entre l’Arabie saoudite et plusieurs autres pays. Ceux-ci ont été organisés pour assurer le développement, la coopération et la stabilité aux niveaux régional et mondial.

Selon le ministre d’État et ministre des Médias par intérim, Issam ben Saad ben Saïd, le Cabinet a examiné plusieurs rapports sur les conférences régionales et internationales tenues par l’Arabie saoudite au cours de la semaine. Il a souligné que ces événements ont été organisés pour garantir des partenariats et des investissements qui renforceraient le rôle de premier plan du pays sur la scène mondiale.

Le Cabinet a également salué l’élection de l’Arabie saoudite à la présidence du conseil exécutif de l’Organisation de coopération numérique, poste qu’elle occupera jusqu’en 2030. Cela témoigne du rôle de pionnier que joue le Royaume dans le domaine de la technologie et de l’économie numérique, et contribuera à l’établissement de relations et de pactes mutuellement bénéfiques avec les États membres, afin de garantir un avenir numérique prometteur pour tous.

Les ministres ont par ailleurs discuté des derniers développements régionaux et internationaux, et ont réitéré le soutien de l’Arabie saoudite aux nations touchées par les tremblements de terre de lundi, qui ont fait des morts, des blessés et des disparus.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Football: victoire historique d'Al Hilal qui se qualifie en finale du Mondial des clubs

Les joueurs de Hilal célèbrent leur victoire lors de la demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA entre le Brésilien Flamengo et Al-Hilal saoudien au stade Ibn Batouta de Tanger le 7 février 2023. (Photo, AFP)
Les joueurs de Hilal célèbrent leur victoire lors de la demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA entre le Brésilien Flamengo et Al-Hilal saoudien au stade Ibn Batouta de Tanger le 7 février 2023. (Photo, AFP)
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  • Réduits à dix lors de la seconde période, les Brésiliens ont tenté de renverser la tendance. Cependant, ils ont buté sur le bloc défensif saoudien qui ne laissait rien passer
  • Grâce à cette victoire historique, Al-Hilal devra défaire soit Al-Ahly, soit le mythique Real Madrid afin de remporter la finale

TANGER: C’est fait! Les Saoudiens d’Al-Hilal se qualifient pour la finale de la Coupe du monde des clubs, pour la première fois de leur histoire. Face aux Brésiliens de Flamengo et devant un public acquis à leur cause, les joueurs d’Al-Hilal ont enchanté le stade Ibn Batouta de Tanger (3-2).

À peine quatre minutes après le coup d’envoi, les Saoudiens d’Al-Hilal trouvent le chemin des filets grâce à un penalty transformé par Salem al-Dawsari. 

Malgré ce retard, les joueurs de Flamengo ont continué à pousser jusqu’au but de l'égalisation de Pedro Guilherme (20’). 

Lors du temps additionnel, Al-Hilal bénéficie d’un second penalty, à la suite d’une action litigieuse qui verra l’expulsion de Gerson Santos.

C’est Salem al-Dawsari qui se chargera de tirer ce penalty, qui le transformera également, signant par la même occasion un doublé.

Réduits à dix lors de la seconde période, les Brésiliens ont tenté de renverser la tendance dès les premiers instants. Cependant, ils ont buté sur bloc défensif saoudien qui ne laissait rien passer.

À la 70e minute, à la suite d’une contre-attaque rapide, Luciano Vietto scelle le sort de cette demi-finale en inscrivant un troisième but pour Al-Hilal (3-1).

À quelques minutes de la fin de la rencontre, Flamengo réduit le score grâce à une seconde réalisation de Pedro Guilherme (3-2).

Suite à cette victoire historique, Al-Hilal devra défaire soit Al-Ahly, soit le mythique Real Madrid afin de remporter la finale

 


Trois familles yéménites ensevelies sous les décombres à la suite du séisme en Turquie

Des secouristes évacuant une personne d'un bâtiment qui s’est effondré après le tremblement de terre à Malatya, en Turquie, le 6 février 2023. (Reuters)
Des secouristes évacuant une personne d'un bâtiment qui s’est effondré après le tremblement de terre à Malatya, en Turquie, le 6 février 2023. (Reuters)
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  • Aucun décès n'a été signalé parmi les 300 Yéménites vivant en Turquie dans des centres touchés par le tremblement de terre
  • L'ambassade du Yémen et l’Union des étudiants ont mis en place des installations et des numéros d'urgence

AL-MUKALLA: Les secouristes tentent désespérément de retrouver trois familles yéménites ensevelies sous les décombres à la suite du tremblement de terre, dans une ville du sud de la Turquie, ont annoncé mardi les autorités.

