Les reines de beauté du désert volent la vedette au festival du chameau du roi Abdelaziz

Des chameaux participent au concours de beauté du festival annuel du chameau du roi Abdelaziz à Rumah (Photo, AFP).
Des chameaux participent au concours de beauté du festival annuel du chameau du roi Abdelaziz à Rumah (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 14 janvier 2023

Les reines de beauté du désert volent la vedette au festival du chameau du roi Abdelaziz

  • L'événement annuel qui se déroule à l'extérieur de Riyad attire des milliers de visiteurs dans 17 catégories différentes du concours
  • Le festival est devenu un spectacle très médiatisé après que le conseil des ministres a commencé à le réglementer officiellement

RIYAD: Les chameaux sont depuis longtemps associés à l'histoire et à la culture du Moyen-Orient. En effet, pour de nombreux peuples bédouins qui vivent encore dans les déserts d'Arabie, les chameaux constituent encore aujourd'hui une source de nourriture, de transport et de vêtements.

Historiquement, la domestication des chameaux a libéré le potentiel des premières sociétés arabes. Les armées arabes ont pu conquérir rapidement des territoires et établir de grands empires grâce à la vitesse et à la résistance de ces «navires du désert».

Il n'est donc pas surprenant que des festivals soient organisés dans toute la région afin de célébrer ces qualités et la place symbolique du dromadaire à une bosse dans l'identité arabe, alors même que les pays du Golfe s'urbanisent rapidement.

L'un des événements les plus marquants du calendrier de la région est le Mazayen d’Al-Ibl, le festival du chameau du roi Abdelaziz. Ce festival attire des milliers de visiteurs chaque année pour assister à l'une des compétitions les plus uniques d'Arabie - le concours de beauté de chameaux.

Considéré comme l'un des plus grands événements de ce type au Moyen-Orient, le festival se compose de 75 compétitions de chameaux, les participants se disputant des prix pouvant atteindre 100 millions de riyals saoudiens (1 riyal saoudien = 0,25 euro). En effet, l'élevage de chameaux rares est une industrie de plusieurs millions de dollars en Arabie saoudite.

Bien que le festival, qui se déroule sur un terrain de spectacle au nord de Riyad, ait lieu depuis de nombreuses années, ce n'est qu'après que le Conseil des ministres saoudien a publié une décision en 2017 pour réglementer officiellement l'événement qu'il est devenu le spectacle de grande réputation aujourd'hui.

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Des saoudiens encouragent des propriétaires de chameaux participant à un concours de beauté lors du festival annuel de chameaux du roi Abdelaziz à Rumah, à quelque 160 kilomètres à l'est de Riyad, le 19 janvier 2018 (Photo, AFP/Archives).

Organisé par le Club de chameau saoudien, la Fondation du roi Abdelaziz pour la recherche et les archives a pris en charge la gestion du festival sous la supervision du prince héritier, Mohammed ben Salmane.

Les chameaux ne sont généralement pas les premiers animaux qui viennent à l'esprit lorsqu'on évoque la beauté. Mais il serait injuste de ne pas reconnaître les attributs esthétiques de ce bétail, même le plus humble. Cela soulève donc la question suivante: Comment un chameau peut-il participer à un concours de beauté?

Les éleveurs peuvent choisir d'inscrire au concours un seul chameau ou un troupeau de 50 chameaux au maximum. Les candidats sont ensuite répartis en catégories en fonction de leur couleur - mijahim (peau foncée) et maghateer (peau claire).

Ces chameaux à la peau plus claire sont ensuite subdivisés en wodh (blanc brillant), sheal (jaune), sofor (jaune avec des bosses noires), shiggih (blanc mais moins brillant) et homor (rouge).

Les chameaux participants sont également classés par âge, avec des concours pour les degh (chameaux de moins de cinq ans) et les jel (plus de cinq ans).

Une catégorie distincte est réservée aux chameaux sawahil, ou chameaux côtiers, qui se distinguent par la couleur rouge, la grande tête, le long cou, le grand corps et la plus grande longueur totale.

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Des chameliers saoudiens font défiler leurs animaux lors de la sixième édition du festival du chameau du roi Abdelaziz dans la région de Rumah, à quelque 161 km à l'est de la capitale Riyad (Photo, AFP).

Ensuite, il y a les chameaux asayel de race pure, qui sont connus pour leur vitesse, ce qui signifie qu'ils sont généralement utilisés dans les compétitions de course. Les plus célèbres sont les Omanais, divisés en asayel, hybride (mehajjin), Al-Seairyat et Al-Awarik.

Certainement, tout cela soulève la question: Que recherche exactement un juge de concours en essayant de déterminer la beauté d'un chameau?

«Les caractéristiques de beauté du chameau dépendent grandement de la tête», a révélé à Arab News, Mosallam al-Hawamlah, un éleveur de chameaux saoudien.

«Il est préférable d'avoir des lèvres plus longues et un nez haut et courbé. La beauté des chameaux augmente lorsqu'ils ont une barbe plus longue et des joues plus larges.»

Plusieurs caractéristiques sont également propres aux catégories mijahim et maghateer, notamment la taille, la forme et la composition des oreilles, de la queue et des orteils respectifs.

