A Mexico, les «trois amis» Biden, Trudeau et AMLO promettent plus de coopération

Le président américain Joe Biden serre la main de son homologue mexicain Andres Manuel Lopez Obrador lors d'une cérémonie de bienvenue au Palacio Nacional (Palais national) à Mexico, le 9 janvier 2023. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden serre la main de son homologue mexicain Andres Manuel Lopez Obrador lors d'une cérémonie de bienvenue au Palacio Nacional (Palais national) à Mexico, le 9 janvier 2023. (Photo, AFP)
Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador et la première dame mexicaine Beatriz Gutierrez Muller accueillent le premier ministre canadien Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire à leur arrivée à l'aéroport international Felipe Angeles de Santa Lucia, au Mexique, le 9 janvier 2023. (Photo, AFP)
Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador et la première dame mexicaine Beatriz Gutierrez Muller accueillent le premier ministre canadien Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire à leur arrivée à l'aéroport international Felipe Angeles de Santa Lucia, au Mexique, le 9 janvier 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 10 janvier 2023

A Mexico, les «trois amis» Biden, Trudeau et AMLO promettent plus de coopération

  • L'exécutif américain a publié avant même le sommet une longue série de promesses du président américain Joe Biden, du président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador (surnommé «AMLO») et du Premier ministre canadien Justin Trudeau
  • Sur l'environnement, ils «reconnaissent l'urgence de prendre des mesures rapides, coordonnées et ambitieuses»

MEXICO: Les dirigeants américain, canadien et mexicain, réunis à Mexico mardi pour le sommet dit des "trois amis", vont approfondir leur coopération économique et dialoguer davantage sur le climat et l'immigration, selon des engagements diffusés par la Maison Blanche. 

L'exécutif américain a publié avant même le sommet une longue série de promesses du président américain Joe Biden, du président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador (surnommé "AMLO") et du Premier ministre canadien Justin Trudeau, sans mesure contraignante toutefois, ni annonce de financements précis. 

Les trois dirigeants veulent lancer un format de discussion trilatéral sur l'approvisionnement en semi-conducteurs, ces composants informatiques stratégiques le plus souvent importés d'Asie, et lancer un système d'échanges universitaire. 

Méthane 

Sur l'environnement, ils "reconnaissent l'urgence de prendre des mesures rapides, coordonnées et ambitieuses". 

Les trois pays s'engagent à réduire d'au moins 15% d'ici 2030 les émissions de méthane liées au traitement des déchets et des eaux usées, et veulent diviser par deux le gaspillage alimentaire. 

Ils entendent aussi installer à leurs frontières des bornes pour voitures électriques et développer un marché de l'hydrogène "propre". 

Sur le sujet le plus délicat sans doute, l'immigration, pas d’annonces réellement spectaculaires. Les trois pays vont notamment lancer un site internet commun d'information sur les procédures et restrictions en vigueur. 

Quant à la lutte contre le trafic de drogue, d'armes et d'êtres humains, Etats-Unis, Mexique et Canada se promettent également de dialoguer davantage, notamment en travaillant sur le sujet de la collecte et du partage des listes de passagers des avions. 

Joe Biden, Andrés Manuel Lopez Obrador et Justin Trudeau auront une réunion trilatérale en début d'après-midi (heure locale), suivie de déclarations à la presse. 

Libre-échange 

Au-delà des déclarations officielles de bonne volonté, ce "sommet des dirigeants d'Amérique du Nord", relancé par Joe Biden en 2021 après cinq années de hiatus, sera l'occasion d'évoquer un certain nombre de sujets économiques contentieux. 

Les trois pays sont liés par un traité de libre-échange, l'AEUMC (accord Etats-Unis, Mexique, Canada), en vigueur depuis le 1er juillet 2020. 

Mais depuis la signature de ce texte, voulu par l'ancien président américain Donald Trump (2017-2021), le principe même du libre-échange a beaucoup perdu en attrait dans le monde. 

