L'application de sécurité de l'Arabie saoudite intègre le harcèlement et d'autres crimes

L’application « Kolonna Amn » (La sécurité, c'est nous tous) reçoit de nouvelles mises à jour. (Capture d'écran).
L’application « Kolonna Amn » (La sécurité, c'est nous tous) reçoit de nouvelles mises à jour. (Capture d'écran).
Short Url
Publié le Jeudi 19 novembre 2020

L'application de sécurité de l'Arabie saoudite intègre le harcèlement et d'autres crimes

  • De nouveaux cyber crimes qui ont été ajoutés à l'application Kolonna Amn pour aider les forces de l'ordre à lutter contre toutes sortes de crimes de manière efficace
  • Les experts saluent le recours à la technologie utile pour renforcer la sécurité dans le Royaume

LA MECQUE :  Le département de la sécurité publique d'Arabie Saoudite a introduit une nouvelle version de son application « Kolonna Amn » (La sécurité, c'est nous tous) dotée de fonctionnalités supplémentaires telles que le signalement des cas de harcèlement, de trafic de personnes et de cyber-crime.

Selon les experts, l'inclusion de ces crimes dans l'application exercera un effet de dissuasion.

Le Dr Abdullah ben Mohammed Al-Fawzan, sociologue et secrétaire général du Centre du Roi Abdel Aziz pour le dialogue national (KACND), souligne que chaque société détient un système de valeurs qui lui est propre.

« Tout système politique se doit de protéger ce système de valeurs ainsi que les personnes et de les empêcher de porter atteinte aux droits des autres citoyens », a-t-il confié à Arab News.

Parmi les cybercrimes figurent l'atteinte à la vie privée des individus, l'usurpation d'identité, le chantage, le piratage de comptes de médias sociaux, la diffamation, la fraude, les abus verbaux et le harcèlement. Quant aux crimes de traite des êtres humains, ils incluent notamment les travaux forcés, le trafic de sexe, la mendicité, le transport et la contrebande d'étrangers, ainsi que d'autres pratiques comme l'esclavage et le trafic d'organes.

Khaled Abou Rashed, avocat saoudien, explique que le fait d'ajouter ces crimes à l'application est une décision particulièrement importante.

Selon lui, il faut signaler sans délai tout crime commis pour que les autorités prennent des actions contre leurs auteurs.

M. Abou Rashed précise que « le harcèlement, par exemple, se fait en quelques secondes et il est difficile à prouver. Cependant, enregistrer et signaler l'incident est une étape importante sur le plan judiciaire pour défendre les droits des victimes ».

D'après M. Al-Fawzan, les nouveaux crimes qui ont été ajoutés à l'application aideront les forces de l'ordre à lutter contre toutes sortes de crimes de manière efficace, ce qui contribuera à rendre la société plus sûre.

Se félicitant de l'inclusion du harcèlement dans l'application, il estime que pour combattre ce crime, nous devons sensibiliser les gens et promulguer des lois précises qui définissent le terme « harcèlement » ainsi que toutes les actions qui relèvent du harcèlement.

« C'est une violation des droits d'un individu qui vit en paix », ajoute-t-il.

Par ailleurs, le sociologue confie que la société saoudienne traverse une période de changements dramatiques sur le plan social. Le rythme rapide de ce développement exige que de nouvelles lois soient adoptées pour gérer les situations qui se présentent dans un contexte de transformation rapide.

M. Al-Fawzan a exhorté tous les acteurs à sensibiliser davantage aux crimes tels que le harcèlement, l'atteinte à la vie privée et la traite des personnes.

Selon lui, des sujets spécifiques pourraient être introduits dans les programmes d'enseignement, les campagnes médiatiques concertées et les sermons religieux afin de sensibiliser à ces problèmes.

Pour le secrétaire général du KACND, les transgresseurs ne seront pas épargnés s'ils ignorent les règles et les règlements.

M. Al-Fawzan affirme que « les gens doivent savoir que certains comportements peuvent entraîner des sanctions ».

Les nouvelles fonctionnalités permettront aux agences de sécurité de réagir promptement et d'arrêter les contrevenants, selon lui. « Cela constitue un usage optimal de la technologie pour enrayer la propagation de la criminalité ».

