Les pénuries de médicaments: un phénomène complexe qui va durer

L'amoxicilline, un antibiotique largement prescrit chez les enfants, est touché par les pénuries au point que l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a autorisé récemment certaines pharmacies à en fabriquer, tandis que les laboratoires augmentent leur production. (AFP)
L'amoxicilline, un antibiotique largement prescrit chez les enfants, est touché par les pénuries au point que l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a autorisé récemment certaines pharmacies à en fabriquer, tandis que les laboratoires augmentent leur production. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Les pénuries de médicaments: un phénomène complexe qui va durer

  • Les questions de pénurie sont devenues particulièrement visibles avec la pandémie, certaines molécules essentielles, comme les curares, venant à manquer dans les hôpitaux
  • Les spécialistes du secteur pointent du doigt le modèle économique, qui fait que les gros laboratoires se sont désengagés au fur et à mesure des molécules anciennes, moins rentables économiquement que des nouveaux produits

PARIS: Des pénuries d'analgésiques, des antibiotiques qui viennent à manquer, des pharmacies qui se mettent à en fabriquer: les tensions sur les médicaments pourraient durer et concernent en réalité beaucoup de traitements. Le point sur un phénomène mondial.

Quels médicaments concernés?

L'amoxicilline, un antibiotique largement prescrit chez les enfants, est touché par les pénuries au point que l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a autorisé récemment certaines pharmacies à en fabriquer, tandis que les laboratoires augmentent leur production.

Le paracétamol est aussi en tension, notamment sous sa forme pédiatrique. Mais si ces deux médicaments ont fait la une de l'actualité, toutes les classes de médicaments sont concernées par les ruptures de stock ou tensions d'approvisionnement, selon l'ANSM, dont par exemple les corticoïdes. Trois types de médicaments dits "à intérêt thérapeutique majeur" sont plus particulièrement exposées: les anti-infectieux, les médicaments du système nerveux (antiparkinsoniens, antiépileptiques) et ceux du système cardiovasculaire.

Un phénomène récent?

Les questions de pénurie sont devenues particulièrement visibles avec la pandémie, certaines molécules essentielles, comme les curares, venant à manquer dans les hôpitaux. Toutefois, le phénomène dure depuis des années, fruit de décennies de mondialisation, qui ont concentré la production des principes actifs dans quelques pays asiatiques, Chine et Inde en tête.

Le problème s'aggrave néanmoins. En 2021, l'ANSM a reçu 2.160 signalements de ruptures de stock et de risque de ruptures, contre 405 en 2016, 1.504 en 2019 (et près de 2.500 en 2020, au coeur de la pandémie).

Yann Mazens, qui suit le sujet au sein du réseau d'usagers France Assos Santé, cite notamment le cas du BCG par voie intravésicale, utilisé dans les tumeurs de la vessie. "Il s'agit d'un médicament qui a connu une pénurie en 2016/2017, et ces tensions sont de retour", déplore-t-il: "En arrière fond de ce sujet, il y a des pertes de chance pour les patients", expose-t-il, citant des ablations de la vessie effectuées "à défaut de médicaments disponibles".

Un problème général?

Les tensions sont loin d'être cantonnées à la France. Etats-Unis, Canada, Australie ont eux aussi tiré la sonnette d'alarme sur les pénuries d'amoxicilline. L'Allemagne connaît des pénuries sur toute une gamme de médicaments, entre autres des sirops antipyrétiques et des analgésiques. Le ministère de la Santé britannique a également reconnu mi-décembre une pénurie de certains antibiotiques utilisés pour traiter les infections aux streptocoques A.

Même les pays gros producteurs de principes actifs sont concernés. La Chine a ainsi réquisitionné fin décembre la production de certaines entreprises pharmaceutiques, au moment où des millions de Chinois peinent à obtenir des médicaments de base pour se soigner face à une vague sans précédent de Covid-19.

Les spécialistes du secteur pointent du doigt le modèle économique, qui fait que les gros laboratoires se sont désengagés au fur et à mesure des molécules anciennes, moins rentables économiquement que des nouveaux produits. En juin 2020, un rapport sénatorial sur le sujet a été publié en France: il indiquait ainsi que les ruptures de stock concernaient peu les nouveaux médicaments, plus onéreux.

Pour quelles solutions?

Les autorités sanitaires françaises ont mis en place plusieurs mesures en fonction des médicaments en tension. Cela passe notamment par l'identification de spécialités pouvant se substituer à la spécialité pharmaceutique en défaut, ou par l'interdiction de l'exportation de certaines spécialités par les distributeurs.

Depuis 2022, les laboratoires pharmaceutiques français vont encourir des sanctions plus lourdes qu'auparavant s'ils n'ont pas pris de mesures suffisantes contre la pénurie de certains traitements. Il faut dire que le nombre de sanctions est rare: aucune en 2021, trois sanctions en 2022, rappelle France Assos Santé.

Plus largement, les spécialistes du secteur plaident pour la relocalisation en Europe de certaines molécules... à condition de trouver un modèle économique qui fonctionne.


Un défilé «massif» et européen pour le dernier 14-Juillet d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
Short Url
  • Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin"
  • Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu

PARIS: Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens.

