Les reines de beauté du désert volent la vedette au festival du chameau du roi Abdelaziz

Des chameaux participent au concours de beauté du festival annuel du chameau du roi Abdelaziz à Rumah (Photo, AFP).
Des chameaux participent au concours de beauté du festival annuel du chameau du roi Abdelaziz à Rumah (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 14 janvier 2023

Les reines de beauté du désert volent la vedette au festival du chameau du roi Abdelaziz

  • L'événement annuel qui se déroule à l'extérieur de Riyad attire des milliers de visiteurs dans 17 catégories différentes du concours
  • Le festival est devenu un spectacle très médiatisé après que le conseil des ministres a commencé à le réglementer officiellement

RIYAD: Les chameaux sont depuis longtemps associés à l'histoire et à la culture du Moyen-Orient. En effet, pour de nombreux peuples bédouins qui vivent encore dans les déserts d'Arabie, les chameaux constituent encore aujourd'hui une source de nourriture, de transport et de vêtements.

Historiquement, la domestication des chameaux a libéré le potentiel des premières sociétés arabes. Les armées arabes ont pu conquérir rapidement des territoires et établir de grands empires grâce à la vitesse et à la résistance de ces «navires du désert».

Il n'est donc pas surprenant que des festivals soient organisés dans toute la région afin de célébrer ces qualités et la place symbolique du dromadaire à une bosse dans l'identité arabe, alors même que les pays du Golfe s'urbanisent rapidement.

L'un des événements les plus marquants du calendrier de la région est le Mazayen d’Al-Ibl, le festival du chameau du roi Abdelaziz. Ce festival attire des milliers de visiteurs chaque année pour assister à l'une des compétitions les plus uniques d'Arabie - le concours de beauté de chameaux.

Considéré comme l'un des plus grands événements de ce type au Moyen-Orient, le festival se compose de 75 compétitions de chameaux, les participants se disputant des prix pouvant atteindre 100 millions de riyals saoudiens (1 riyal saoudien = 0,25 euro). En effet, l'élevage de chameaux rares est une industrie de plusieurs millions de dollars en Arabie saoudite.

Bien que le festival, qui se déroule sur un terrain de spectacle au nord de Riyad, ait lieu depuis de nombreuses années, ce n'est qu'après que le Conseil des ministres saoudien a publié une décision en 2017 pour réglementer officiellement l'événement qu'il est devenu le spectacle de grande réputation aujourd'hui.

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Des saoudiens encouragent des propriétaires de chameaux participant à un concours de beauté lors du festival annuel de chameaux du roi Abdelaziz à Rumah, à quelque 160 kilomètres à l'est de Riyad, le 19 janvier 2018 (Photo, AFP/Archives).

Organisé par le Club de chameau saoudien, la Fondation du roi Abdelaziz pour la recherche et les archives a pris en charge la gestion du festival sous la supervision du prince héritier, Mohammed ben Salmane.

Les chameaux ne sont généralement pas les premiers animaux qui viennent à l'esprit lorsqu'on évoque la beauté. Mais il serait injuste de ne pas reconnaître les attributs esthétiques de ce bétail, même le plus humble. Cela soulève donc la question suivante: Comment un chameau peut-il participer à un concours de beauté?

Les éleveurs peuvent choisir d'inscrire au concours un seul chameau ou un troupeau de 50 chameaux au maximum. Les candidats sont ensuite répartis en catégories en fonction de leur couleur - mijahim (peau foncée) et maghateer (peau claire).

Ces chameaux à la peau plus claire sont ensuite subdivisés en wodh (blanc brillant), sheal (jaune), sofor (jaune avec des bosses noires), shiggih (blanc mais moins brillant) et homor (rouge).

Les chameaux participants sont également classés par âge, avec des concours pour les degh (chameaux de moins de cinq ans) et les jel (plus de cinq ans).

Une catégorie distincte est réservée aux chameaux sawahil, ou chameaux côtiers, qui se distinguent par la couleur rouge, la grande tête, le long cou, le grand corps et la plus grande longueur totale.

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Des chameliers saoudiens font défiler leurs animaux lors de la sixième édition du festival du chameau du roi Abdelaziz dans la région de Rumah, à quelque 161 km à l'est de la capitale Riyad (Photo, AFP).