La pandémie a conduit nombre de pays à vouloir surtout renforcer leur indépendance énergétique et industrielle. 

C'est vrai en particulier pour "AMLO", qui se veut l'un des leaders de la gauche en Amérique latine. Ses projets en matière d'énergie, qui donnent la primeur aux entreprises publiques du secteur, font grincer des dents les Canadiens comme les Américains. 

Mais Joe Biden lui-même affiche un patriotisme économique décomplexé, et a fait adopter des investissements gigantesques pour favoriser l'industrie technologique américaine ou les véhicules électriques "Made in USA". 

Haïti 

Autres sujets compliqués: les produits laitiers, source de contentieux entre les Etats-Unis et le Canada, mais aussi la décision du Mexique d'interdire le maïs OGM, au grand dam des géants agricoles américains. 

Pour ce qui concerne le Canada et les Etats-Unis, Justin Trudeau et Joe Biden auront leur propre entretien bilatéral, en milieu de matinée à l'heure mexicaine. 

Il devrait y être question notamment de Haïti et du possible envoi d'une force d'intervention dans le pays caribéen, en proie à une insécurité extrême et à une crise sanitaire. 

Joe Biden et "AMLO" ont eux eu lundi leur réunion bilatérale, marquée par un échange quelque peu tendu. 

Le chef d'Etat mexicain a demandé à son homologue de mettre fin au "dédain envers l'Amérique latine", ce à quoi le président américain a répondu en soulignant les énormes sommes dépensées par les Etats-Unis au profit du continent. 


Nombre d'exécutions record dans le monde en 2025, l'Iran en tête, selon Amnesty

Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
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  • A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024
  • "Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport

PARIS: Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi.

L'organisation de défense des droits humains basée à Londres a dénombré au moins 2.707 exécutions dans le monde en 2025, mais "n'inclut pas les milliers d'exécutions qui (...) ont eu lieu en Chine – pays ayant procédé cette année encore au plus grand nombre d'exécutions au monde", précise-t-elle.

Le nombre de personnes exécutées dans le monde est en hausse de 78% par rapport à 2024 et atteint un niveau record depuis 1981, année au cours de laquelle 3.191 exécutions -hors Chine- avaient été comptabilisées par l'ONG.

A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024.

"Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport.

Le recours aux exécutions a été particulièrement marqué après la guerre des 12 Jours qui a opposé l'Iran à Israël et aux Etats-Unis en juin: 654 exécutions avaient été comptabilisées avant ce conflit, contre 1.505 entre juillet et décembre.

Les condamnations à mort et exécutions en Iran à la suite du mouvement de protestation dans le pays en janvier et le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février ne sont pas comptabilisés dans le rapport d'Amnesty.

Selon l'ONU, au moins 21 personnes ont été exécutées en Iran depuis fin février pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale.

Près de la moitié (998) des exécutions en Iran en 2025 sont liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants, note par ailleurs Amnesty. Elles ont elles aussi doublé par rapport à l'année précédente.

Au total, 17 pays ont procédé à des exécutions.

"Cette minorité éhontée (d'Etats, ndlr) se sert de la peine capitale pour instiller la peur, écraser la contestation et montrer la force qu’exercent les institutions sur les personnes défavorisées et les populations marginalisées" dénonce la secrétaire générale d’Amnesty International Agnès Callamard, citée dans un communiqué.


Iran: nouvelles menaces de Trump, frappe près d'un site nucléaire émirati

 Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole. (AFP)
Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole. (AFP)
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  • "Il ne restera rien" de l'Iran si ce pays n'arrive pas rapidement à un accord avec les Etats-Unis, a averti dimanche le président américain sur sa plateforme Truth Social
  • "Pour l'Iran, le temps presse", a prévenu Donald Trump. Les Iraniens "feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux"

WASHINGTON: Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole.