La catastrophe qui a provoqué lundi la mort de milliers de personnes en Syrie et en Turquie a également fait au moins 50 blessés yéménites et détruit leurs maisons.

Un porte-parole de l'Union des étudiants du Yémen en Turquie, Anas al-Mazabi, a affirmé à Arab News qu'une femme avait été extraite des décombres d’un immeuble alors que les secouristes poursuivaient leurs tentatives pour sauver trois familles yéménites ensevelies sous les décombres à Malatya, dans le sud du pays.

Aucun décès n'a été signalé parmi les 300 Yéménites vivant dans des centres touchés par le tremblement de terre en Turquie.

L'ambassade du Yémen et l’Union des étudiants ont mis en place des installations et des numéros d'urgence, et ont demandé aux Yéménites de signaler tout parent ou ami porté disparu.

Al-Mazabi a affirmé qu'un centre d'opérations spéciales suivait les informations et maintenait le contact avec les Yéménites piégés dans les régions dévastées par le tremblement de terre.

Une équipe de secours a été envoyée dans la province de Hatay et une équipe d'évacuation à Iskenderun, pour aider les Yéménites, a-t-il ajouté.

Les numéros d’urgence ont été submergés d'appels de Yéménites désespérés, en Turquie et au Yémen, à la recherche de parents et d'amis après que les régions touchées par le tremblement de terre ont connu des coupures d'Internet et de téléphones portables.

«Nous avons tenté de les réconforter et leur avons dit que si leurs enfants ne répondaient pas, c'est parce que les communications avaient été interrompues et que cela ne signifiait pas qu’ils se trouvaient dans une mauvaise situation», a indiqué Al-Mazabi.

Les médias officiels yéménites ont affirmé que Rashad al-Alimi, président du Conseil de direction présidentiel, ainsi que d'autres membres du conseil avaient téléphoné à l'ambassadeur du Yémen en Turquie, Mohammed Saleh, pour faire le point sur la situation des Yéménites et lui avaient demandé d'offrir toute l'aide nécessaire.

Des milliers de Yéménites, dont des politiciens, des chefs de tribus, du personnel militaire et des journalistes, ont fui vers la Turquie et les pays voisins après que les Houthis soutenus par l'Iran ont pris le contrôle du Yémen en 2014.

Des centaines d'étudiants yéménites sont inscrits dans des institutions turques à travers le pays.

Par ailleurs, Al-Alimi a réitéré l'engagement de son conseil à aider une mission de l'ONU en vue d’établir la paix au Yémen et à obtenir un accord global visant à mettre fin à la guerre.

Lors d'une réunion à Aden avec l'envoyé de l'ONU au Yémen, Hans Grundberg, Al-Alimi a appelé à une plus grande pression internationale sur les Houthis pour qu'ils se conforment aux efforts visant à mettre fin à la guerre.

Grundberg a atterri dans la ville mardi alors qu'il se lançait dans une nouvelle mission pour faire pression en vue d’un renouvellement de la trêve négociée par l'ONU qui s'est délitée en octobre, ainsi que pour persuader les factions yéménites d'adhérer à un accord de paix.

L'arrivée de l'envoyé de l'ONU au Yémen fait suite à une visite qu’il a effectuée à Riyad, où il a discuté des efforts de paix et des opérations économiques et humanitaires avec le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Jasem al-Budaiwi, et l'ambassadeur saoudien au Yémen, Mohammed al-Jabir.

Les tentatives de rétablissement de la paix au Yémen ont subi un coup dur en octobre lorsque les Houthis ont refusé de prolonger la trêve négociée par l'ONU ou d'ouvrir des routes vers la ville assiégée de Taïz.

La milice a également lancé des attaques de drones contre des installations pétrolières dans le sud du Yémen pour tenter de forcer le gouvernement yéménite à partager les bénéfices provenant du pétrole et à payer les fonctionnaires dans les régions sous son contrôle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com