M. Abou Rashed rappelle que la Charia islamique protège les droits de tous les membres de la société.

« La liberté n'est pas sans limites et elle ne justifie pas l'empiètement sur les droits d'autrui ni l'abus verbal ou physique », explique l'avocat saoudien. Et d'ajouter que la peine pour harcèlement peut aller jusqu'à deux ans de prison avec une amende. Dans certains cas, elle peut même aller jusqu'à cinq ans de prison, sans oublier que les contrevenants seront nommés et désignés pour dissuader les autres de commettre des infractions similaires.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


La Syrie a reçu des céréales ukrainiennes volées, selon l'ambassade d'Ukraine

Le Razoni, navire transportant la première cargaison de céréales exportée d'Ukraine (Photo, AFP).
Le Razoni, navire transportant la première cargaison de céréales exportée d'Ukraine (Photo, AFP).
Short Url
  • Un navire syrien, le Laodicée, a été brièvement immobilisé au Liban après des allégations selon lesquelles il transportait des céréales ukrainiennes
  • L'Ukraine accuse régulièrement la Russie de saccager et piller des entrepôts de céréales après l'invasion de son territoire par l'armée russe

BEYROUTH: Un navire russe transportant des céréales ukrainiennes volées est arrivé en Syrie, a affirmé jeudi l'ambassade d'Ukraine au Liban, après que plusieurs céréaliers ont fait polémique en accostant dans le pays en guerre.

L'Ukraine accuse régulièrement la Russie de saccager et piller des entrepôts de céréales après l'invasion de son territoire par l'armée russe.

Le régime de Bachar al-Assad en Syrie est un grand allié de Moscou.

"Selon nos informations, le SV KONSTANTIN a accosté en Syrie", a rapporté l'ambassade d'Ukraine à l'AFP à Beyrouth, "avec à bord des céréales volées et transportées illégalement par les forces d'occupation russes".

Cette cargaison était initialement destinée au port libanais de Tripoli, a ajouté l'ambassade, sans préciser le port syrien où le SV KONSTANTIN a accosté.

Un autre navire a déchargé jeudi sa cargaison au port syrien de Tartous géré par une compagnie russe, selon Samir Madani, co-fondateur du site TankerTrackers.com.

Le Razoni, sous pavillon sierra-léonais, transporte la première cargaison de céréales autorisée à quitter l'Ukraine grâce à un accord avec les Nations unies et la Turquie qui a permis de lever le blocus de la Russie.

Il devait lui aussi aller au Liban avant de se dérouter vers Tartous cette semaine avec ses 26.000 tonnes de maïs, a précisé sur Twitter M. Madani. Les images satellitaires l'on montré en train de décharger.

Début août, un navire syrien, le Laodicée, a été brièvement immobilisé au Liban après des allégations selon lesquelles il transportait des céréales ukrainiennes volées.

Il avait finalement pu repartir vers la Syrie au grand dam de l'Ukraine qui s'était dite "déçue" par cette décision.

La Syrie et la Russie sont alliées depuis des décennies mais les liens se sont sensiblement renforcés à la faveur du conflit syrien et de l'intervention militaire de Moscou à partir de 2015 au côté du régime de Bachar al-Assad.

Moscou n'a apporté qu'une aide économique modeste à son allié syrien mais le fournit régulièrement en céréales.


En Syrie, la solitude du gardien de la citadelle Al-Marqab

L'iconographie chrétienne à l'intérieur du château d'al-Marqab (Photo, AFP).
L'iconographie chrétienne à l'intérieur du château d'al-Marqab (Photo, AFP).
Short Url
  • La citadelle Al-Marqab surplombant la côte méditerranéenne accueillait des milliers de touristes
  • Connue en particulier pour son imposant donjon, la citadelle comprend un musée et les vestiges d'une église

BANIYAS: Avant le début de la guerre en Syrie, la citadelle Al-Marqab surplombant la côte méditerranéenne accueillait des milliers de touristes. Aujourdhui, seul son gardien déambule dans cette place forte millénaire.

"Des jours et des semaines passent sans que je ne vende un seul billet (...) C'est comme ça depuis le déclenchement de la guerre" en 2011, déplore Younes Dayoub, le gardien de cette citadelle médiévale, située dans la région de Tartous (nord-ouest).

Dans une cahute en bois, cet homme de 49 ans explique à l'AFP qu'il lui arrive de vendre des tickets à des touristes mais ils se font très rares.

Désormais, il passe son temps à siroter du thé et à contempler la côte, se rappelant de l'époque d'avant-guerre, lorsque l'édifice, construit avec de la roche volcanique noire, était plein de visiteurs venus de Syrie et de l'étranger.

Située à cinq kilomètres de la ville de Banias sur une petite montagne entourée d'un immense fossé, la forteresse a été érigée en 1062. Elle a été notamment sous le contrôle de l'Empire byzantin, de l'Ordre des Hospitaliers et des Mamelouks.

Connue en particulier pour son imposant donjon, la citadelle comprend un musée et les vestiges d'une église.