Près de 6.700 troupes à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules: jamais autant de militaires n'auront défilé sur les Champs-Elysées afin d'illustrer "le réarmement de la France, l'autonomie stratégique de la France et le réveil stratégique européen", selon l'Elysée.

Au lendemain d'un nouveau sommet dans la capitale française des 37 pays de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine, la France met à l'honneur des contingents de chacun de ces pays -500 défilants au total- ainsi que 25 militaires ukrainiens qui défileront à leur suite.

Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin", alors que la Russie menace la sécurité du continent et que les Etats-Unis de Donald Trump sont perçus comme imprévisibles.

Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive. "Une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre", a réagi lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que 24 chefs d'Etat ou de gouvernement européens, parmi lesquels l'Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer, le Polonais Donald Tusk ou encore la Danoise Mette Frederiksen, doivent assister au défilé.

"Le message que nous envoyons au monde est le suivant: oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a déclaré le chef de l'Etat lors de son traditionnel discours aux Armées à la veille de la fête nationale.

"Signalement stratégique" 

Le défilé sera ouvert par la Patrouille de France suivie de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France. Des avions de dix pays européens y participeront également.

Pour son dernier défilé en tant que chef des Armées, Emmanuel Macron, qui avait invité le président américain Donald Trump pour son premier en 2017, entend aussi montrer la remontée en puissance des armées sous sa présidence, au cours de laquelle le budget de défense aura doublé.

"L'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera", a-t-il fait valoir lundi.

La loi de programmation militaire, dont l'actualisation a été approuvée le 1er juillet par le Parlement, prévoit 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030, soit 36 milliards de plus que dans sa version adoptée en 2023.

Selon l'Elysée, "il faut concevoir ce défilé comme un signalement stratégique, c'est-à-dire un message que la France envoie, celui d'armées puissantes qui sont capables d'entrer en premier dans un conflit, de combattre".

La France entend donc montrer ses muscles avec des avions qui voleront au-dessus des Champs-Elysées avec des maquettes d'armements sous les ailes, une première pour un 14-Juillet, ou encore des hélicoptères qui défileront "au-dessus des chars, de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille", explique-t-on à l'Elysée, qui entend montrer "une armée modernisée prête au combat".

Au cours du défilé seront également mis à l'honneur les militaires français déployés sur le flanc Est de l'Europe, notamment en Estonie et en Roumanie, ainsi que la Marine nationale qui célèbre ses 400 ans.


14 juillet : dans un Golfe en transformation, la France mise sur des partenariats de long terme

De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
Short Url
  • Les pays du Golfe redéfinissent leurs partenariats autour de la sécurité, de l’innovation et de la création de valeur à long terme, au-delà des seuls échanges commerciaux
  • La France, grâce à son ancrage historique et à une coopération diversifiée, reste un partenaire stratégique pour des pays comme Oman et les Émirats arabes unis

DUBAÏ: Le 14 juillet ne se limite pas à la célébration de l’histoire et des valeurs françaises. Il offre aussi un regard sur la place de la France auprès de ses partenaires internationaux. Dans le Golfe, où les équilibres économiques et géopolitiques évoluent rapidement, les attentes en matière de coopération changent. Les États de la région ne recherchent plus uniquement des fournisseurs ou des investisseurs, mais des partenaires capables de s’inscrire dans la durée.

Sécurité, diversification économique, innovation technologique, souveraineté industrielle et développement des compétences sont désormais au cœur des relations entre les pays du Golfe et leurs partenaires internationaux. Dans un environnement régional en mutation rapide, les questions de défense et de sécurité sont de plus en plus liées aux enjeux économiques.

La relation entre la France et Oman illustre cette évolution. Pour Lionel Rabin, fondateur et Managing Director de Haltiqa – Bridging Energies et président du Oman–France Joint Business Council, « la relation avec la France illustre ce qui définit aujourd’hui un partenariat stratégique de long terme : la confiance, la continuité et la capacité à contribuer concrètement aux priorités nationales ».

Selon lui, la coopération franco-omanaise s’est progressivement étendue « à la défense, à l’énergie, à la logistique, aux infrastructures, à l’industrie, aux technologies et à l’intelligence artificielle », avec l’objectif de transformer le dialogue politique en projets économiques concrets.

Cette évolution concerne également les Émirats arabes unis, où la relation avec la France s’est renforcée autour de secteurs stratégiques. Agnès Lopez Cruz, directrice de la CCI France-Émirats, souligne que ce partenariat repose sur « la qualité et la continuité du dialogue », mais aussi sur une coopération élargie à « l’énergie, l’innovation, les technologies de pointe et, de plus en plus, l’intelligence artificielle ».

Face aux incertitudes régionales et à la volonté des pays du Golfe de diversifier leurs économies, la France conserve plusieurs atouts : une présence historique, un dialogue stratégique établi et une coopération qui dépasse désormais les secteurs traditionnels.

À l’occasion du 14 juillet, l’enjeu est donc moins de dresser le bilan d’une relation historique que d’observer sa transformation. Dans un Golfe qui cherche à construire de nouveaux équilibres, les partenariats se mesurent désormais à leur capacité à accompagner les ambitions nationales sur le long terme.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.