Ensuite, il y a les chameaux asayel de race pure, qui sont connus pour leur vitesse, ce qui signifie qu'ils sont généralement utilisés dans les compétitions de course. Les plus célèbres sont les Omanais, divisés en asayel, hybride (mehajjin), Al-Seairyat et Al-Awarik.

Certainement, tout cela soulève la question: Que recherche exactement un juge de concours en essayant de déterminer la beauté d'un chameau?

«Les caractéristiques de beauté du chameau dépendent grandement de la tête», a révélé à Arab News, Mosallam al-Hawamlah, un éleveur de chameaux saoudien.

«Il est préférable d'avoir des lèvres plus longues et un nez haut et courbé. La beauté des chameaux augmente lorsqu'ils ont une barbe plus longue et des joues plus larges.»

Plusieurs caractéristiques sont également propres aux catégories mijahim et maghateer, notamment la taille, la forme et la composition des oreilles, de la queue et des orteils respectifs.

 

EN BREF

  • Des dizaines de milliers de personnes assistent au festival du chameau du roi Abdelaziz, qui se déroule au nord-est de Riyad.
  • La dernière édition du festival a permis aux femmes de montrer leurs chameaux pour la première fois

«Il est préférable que les oreilles du maghateer soient courtes et inclinées vers l'arrière et que le mijahim ait les oreilles longues et inclinées vers l'avant», a précisé Al-Hawamlah.

Le cou du chameau est également un facteur déterminant de sa beauté, les juges préférant les longs cous placés en avant, à condition qu'ils soient proportionnés au reste du corps.

Cependant, c'est le positionnement de la bosse du chameau qui est considéré comme l'un des principaux indicateurs de sa beauté. Selon Al-Hawamlah, les juges préfèrent que la bosse soit inclinée vers l'arrière.

Les chameaux Mijahim sont également souvent évalués en fonction de la courbe de leurs pattes. Les gagnants ont tendance à avoir des pattes avec une courbure vers l'intérieur et une queue longue et large. En revanche, les juges préfèrent souvent que les chameaux maghateer aient une queue plus courte.

Comme on pourrait l'attendre d'un concours de beauté, les chameaux participants subissent un relooking complet avant d'être présentés aux juges, ce qui permet aux éleveurs d'accentuer les qualités naturelles de leurs animaux.

Les chameaux sont lavés, rasés, peignés et coiffés pour être au mieux de leur forme. Certains propriétaires de chameaux choisissent même d'utiliser un spray fixateur de cheveux pour mettre en valeur l'épaisseur de la crinière de leurs animaux.

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Un Saoudien conduit des chameaux alors qu'il rentre chez lui depuis un centre de formation, le 1er avril 2016, près de la ville de Tabuk, située à quelque 1500 km au nord-ouest de la capitale Riyad (Photo, AFP).

Afin de préserver l'authenticité des races de chameaux et de se prémunir contre les mauvais traitements, les organisateurs ont, ces dernières années, pris des mesures contre les améliorations cosmétiques plus invasives.

Lors du festival de l'année dernière, 43 concurrents ont été disqualifiés après que des éleveurs ont eu recours à des injections de botox et à d'autres formes de «falsification» pour améliorer l'apparence de leurs animaux.

Selon la SPA, certains éleveurs ont même injecté à leurs chameaux du silicone et des substances de remplissage, tandis que d'autres ont gonflé artificiellement les parties du corps de leurs animaux à l'aide d'élastiques.

Pour détecter toute falsification, les juges du festival et les vétérinaires examinent minutieusement chaque chameau à l'aide de machines à rayons X et de sonars.

Une réglementation plus stricte signifie qu'il faut beaucoup de temps et de planification aux éleveurs pour préparer un animal à un tel concours, notamment la fourniture d'un transport, de fourrage, de soins de santé et d'une alimentation appropriés.

Pendant le festival et tout au long de l'année, les éleveurs se réunissent dans le but d’acheter et vendre des chameaux répondant à des critères de beauté spécifiques, réalisant des transactions évaluées à des millions de dollars.

Mousa al-Mousa, un propriétaire de chameaux, a récemment conclu un accord d'une valeur de 80 millions de riyals saoudiens pour acheter 17 chameaux deq à un autre éleveur, Mohammed ben Jokhdob.