 

EN BREF

  • Des dizaines de milliers de personnes assistent au festival du chameau du roi Abdelaziz, qui se déroule au nord-est de Riyad.
  • La dernière édition du festival a permis aux femmes de montrer leurs chameaux pour la première fois

«Il est préférable que les oreilles du maghateer soient courtes et inclinées vers l'arrière et que le mijahim ait les oreilles longues et inclinées vers l'avant», a précisé Al-Hawamlah.

Le cou du chameau est également un facteur déterminant de sa beauté, les juges préférant les longs cous placés en avant, à condition qu'ils soient proportionnés au reste du corps.

Cependant, c'est le positionnement de la bosse du chameau qui est considéré comme l'un des principaux indicateurs de sa beauté. Selon Al-Hawamlah, les juges préfèrent que la bosse soit inclinée vers l'arrière.

Les chameaux Mijahim sont également souvent évalués en fonction de la courbe de leurs pattes. Les gagnants ont tendance à avoir des pattes avec une courbure vers l'intérieur et une queue longue et large. En revanche, les juges préfèrent souvent que les chameaux maghateer aient une queue plus courte.

Comme on pourrait l'attendre d'un concours de beauté, les chameaux participants subissent un relooking complet avant d'être présentés aux juges, ce qui permet aux éleveurs d'accentuer les qualités naturelles de leurs animaux.

Les chameaux sont lavés, rasés, peignés et coiffés pour être au mieux de leur forme. Certains propriétaires de chameaux choisissent même d'utiliser un spray fixateur de cheveux pour mettre en valeur l'épaisseur de la crinière de leurs animaux.

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Un Saoudien conduit des chameaux alors qu'il rentre chez lui depuis un centre de formation, le 1er avril 2016, près de la ville de Tabuk, située à quelque 1500 km au nord-ouest de la capitale Riyad (Photo, AFP).

Afin de préserver l'authenticité des races de chameaux et de se prémunir contre les mauvais traitements, les organisateurs ont, ces dernières années, pris des mesures contre les améliorations cosmétiques plus invasives.

Lors du festival de l'année dernière, 43 concurrents ont été disqualifiés après que des éleveurs ont eu recours à des injections de botox et à d'autres formes de «falsification» pour améliorer l'apparence de leurs animaux.

Selon la SPA, certains éleveurs ont même injecté à leurs chameaux du silicone et des substances de remplissage, tandis que d'autres ont gonflé artificiellement les parties du corps de leurs animaux à l'aide d'élastiques.

Pour détecter toute falsification, les juges du festival et les vétérinaires examinent minutieusement chaque chameau à l'aide de machines à rayons X et de sonars.

Une réglementation plus stricte signifie qu'il faut beaucoup de temps et de planification aux éleveurs pour préparer un animal à un tel concours, notamment la fourniture d'un transport, de fourrage, de soins de santé et d'une alimentation appropriés.

Pendant le festival et tout au long de l'année, les éleveurs se réunissent dans le but d’acheter et vendre des chameaux répondant à des critères de beauté spécifiques, réalisant des transactions évaluées à des millions de dollars.

Mousa al-Mousa, un propriétaire de chameaux, a récemment conclu un accord d'une valeur de 80 millions de riyals saoudiens pour acheter 17 chameaux deq à un autre éleveur, Mohammed ben Jokhdob.

Plus de 70 chameaux ont été vendus aux enchères au cours des trois premières semaines du festival actuel, le wodh et le sofor étant les plus demandés.

Alors que la valeur des ventes de chameaux a dépassé 500 millions de riyals saoudiens lors du festival de cette année, la valeur marchande du festival au cours des cinq premières semaines s'est élevée à environ 10 milliards de riyals. Plusieurs grandes entreprises d'Arabie saoudite ont parrainé l'événement.

La préparation de ces concours est un mode de vie pour de nombreux éleveurs de chameaux. Ces derniers mois, Mijbil Aldhifiri, un jeune homme d'affaires de Hafar al-Batin dans la province de l'Est, a confié à Arab News qu'il avait passé jusqu'à 12 heures par jour à s'occuper de son lauréat, Thokor.

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Des voitures et des personnes entourent des chameaux à vendre lors du festival annuel du roi Abdelaziz à Rumah, à quelque 160 kilomètres à l'est de Riyad (Photo, AFP).

Un autre propriétaire de chameaux, Abdelaziz ben Chouraim, a déclaré à Arab News qu'il était impatient de participer au prochain festival, ajoutant qu'il avait du mal à acheter un chameau ayant l'air de gagner un prix, tant la demande est forte pour de tels participants.

Les organisateurs ont cherché à diversifier le festival en introduisant de nouvelles catégories de compétitions, notamment le lancement l'année dernière d'une course de chameaux pour les éleveuses. Cette année, ils ont introduit l'événement de l'Organisation internationale des chameaux, où les cavaliers de chameaux royaux omanais ont fait leurs débuts.

Plus de 32 participants du monde entier ont participé au concours de beauté de cette année, qui a eu lieu le 8 janvier.

Quinze participants – dont neuf d'Irak, deux d'Égypte, un du Yémen, un de Libye, un de Grande-Bretagne et un d'Inde – se sont qualifiés pour la phase finale de la compétition. Au final, c'est un participant irakien qui a remporté le prix du plus beau chameau.

L'Irakien Watbaan Jabo Abbas al-Rafi était ravi de sa première place.

«J'ai été honoré de participer aux compétitions du festival», a-t-il annoncé à Arab News. «Je remercie tous ceux qui en sont responsables, car ce festival est aujourd'hui devenu un événement mondial avec la participation de nombreux pays.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.