Un pont après l'autre, Biden soigne son image de bâtisseur

Mercredi, le président américain se rend dans le Kentucky, Etat du centre-est qui vote résolument à droite à la présidentielle depuis 2000, pour vanter un grand chantier financé par une pharaonique loi d'infrastructures qu'il a portée, et qui avait récolté quelques voix républicaines au Congrès. (AFP)
Mercredi, le président américain se rend dans le Kentucky, Etat du centre-est qui vote résolument à droite à la présidentielle depuis 2000, pour vanter un grand chantier financé par une pharaonique loi d'infrastructures qu'il a portée, et qui avait récolté quelques voix républicaines au Congrès. (AFP)
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Publié le Mercredi 04 janvier 2023

Un pont après l'autre, Biden soigne son image de bâtisseur

  • L'Etat fédéral va engager plus de 1,6 milliard de dollars pour doubler un pont vieillissant et très fréquenté qui relie le Kentucky à l'Etat voisin de l'Ohio
  • Le Kentucky se trouve par ailleurs être le fief du chef de file de l'opposition républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui sera du voyage avec le président mercredi

WASHINGTON: Alors que le parti républicain se lézarde, Joe Biden soigne son image de bâtisseur, capable de construire des ponts bien réels et de jeter des passerelles politiques, tout en entretenant le suspense sur une nouvelle candidature à la Maison Blanche.

Mercredi, le président américain se rend dans le Kentucky, Etat du centre-est qui vote résolument à droite à la présidentielle depuis 2000, pour vanter un grand chantier financé par une pharaonique loi d'infrastructures qu'il a portée, et qui avait récolté quelques voix républicaines au Congrès.

L'Etat fédéral va engager plus de 1,6 milliard de dollars pour doubler un pont vieillissant et très fréquenté qui relie le Kentucky à l'Etat voisin de l'Ohio.

Une parfaite métaphore pour Joe Biden, qui s'est promis de reconstruire les infrastructures décaties de la première puissance mondiale mais aussi de refonder le dialogue entre camp démocrate et parti conservateur, laissé en ruines ou presque après la présidence du républicain Donald Trump.

Ce projet de pont "montre que nous pouvons faire de grandes choses pour le pays lorsque nous travaillons ensemble", en dépassant les clivages partisans, a dit mardi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.

Loin d'infliger à Joe Biden le cuisant désaveu promis lors des récentes élections de mi-mandat, la droite en est sortie profondément divisée, tiraillée entre les partisans très virulents de Donald Trump et les parlementaires plus modérés. Les élus républicains n'ont pas réussi mardi à se mettre d'accord pour élire le nouveau président de la Chambre des représentants, où ils disposent pourtant d'une - fine - majorité.

Trumpistes contre centristes 

Ce sont des représentants de l'aile plus centriste qui ont permis à Joe Biden de faire adopter en novembre 2021 une enveloppe de quelque 1.200 milliards de dollars pour les ponts, routes, réseaux d'eau et d'internet des Etats-Unis.

L'exécutif américain a décrit cette loi comme le plus grand investissement dans les infrastructures depuis la mise en chantier des autoroutes américaines dans les années 1950.

Le Kentucky se trouve par ailleurs être le fief du chef de file de l'opposition républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui sera du voyage avec le président mercredi.

Dans un climat politique américain désormais empoisonné, Joe Biden a toujours, depuis son arrivée à la Maison Blanche, vanté sa bonne relation avec ce ténor républicain, née dans les travées du Sénat qu'il a lui-même fréquentées pendant des décennies.

"Mitch, je ne veux pas salir ta réputation, mais nous sommes amis", lui avait lancé le président américain lors d'un discours l'an dernier. "Tu es un homme qui tient parole, tu es un homme d'honneur".

Joe Biden, qui avait fait campagne en 2020 sur un message de réconciliation, avait durci le ton contre les républicains, et notamment les plus extrêmes d'entre eux, avant les élections de mi-mandat de début novembre.

Mais à présent que ce scrutin est derrière lui, et qu'il en sort presque renforcé, le président américain a renoué avec son message d'unité.

Reste à savoir s'il le scandera également pour une nouvelle candidature en 2024: le président américain a promis de dire en ce début d'année 2023 si oui ou non il demanderait aux Américains de le réélire. Et donc de lui confier les clés de la Maison Blanche jusqu'à ses 86 ans.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.