Plus de 70 chameaux ont été vendus aux enchères au cours des trois premières semaines du festival actuel, le wodh et le sofor étant les plus demandés.

Alors que la valeur des ventes de chameaux a dépassé 500 millions de riyals saoudiens lors du festival de cette année, la valeur marchande du festival au cours des cinq premières semaines s'est élevée à environ 10 milliards de riyals. Plusieurs grandes entreprises d'Arabie saoudite ont parrainé l'événement.

La préparation de ces concours est un mode de vie pour de nombreux éleveurs de chameaux. Ces derniers mois, Mijbil Aldhifiri, un jeune homme d'affaires de Hafar al-Batin dans la province de l'Est, a confié à Arab News qu'il avait passé jusqu'à 12 heures par jour à s'occuper de son lauréat, Thokor.

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Des voitures et des personnes entourent des chameaux à vendre lors du festival annuel du roi Abdelaziz à Rumah, à quelque 160 kilomètres à l'est de Riyad (Photo, AFP).

Un autre propriétaire de chameaux, Abdelaziz ben Chouraim, a déclaré à Arab News qu'il était impatient de participer au prochain festival, ajoutant qu'il avait du mal à acheter un chameau ayant l'air de gagner un prix, tant la demande est forte pour de tels participants.

Les organisateurs ont cherché à diversifier le festival en introduisant de nouvelles catégories de compétitions, notamment le lancement l'année dernière d'une course de chameaux pour les éleveuses. Cette année, ils ont introduit l'événement de l'Organisation internationale des chameaux, où les cavaliers de chameaux royaux omanais ont fait leurs débuts.

Plus de 32 participants du monde entier ont participé au concours de beauté de cette année, qui a eu lieu le 8 janvier.

Quinze participants – dont neuf d'Irak, deux d'Égypte, un du Yémen, un de Libye, un de Grande-Bretagne et un d'Inde – se sont qualifiés pour la phase finale de la compétition. Au final, c'est un participant irakien qui a remporté le prix du plus beau chameau.

L'Irakien Watbaan Jabo Abbas al-Rafi était ravi de sa première place.

«J'ai été honoré de participer aux compétitions du festival», a-t-il annoncé à Arab News. «Je remercie tous ceux qui en sont responsables, car ce festival est aujourd'hui devenu un événement mondial avec la participation de nombreux pays.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.

 


L’Arabie saoudite en tête du classement de sécurité publique du G20

Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
  • 97,7 % des habitants déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit

RIYAD: L’Arabie saoudite occupe la première place parmi les pays du G20 dans l’Indice de sécurité 2025, selon les données de la base des indicateurs des Objectifs de développement durable des Nations unies, publiées lundi par l’Autorité générale des statistiques du Royaume.

Les résultats indiquent que 97,7 % de la population se sent en sécurité en marchant seule la nuit dans son quartier, selon l’Agence de presse saoudienne (Saudi Press Agency).

Ils montrent également que 94,9 % des femmes, 97 % des citoyens saoudiens et 97,2 % des personnes âgées de 60 à 64 ans se sentent en sécurité en marchant seules la nuit dans les zones résidentielles.

Ces résultats soulignent les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité dans l’ensemble du Royaume, a ajouté la SPA. Ils s’inscrivent dans les initiatives visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la qualité de vie dans les secteurs économique, alimentaire, environnemental, sanitaire, social, politique, intellectuel, technologique et de cybersécurité, conformément à la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

L’Autorité générale des statistiques mène ses travaux selon une méthodologie unifiée basée sur le Statistical Business Process Manual, conforme aux normes statistiques internationales.

Dans un autre rapport, l’autorité a indiqué que 75,3 % de la population saoudienne a participé à des événements ou activités culturelles en 2025, reflétant une participation croissante à la vie culturelle dans le Royaume.

Ces données ont été publiées dans le cadre de l’initiative Raqam Saudi, qui met en avant les réalisations nationales, renforce la fierté nationale et les valeurs de citoyenneté, et souligne le rôle des statistiques officielles dans le suivi des progrès vers les objectifs de Vision 2030 et du développement durable. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com