"Il ne restera rien" de l'Iran si ce pays n'arrive pas rapidement à un accord avec les Etats-Unis, a averti dimanche le président américain sur sa plateforme Truth Social, alors que les deux pays ne se sont plus parlé directement depuis des entretiens au Pakistan mi-avril.

"Pour l'Iran, le temps presse", a prévenu Donald Trump. Les Iraniens "feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux", a ajouté le milliardaire républicain, qui avait déjà menacé début avril d'anéantir "une civilisation entière", avant de conclure un cessez-le-feu avec Téhéran.

Après plus d'un mois de trêve, la perspective d'un règlement du conflit, qui a débuté le 28 février, reste lointaine, et le président américain a qualifié le 10 mai de "totalement inacceptable" la dernière proposition iranienne pour régler le conflit.

Alors que les ministres des Finances du G7 se réunissent lundi et mardi à Paris pour tenter de rapprocher leurs positions face aux répercussions économiques du conflit, les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi à l'ouverture des marchés asiatiques, le baril de Brent prenant 1,28% à 110,26 dollars.

Avant même le message de Donald Trump, Téhéran avait lancé dimanche un avertissement à Washington.

"Le président américain devrait savoir que si (...) l'Iran est de nouveau agressé, les ressources et l'armée de son pays seront confrontées à des scénarios inédits, offensifs, surprenants et tumultueux", a averti le porte-parole des forces armées, Abolfazl Shekarchi.

Le vice-président du Parlement, Hamidreza Haji-Babaï, a déclaré que si les installations pétrolières iraniennes étaient visées, l'Iran frapperait des sites pétroliers dans la région.

Attaque "terroriste" 

Sur l'autre rive du Golfe, un incendie s'est déclaré dimanche après une frappe de drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Emirats arabes unis.

La frappe n'a pas fait de blessés ni provoqué de hausse de la radioactivité, mais les autorités ont dénoncé une "escalade dangereuse" et l'Arabie saoudite une "menace pour la sécurité et la stabilité de la région".

Deux autres drones ont été interceptés, selon le ministère émirati de la Défense.

Un conseiller du président émirati a dénoncé une attaque "terroriste", semblant suggérer une implication de l'Iran, qui a frappé des pays de la région à plusieurs reprises depuis le début du conflit, sans l'accuser nommément.

L'Agence internationale de l'énergie atomique a exprimé sa "profonde préoccupation".

L'Arabie saoudite a par ailleurs annoncé dimanche soir avoir intercepté trois drones en provenance d'Irak.

"Source d'insécurité" 

Malgré ces tensions, la diplomatie n'est pas totalement éteinte et le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, dont le pays tente de jouer un rôle de médiateur, a rencontré à Téhéran le principal négociateur iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Dans un message sur les réseaux sociaux à l'issue de cet entretien, ce dernier n'a pas prononcé de paroles d'apaisement.

"Certains Etats de la région pensaient que la présence des Etats-Unis leur apporterait la sécurité, mais les événements récents montrent que cette présence est non seulement incapable d'apporter la sécurité mais est en plus source d'insécurité", a dénoncé M. Ghalibaf.

Les médias iraniens ont fait savoir dimanche que les Etats-Unis n'avaient accordé "aucune concession concrète" dans leur réponse à des propositions iraniennes.

"Washington a également exigé des restrictions très strictes et de longue durée sur le secteur nucléaire iranien", selon l'agence iranienne Mehr.

Selon l'agence iranienne Fars, Washington a présenté une liste en cinq points exigeant notamment que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Sur le front libanais, en dépit de la prolongation vendredi d'une trêve théorique pour un mois et demi supplémentaire, de nouvelles frappes israéliennes ont tué sept personnes, dont deux enfants, dans le sud du pays.

Parmi les victimes: un chef du Jihad islamique palestinien et sa fille de 17 ans.

Un responsable militaire israélien a déclaré que le Hezbollah pro-iranien avait tiré environ 200 projectiles sur Israël et sur les troupes israéliennes au Liban au cours du week-end.


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.