Pour tuer l'ennui, M. Dayoub erre entre ses murailles.

"Des années de guerre, la pandémie de Covid-19, les pénuries de carburant (...) Tout cela a eu un impact sur le tourisme", explique-t-il.

Le conflit en Syrie, qui a fait environ 500.000 morts et dévasté le pays, a porté un coup dur au tourisme, auparavant un des principaux secteurs de l'économie.

Une grande partie des Syriens vit désormais sous le seuil de pauvreté de l'ONU, faisant du tourisme une activité de luxe.

La citadelle d'Al-Marqab, quasi millénaire, a été relativement épargnée par le conflit puisqu'elle n'a été touchée que par quelques obus et balles en 2011.

"Je me sens seul ici, et je n'ai pas d'amis à part ces hauts murs silencieux", regrette M. Dayoub en fermant la porte du château derrière lui à la fin de sa journée.

"Lorsque l'activité reviendra à la normale, je me suis promis de laisser entrer les visiteurs (...) à mes frais pendant une semaine (...) J'espère que ce jour viendra bientôt".

Tourisme: Préserver la relance
Par Abdelkrim Dermech -
Dix-sept morts après des frappes turques dans le nord de la Syrie
Par AFP -

Une équipe de secours sauve la vie d’un homme perdu dans les montagnes

Un Soudanais perdu dans les montagnes, près d’Al-Khasra, a été secouru par l’équipe de bénévoles Wassem. (Photo, AN)
Un Soudanais perdu dans les montagnes, près d’Al-Khasra, a été secouru par l’équipe de bénévoles Wassem. (Photo, AN)
Un Soudanais perdu dans les montagnes, près d’Al-Khasra, a été secouru par l’équipe de bénévoles Wassem. (Photo, AN)
Un Soudanais perdu dans les montagnes, près d’Al-Khasra, a été secouru par l’équipe de bénévoles Wassem. (Photo, AN)
Short Url
  • La famille a alerté la police et les bénévoles sur la situation de l’homme soudanais disparu, qui a été retrouvé juste à temps
  • L’homme a été localisé par l’équipe de bénévoles Wassem, qui dispose de voitures et de parapentes spécialement équipés pour être utilisés dans la région de Wadi al-Dawasir

RIYAD: Un Soudanais perdu dans les montagnes près de la ville d’Al-Khasra, à 320 kilomètres au sud-ouest de Riyad, a été secouru par l’équipe de bénévoles Wassem.

L’équipe, qui dispose de voitures et de parapentes spécialement équipés pour être utilisés dans la région de Wadi al-Dawasir, a lancé une vaste opération de recherche pour retrouver le Soudanais disparu. Elle est parvenue à le retrouver et à le secourir avant qu’il ne succombe à la chaleur ou à la déshydratation.

«Après avoir été contactés par la famille de l’homme disparu, qui nous a fourni une lettre officielle de la police, nous nous sommes rendus sur place. Dieu merci, en moins d’une heure, nous avons retrouvé l’homme, qui était en mauvais état, et nous l’avons secouru et mis en sécurité», a raconté à Arab News Abou Abbas, un membre de l’équipe. 

«Nous pouvons considérer que nous avons réussi car dans certains cas, des gens sont retrouvés morts. Nous avons eu un tel cas hier.» 

image 4
L’homme soudanais a été secouru par l’équipe de bénévoles Wassem. (Photo, AN)

L’histoire et les vidéos de l’opération de recherche et de sauvetage ont été partagées par des utilisateurs de réseaux sociaux et par les grands médias, ce qui a suscité des éloges à l’égard des bénévoles.

M. Abbas a conseillé aux personnes qui veulent se rendre dans les montagnes ou dans le désert de télécharger des applications de navigation sur les appareils intelligents qui fonctionnent en dehors de la couverture des réseaux mobiles, via des satellites, avant de voyager.

image 4
L’équipe de bénévoles Wassem utilise des parapentes. (Photo, AN)

«Avant toute sortie, surtout si elle a lieu en dehors de la couverture des réseaux (mobiles), la personne doit faire savoir à sa famille où elle va et combien de temps elle va rester dans le désert. Ensuite, elle vérifie son véhicule et tout ce dont elle a besoin. Par précaution, si elle souhaite prolonger le nombre de jours, elle doit également prévoir de la nourriture et de l’eau pour une durée supérieure à celle de son séjour.»

L’équipe de bénévoles a été créée il y a deux ans et, à ce jour, plus de 120 personnes portées disparues ou en détresse ont été secourues grâce à leur aide et à celle d’autres bénévoles de la région.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com